Croyons-nous encore assez au bonheur ?

Croyons-nous encore assez au bonheur ?

Petite réflexion sur le témoignage des disciples après la Pentecôte. A nous de choisir la beauté du monde.

 

Chaboteau Dominique

108/2008

Petite réflexion sur le témoignage des disciples après la Pentecôte. A nous de choisir la beauté du monde.

Voilà un titre aguicheur qui risque bien d’en faire sourire plus d’un en pensant que l’écrivain de service est bien naïf. Il est vrai que si l’on s’en donne à cœur joie dans nos journaux et autres moyens de communication, le tableau vient vite assombrir l’éventuel membre de la communauté humaine qui espérait encore. Les affaires de nombreux pays, la corruption, les meurtres en série, les calculs mesquins d’un système économique au seul profit de l’argent, la violence et les conflits où la Belgique se doit d’envoyer des militaires, … La liste peut encore être bien longue. Tout cela ne respire pas la Résurrection. Les chrétiens peuvent s’enorgueillir de leur espérance mais à quoi bon. Les fruits de notre terre semblent bien pourris et devenir des fruits empoisonnés. Il se pourrait même bien que l’homme lui-même soit devenu le pire prédateur de l’être humain. Un chanteur connu semblait par le passé avoir une faible opinion de l’humanité en chantant : ‘J’ai pas confiance en l’être humain. Y aura toujours des tuniques bleues pour tuer les indiens. ‘

Parler alors à nos contemporains de la joie et du bonheur semble une entreprise plutôt risquée ou futile. Pour le croyant, si c’est le cas, on l’enverra planter des choux. Pourtant, les fruits qu’il porte normalement en lui depuis la Résurrection du Christ ne sont-ils pas ceux-là ? Avec bien d’autres sans aucun doute. Oui, ‘joie et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie’ dit le psalmiste.
Les premiers disciples après avoir cru tout perdre en perdant Jésus dans le fond du tombeau ont ressenti un sentiment de fin de tout rêve de beauté pour leur monde. Leur espérance avait été largement entamée. Cependant, quelques signes de la présence du Christ ont ravivé leur motivation pour annoncer la Bonne Nouvelle. Eux aussi se sont fait passer alors pour des doux rêveurs. Leur regard s’était éveillé à la nouveauté, à la beauté de Dieu, aux fruits de vie de l’humanité. Parfois, l’arbre cache la forêt. Et pourtant la forêt reste plus belle que l’arbre mort. Mort parce qu’il ne porte pas de fruit de vie. Il est sec et sans espérance. Alors ravivons l’espérance !

Le bonheur, qui est tout de même au centre du message du Christ, doit encore et toujours être annoncé. Il doit surtout avoir des hommes et des femmes qui se mettent en route pour le réaliser. Pour faire en sorte que tous puissent en profiter. Et c’est sans doute ce pourquoi nous devons nous bouger pour une société davantage soucieuse de l’être humain, une société où l’on ne doit plus avoir le droit d’acheter l’humain, où l’argent n’est pas le roi, une société qui soit fraternelle.
Peut-être notre société est-elle surtout malade de ne plus avoir de gens qui croient encore assez à ce bonheur et qui de ce fait ne s’engagent plus, ne se bougent plus pour le construire, l’embellir et en faire profiter un maximum.

Il ne faudrait pourtant pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Des fleurs d’espérance existent aussi. Il est indispensable de ne pas étouffer les fruits de vie par notre regard sur les fruits de mort. Cela permettra déjà d’encourager ceux qui ont encore un peu d’espérance et leur dire merci pour cette foi en l’homme. Merci aux jeunes qui s’engagent au service des autres en partant travailler un mois de leur vacances en Inde ou ailleurs, merci à ces jeunes couples qui osent encore s’engager dans leur amour, merci à ceux qui ont le souci de leur voisin malade ou vieux, merci à ces jeunes gens qui accompagnent les malades au Pèlerinage Militaire International. A tout âge, il y a beaucoup de beaux fruits à produire. Oui, l’espérance peut rester vive à condition d’accepter de voir ce qui reste beau et d’encourager ce qui le fait grandir. Nous sommes et restons responsables du témoignage de la Résurrection. Etre disciple, c’est porter du fruit.
Etre disciple, c’est vivre de l’esprit de Pentecôte là où nous sommes plantés.

Dominique Chaboteau

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