{"id":614,"date":"2013-02-02T00:00:00","date_gmt":"2014-02-06T11:37:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.army-chaplaincy.be\/benl\/2012\/06\/16\/religion-et-nationalisme-doctrine-des-eglises\/"},"modified":"2021-02-06T20:37:11","modified_gmt":"2021-02-06T19:37:11","slug":"religion-et-nationalisme-doctrine-des-eglises","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/2013\/02\/02\/religion-et-nationalisme-doctrine-des-eglises\/","title":{"rendered":"Religion et nationalisme: doctrine des Eglises"},"content":{"rendered":"<p>La relation entre religion et nationalisme dans la doctrine des Eglises: un essai.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><a href=\"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/aalmoezeniersdienst\/leden\/profiel-selis-claude\/\">Selis Claude<\/a><\/em><\/p>\n<p><strong>Les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l&#8217;Ecriture<\/strong><\/p>\n<p>\nLa doctrine fondamentale sur le lien entre les convictions religieuses et l&#8217;appartenance \u00e0 une nation peut, dans le christianisme, se r\u00e9sumer en deux grands principes: d&#8217;une part, le chr\u00e9tien est appel\u00e9 \u00e0 \u00eatre &#8221; loyal&#8221; envers sa patrie et donc \u00e0 en respecter les autorit\u00e9s et les r\u00e8glements <a name=\"text0\"><a href=\"#vn0\"><sup>[0]<\/sup><\/a> (sauf s&#8217;il y a contradiction manifeste et irr\u00e9ductible avec la doctrine chr\u00e9tienne) <a name=\"text1\"><a href=\"#vn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>; d&#8217;autre part, le chr\u00e9tien ne doit jamais idol\u00e2trer la patrie terrestre, le Royaume de Dieu n&#8217;\u00e9tant pas de ce monde <a name=\"text2\"><a href=\"#vn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. D&#8217;embl\u00e9e, le christianisme s&#8217;est voulu transnational <a name=\"text3\"><a href=\"#vn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> et ouvert \u00e0 tous les peuples <a name=\"text4\"><a href=\"#vn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>\n<strong>Une histoire mouvement\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Les p\u00e9rip\u00e9ties historiques ont largement influenc\u00e9, dans le sens d&#8217;un approfondissement et \/ ou d&#8217;un travestissement, la position de l&#8217;Eglise (et bient\u00f4t des Eglises) par rapport \u00e0 la Nation. <br \/>\nDans un premier temps, les jeunes communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes firent plut\u00f4t confiance \u00e0 l&#8217;Empire romain (c&#8217;est ce climat qui pr\u00e9vaut dans les premiers \u00e9crits du Nouveau Testament). Dans un second temps, celui des pers\u00e9cutions, l&#8217;Empire devint le monstre (voir l&#8217;Apocalypse de Jean) <a name=\"text5\"><a href=\"#vn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>. <br \/>\nA partir de l&#8217;\u00e9dit de l&#8217;empereur Constantin (313), le christianisme devint religion d&#8217;Etat  et l&#8217;empereur se consid\u00e9r\u00e2t comme le protecteur de l&#8217;Eglise . Cette confusion des pouvoirs a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e le constantinisme.<br \/>\nL&#8217;ouvrage de St Augustin, La Cit\u00e9 de Dieu (\u00e9crit entre 413-417), \u00e9tablit la th\u00e9orie des deux pouvoirs (spirituel et temporel), le premier \u00e9tant moralement sup\u00e9rieur au second (distinction mais subordination), les deux se pr\u00eatant un secours mutuel. C&#8217;est ce que l&#8217;on appelle l&#8217;augustinisme politique <a name=\"text6\"><a href=\"#vn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>, qui est rest\u00e9 la doctrine officielle des Eglises orthodoxes byzantines.<\/p>\n<p>L&#8217;Occident a connu une \u00e9volution diff\u00e9rente. L&#8217;Empire s&#8217;\u00e9tant morcel\u00e9 suite aux &#8221; invasions barbares&#8221; et l&#8217;Eglise \u00e9tant rest\u00e9e seule d\u00e9tentrice de l&#8217;id\u00e9e d&#8217;Empire, les papes ont voulu monnay\u00e9 ce patrimoine en tentant de soumettre l&#8217;Etat \u00e0 l&#8217;Eglise <a name=\"text7\"><a href=\"#vn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>. Les pr\u00e9tendants \u00e0 recr\u00e9er l&#8217;Empire (Clovis, Charlemagne,&#8230;) durent ainsi  passer par l&#8217;Eglise. Mais bient\u00f4t les r\u00f4les furent invers\u00e9s <a name=\"text8\"><a href=\"#vn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> et les papes eurent fort \u00e0 faire pour reconqu\u00e9rir du pouvoir (Querelle des Investitures au 11\u00b0s. et Querelle du Sacredoce et du Saint Empire  au 12\u00b0 et 13\u00b0 si\u00e8cle) <a name=\"text9\"><a href=\"#vn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>. C&#8217;est sur le terrain de la th\u00e9ologie que l&#8217;Eglise perdit cette bataille. St Thomas au 13\u00b0s. fut partisan de l&#8217;autonomie du pouvoir politique sous r\u00e9serve que celui-ci se soumette au droit naturel et soit ordonn\u00e9 au bien commun. L&#8217;id\u00e9e d&#8217;Empire va tout simplement s&#8217;\u00e9tioler \u00e0 partir du 15\u00b0s. au profit du concept d&#8217;Etat-Nation d\u00e9fini sur base de particularit\u00e9s (race, territoire, langue, histoire commune, religion). Chaque Etat s&#8217;estimera ind\u00e9pendant, autonome, inviolable, ma\u00eetre absolu \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de ses fronti\u00e8res. La religion y aura n\u00e9cessairement une place ou \u00e9ventuellement pas de place suivant qu&#8217;on inclura telle religion dans la d\u00e9finition de telle nationalit\u00e9 (le principe du cujus regio, ejus religio de la Paix d&#8217;Augsbourg en 1555, obtenu par la R\u00e9forme mais contest\u00e9 par l&#8217;Eglise catholique) ou que l&#8217;on renoncera \u00e0 l&#8217;y inclure (comme en France \u00e0 partir de la R\u00e9volution de 1789). Les confessions r\u00e9form\u00e9es s&#8217;y pr\u00eatant plus facilement, on vit appara\u00eetre des Eglises nationales (se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 nouveau \u00e0 l&#8217;augustinisme politique). M\u00eame dans  la tradition catholique, pourtant unitaire, se manifest\u00e8rent des courants nationalisants (le gallicanisme en France, le jos\u00e9phisme en Autriche, &#8230;), \u00e2prement combattus, et avec succ\u00e8s, par les ultramontains (partisans d&#8217;une uniformit\u00e9 sous autorit\u00e9 romaine) <a name=\"text10\"><a href=\"#vn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>. Apr\u00e8s avoir essay\u00e9 de &#8221; coloniser&#8221; de l&#8217;int\u00e9rieur les Etats de tradition catholique (17\u00b0-18\u00b0 s.) <a name=\"text11\"><a href=\"#vn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>, la m\u00e9fiance de l&#8217;Eglise \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des Etats-Nations s&#8217;est renforc\u00e9e tout au long du 19\u00b0s. <a name=\"text12\"><a href=\"#vn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. <br \/>\nElle n&#8217;acceptera jamais le caract\u00e8re absolu de la souverainet\u00e9 nationale en ce qu&#8217;il pourrait \u00eatre contraire au &#8221; bien commun universel&#8221; et dans la mesure o\u00f9 il s&#8217;estimerait affranchi du &#8221; droit naturel&#8221; (et donc du &#8221; droit des gens&#8221;). <br \/>\nLa tendance des Etats-Nations a \u00e9t\u00e9, d\u00e8s le 17\u00b0si\u00e8cle,  de rejeter le droit naturel au profit du contractualisme (droits purement conventionnels relevant de la seule autorit\u00e9 du Prince, d&#8217;une Assembl\u00e9e ou &#8221; du Peuple&#8221;) <a name=\"text13\"><a href=\"#vn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>. C&#8217;est pour cette raison pr\u00e9cise que l&#8217;Eglise s&#8217;est oppos\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9mergence des d\u00e9mocraties, estimant que le nombre ne fait pas la v\u00e9rit\u00e9 (et non pas parce qu&#8217;elle serait oppos\u00e9e au &#8221; droit des gens&#8221;, au contraire). Elle a  pris le parti de ne plus soutenir que des &#8221; peuples&#8221; <a name=\"text14\"><a href=\"#vn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>, parfois au prix de discordances avec les clerg\u00e9s nationaux plus engag\u00e9s envers leur pays. Ainsi, en France, malgr\u00e9 le climat anticl\u00e9rical, le clerg\u00e9 fran\u00e7ais s&#8217;est engag\u00e9 \u00e0 fond \u00e0 l&#8217;occasion de la guerre de 1870 et encore en 1914-18 alors que la loi de s\u00e9paration de l&#8217;Eglise et de l&#8217;Etat (avec interdiction des Ordres religieux, etc&#8230;) \u00e9tait toute r\u00e9cente (1905) <a name=\"text15\"><a href=\"#vn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>. L&#8217;Eglise n&#8217;accorda pas son soutien \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations au sortir de la guerre de 14-18 (\u00e0 peine une d\u00e9claration polie) <a name=\"text16\"><a href=\"#vn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> non pas par d\u00e9saccord mais parce qu&#8217;elle avait \u00e9t\u00e9 express\u00e9ment exclue par certains membres influents anticl\u00e9ricaux. A la veille de la guerre 40, le pape Pie XI a s\u00e9v\u00e8rement condamn\u00e9 l&#8217;id\u00e9ologie nationaliste dans l&#8217;encyclique Mit brennender Sorge. Dans ses multiples discours tout au long de la guerre 40, Pie XII n&#8217;a cess\u00e9 de condamner les nationalismes <a name=\"text17\"><a href=\"#vn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>\n<strong>De Vatican II \u00e0 Jean-Paul II<\/strong><\/p>\n<p>Pour en venir \u00e0 des fondements doctrinaux r\u00e9cents, la r\u00e9f\u00e9rence au Concile Vatican II s&#8217;av\u00e8re incontournable (pour l&#8217;Eglise catholique).  La doctrine conciliaire concernant les rapports avec &#8221; le monde de ce temps&#8221; se trouve d\u00e9finie dans la Constitution &#8221; Gaudium et spes&#8221; <a name=\"text18\"><a href=\"#vn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a> (dernier texte de la derni\u00e8re session, vot\u00e9 le 7 d\u00e9cembre 1965).  Un seul paragraphe de quelques lignes y est consacr\u00e9 \u00e0 la Nation:<\/p>\n<p>&#8221; Que les citoyens cultivent avec magnanimit\u00e9 et loyaut\u00e9 l&#8217;amour de la patrie, mais sans \u00e9troitesse d&#8217;esprit, c&#8217;est-\u00e0-dire de telle fa\u00e7on qu&#8217;en m\u00eame temps ils prennent toujours en consid\u00e9ration le bien de toute la famille humaine qui rassemble races, peuples et nations, unis par toutes sortes de liens&#8221;<\/p>\n<p>Pour le reste, le texte s&#8217;\u00e9tend beaucoup plus longuement sur &#8221; la sauvegarde de la paix et la construction de la communaut\u00e9 des nations&#8221; (constituant tout le chapitre 5). D&#8217;autre part, les encycliques de Jean XXIII (Pacem in terris, 1963) et de Paul VI (Populorum Progressio, 1967) s&#8217;int\u00e9ressent \u00e9galement beaucoup plus au d\u00e9veloppement du Tiers-Monde et aux institutions internationales qu&#8217;au concept de Nation. Le nationalisme est le plus souvent affubl\u00e9 de qualificatifs comme &#8220;\u00e9troit&#8221; ou &#8221; \u00e9go\u00efste&#8221;.  Le soutien de Paul VI \u00e0 l&#8217;ONU (visite et discours du 4 octobre 1965) \u00e0 un moment o\u00f9 cette institution \u00e9tait largement m\u00e9pris\u00e9e ne laisse pas de doute sur la politique internationaliste du Vatican \u00e0 partir de cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la tr\u00e8s grande constance et coh\u00e9rence de la politique vaticane, il semble malgr\u00e9 tout que l&#8217;attitude de Jean-Paul II soit quelque peu diff\u00e9rente. Certes le pape a d\u00e9nonc\u00e9 \u00e0 de multiples reprises le &#8221; nationalisme exacerb\u00e9&#8221; mais, par ailleurs, le soutien aux &#8221; nations&#8221; contre les Etats en Europe Centrale et de l&#8217;Est a constitu\u00e9 sa strat\u00e9gie de d\u00e9stabilisation du communisme et de l&#8217;URSS <a name=\"text19\"><a href=\"#vn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>. &#8221; Il n&#8217;y a pas de droits de l&#8217;homme l\u00e0 o\u00f9 les droits de la nation sont bafou\u00e9s&#8221;, expliquait-il solennellement d\u00e8s 1979 dans l&#8217;encyclique Redemptor Hominis <a name=\"text20\"><a href=\"#vn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a>. Il revenait encore \u00e0 la charge en proclamant en 1987 dans Sollicitudo rei socialis: &#8221; Le sens fondamental de l&#8217;Etat comme communaut\u00e9 politique consiste en ce que la soci\u00e9t\u00e9 qui le compose, le peuple, est ma\u00eetre de son propre destin&#8221;. Il est clair que par &#8221; nation&#8221; il n&#8217;entendait pas &#8221; Etat&#8221; mais bien l&#8217;identit\u00e9 profonde d&#8217;une population ou de minorit\u00e9s nationales. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment en ce qui concerne la Yougoslavie, les media des pays orthodoxes ont accus\u00e9 le Vatican d&#8217;avoir provoqu\u00e9 l&#8217;embrasement par sa reconnaissance pr\u00e9cipit\u00e9e de la Slov\u00e9nie et de la Croatie (de tradition catholique, en effet). Interpell\u00e9e formellement sur cette accusation, la Salle de Presse du Saint Si\u00e8ge s&#8217;en est expliqu\u00e9 dans un document <a name=\"text21\"><a href=\"#vn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a> dans lequel elle ne d\u00e9ment pas son soutien actif \u00e0 ces pays mais estime que cette reconnaissance s&#8217;est faite dans le plus total respect des proc\u00e9dures et conditions diplomatiques <a name=\"text22\"><a href=\"#vn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a> et retourne m\u00eame les torts du c\u00f4t\u00e9 serbe.<\/p>\n<p>A l&#8217;occasion du Synode sp\u00e9cial des \u00e9v\u00eaques sur l&#8217;Europe (d\u00e9cembre 1991), la d\u00e9claration finale <a name=\"text23\"><a href=\"#vn23\"><sup>[23]<\/sup><\/a> red\u00e9finit en fait une doctrine sur la nation en ces termes:<\/p>\n<p><em>&#8220;Sur le chemin de l&#8217;unit\u00e9 de l&#8217;Europe, le probl\u00e8me des relations entre nations se pose de nouveau avec acuit\u00e9 en plusieurs r\u00e9gions d&#8217;Europe. Les nations repr\u00e9sentent des r\u00e9alisations culturelles vitales qui constituent l&#8217;expression de la richesse spirituelle de notre continent. Les diff\u00e9rences nationales ne doivent donc pas dispara\u00eetre, elles doivent au contraire \u00eatre maintenues et cultiv\u00e9es comme le fondement historique de la solidarit\u00e9 europ\u00e9enne. Apr\u00e8s l&#8217;effondrement du r\u00e9gime marxiste, qui \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 une uniformit\u00e9 forc\u00e9e et \u00e0 l&#8217;oppression des petites nations, voici que de nouveau peuples europ\u00e9ens de l&#8217;Est et de l&#8217;Ouest manifestent des mouvements nationalistes(&#8230;).&#8221;<\/em><\/p>\n<p>La suite du texte rappelle le besoin d&#8217;ouverture et de solidarit\u00e9 avec les autres peuples et estime que l&#8217;Eglise peut justement aider \u00e0 transcender les particularismes.<\/p>\n<p>Lors d&#8217;une intervention \u00e0 la Conf\u00e9rence des chefs d&#8217;Etat et de gouvernement des 32 pays membres du Conseil de l&#8217;Europe (Vienne, 8-9 octobre 93), le cardinal Sodano, Secr\u00e9taire d&#8217;Etat du Vatican, a  rappel\u00e9 les trois lignes de force de la politique vaticane europ\u00e9enne: le fait que l&#8217;Europe est d&#8217;abord un patrimoine culturel commun au-del\u00e0 des aspects organisationnels et des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques ; le fait de d\u00e9fendre et d&#8217;approfondir le &#8221; droit des peuples&#8221; sans encourager un &#8221; nationalisme malsain et agressif&#8221; et le fait de travailler \u00e0 la r\u00e9conciliation entre les peuples <a name=\"text24\"><a href=\"#vn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>.<br \/>\nUn deuxi\u00e8me synode sp\u00e9cial pour l&#8217;Europe a \u00e9t\u00e9 tenu en d\u00e9cembre 1999. Ses travaux pr\u00e9paratoires et ses conclusions <a name=\"text25\"><a href=\"#vn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a> sont r\u00e9v\u00e9lateurs d&#8217;un d\u00e9senchantement profond et d&#8217;un renfermement th\u00e9ologique. Totalement absente des Lineamenta, la question politique des nationalismes est abord\u00e9e dans l&#8217;Instrumentum laboris suite, sans doute, aux r\u00e9actions de Conf\u00e9rences \u00e9piscopales mais elle ne couvre qu&#8217;une page (le \u00a7 85) sur 42. Ce paragraphe s&#8217;\u00e9l\u00e8ve contre &#8221; la sur\u00e9valuation de caract\u00e8re absolu \u00e0 l&#8217;appartenance nationale et de la valeur de la nation&#8221;. Il s&#8217;\u00e9l\u00e8ve contre &#8221; toute superposition entre l&#8217;identit\u00e9 nationale et l&#8217;identit\u00e9 religieuse&#8221;  et soutient que &#8221; l&#8217;identit\u00e9 nationale ne se r\u00e9alise que dans l&#8217;ouverture aux autres peuples&#8221;. Il pr\u00e9conise une red\u00e9finition de la nation permettant &#8221; \u00e0 des populations diff\u00e9rentes de vivre dans une entit\u00e9 nationale unique, en voyant largement sauvegard\u00e9s leurs droits et leurs identit\u00e9s propres&#8221;. L&#8217;engagement \u00e0 travailler \u00e0 la r\u00e9conciliation des peuples est r\u00e9it\u00e9r\u00e9. Ces textes peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme la doctrine officielle de l&#8217;Eglise catholique sur le sujet.<\/p>\n<p>\n<strong>Du c\u00f4t\u00e9 des Eglises orthodoxes<\/strong><\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des Eglises orthodoxes, la tradition est diff\u00e9rente. L&#8217;Eglise orthodoxe est rest\u00e9e longtemps unifi\u00e9e (jusqu&#8217;au 15\u00b0s.) dans le cadre de l&#8217;Empire byzantin et a pu continuer \u00e0 vivre de l&#8217;augustinisme politique <a name=\"text26\"><a href=\"#vn26\"><sup>[26]<\/sup><\/a>. Les diff\u00e9rents si\u00e8ges patriarcaux existants ne se distinguaient que pour des raisons historiques. <br \/>\nDans le cadre de l&#8217;empire ottoman, l&#8217;Eglise a pu vivre sans trop de difficult\u00e9 au prix d&#8217;une soumission politique au pouvoir musulman <a name=\"text27\"><a href=\"#vn27\"><sup>[27]<\/sup><\/a>. Sa structure s&#8217;en est m\u00eame trouv\u00e9e renforc\u00e9e puisque le pouvoir ottoman avait institu\u00e9 des &#8221; milliet&#8221; (&#8221; nationalit\u00e9&#8221; non g\u00e9ographique mais personnelle suivant les diverses confessions chr\u00e9tiennes) pour les mati\u00e8res &#8221; personnalisables&#8221;. Cependant, tout au long du lent processus de d\u00e9membrement de l&#8217;empire ottoman, diverses r\u00e9gions ont pris leur ind\u00e9pendance au nom de leur identit\u00e9 religieuse. C&#8217;est ainsi que diverses Eglises &#8221; autoc\u00e9phales&#8221; se sont cr\u00e9\u00e9es aux d\u00e9pens du patriarcat de Constantinople <a name=\"text28\"><a href=\"#vn28\"><sup>[28]<\/sup><\/a>. Ces divisions ne touchaient pas \u00e0 la doctrine mais bien aux comp\u00e9tences juridiques (nomination des \u00e9v\u00eaques et des pr\u00eatres). Chacune de ces Eglises s&#8217;est trouv\u00e9e intimement li\u00e9e \u00e0 l&#8217;Etat-Nation cr\u00e9\u00e9 cette fois aux d\u00e9pens de l&#8217;empire ottoman. <br \/>\nAvec l&#8217;arriv\u00e9e du communisme, ces Eglises se sont assez ais\u00e9ment soumises aux nouvelles autorit\u00e9s qui, tout en combattant f\u00e9rocement les &#8221; superstitions&#8221; religieuses, ont \u00e9ventuellement entretenu les Eglises pour le nationalisme patriotique dont elles \u00e9taient porteuses <a name=\"text29\"><a href=\"#vn29\"><sup>[29]<\/sup><\/a>. L&#8217;effondrement du syst\u00e8me sovi\u00e9tique a lib\u00e9r\u00e9 les Eglises et leur a permis, progressivement, de retrouver leurs moyens d&#8217;action et leur place dans la vie sociale (f\u00eates religieuses publiques et f\u00e9ri\u00e9es, journaux et publications, associations diverses,&#8230;). Ayant servi pendant 70 ou 40 ans de &#8221; conservatoire&#8221; de l&#8217;\u00e2me profonde du peuple, l&#8217;Eglise est apparue dans un premier temps comme &#8221; la&#8221; r\u00e9f\u00e9rence identitaire post-communiste <a name=\"text30\"><a href=\"#vn30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>. Elle craint cependant d&#8217;\u00eatre tr\u00e8s vite spoli\u00e9e des fruits de ses souffrances par le mat\u00e9rialisme occidental ou par le pros\u00e9lytisme religieux catholique et protestant ou, pire encore, par le d\u00e9ferlement des sectes. Il n&#8217;est pas \u00e9vident que l&#8217;Eglise orthodoxe soit doctrinalement pr\u00eate \u00e0 aborder la modernit\u00e9.<\/p>\n<table cellpadding=\"5\" cellspacing=\"0\" border=\"0\">\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn0\"><\/a>(<a href=\"#text0\">0<\/a>)<\/td>\n<td>Ce principe repose sur la maxime \u00e9vang\u00e9lique &#8221; Rendez \u00e0 C\u00e9sar ce qui est \u00e0 C\u00e9sar&#8221; (Marc 12,17) ainsi que sur les citations des \u00e9p\u00eetres:<br \/>\n&#8211; Romains 13,1-7: &#8221; Que chacun se soumette aux autorit\u00e9s en charge. Car il n&#8217;y a point d&#8217;autorit\u00e9 qui ne vienne de Dieu (&#8230;). Si bien que celui qui r\u00e9siste \u00e0 l&#8217;autorit\u00e9 se rebelle contre l&#8217;ordre \u00e9tabli par Dieu (&#8230;) . Elle est un instrument de Dieu pour faire justice et ch\u00e2tier qui fait le mal. (&#8230;)&#8221;.<br \/>\n&#8211; Tite 3,1: &#8221; Rappelle \u00e0 tous qu&#8217;il faut \u00eatre soumis aux magistrats et aux autorit\u00e9s (&#8230;).&#8221;<br \/>\n&#8211; 1 Pierre 2,13-17: &#8221; Soyez soumis, \u00e0 cause du Seigneur, \u00e0 toute institution humaine: soit au roi, comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoy\u00e9s par lui pour punir ceux qui font le mal&#8230;&#8221;<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn1\"><\/a>(<a href=\"#text1\">1<\/a>)<\/td>\n<td>Ce principe repose essentiellement sur Actes 5,19: &#8221; il faut ob\u00e9ir \u00e0 Dieu plut\u00f4t qu&#8217;aux hommes&#8221;. D&#8217;autre part, la doctrine sur l&#8217;objection de conscience ou la d\u00e9sob\u00e9issance civile a encore \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e au Moyen-Age par St Thomas d&#8217;Aquin ( dans la Somme th\u00e9ologique 2a 2ae question 104 et  dans le trait\u00e9 de Regno I,6).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn2\"><\/a>(<a href=\"#text2\">2<\/a>)<\/td>\n<td>Evangile de Jean 18,36.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn3\"><\/a>(<a href=\"#text3\">3<\/a>)<\/td>\n<td>&#8221; Il n&#8217;y a plus ni Juif, ni Grec&#8230;&#8221; (Galates 3,27-28).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn4\"><\/a>(<a href=\"#text4\">4<\/a>)<\/td>\n<td>&#8221; Parthes, M\u00e8des et Elamites, &#8230;tous, nous les entendons dans nos langues&#8221; (Actes 2,9-11).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn5\"><\/a>(<a href=\"#text5\">5<\/a>)<\/td>\n<td>Voir les th\u00e8mes de la &#8221; B\u00eate&#8221; et de &#8221; Babylone&#8221; dans l&#8217;Apocalypse de Jean (chap.13 ; 17 ; etc&#8230;).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn6\"><\/a>(<a href=\"#text6\">6<\/a>)<\/td>\n<td>Voir Arquilli\u00e8re, L&#8217;augustinisme politique, Paris, 1934 ou Quillet, art. Augustin in Dict. de philosophie politique, PUF, 1996, pp.36-47. L&#8217;augustinisme politique au Moyen-Age (red\u00e9finit par G\u00e9lase \u00e0 la fin du 5\u00b0s.) peut \u00eatre r\u00e9sum\u00e9 comme suit: chaque pouvoir est autonome dans sa sph\u00e8re, subordonn\u00e9 \u00e0 l&#8217;autre dans la sph\u00e8re de l&#8217;autre ; les deux puissances sont \u00e9galement n\u00e9cessaires \u00e0 l&#8217;ordre divin ; cependant l&#8217;auctoritas du Pontife l&#8217;emporte sur la potestas des rois.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn7\"><\/a>(<a href=\"#text7\">7<\/a>)<\/td>\n<td>Selon le pape Gr\u00e9goire le Grand ou un Isidore de S\u00e9ville (7\u00b0s.), le pape est le chef spirituel de la chr\u00e9tient\u00e9 et l&#8217;empereur son ministre temporel. Le r\u00f4le primordial du royaume terrestre est de servir l&#8217;Eglise. Il s&#8217;agit l\u00e0 de hi\u00e9rocratie. On conna\u00eet aussi la th\u00e9orie des deux glaives selon St Bernard (11\u00b0s.): les deux rel\u00e8vent de l&#8217;Eglise mais l&#8217;un (le spirituel) est tir\u00e9 par l&#8217;Eglise tandis que l&#8217;autre (le mat\u00e9riel) est tir\u00e9 pour l&#8217;Eglise.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn8\"><\/a>(<a href=\"#text8\">8<\/a>)<\/td>\n<td>Voir Amman et Dumas, L&#8217;Eglise au pouvoir des la\u00efcs (885-1057), vol.7 de l&#8217;Histoire de l&#8217;Eglise, ss.dir. Fliche et Martin, Bloud et Gay, Paris, 1948.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn9\"><\/a>(<a href=\"#text9\">9<\/a>)<\/td>\n<td>Voir vol.8 de Fliche et Martin.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn10\"><\/a>(<a href=\"#text10\">10<\/a>)<\/td>\n<td>Voir chap.9 du vol.21 de Fliche et Martin.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn11\"><\/a>(<a href=\"#text11\">11<\/a>)<\/td>\n<td>Voir vol.19, t.1 et 2 de Fliche et Martin.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn12\"><\/a>(<a href=\"#text12\">12<\/a>)<\/td>\n<td>Voir Aubert, R., Le Pontificat de Pie IX, vol.21 de Fliche et Martin.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn13\"><\/a>(<a href=\"#text13\">13<\/a>)<\/td>\n<td>Locke, Hobbes, Rousseau, Kant,&#8230;<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn14\"><\/a>(<a href=\"#text14\">14<\/a>)<\/td>\n<td>Cela appara\u00eet subtilement mais clairement dans les discours pontificaux de l&#8217;\u00e9poque: voir Y.de la Bri\u00e8re, La patrie et la paix (documents pontificaux de L\u00e9on XIII \u00e0 Pie IX), DDB, Paris, 1937.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn15\"><\/a>(<a href=\"#text15\">15<\/a>)<\/td>\n<td>Mais celle-ci fut plusieurs fois largement amend\u00e9e d\u00e8s apr\u00e8s 1918.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn16\"><\/a>(<a href=\"#text16\">16<\/a>)<\/td>\n<td>Dans l&#8217;encyclique Pacem de Beno\u00eet XV.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn17\"><\/a>(<a href=\"#text17\">17<\/a>)<\/td>\n<td>Tonneau, Le pape, la guerre et la paix, Cerf, Paris, 1942;  Coste, Le probl\u00e8me du droit de la guerre dans la pens\u00e9e de Pie XII, Aubier, Paris, 1962.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn18\"><\/a>(<a href=\"#text18\">18<\/a>)<\/td>\n<td>Sur l&#8217;historique de ce texte et commentaires, voir Tucci, La vie de la communaut\u00e9 politique in L&#8217;Eglise dans le monde de ce temps, coll. Unam Sanctam 65b, Cerf, Paris, 1967, pp.517-570 ; Dubarle, La sauvegarde de la paix et la construction de la communaut\u00e9 des Nations, in ibid., pp.571-630 ; Calvez, La communaut\u00e9 politique, in Sch\u00e9ma XIII, commentaires, Mame, Paris, 1967, pp.279-234 ; Dubarle, Le Sch\u00e9ma XIII et la guerre, in ibid., pp.327-390.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn19\"><\/a>(<a href=\"#text19\">19<\/a>)<\/td>\n<td>Voir Milcent, A l&#8217;Est du Vatican. La papaut\u00e9 et les d\u00e9mocraties populaires, Cerf, 1980.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn20\"><\/a>(<a href=\"#text20\">20<\/a>)<\/td>\n<td>Voir les analyses de la politique vaticane dans J-B d&#8217;Onorio (\u00e9d.), Le Vatican et la politique europ\u00e9enne, Mame, Paris, 1994 et dans J-B d&#8217;Onorio (ss.dir.), Le Saint Si\u00e8ge dans les relations internationales, Cerf\/Cujas, Paris, 1989.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn21\"><\/a>(<a href=\"#text21\">21<\/a>)<\/td>\n<td>Osservatore Romano du 24 d\u00e9c.1991.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn22\"><\/a>(<a href=\"#text22\">22<\/a>)<\/td>\n<td>La Croatie a \u00e9t\u00e9 reconnue par le Vatican le 13\/1\/92, soit pas m\u00eame un mois apr\u00e8s sa reconnaissance par la CEE (16\/12\/91). On sait que c&#8217;est l&#8217;Allemagne qui a press\u00e9 la CEE pour une reconnaissance aussi rapide (ind\u00e9pendance autoproclam\u00e9e le 25\/6\/91). Il n&#8217;est pas exclu que le Vatican ait press\u00e9 l&#8217;Allemagne&#8230;<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn23\"><\/a>(<a href=\"#text23\">23<\/a>)<\/td>\n<td>Texte dans la m\u00eame livraison de l&#8217;Osservatore Romano du 24 d\u00e9c.1991.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn24\"><\/a>(<a href=\"#text24\">24<\/a>)<\/td>\n<td>Texte in Documentation Catholique n\u00b02083 du 5\/12\/93.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn25\"><\/a>(<a href=\"#text25\">25<\/a>)<\/td>\n<td>Premier document pr\u00e9paratoire (Lineamenta) in Documentation Catholique n\u00b02182 du 17\/5\/98 ; deuxi\u00e8me document pr\u00e9paratoire (Instrumentum laboris) in DC n\u00b02210 du 19\/9\/99.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn26\"><\/a>(<a href=\"#text26\">26<\/a>)<\/td>\n<td>Ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence: Ahrweiler, H., L&#8217;id\u00e9ologie politique de l&#8217;Empire byzantin, PUF, Paris, 1975 ou Dagron, G., Empereur et pr\u00eatre. Etude sur le c\u00e9saropapisme byzantin, NRF-Gallimard, Paris, 1996. Dans le cadre de l&#8217;oppression communiste, si le principe de l&#8217;assistance mutuelle ne s&#8217;av\u00e9rait pas pratiquable, les Eglises ont choisi la collaboration ou l&#8217;isolement. Le mouvement slavophile pr\u00e9conisait la rupture de toute relation et situait la foi orthodoxe au niveau de l&#8217;\u00e2me du peuple.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn27\"><\/a>(<a href=\"#text27\">27<\/a>)<\/td>\n<td>Ouvrage de r\u00e9f\u00e9rence: Ducellier, A., Chr\u00e9tien d&#8217;Orient et Islam au Moyen-Age (7\u00b0-15\u00b0s.), coll. U, Armand Colin, Paris, 1996.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn28\"><\/a>(<a href=\"#text28\">28<\/a>)<\/td>\n<td>C&#8217;est ainsi que ce si\u00e8ge historique a perdu \u00e0 peu pr\u00e8s toute influence aujourd&#8217;hui. Il n&#8217;est pas \u00e9tonnant que son patriarche actuel, Bartholom\u00e9, soit plut\u00f4t en d\u00e9saccord avec les \u00e9glises autoc\u00e9phales sur un  lien trop fort entre orthodoxie et nationalit\u00e9.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn29\"><\/a>(<a href=\"#text29\">29<\/a>)<\/td>\n<td>Les Catholiques dans les pays de l&#8217;Est ont \u00e9t\u00e9 bien plus pers\u00e9cut\u00e9s que les Orthodoxes, pr\u00e9cis\u00e9ment dans la mesure o\u00f9 ils pr\u00e9tendaient relever d&#8217;une autorit\u00e9 transnationale ind\u00e9pendante: le Vatican. Sur le sujet des relations diplomatiques entre le Vatican et Moscou durant la guerre froide, voir: Mourin, M., Le Vatican et l&#8217;URSS, Paris, 1965 ; Floridi, U., Moscou et le Vatican , France-Empire, Paris, 1976 ; Wenger, A., Rome et Moscou, Centurion, Paris, 1987 ; Riccardi, A., Il Vaticano e Mosca (1940-1990), Roma, 1993.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn30\"><\/a>(<a href=\"#text30\">30<\/a>)<\/td>\n<td>Voir Gillet, O., Les Eglises orthodoxes et les nationalismes dans les Balkans: de l&#8217;\u00e9mancipation des peuples \u00e0 l&#8217; &#8221; \u00e9puration ethnique&#8221; in Les religions et la violence, coll. La pens\u00e9e et les hommes, ULB, Bruxelles, 1998, pp.59-73 ; voir aussi Barnas, T., Eglises et minorit\u00e9s en Europe postcommuniste in Ir\u00e9nikon 3(1993), pp. 307-334.<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La relation entre religion et nationalisme dans la doctrine des Eglises: un essai. &nbsp; Selis Claude Les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l&#8217;Ecriture La doctrine fondamentale sur le lien entre les convictions religieuses et l&#8217;appartenance \u00e0 une nation peut, dans le christianisme, se r\u00e9sumer en deux grands principes:&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,7],"tags":[],"class_list":["post-614","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-gov-in-de-sociale-leer-van-de-kerk","category-studiecentrum"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/614","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=614"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/614\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8983,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/614\/revisions\/8983"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=614"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=614"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=614"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}