{"id":616,"date":"2002-03-01T00:00:00","date_gmt":"2002-02-28T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.army-chaplaincy.be\/benl\/2012\/06\/16\/lafghanistan\/"},"modified":"2026-07-17T13:57:52","modified_gmt":"2026-07-17T11:57:52","slug":"lafghanistan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/2002\/03\/01\/lafghanistan\/","title":{"rendered":"L&#8217;Afghanistan"},"content":{"rendered":"<p>La situation complexe en Afghanistan &#8211; introduction et analyse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><a href=\"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/aalmoezeniersdienst\/leden\/profiel-selis-claude\/\">Selis Claude<\/a><\/em><\/p>\n<p><strong>1. Donn\u00e9es g\u00e9ographiques<\/strong><\/p>\n<p>Ce pays d&#8217;Asie centrale (voir la carte) couvre une superficie de 652.088 km\u00b2 (20 x la Belgique). Son relief est essentiellement montagneux (massifs du Pamir et de l&#8217;Hindu Kush couvrant les \u00be de la superficie) avec des sommets atteignant 7.700 m. et d&#8217;une moyenne de 4.200 m. Kaboul m\u00eame se situe \u00e0 une altitude de 1.800 m. Les temp\u00e9ratures varient entre 50\u00b0 en \u00e9t\u00e9 et \u201330\u00b0 en hiver ; la variation sur une journ\u00e9e peut \u00eatre de 40\u00b0. Il pleut rarement et faiblement (entre 15 et 40 cm \/ an suivant les r\u00e9gions, entre octobre et avril). Seule la fonte des neiges permet de faire des r\u00e9serves d&#8217;eau pour cultiver dans les vall\u00e9es et les plaines (\u00e0 condition de bien organiser sa collecte et puis sa distribution). En temps normal, l&#8217;agriculture et l&#8217;\u00e9levage suffisent aux besoins internes. En dehors de l&#8217;opium (\u00e9valu\u00e9 en 2001 \u00e0 \u00be de la production mondiale !), seuls l&#8217;astrakan, les tapis et les pierres semi-pr\u00e9cieuses (le lapis-lazuli) font des produits d&#8217;exportation. Les r\u00e9serves mini\u00e8res et de gaz seraient tr\u00e8s importantes mais le manque de comp\u00e9tences, d&#8217;investissements et de technologies caus\u00e9 par l&#8217;arri\u00e9ration du pays et son \u00e9tat end\u00e9mique de guerre ou de troubles locaux fait qu&#8217;elles sont inexploit\u00e9es. Il n&#8217;y a pratiquement plus d&#8217;industries dans le pays. Il vivote d&#8217;un petit commerce de transit ou de contrebande avec le Pakistan ou avec l&#8217;Iran ou avec la Chine et entre ces pays. Un des enjeux \u00e9conomiques majeurs actuels n&#8217;est m\u00eame pas d&#8217;exploiter les ressources du pays mais de faire passer par l&#8217;Afghanistan un ol\u00e9oduc entre les pays au Nord de l&#8217;Afghanistan (r\u00e9serves consid\u00e9rables, pr\u00eates \u00e0 \u00eatre exploit\u00e9es mais manquant d&#8217;un moyen de transport le plus court et le moins co\u00fbteux possible et&#8230;\u00e9chappant \u00e0 l&#8217;emprise russe) et la mer d&#8217;Oman (Oc\u00e9an indien) (voir la carte des &#8221; enjeux \u00e9nerg\u00e9tiques en Asie Centrale&#8221;).<\/p>\n<p><strong>2. Les populations<\/strong><\/p>\n<p>La population afghane \u00e9tait estim\u00e9e \u00e0 20.140.000 en 1995. Les divers exodes des derni\u00e8res ann\u00e9es (devant les Russes, puis la guerre civile, puis les Talibans, puis les frappes am\u00e9ricaines) ont cr\u00e9\u00e9 plus de 5 millions de r\u00e9fugi\u00e9s (essentiellement au Pakistan ou en Iran). Cette population n&#8217;est pas du tout homog\u00e8ne.<br \/>\nLes appartenances ethniques et tribales sont premi\u00e8res. Les Pachtouns forment l&#8217;ethnie majoritaire (50%) et se voulant politiquement dominante (dynastie Durrani ou les Talibans). Turkm\u00e8nes, Ouzbeks, Tadjiks, Kirghizes sont des populations qui, par ailleurs, actuellement, ont une nation propre ind\u00e9pendante mais ne sont pas pour autant des &#8221; \u00e9trangers&#8221;. Ils ont toujours habit\u00e9 les r\u00e9gions qu&#8217;ils habitent actuellement. Ce sont les fronti\u00e8res administratives qui ont boug\u00e9. Les Hazaras, occupant le centre montagneux du pays, sont les descendants des invasions mongoles des 13\u00b0 et 14\u00b0s. Ces diff\u00e9rentes ethnies rel\u00e8vent sans doute de deux grands types : Caucasien d&#8217;une part et Mongol d&#8217;autre part.<br \/>\nDeux langues dominent : le Pachtoun et le Dari (ou Farsi), ancienne langue perse, parl\u00e9e essentiellement par le Tadjiks mais aussi langue administrative et de culture. Les autres ethnies ont chacune leur langue (proche du turc ou du mongol). M\u00eame si chaque ethnie avait sa r\u00e9gion de base, les populations s&#8217;\u00e9taient un tant soit peu mix\u00e9es durant le dernier si\u00e8cle. Les derniers 25 ans de troubles ont favoris\u00e9 de mutuelles \u00e9purations ethniques.<br \/>\nTous les Afghans sont sans doute actuellement musulmans (de gr\u00e9 ou de force) mais selon des clivages qui se superposent ou brouillent encore les autres. Ainsi les Pachtouns et les Tadjiks, politiquement ennemis irr\u00e9ductibles, sont pourtant tous deux sunnites de rite hanafite, tandis que les Hazaras sont chiites et qu&#8217;il reste des Isma\u00e9liens et m\u00eame peut-\u00eatre des Zoroastriens (les Nouristanis) (voir le chapitre &#8221; l&#8217;islam afghan&#8221;).<\/p>\n<p><strong>3. Rep\u00e8res historiques<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; 2500 \u2013 1000 av. J-C: des tribus aryennes s&#8217;installent dans la r\u00e9gion ; les \u00e9crits sacr\u00e9s pr\u00e9-hindouistes (les V\u00e9das) font fr\u00e9quemment allusion \u00e0 la r\u00e9gion<br \/>\n&#8211; 6\u00b0-5\u00b0s. av. J-C: la r\u00e9gion est sous la domination perse des Ach\u00e9m\u00e9nides (Cyrus, Darius, Xerx\u00e8s, &#8230;), de religion zoroastrienne.<br \/>\n&#8211; 4\u00b0s.: Alexandre le Grand de Mac\u00e9doine, dans sa conqu\u00eate qui le m\u00e8nera jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;Indus, passe par la r\u00e9gion (que les Grecs appellent &#8221; Bactriane&#8221;). Alexandre s\u00e9journe \u00e0 Balkh o\u00f9 il implante un camp durable (encore rep\u00e9rable arch\u00e9ologiquement). Il fonde plusieurs villes (Alexandria Arius = H\u00e9rat, Alexandria Arachosia = Kandahar, Alexandria Caucasum = Chahikar).<br \/>\n&#8211; de 250 \u00e0 125 av. J-C: sur les d\u00e9combres de l&#8217;empire s\u00e9leucide, la Bactriane parvint \u00e0 se maintenir comme royaume ind\u00e9pendant et devint ainsi le centre d&#8217;une belle civilisation gr\u00e9co-bouddhique<br \/>\n&#8211; 2\u00b0s. apr\u00e8s J-C: l&#8217;Afghanistan est envahi par les Scythes (tribus caucasiennes) qui fondent l&#8217;empire parthe. Bien qu&#8217;ennemi de l&#8217;empire romain, le pouvoir parthe, assez hell\u00e9nis\u00e9, favorise le commerce par la &#8221; route de la soie&#8221; reliant la Chine \u00e0 la M\u00e9dit\u00e9rran\u00e9e en passant par l&#8217;Afghanistan (par Mazar-e-Sharif ou Herat-Bamyan-Kaboul) qui est ainsi en contact avec ces diverses civilisations.<br \/>\n&#8211; 3\u00b0 au 7\u00b0s.: l&#8217;empire sassanide (perse iranien) prend la rel\u00e8ve ; il est affaibli par les Huns hephtalites qui occupent l&#8217;Afghanistan d\u00e8s le 5\u00b0s.<br \/>\n&#8211; 7\u00b0s.: affaibli par les Huns, par les Byzantins et par des querelles intestines, l&#8217;empire sassanide tombe facilement entre les mains des conqu\u00e9rants arabes musulmans d\u00e8s 642. Le zoroastrisme est balay\u00e9 d&#8217;Afghanistan au profit de l&#8217;islam.<br \/>\n&#8211; 11\u00b0s.: des dynasties musulmanes mais turques (les Ghazn\u00e9vides) s&#8217;installent en Afghanistan<br \/>\n&#8211; 13\u00b0- 14\u00b0s.: les invasions mongoles (Gengis Khan puis Timour Lang) d\u00e9truisent tout sur leur passage. Les Hazaras (Centre de l&#8217;Afghanistan) en sont les descendants.<br \/>\n&#8211; 15\u00b0-16\u00b0s.: des dynasties pachtounes r\u00e8gnent \u00e0 Delhi et \u00e0 Bengale en Indes mais ces royaumes sont \u00e9ph\u00e9m\u00e8res \u00e0 cause de conflits internes.<br \/>\n&#8211; 17\u00b0s.: \u00e9croulement des deux empires qui coin\u00e7aient l&#8217;Afghanistan: l&#8217;empire iranien s\u00e9f\u00e9vide \u00e0 l&#8217;Ouest et l&#8217;empire indien moghole \u00e0 l&#8217;Est<br \/>\n&#8211; 18\u00b0s.: l&#8217;Afghanistan se lib\u00e8re enti\u00e8rement de ses deux voisins et devient ind\u00e9pendant en 1747. Il couvre \u00e0 ce moment l&#8217;Afghanistan et le Pakistan actuels. Ahmad-Shah en est le premier souverain. Il est consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re (&#8221; baba&#8221;) de l&#8217;Afghanistan et est le fondateur de la dynastie Durr\u00e2ni.<br \/>\n&#8211; 19\u00b0s.: \u00e0 partir de 1809, l&#8217;Afghanistan est \u00e0 nouveau coinc\u00e9 entre deux empires: l&#8217;empire russe au Nord et l&#8217;empire anglo-indien au Sud et \u00e0 l&#8217;Est.<br \/>\n&#8211; en 1823, l&#8217;Afghanistan est r\u00e9duit \u00e0 sa surface actuelle et est en situation de r\u00e9sistance. Il se divise en principaut\u00e9s ind\u00e9pendantes.<br \/>\n&#8211; 1838-1842: 1\u00b0 guerre anglo-afghane. Echec militaire anglais mais l&#8217;Angleterre entreprend de &#8221; subsidier&#8221; les \u00e9mirs. L&#8217;\u00e9mir Dost-Mohammad joue habilement avec les Britanniques jusqu&#8217;en 1863.<br \/>\n&#8211; 1878 \u2013 1880: 2\u00b0 guerre anglo-afghane. Echec afghan mais l&#8217;\u00e9mir Abd-or-Rahman obtient qu&#8217;aucun Anglais ne r\u00e9side en Afghanistan en contrepartie d&#8217;une tutelle politique effective. L&#8217; &#8221; \u00e9mir de fer&#8221;, tr\u00e8s despotique, entreprend la modernisation du pays. Il r\u00e8gne jusqu&#8217;en 1901.<br \/>\n&#8211; 20\u00b0s.: 1901 \u2013 1919: r\u00e8gne de Habibollah, fils de Abd-or-Rahman, plus souple mais non moins occidentalisant. Il obtient le respect de sa neutralit\u00e9 entre Russes et Anglais.<br \/>\n&#8211; 1919 &#8211; 1921: 3\u00b0 guerre anglo-afghane . L&#8217;accord ant\u00e9rieur est d\u00e9nonc\u00e9 par l&#8217;\u00e9mir Amanollah, fils et successeur d&#8217;Habibollah. Epuis\u00e9e par la guerre 14-18 et craignant moins la nouvelle URSS, l&#8217;Angleterre conc\u00e8de l&#8217;ind\u00e9pendance de l&#8217;Afghanistan.<br \/>\n&#8211; 1919 \u2013 1929: l&#8217;\u00e9mir continue le programme de modernisation (un code civil remplace la Sharia en 1925) mais il veille \u00e0 diversifier les aides \u00e9trang\u00e8res (Turquie, Allemagne, Italie, France). Les religieux montent la population contre les r\u00e9formes d&#8217;Amanollah qui est contraint d&#8217;abdiquer en 1929. Un bandit tadjik du nom de Batsha-Saqao prend le pouvoir et se fait proclamer \u00e9mir sous le nom d&#8217;Habibollah II. Il est chass\u00e9 apr\u00e8s quelques mois par le g\u00e9n\u00e9ral pachtoun Nader (de la lign\u00e9e Durrani) qui est proclam\u00e9 roi.<br \/>\n&#8211; 1929 \u2013 1933: Nader Shah continue la modernisation mais avec plus de mod\u00e9ration. Il intensifie la collaboration avec l&#8217;Allemagne, la France et l&#8217;Italie. Les Sovi\u00e9tiques ne l&#8217;appr\u00e9cient pas. Ils le font assassiner.<br \/>\n&#8211; 1933: le fils de Nader, Zaher Shah, devient roi en titre mais, jug\u00e9 trop jeune (19 ans), il ne r\u00e8gne pas (il devra attendre 1963). Le royaume est dirig\u00e9 par des r\u00e9gents (ses oncles).<br \/>\n&#8211; 1933 \u20131939: coop\u00e9ration renforc\u00e9e avec l&#8217;Allemagne et l&#8217;Italie. Tendances despotiques<br \/>\n&#8211; 1947: l&#8217;Afghanistan entre en conflit avec le Pakistan d\u00e8s sa cr\u00e9ation pour des questions de fronti\u00e8res (la &#8221; ligne Durand&#8221; impos\u00e9e par les Anglais en 1893 s\u00e9parant artificiellement des tribus pachtouns \u00e0 l&#8217;Est et des tribus Baloutches au Sud)<br \/>\n&#8211; 1953 \u2013 1963: Daoud, cousin du roi, est premier ministre. Il m\u00e8ne une politique anti-pakistanaise. A partir de 1956, il renoue avec l&#8217;URSS (les cadres militaires seront form\u00e9s en URSS). L&#8217;Afghanistan trouvera aupr\u00e8s de l&#8217;URSS un soutien contre le Pakistan. Les USA favoriseront le Pakistan contre l&#8217;URSS&#8230;<br \/>\n&#8211; 1963 \u2013 1973: le roi Zaher Shah prend effectivement le pouvoir et d\u00e9met son cousin Daoud. Il met fin \u00e0 la politique anti-pakistanaise. Il pratique une politique d&#8217;\u00e9quilibre entre l&#8217;URSS et les USA mais l&#8217;aide sovi\u00e9tique sera plus significative (1964: route URSS \u2013 Kaboul via le tunnel de Salang \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e du Panshir). Entre 1965 et 1978, il y a m\u00eame du tourisme en Afghanistan (&#8230;sur la route du N\u00e9pal).<br \/>\n&#8211; 1973: coup d&#8217;Etat de l&#8217;ancien premier ministre Daoud avec l&#8217;appui du parti communiste Partcham. Le roi, en voyage en Italie \u00e0 ce moment, y restera en exil jusqu&#8217;en 2003. La r\u00e9publique est proclam\u00e9e. Daoud exerce une dictature particuli\u00e8rement dure contre les int\u00e9gristes religieux (dont Hekmatyar, Rabbani et Massoud). Ceux-ci commencent \u00e0 fuir aupr\u00e8s des Pachtouns du Pakistan.<br \/>\n&#8211; 1975: d\u00e9but de r\u00e9conciliation avec le Pakistan, sous l&#8217;\u00e9gide de l&#8217;Iran.<br \/>\n&#8211; 1977: Daoud prend ses distances par rapport aux Sovi\u00e9tiques.. Des officiers de son arm\u00e9e (form\u00e9s en URSS) renversent et ex\u00e9cutent Daoud. La m\u00eame ann\u00e9e, Zia ul-Haq prend le pouvoir au Pakistan et instaure une r\u00e9publique islamique (inspir\u00e9e des id\u00e9es de Mawdoudi). Il offrira un soutien inconditionnel aux int\u00e9gristes religieux pachtounes dans les camps pakistanais.<br \/>\n&#8211; 1978: conflits entre communistes afghans, Taraki et Amin du Khalk d&#8217;une part et Karmal du Partcham d&#8217;autre part.<br \/>\n&#8211; 1979: Les Sovi\u00e9tiques installent Karmal. La plupart des Afghans entrent en r\u00e9sistance (ils deviennent &#8221; moudjahiddin&#8221;) contre ce r\u00e9gime communiste ath\u00e9e. Karmal fait appel aux Sovi\u00e9tiques qui entrent en Afghanistan (et qui l&#8217;occuperont jusqu&#8217;en 1989). La m\u00eame ann\u00e9e: renversement du Shah d&#8217;Iran et prise de pouvoir de Khomeyni. Par apr\u00e8s, guerre Iran-Irak.<br \/>\n&#8211; 1986: La livraison par les Am\u00e9ricains, via le Pakistan, de missiles Stinger aux moudjahiddin change le cours de la guerre aux d\u00e9pens des Sovi\u00e9tiques. Le pr\u00e9sident Najibullah, press\u00e9 par Gorbatchev, propose une r\u00e9conciliation nationale mais \u00e9choue.<br \/>\n&#8211; 1989: Les Sovi\u00e9tiques se retirent mais Najibullah reste en place. Il y a des &#8221; forces gouvernementales&#8221; qui r\u00e9sistent.<br \/>\n&#8211; 1992: Les moudjahiddin (sous la conduite de Hekmatyar, Rabbani ou Massoud) prennent Kaboul mais se d\u00e9chirent aussit\u00f4t entre eux. La population en fait les frais.<br \/>\n&#8211; 1994: apparition des Talibans \u00e0 Kandahar. Il s&#8217;agit d&#8217;Afghans pachtouns, n\u00e9s ou \u00e9lev\u00e9s dans les camps pakistanais, totalement conditionn\u00e9s par le whahabisme (int\u00e9grisme musulman sunnite strict d&#8217;Arabie S\u00e9oudite&#8230; pays qui finan\u00e7ait les \u00e9coles coraniques, les &#8221; madrasa&#8221;, ouvertes dans les camps).<br \/>\nL&#8217;occasion de leur rentr\u00e9e en Afghanistan fut un coup de main donn\u00e9 aux transporteurs pakistanais d\u00e9sireux que la route Pakistan \u2013 Iran via Kandahar soit r\u00e9ouverte et non plus soumise \u00e0 une multitude de chefs locaux qui ran\u00e7onnaient les camionneurs. La population appr\u00e9cia ce retour \u00e0 la paix. Le Pakistan l\u00e2cha Hekmatyar au profit des Talibans.<br \/>\n&#8211; 1995: Les Talibans, aid\u00e9s par des trahisons, prennent Herat (\u00e0 l&#8217;Ouest), ville de culture persane, chiite et soufie, \u00e9mancip\u00e9e, fief d&#8217;Isma\u00efl Khan (chiite isma\u00e9lien).<br \/>\nIls prennent aussi (en &#8220;achetant&#8221; le gouverneur) Djalalabat (\u00e0 l&#8217;est de Kaboul) et occupent le Sud de Kaboul. Hekmatyar, ayant perdu le soutien pakistanais, doit abandonner. Massoud r\u00e9siste au Nord de Kaboul.<br \/>\n&#8211; 1996: Les Talibans prennent Kaboul le 26 septembre et imposent en 24h la charia la plus stricte mais ils se d\u00e9sint\u00e9ressent totalement des conditions de vie de la population. Najibullah est sauvegement ex\u00e9cut\u00e9.<br \/>\n&#8211; 1997: Les talibans prennent, suite \u00e0 une trahison, Mazar-e-Charif (au Nord de l&#8217;Afghanistan), fief de l&#8217;Ouzbek Dostom. Isma\u00efl Khan, \u00e9galement trahi, est fait prisonnier des Talibans mais parviendra \u00e0 s&#8217;\u00e9chapper le 27\/3\/00. Massoud reste seul r\u00e9sistant. L&#8217;ancien ennemi mortel des Russes commence \u00e0 recevoir de l&#8217;aide russe contre les Talibans via le Turkm\u00e9nistan. La d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9enne Emma Bonino est faite prisonni\u00e8re des Talibans pendant quelques heures. L&#8217;Europe va commencer \u00e0 s&#8217;int\u00e9resser au sort de l&#8217;Afghanistan.<br \/>\n&#8211; 1998: Les talibans prennent Bamyan (Ouest de Kaboul, Centre de l&#8217;Afghanistan), r\u00e9gion des Hazara, chiites. L&#8217;Iran (chiite) menace les Talibans (sunnites, anti-chiites).<br \/>\n&#8211; 7\/8\/98: attentats anti-am\u00e9ricains au Kenya et en Tanzanie. Les Am\u00e9ricains y reconnaissent la main de Ban-Laden qui s&#8217;\u00e9tait entretemps r\u00e9fugi\u00e9 en Afghanistan aupr\u00e8s des Talibans. Ceux-ci refusent de le livrer. L&#8217;Arabie d\u00e9savoue Ben-Laden.<br \/>\n&#8211; 20\/8\/98: les Am\u00e9ricains bombardent son camp de Djalalabad. Les Am\u00e9ricains, qui misaient sur les Talibans pour obtenir la construction d&#8217;un ol\u00e9oduc Caucase \u2013 Golfe, cessent de soutenir les Talibans.<br \/>\n&#8211; 1999 \u2013 2000: Les Talibans d\u00e9tiennent 90 % du territoire afghan. Seul Massoud r\u00e9siste efficacement et parvient p\u00e9niblement \u00e0 cr\u00e9er une &#8221; Alliance du Nord&#8221;. Echec de toutes les tentatives de l&#8217;ONU ou de l&#8217;UE de faire respecter les Droits de l&#8217;homme par les Talibans.<br \/>\n&#8211; 10\/03\/01: destruction \u00e0 la dynamite des Bouddhas de Bamyan. Emoi de la communaut\u00e9 internationale.<br \/>\n&#8211; 9\/09\/01: assassinat du Cdt Massoud par de faux journalistes munis de faux passeports belges (par ce fait, le nom de la Belgique est d\u00e9sormais connu en Afghanistan &#8230;)<br \/>\n&#8211; 11\/09\/01: attentat contre les deux tours \u00e0 New-York, commandit\u00e9 par Ben-Laden. Les Am\u00e9ricains prennent la d\u00e9cision de liquider Ben-Laden et les Talibans qui le prot\u00e8ge.<br \/>\n&#8211; 7\/10\/01: d\u00e9but des frappes am\u00e9ricaines \u00e0 distance.<\/p>\n<p><strong>4. L&#8217;Islam en Afghanistan<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>&#8211; Le sunnisme de rite hanafite<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le sunnisme est: un des deux grands courants qui forment l&#8217;islam classique. Il concerne 85 % du monde musulman. Il tient son nom de sa r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Sunna, ensemble des traditions sur les faits et gestes du Proph\u00e8te et de ses compagnons, ainsi qu&#8217;aux Hadith, traditions sur les paroles du Proph\u00e8te. Ces deux sources ont fini par former un corpus de r\u00e9f\u00e9rence presqu&#8217;aussi important que le Coran.<br \/>\nEntre 750 et 850 de notre \u00e8re, le recours \u00e0 des Traditions diff\u00e9rentes et la formulation de jurisprudences (Fiqh) diff\u00e9rentes finit par former quatre \u00e9coles distinctes : mal\u00e9kite (Afrique occidentale et Maghreb), chaf\u00e9ite (Asie et Moyen-Orient), hanbalite (Arabie), hanafite qui fut l&#8217;\u00e9cole officielle de l&#8217;empire ottoman et qui est l&#8217;\u00e9cole la plus suivie en Asie centrale. La majorit\u00e9 des tribus afghanes rel\u00e8vent de cette ob\u00e9dience.<\/p>\n<p><strong><em>&#8211; Le chiisme<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le chiisme, l&#8217;autre grand courant, est essentiellement implant\u00e9 en Iran. Mais des minorit\u00e9s chiites existent en Irak, en Syrie, au Liban. Il se distingue, entre autre, par une tradition particuli\u00e8re sur la succession du Proph\u00e8te : seuls les descendants d&#8217;Ali (gendre et cousin de Mohammed et son quatri\u00e8me successeur) et de Fatima (fille de Mohammed et \u00e9pouse d&#8217;Ali) peuvent revendiquer la succession. Mais, plus largement, il s&#8217;agit d&#8217;une mentalit\u00e9 diff\u00e9rente, plus &#8221; mystique&#8221; que le sunnisme. La population Hazara (centre de l&#8217;Afghanistan, descendants des Mongols) est chiite, ainsi que des tribus \u00e0 l&#8217;Ouest de l&#8217;Afghanistan (fronti\u00e8re iranienne).<\/p>\n<p><strong><em>&#8211; L&#8217;isma\u00e9lisme <\/em><\/strong><\/p>\n<p>A l&#8217;int\u00e9rieur du chiisme, il faut encore distinguer en effet trois traditions diff\u00e9rentes : zaydite (qui ne reconna\u00eet comme digne successeur du proph\u00e8te que les quatre premiers imams), les septimains (ou isma\u00e9liens, qui en reconnaissent sept) et les duod\u00e9cimains (qui en reconnaissent douze et qui ont d\u00e9velopp\u00e9 l&#8217;id\u00e9e de l&#8217; &#8221; imam cach\u00e9&#8221; qui reviendra \u00e0 la fin des temps). L&#8217;isma\u00e9lisme est, de tr\u00e8s loin, la forme la plus \u00e9volu\u00e9e et la plus ouverte de l&#8217;Islam. Son centre n\u00e9vralgique est plut\u00f4t le Nord du Pakistan. Son chef spirituel est l&#8217;Agha Khan (r\u00e9sidant depuis longtemps en Europe). Il y a des tribus isma\u00e9liennes afghanes autour de H\u00e9rat et surtout au N-E (fronti\u00e8re pakistanaise).<\/p>\n<p><strong><em>&#8211; Les soufis <\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le soufisme est un mouvement mystique chiite, culturellement tr\u00e8s ouvert. Il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s florissant \u00e0 H\u00e9rat et a produit de grands po\u00e8tes (Ansari, Roumi, &#8230;). Il a form\u00e9 des confr\u00e9ries politiquement assez puissantes (tr\u00e8s royalistes) en Afghanistan. Il est consid\u00e9r\u00e9 comme h\u00e9r\u00e9tique par le sunnisme et a d&#8217;ailleurs \u00e9t\u00e9 combattu par les Talibans.<\/p>\n<p><strong><em>&#8211; Les moudjahiddin <\/em><\/strong><\/p>\n<p>Ils rel\u00e8vent d&#8217;un mouvement politico-religieux r\u00e9formateur \u2013 int\u00e9griste qui s&#8217;est<br \/>\nstructur\u00e9 en Afghanistan par la lutte contre les Sovi\u00e9tiques. Hekmatyar, Rabbani,<br \/>\nMassoud, &#8230;en sont des repr\u00e9sentants. Ils s&#8217;inspiraient directement des id\u00e9ologues suivants:<\/p>\n<p>Afghani (1838 \u2013 1898) qui, malgr\u00e9 ce surnom, n&#8217;est pas Afghan mais bien Persan chiite. Il voulait un islam libre du colonialisme occidental, ind\u00e9pendant (pas d&#8217;autorit\u00e9 non-musulmane sur des musulmans!) et uni (union des peuples musulmans dans un m\u00eame Etat). Il voulait un islam \u00e9pur\u00e9 de ses pratiques et traditions parasites, acceptant de r\u00e9ouvrir l&#8217;interpr\u00e9tation du Coran (ijtihad) et r\u00e9habilitant la raison et les sciences. Il ne voyait pas les trois religions monoth\u00e9istes comme antagonistes.<br \/>\nAl-Banna, fondateur en Egypte,en 1928, des Fr\u00e8res musulmans. Partisan du &#8221; retour aux sources&#8221; (&#8221; salafisme&#8221;: retour aux sources \u00e9pur\u00e9es, aux traditions les plus anciennes et les plus s\u00fbres). Souci social pour les masses. Emprunt \u00e0 l&#8217;Occident de ses techniques mais pas du reste. Structuration militaire et clandestinit\u00e9.<br \/>\nMawdoudi (1903 \u2013 1979), Indopakistanais, estimait que le devoir essentiel de l&#8217;Etat \u00e9tait de faire appliquer strictement les r\u00e8gles de l&#8217;islam, au nom de la h\u00e2kimiya (domination par le Dieu Juste) incompatible avec la hukumiya (domination par le pouvoir temporel). Tout le reste est \u00e0 ranger dans la j\u00e2hiliya (soci\u00e9t\u00e9 pa\u00efenne et ignorante) que tout musulman doit combattre. Le r\u00e9gime du g\u00e9n\u00e9ral Zia au Pakistan \u00e9tait enti\u00e8rement sous l&#8217;influence de cette id\u00e9ologie, les medrese (\u00e9coles coraniques) pour r\u00e9fugi\u00e9s afgans dans les camps pakistanais aussi. Cette id\u00e9ologie a donc eu un effet direct sur les Talibans mais aussi sur les moudjahiddin.<\/p>\n<p><strong><em>&#8211; Les Talibans<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Afghans r\u00e9fugi\u00e9s (parfois depuis 1979) dans des camps au Pakistan et ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9s dans les &#8221; medrese&#8221; (\u00e9coles coraniques) financ\u00e9es par l&#8217;Arabie s\u00e9oudite et diffusant la version wahabite de l&#8217;islam ainsi que les id\u00e9es du Pakistanais Mawdoudi. La dimension de r\u00e9forme interne \u00e0 l&#8217;islam y est compl\u00e8tement occult\u00e9e au profit du rigorisme le plus \u00e9troit. Ils sont apparus dans un premier temps comme des lib\u00e9rateurs par rapport \u00e0 l&#8217;anarchie et aux querelles internes des moudjahiddin apr\u00e8s le d\u00e9part des Sovi\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Le wahabisme est une id\u00e9ologie \u00e9labor\u00e9e par Abd al Wahab (n\u00e9 en 1703 en Arabie), anc\u00eatre de l&#8217;actuelle famille royale saoudienne (qui en a toujours fait sa propre id\u00e9ologie politico-religieuse). Le wahabisme s&#8217;oppose \u00e0 tout pouvoir non-musulman sur des musulmans et m\u00eame \u00e0 toute pr\u00e9sence non-musulmane en terre d&#8217;Islam, m\u00eame pour un objectif favorable aux musulmans. Il pr\u00e9conise un Etat th\u00e9ocratique d\u00e9politis\u00e9 ( la seule politique consistant \u00e0 appliquer le Coran), une application stricte de la Sharia et l&#8217;expansion de l&#8217;islam sunnite (exclusivement sunnite, pouvant impliquer la lutte contre le chiisme) dans le monde.<\/p>\n<p><strong><em>&#8211; Al-Queida<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Mouvement politico-militaire n\u00e9 en r\u00e9action contre l&#8217;intervention et la pr\u00e9sence am\u00e9ricaine en Arabie S\u00e9oudite lors de la 1\u00b0 guerre du Golfe. Oussama Ben Laden, prince s\u00e9oudien outr\u00e9 par la trahison des principes wahabites par son propre pays, s&#8217; est fait le porte-parole et l&#8217;ex\u00e9cutant d&#8217;un wahabisme cons\u00e9quent.<\/p>\n<p><strong>5. Le fonctionnement tribal<\/strong><\/p>\n<p>Voici la meilleure analyse sociologique que j&#8217;ai trouv\u00e9e sur le fonctionnement du pouvoir traditionnel en Afghanistan, une n\u0153ud incontournable pour une solution qui, on le lira, ne sera pas facile et exigera beaucoup de lucidit\u00e9 et de volont\u00e9 concert\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>&#8220;1. La soci\u00e9t\u00e9 afghane refuse toute domination ext\u00e9rieure directe, toute occupation \u00e9trang\u00e8re physique de son sol. Elle accepte en revanche la domination indirecte; elle ne peut m\u00eame s&#8217;en passer.<\/p>\n<p>2. Dans le jeu politique tribal, aucun chef ne peut s&#8217;imposer aux siens s&#8217;il n&#8217;est pas en mesure de distribuer \u00e0 sa tribu des largesses sous forme d&#8217;argent, d&#8217;armes, de nourriture. Un chef qui ne peut distribuer ces largesses est remplac\u00e9 par son rival plus g\u00e9n\u00e9reux. L&#8217;Afghanistan \u00e9tant un pays pauvre, aucun chef ne trouve de quoi redistribuer des largesses suffisantes \u00e0 sa tribu sans subvention ext\u00e9rieure. Aussi tous les chefs afghans d&#8217;une quelconque importance \u00e0 \u00e9merger sur la sc\u00e8ne politique du pays depuis cinq si\u00e8cles ont toujours \u00e9troitement d\u00e9pendu d&#8217;une subvention imp\u00e9riale ext\u00e9rieure: perse, moghole, britannique, russe, pakistanaise ou am\u00e9ricaine. Ainsi toutes les puissances \u00e9trang\u00e8res int\u00e9ress\u00e9es par l&#8217;Afghanistan ont-elles appris \u00e0 manipuler les chefs des tribus qu&#8217;elles subventionnaient selon leurs propres besoins.<\/p>\n<p>3. La soci\u00e9t\u00e9 afghane traditionnelle sait lutter contre toute domination \u00e9trang\u00e8re en lui refusant sa collaboration, en s&#8217;auto-d\u00e9truisant en tant qu&#8217;entit\u00e9 politique unitaire, en s&#8217;\u00e9parpillant en chefferies rivales, en se d\u00e9sint\u00e9grant; toutefois, elle ne poss\u00e8de aucun m\u00e9canisme politique pour susciter une nouvelle unit\u00e9 en son sein; l&#8217;unit\u00e9 ne peut rena\u00eetre que sur intervention d\u00e9cisive d&#8217;une puissance \u00e9trang\u00e8re, laquelle devra appuyer de tout son poids \u2013mais sans jamais \u00eatre pr\u00e9sente physiquement en Afghanistan- l&#8217;une des chefferies tribales.<\/p>\n<p>4. La soci\u00e9t\u00e9 afghane traditionnelle, malgr\u00e9 la farouche d\u00e9fense de son autonomie interne, se place toujours en situation de parasite \u00e9conomique et politique envers l&#8217;une des puissances \u00e9trang\u00e8res qui l&#8217;entourent ; si elle est envahie par une de ces puissances, elle gagne l&#8217;alliance de l&#8217;autre; mais aucun chef n&#8217;\u00e9merge seul des rivalit\u00e9s internes sans l&#8217;appui \u00e9conomique et militaire de la puissance ext\u00e9rieure qu&#8217;il se choisit. D&#8217;o\u00f9 la responsabilit\u00e9 engag\u00e9e de la puissance ext\u00e9rieure dans le destin politique int\u00e9rieur afghan.<\/p>\n<p>5. La soci\u00e9t\u00e9 afghane elle-m\u00eame, par ses rivalit\u00e9s internes, invite donc \u00e0 l&#8217;ing\u00e9rence \u00e9trang\u00e8re dans ses affaires. Toute puissance ext\u00e9rieure int\u00e9ress\u00e9e par les affaires afghanes se voit d\u00e8s lors entra\u00een\u00e9e, f\u00fbt-ce malgr\u00e9 elle, dans le jeu afghan interne, y engage sa responsabilit\u00e9, se voit accul\u00e9e \u00e0 faire elle-m\u00eame les bons choix pour faire \u00e9merger en Afghanistan un pouvoir politique unitaire acceptable par la population. En cas de mauvais choix, si la chefferie afghane appuy\u00e9e par l&#8217;intervenant \u00e9tranger reste inacceptable par la population, il en r\u00e9sulte des ann\u00e9es de guerre intestine, jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;un nouveau chef acceptable, mais toujours appuy\u00e9 par un agent ext\u00e9rieur, impose sa domination par la force.&#8221;<br \/>\n(D&#8217;apr\u00e8s Michael Barry, <em>La r\u00e9sistance afghane<\/em>, Champs-Flammarion, Paris, 1989, pp. 34-35.)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La situation complexe en Afghanistan &#8211; introduction et analyse. &nbsp; Selis Claude 1. Donn\u00e9es g\u00e9ographiques Ce pays d&#8217;Asie centrale (voir la carte) couvre une superficie de 652.088 km\u00b2 (20 x la Belgique). 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