Veilleur d’aurore : Noël vient.

Veilleur d’aurore : Noël vient.

En attente de Noël.

 

Chaboteau Dominique

107/2007

L’attente de Noël que nous vivons en ce mois de décembre ressemble à ce veilleur dessus les créneaux du château espérant l’heureuse nouvelle. Cette bienheureuse espérance, nous l’expérimentons cette année avec le Baptiste. Un grand format que ce Jean Baptiste qui vient nous annoncer celui que nous attendons en veillant. Pourtant il ne paie pas de mine avec sa peau de chameau et ses sauterelles. Il fait partie du peuple des petits. Et c’est par lui que Dieu nous adresse la Parole. Voilà un homme frêle dans sa personne et son discours. Et pourtant il attire les foules. « Toute la Judée, tout Jérusalem, venait à lui. »
Quel succès. Son secret viendrait peut-être bien de ce qu’il fait partie de ce peuple, qu’il en est solidaire. Il ne fait pas du tourisme dans la masse.

Son message? Il annonce quelqu’un qui vient et que nous avons à attendre dans une veille digne de ce nom. Durant toute cette belle période de l’Avent nous le suivons pas à pas vers cette aurore de la naissance du Christ.

A une époque de bouleversement comme la nôtre, où les mentalités changent rapidement, où les points de repère auxquels s’accrocher semblent faire défaut, où l’on ne sait plus qui ou quoi suivre, où l’avenir, l’emploi, la sécurité de la vie, le logement sont incertains, où nous avons le sentiment que l’humain reste si fragile, si convoité et anéanti par d’autres, il n’y a guère de place pour ceux qui se retournent au passage d’autrui, pour ceux qui trouvent important de s’effacer devant l’autre. Il y a peu de place pour un amour vrai. Au lieu d’en parler comme d’une béatitude de bonheur, on dirait bien que c’est un malheur.
Nos contemporains ont trouvé le vocabulaire pour mieux le dire encore :  » c’est un pigeon, il se laisse marcher sur les pieds, c’est un faible », celui qui agit comme cela.

Notre société cherche plutôt l’assurance, la sécurité. Place aux battants, à ceux qui sont sûrs d’eux-mêmes, à ceux qui s’imposent, à ceux qui dépassent les autres, qui, s’il le faut, font tomber d’autres, ou les utilisent à leur propre profit. Place aux gagnants ! Et malheur à ceux qui n’ont pas trouvé leur place dans la société, à ceux que l’on refoule aux frontières, aux sans logis, aux sans travail, à ceux qui sont à la rue,…

Alors Jean le Baptiste, et tous les veilleurs arrivent avec les petits pour nous annoncer un petit également, un autre qu’eux-mêmes, un faible lui aussi, un non-combattant. Un Dieu qui se présente à l’homme dans la fragilité humaine, dans la faiblesse d’un enfant. Parce que l’amour se vit en vérité dans la faiblesse et non pas dans la puissance.
Aimer c’est accepter de vivre cette fragilité face à celui qu’on aime pour ne pas le dominer.

C’est ainsi que Dieu se présente à notre amour et qu’il veut nous aimer. Puissions-nous accepter de passer le désert de nos sécurités, des réponses toutes-faites de notre foi vers la plaine où Dieu se présente à chacun d’entre nous dans un amour qui se donne et qui reste toujours à inventer.

Bonne fête de Noël à tous.

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