{"id":607,"date":"2013-02-02T00:00:00","date_gmt":"2014-02-06T11:37:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.army-chaplaincy.be\/benl\/2012\/06\/16\/violence-guerre-et-paix-dans-lantiquite-chretienne\/"},"modified":"2021-02-06T20:37:11","modified_gmt":"2021-02-06T19:37:11","slug":"violence-guerre-et-paix-dans-lantiquite-chretienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/2013\/02\/02\/violence-guerre-et-paix-dans-lantiquite-chretienne\/","title":{"rendered":"Violence, guerre et paix dans l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne"},"content":{"rendered":"<p>Violence, guerre et paix dans l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne. Une analyse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><a href=\"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/aalmoezeniersdienst\/leden\/profiel-selis-claude\/\">Selis Claude<\/a><\/em><\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale:<\/strong><\/p>\n<p>\nCette troisi\u00e8me livraison concerne l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne. Les auteurs chr\u00e9tiens jusqu&#8217;au 4\u00b0 si\u00e8cle n&#8217;ont pas sp\u00e9cifiquement \u00e9crit sur le sujet qui nous retient ici. Mais ils t\u00e9moignent d&#8217;un renversement radical d&#8217;attitude par rapport \u00e0 la violence. Ce renversement tient en un principe : celui de la non-r\u00e9sistance \u00e0 la violence physique. Il trouve son origine dans les Evangiles (qui feront l&#8217;objet d&#8217;un fascicule distinct) o\u00f9 il est clairement \u00e9nonc\u00e9 mais non expliqu\u00e9. Il rec\u00e8le une intuition tr\u00e8s forte selon laquelle la violence est toujours un cycle infernal et qu&#8217;il faut donc casser ce cycle pour en sortir. Ces fondements ne sont malheureusement pas plus travaill\u00e9s chez ces auteurs que dans les Evangiles. Le principe en est par contre amplement exemplifi\u00e9. Le contexte historique des pers\u00e9cutions (finalement, un colossal malentendu !) en a donn\u00e9 la dramatique occasion.<\/p>\n<p>Toute occup\u00e9e de th\u00e9ologie, l&#8217;immense litt\u00e9rature patristique n&#8217;offre pratiquement pas d&#8217;&#339;uvres dont le sujet soit la  philosophie politique. M\u00eame la Cit\u00e9 de Dieu de St Augustin est plus une apologie du christianisme qu&#8217;une v\u00e9ritable r\u00e9flexion de philosophie politique. Ce seront donc parfois de courts extraits dans une &#339;uvre ou des &#339;uvres mineures (et assez inconnues) qui nous serviront de sources. Huit encarts didactiques compl\u00e8teront l&#8217;aper\u00e7u de cette p\u00e9riode riche de fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 un principe mais pauvre de r\u00e9flexion et n\u00e9anmoins capitale pour la suite de l&#8217;histoire. <\/p>\n<p>\n<strong>\u00b7 Auteurs \u00e9tudi\u00e9s<\/strong><br \/>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n<strong><em>Auteurs et &#339;uvres:<\/em><\/strong><br \/>\n1. <strong>(Anonyme):<\/strong> \u00e0 Diogn\u00e8te<br \/>\n2. <strong>TERTULLIEN:<\/strong> de Corona<br \/>\n3. <strong>ORIGENE:<\/strong> Exhortation au martyre<br \/>\n4. <strong>CYPRIEN de CARTHAGE:<\/strong> Exhortation au martyre<br \/>\n5. <strong>LACTANCE:<\/strong> Institutions divines<br \/>\n6. <strong>EUSEBE de CESAREE:<\/strong> Eloge de Constantin<br \/>\n7. <strong>ATHANASE d&#8217;ALEXANDRIE:<\/strong> contra Arianos<br \/>\n8. <strong>HILAIRE de POITIERS:<\/strong> contre Constance<br \/>\n9. <strong>AMBROISE de MILAN:<\/strong> de Officiis<br \/>\n10. <strong>AUGUSTIN d&#8217;HIPPONE:<\/strong> La Cit\u00e9 de Dieu<\/p>\n<p>\n<strong><em>Encarts documentaires:<\/em><\/strong><br \/>\n1. Synoptique : un contexte de pers\u00e9cution<br \/>\n2. La question du service militaire chez les chr\u00e9tiens des premiers si\u00e8cles<br \/>\n3. Des l\u00e9gions chr\u00e9tiennes au 2\u00b0s. (la Fulminata) et au 3\u00b0s. (la Th\u00e9baine)<br \/>\n4. Le c\u00e9saropapisme et la militia christi<br \/>\n5. Le sort des objecteurs de conscience au concile d&#8217;Arles (314)<\/p>\n<p>\n<strong>\u00c1 DIOGNETE <a name=\"text0\"><a href=\"#vn0\"><sup>[0]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><em>&#8220;Etre dans le monde sans \u00eatre du monde&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nL&#8217;auteur de cet \u00e9crit du 2\u00b0 si\u00e8cle n&#8217;est pas connu. Il est adress\u00e9 \u00e0 un certain Diogn\u00e8te, peut-\u00eatre un personnage de la hi\u00e9rarchie administrative romaine, peut-\u00eatre personnage fictif mais repr\u00e9sentatif de ce milieu. En effet, le but du document est de justifier devant un non-chr\u00e9tien l&#8217;opinion et la place des chr\u00e9tiens par rapport au monde qui les entoure. Seuls les chapitre 5 et 6 concernent notre sujet. L&#8217;auteur fait d&#8217;abord valoir que &#8221; les chr\u00e9tiens ne se distinguent du reste des hommes ni par leur terre, ni par leur langue, ni par leurs v\u00eatements. Ils n&#8217;habitent pas des villes qui leur soient propres, ils n&#8217;usent d&#8217;aucun dialecte \u00e9trange, leur genre de vie n&#8217;a rien d&#8217;exentrique. Ils habitent les cit\u00e9s grecques ou barbares, chacun selon son destin ; ils se conforment aux usages locaux en ce qui concerne le v\u00eatement, la nourriture ou le reste du mode de vie&#8221;. Le chr\u00e9tien se distingue par le d\u00e9tachement qu&#8217;il manifeste par rapport au monde : &#8221; Chacun r\u00e9side dans sa patrie mais comme le ferait un \u00e9tranger. (&#8230;) Toute terre \u00e9trang\u00e8re est sa patrie et toute patrie lui est \u00e9trang\u00e8re&#8221;. Ce d\u00e9tachement l&#8217;ouvre, tr\u00e8s concr\u00e8tement, \u00e0 un universalisme propre \u00e0 d\u00e9samorcer tous les conflits suscit\u00e9s par les rivalit\u00e9s entre les peuples ou par les particularismes identitaires. Ce d\u00e9tachement n&#8217;emp\u00eache pas le loyalisme du chr\u00e9tien par rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 il vit m\u00eame si, pour lui, les lois de la cit\u00e9 ne sont pas le dernier mot de la vie communautaire &#8221; Il ob\u00e9it aux lois \u00e9tablies mais, par son mode de vie, il s&#8217;\u00e9l\u00e8ve au-dessus de ces lois&#8221;.  Ce sont, en effet, les lois plus exigeantes, d&#8217;une autre cit\u00e9, qui le guide fondamentalement : &#8221; Son existence se passe sur la terre mais il est citoyen du ciel&#8221;. Le th\u00e8me de la double citoyennet\u00e9 est ainsi amor\u00e7\u00e9 dans la pens\u00e9e chr\u00e9tienne. A cause de cette r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une loi sup\u00e9rieure, le chr\u00e9tien peut se trouver dans une situation paradoxale : &#8221; Il aime tous les hommes mais les hommes le pers\u00e9cutent. &#8230;&#8221; . Le chr\u00e9tien ne r\u00e9plique pas \u00e0 la violence par la violence car, par sa r\u00e9action inattendue de patience, il compte sur d&#8217;autres victoires. Le combat du chr\u00e9tien sera plut\u00f4t d&#8217;ordre moral. Ce qui fait que &#8221; les chr\u00e9tiens sont au monde ce que l&#8217;\u00e2me est au corps&#8221;. L&#8217;auteur fait ici (chap.6) un d\u00e9veloppement f\u00e2cheusement teint\u00e9 de platonisme (le corps est un tombeau pour l&#8217;\u00e2me). Cette position donne une responsabilit\u00e9 particuli\u00e8re au chr\u00e9tien par rapport \u00e0 la cit\u00e9 terrestre : &#8221; Dieu a plac\u00e9 les chr\u00e9tiens \u00e0 un poste si \u00e9lev\u00e9 qu&#8217;il ne leur est pas permis de se d\u00e9rober&#8221;. <\/p>\n<p>\n<strong>TERTULLIEN: de CORONA <a name=\"text1\"><a href=\"#vn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><em>&#8220;Ira-t-il au combat, le fils de la paix ?&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nTertullien, n\u00e9 \u00e0 Carthage vers 165, re\u00e7ut une \u00e9ducation soign\u00e9e dans une famille pa\u00efenne ais\u00e9e. Il eut l&#8217;occasion de poursuivre des \u00e9tudes de droit \u00e0 Rome. Peut-\u00eatre est-ce le spectacle des martyrs chr\u00e9tiens dans les ar\u00e8nes romaines qui lui fit abandonner sa vie agit\u00e9e et provoqua sa conversion vers 195. Revenu en Afrique, il devint un des plus grands apologistes chr\u00e9tiens. Sa &#8220;d\u00e9fense du christianisme&#8221; se r\u00e9v\u00e9la tr\u00e8s efficace, lui-m\u00eame \u00e9tant d&#8217;origine pa\u00efenne, tr\u00e8s vers\u00e9 de culture latine et pass\u00e9 ma\u00eetre dans l&#8217;art oratoire.<br \/>\nL&#8217;ouvrage retenu ici (&#8220;de la couronne du soldat&#8221;) a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit vers 211 \u00e0 un moment o\u00f9 Tertullien s&#8217;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 radicalis\u00e9 (d\u00e8s 204), devenant un chr\u00e9tien de plus en plus puriste et intransigeant (tendance connue sous le nom de &#8221; montanisme&#8221; \u00e0 l&#8217;\u00e9poque en Afrique latine). Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit dans un contexte de reprise de pers\u00e9cutions apr\u00e8s la mort de l&#8217;empereur Septime S\u00e9v\u00e8re. L&#8217;occasion du libelle est une situation concr\u00e8te qui a peut-\u00eatre soulev\u00e9 une pol\u00e9mique publique \u00e0 l&#8217;\u00e9poque : le cas d&#8217;un soldat romain chr\u00e9tien refusant de porter la couronne de laurier \u00e0 l&#8217;occasion de la c\u00e9r\u00e9monie du donativum (remise d&#8217;une gratification imp\u00e9riale) et ayant \u00e9t\u00e9 jet\u00e9 en prison pour cette raison. L&#8217;ouvrage se situe dans une pol\u00e9mique intra-chr\u00e9tienne, une partie de l&#8217;opinion publique chr\u00e9tienne estimant que cette attitude \u00e9tait inutilement provocatrice \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des autorit\u00e9s romaines et que le chr\u00e9tien pouvait bien se permettre quelques compromissions de pure forme \u00e0 un rituel antique inoffensif. Ce n&#8217;\u00e9tait pas l&#8217;avis de Tertullien qui prend ici symboliquement la d\u00e9fense de ce soldat exemplaire. Il estime que le chr\u00e9tien ne peut accepter aucune compromission par rapport \u00e0 des cultes pa\u00efens (qu&#8217;il ridiculise avec talent) et que le chr\u00e9tien ne peut porter qu&#8217;une seule couronne : celle, incorruptible, que lui donnera le Christ (en r\u00e9f. \u00e0 1Cor.9,25).<br \/>\nDans ce contexte, il aborde (au \u00a7 11 de son libelle) la question en fait annexe dans sa d\u00e9monstration : &#8220;la milice est-elle chose enti\u00e8rement licite aux chr\u00e9tiens ?&#8221;. S&#8217;appuyant sur la phrase d&#8217;\u00e9vangile &#8221; Quiconque se servira de l&#8217;\u00e9p\u00e9e, p\u00e9rira par l&#8217;\u00e9p\u00e9e&#8221; et sur les contradictions entre les missions ainsi que le mode de vie militaires et les valeurs chr\u00e9tiennes, Tertullien se prononce par la n\u00e9gative en des phrases bien tourn\u00e9es. Pourtant il conclut en disant : &#8220;la milice est permise, d&#8217;accord, mais jusqu&#8217;\u00e0 la couronne exclusivement&#8221;. C&#8217;est que Tertullien reste un grand partisan de l&#8217;empire romain. Dans son Apolog\u00e9tique, il souhaite m\u00eame \u00e0 l&#8217;empereur : &#8220;une maison s\u00fbre, des arm\u00e9es courageuses, un s\u00e9nat fid\u00e8le, un peuple loyal, un monde paisible&#8221;  (Apol. 30, 4). D&#8217;ailleurs, ce fils de centurion ne cesse d&#8217;utiliser des m\u00e9taphores militaires, dont celle de martyre comme militia spirituelle. L&#8217;\u00e9tiquette de pacifiste absolu qu&#8217;on a donn\u00e9 de lui n&#8217;est en tout cas pas correcte. <\/p>\n<p>\n<strong>ORIGENE: EXHORTATION AU MARTYRE <a name=\"text2\"><a href=\"#vn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><em>&#8220;Ne craignez pas ceux qui tuent le corps&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nOrig\u00e8ne, n\u00e9 \u00e0 Alexandrie en 185, fut l&#8217;un des grands d\u00e9fenseurs du christianisme en ces premiers si\u00e8cles. Son &#339;uvre la plus c\u00e9l\u00e8bre \u00e0 cet \u00e9gard est le Contre Celse r\u00e9dig\u00e9 en 248, v\u00e9ritable r\u00e9futation, point par point, du Discours v\u00e9ritable que ce lettr\u00e9, fonctionnaire z\u00e9l\u00e9 de l&#8217;Empire romain, avait \u00e9crit vers 180, m\u00e9prisant cette nouvelle mythologie et reprochant aux chr\u00e9tiens de se d\u00e9rober aux t\u00e2ches civiques et militaires qu&#8217;impliquait le maintien de la pax romana dont les chr\u00e9tiens profitaient par ailleurs. Lui-m\u00eame fin lettr\u00e9, form\u00e9 \u00e0 la philosophie grecque, \u00e9minent n\u00e9o-platonicien, Orig\u00e8ne pouvait r\u00e9pondre avec pertinence et donner ainsi, indirectement, des bases philosophiques au christianisme. Par rapport \u00e0 l&#8217;Empire, il fait valoir que les chr\u00e9tiens ont toujours \u00e9t\u00e9, par principe, loyaux envers celui-ci et qu&#8217;ils lui sont m\u00eame tr\u00e8s utiles, peut-\u00eatre pas par les armes, mais par la probit\u00e9 morale de ses membres dans tous les autres aspects de la vie civique. Il sugg\u00e8re que l&#8217;Empire cesse de pers\u00e9cuter les chr\u00e9tiens et m\u00eame qu&#8217;il se convertisse afin de se redonner une vigueur morale.<\/p>\n<p>Plus int\u00e9ressant encore pour notre propos est son exhortation au martyre, r\u00e9dig\u00e9 en 235 pendant la pers\u00e9cution de Maximin, puisqu&#8217;il est question d&#8217;une violence grave faite aux chr\u00e9tiens. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un ouvrage acad\u00e9mique mais tr\u00e8s personnel puisque le propre p\u00e8re d&#8217;Orig\u00e8ne fut martyris\u00e9 en 202, obligeant Orig\u00e8ne (\u00e2g\u00e9 alors de 16 ans) \u00e0 subvenir aux besoins de sa m\u00e8re et de ses six fr\u00e8res. Cette fois ci encore, c&#8217;est un ami proche et son m\u00e9c\u00e8ne qui est vis\u00e9 par la pers\u00e9cution. Orig\u00e8ne lui-m\u00eame en sera victime plus tard, \u00e0 70 ans, en 255. Il est remarquable de constater que, de cet ouvrage, il ne se d\u00e9gage absolument aucune animosit\u00e9 par rapport \u00e0 l&#8217;empire pers\u00e9cuteur. Toute l&#8217;argumentation est une argumentation ad intra, voulant d\u00e9gager le sens du martyre chr\u00e9tien par un recours abondant aux Ecritures. C&#8217;est d&#8217;ailleurs cette non-r\u00e9sistance qui va surprendre et finalement g\u00eaner l&#8217;Empire au point que plus tard, en 311, l&#8217;empereur Gal\u00e8re va suspendre toutes les pers\u00e9cutions&#8230; par d\u00e9sarroi.<\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie de la non-r\u00e9sistance volontaire a co\u00fbt\u00e9 tr\u00e8s cher en vies humaines (plusieurs dizaines de milliers de personnes probablement). Elle est unique dans l&#8217;histoire jusqu&#8217;\u00e0 cette \u00e9poque par sa constance tout au long de deux si\u00e8cles et par ce c\u00f4t\u00e9 volontaire.<\/p>\n<p>\n<strong>CYPRIEN DE CARTHAGE: EXHORTATION AU MARTYRE<\/p>\n<p><em>&#8220;Je me suis-tu, est-ce que je me tairai toujours ?&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nCyprien est n\u00e9 probablement \u00e0 Carthage, dans une famille riche et pa\u00efenne, au d\u00e9but du 3\u00b0 si\u00e8cle, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 son compatriote Tertullien \u00e9crivait son ad Martyres <a name=\"text3\"><a href=\"#vn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> dans le contexte d&#8217;une pers\u00e9cution anti-chr\u00e9tienne locale. Il re\u00e7ut une \u00e9ducation et une formation soign\u00e9es (rh\u00e9torique, droit, philosophie) et devint professeur (rh\u00e9teur). Il ne rencontra le christianisme que sur le tard (au-del\u00e0 de la quarantaine). Il fut s\u00e9duit par les  \u00e9crits bibliques et re\u00e7ut le bapt\u00eame en 248. Encore n\u00e9ophyte, il fut choisi comme \u00e9v\u00eaque de sa ville \u00e0 cause de sa conduite exemplaire et de ses qualit\u00e9s intellectuelles. A peine \u00e9v\u00eaque, se d\u00e9clencha la premi\u00e8re grande pers\u00e9cution g\u00e9n\u00e9rale et syst\u00e9matique, celle de D\u00e8ce, d\u00e8s 250. Cyprien pr\u00e9f\u00e9ra se cacher (ce qui lui fut \u00e2prement reproch\u00e9 par apr\u00e8s). Il pilota ainsi son Eglise clandestinement pendant 15 ans. La pers\u00e9cution termin\u00e9e, il fut contest\u00e9 par une minorit\u00e9 de purs et durs (les Donatistes) pour avoir fui et pour avoir \u00e0 pr\u00e9sent une attitude trop laxiste envers les lapsi (ceux qui avaient reni\u00e9) ou envers les traditores (ceux qui avaient livr\u00e9 les livres et objets sacr\u00e9s aux pers\u00e9cuteurs). Ce fut la naissance de querelles entre chr\u00e9tiens , non point encore sur des questions de dogme (les &#8221; h\u00e9r\u00e9sies&#8221;) mais sur des questions disciplinaires (les &#8221; schismes&#8221;).<br \/>\nLa pol\u00e9mique n&#8217;\u00e9tait pas encore apais\u00e9e que survint une nouvelle vague de pers\u00e9cution g\u00e9n\u00e9rale et syst\u00e9matique, celle de Val\u00e9rien en 257. Cette fois, Cyprien ne put se cacher. En r\u00e9sidence surveill\u00e9e en attendant d&#8217;\u00eatre d\u00e9capit\u00e9 (en 258), il \u00e9crivit ce bref opuscule Exhortation au martyre consistant en une suite de 13 arguments suivis de leur illustration par les Ecritures. Comme dans l&#8217;opuscule d&#8217;Orig\u00e8ne, on n&#8217;y trouve aucune allusion au pers\u00e9cuteur mais seulement un discours ad intra visant \u00e0 expliquer la valeur chr\u00e9tienne du martyre. Dans un autre ouvrage cependant (sur la vertu de patience, \u00e9crit en 256) <a name=\"text4\"><a href=\"#vn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>, il fait bien allusion (\u00a7 21 \u00e0 23) \u00e0 une vengeance par rapport aux pers\u00e9cuteurs, celle-ci appartenant au Christ du Jugement Dernier mais non aux chr\u00e9tiens eux-m\u00eames. <\/p>\n<p>\n<strong>LACTANCE INSTITUTIONS DIVINES<\/p>\n<p><em>&#8220;supprimer non l&#8217;adversaire, mais la rivalit\u00e9 m\u00eame&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nN\u00e9 vers le milieu du troisi\u00e8me si\u00e8cle en Afrique, il devint ma\u00eetre de rh\u00e9torique dans sa patrie. Appel\u00e9 \u00e0 ce titre \u00e0 Nicom\u00e9die (en Turquie actuelle) par Diocl\u00e9tien, il s&#8217;y convertit. Il dut fuir sous la pers\u00e9cution de ce m\u00eame empereur en 305 mais lors de l&#8217;av\u00e8nement de Constantin, il fut nomm\u00e9 pr\u00e9cepteur de son fils. Son &#339;uvre principale, les sept livres des Institutions divines, fut \u00e9crite de 304 \u00e0 313 <a name=\"text5\"><a href=\"#vn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>. Les livres 5 et 6 nous int\u00e9ressent plus particuli\u00e8rement puisqu&#8217;il y traite de philosophie morale, v\u00e9ritable synth\u00e8se de la morale antique et d&#8217;anthropologie chr\u00e9tienne. Il est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme le Cic\u00e9ron chr\u00e9tien.<br \/>\nL&#8217;homme \u00e9tant cr\u00e9\u00e9 &#8220;image de Dieu&#8221;, nous devons traiter tout homme en fr\u00e8re. Nous somme tous &#8220;unis par une soci\u00e9t\u00e9 de droit divin&#8221;. &#8220;Nous devons nous voir nous-m\u00eames dans les autres hommes. Sur base de cette aequalitas (\u00e9galit\u00e9), il faut alors d\u00e9velopper notre humanitas (humanit\u00e9), notre conscience de la sp\u00e9cificit\u00e9 de l&#8217;homme (par rapport aux animaux par exemple) et la mettre en &#339;uvre en aimant l&#8217;homme parce qu&#8217;il est homme, sans distinction, sans utilitas (sans instrumentaliser son prochain). &#8220;Tenir pour homme quiconque te prie parce qu&#8217;il te juge homme&#8221;. L\u00e0 o\u00f9 les animaux se permettent de nuire aux autres pour se sauver, l&#8217;homme doit s&#8217;abstenir de nuire, m\u00eame \u00e0 son d\u00e9savantage. A cet endroit de son raisonnement (livre 6), Lactance d\u00e9veloppe une v\u00e9ritable th\u00e9orie de la non-violence, de la non-r\u00e9sistance au mal. R\u00e9pondre au mal, c&#8217;est faire le mal; le subir, c&#8217;est le vaincre par le bien. Il s&#8217;agit exactement de briser le cercle de l&#8217;injustice par la r\u00e9sistance passive, qui est victoire du bien. Le sage, dit Lactance, cherche \u00e0 supprimer non l&#8217;adversaire, ce qui ne peut se faire sans crime ni danger, mais la rivalit\u00e9 m\u00eame, ce qui peut se faire dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat et la justice <a name=\"text6\"><a href=\"#vn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>. Poursuivre l&#8217;injuste, c&#8217;est \u00eatre vaincu; r\u00e9primer sa propre r\u00e9action, c&#8217;est triompher. Il faut garder partout et toujours l&#8217;innocentia (innocence) et donc supporter toute injustice subie en laissant \u00e0 Dieu le soin de juger. Plus tard, Lactance ne manquera pas de se r\u00e9jouir avec fracas &#8220;de la mort des pers\u00e9cuteurs&#8221; (titre d&#8217;un autre ouvrage \u00e9crit en 321) mais c&#8217;\u00e9tait bien l\u00e0 l&#8217;&#339;uvre de Dieu et non une vengeance des chr\u00e9tiens pers\u00e9cut\u00e9s.<\/p>\n<p>\n<strong>EUSEBE DE CESAREE<br \/>\nELOGE DE CONSTANTIN <a name=\"text7\"><a href=\"#vn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><em>&#8220;&#8230;investi de l&#8217;image de la royaut\u00e9 c\u00e9leste&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nEus\u00e8be fut un disciple indirect d&#8217;Orig\u00e8ne dont il perp\u00e9tua l&#8217;\u00e9cole (et sa biblioth\u00e8que) \u00e9tablie \u00e0 C\u00e9sar\u00e9e de Palestine. Il en perp\u00e9tua aussi une des grandes qualit\u00e9s: l&#8217;esprit de recherche. Il devint \u00e9v\u00eaque de cette ville et continua ses travaux. Comme Orig\u00e8ne, il s&#8217;int\u00e9ressa \u00e0 l&#8217;\u00e9tude de la Bible mais on le conna\u00eet surtout comme premier historien de l&#8217;Eglise (son Histoire eccl\u00e9siastique est rest\u00e9e la principale source &#8211;fiable- de l&#8217;histoire du christianisme jusqu&#8217;en 324). Dans cette &#339;uvre magistrale, il n&#8217;est pratiquement pas question de conceptions politiques. Mais \u00e0 l&#8217;occasion du 30\u00b0 anniversaire du r\u00e8gne de Constantin (en 335), Eus\u00e8be pronon\u00e7a son \u00e9loge (ce court pan\u00e9gyrique s&#8217;appelle le Triakontaeterikos, dit aussi Eloge de Constantin). Il y exprime une v\u00e9ritable &#8221; th\u00e9ologie de l&#8217;empereur&#8221;. Pour Eus\u00e8be, comme pour toute la g\u00e9n\u00e9ration qui v\u00e9cut le renversement complet de situation (des pers\u00e9cutions de Diocl\u00e9tien \u00e0 l&#8217;officialisation du christianisme), Constantin ne pouvait appara\u00eetre que comme l&#8217;empereur providentiel. Il est &#8220;l&#8217;ami du Logos&#8221;, &#8220;l&#8217;image de Dieu&#8221;, le lieu-tenant de Dieu sur terre. Sa monarchie apporte aux hommes l&#8217;image terrestre de la royaut\u00e9 c\u00e9leste. De l\u00e0, Eus\u00e8be \u00e9tablit un lien entre monarchie et monoth\u00e9isme : &#8220;au roi unique sur la terre correspond le Dieu unique au ciel&#8221;. La formule devait plaire \u00e0 un empereur mais faisait servir le monoth\u00e9isme \u00e0 justifier un pouvoir unique et fort. Elle allait aussi faire servir l&#8217;empereur \u00e0 l&#8217;unit\u00e9 de la foi, \u00e0 laquelle correspondait l&#8217;unit\u00e9 de l&#8217;empire, et donc sa paix. Eus\u00e8be attendait de l&#8217;empereur qu&#8217;il \u00e9radique les erreurs contre la vraie foi. Et en effet, diff\u00e9rentes tendances commen\u00e7aient \u00e0 se faire sentir dans le christianisme (dont l&#8217;arianisme). L&#8217;empereur fut amen\u00e9 \u00e0 intervenir dans ces questions religieuses (c&#8217;est lui qui r\u00e9unit le concile de Nic\u00e9e en 325) et ses successeurs en prirent la mauvaise habitude. Tous ces \u00e9l\u00e9ments caract\u00e9risent le c\u00e9saro-papisme qui devint par la suite une source de conflits entre l&#8217;Etat et l&#8217;Eglise mais aussi une mani\u00e8re de r\u00e9gler les conflits religieux en y impliquant l&#8217;Etat et de r\u00e9gler les conflits d&#8217;Etat en y impliquant le religieux. <\/p>\n<p>\n<strong>ATHANASE D&#8217;ALEXANDRIE CONTRA ARIANOS <a name=\"text8\"><a href=\"#vn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><em>&#8220;je ne me lasse pas, je me r\u00e9jouis au contraire de me d\u00e9fendre&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nPatriarche d&#8217;Alexandrie (de 328 \u00e0 373), Athanase fut envoy\u00e9 en exil \u00e0 cinq reprises (totalisant 17 ann\u00e9es), non pas \u00e0 cause de pers\u00e9cutions (termin\u00e9es \u00e0 cette \u00e9poque) mais \u00e0 cause de querelles entre mouvances chr\u00e9tiennes antagonistes, chacune essayant de faire prendre par l&#8217;empereur les mesures qui lui convenaient. Ainsi naissait un tout nouveau type de conflit, \u00e0 peu pr\u00e8s inconnu jusque l\u00e0 dans le monde antique, le conflit id\u00e9ologique.<br \/>\nL&#8217;Evangile, surtout confront\u00e9 \u00e0 la logique grecque (voir les premiers &#8221; apologistes&#8221;), laissait beaucoup de questions sans r\u00e9ponses du point de vue de la coh\u00e9rence et de la syst\u00e9matisation th\u00e9orique globale. Press\u00e9es de d\u00e9finir plus pr\u00e9cis\u00e9ment le statut du Christ ou de l&#8217;Esprit saint par rapport \u00e0 Dieu, les id\u00e9es allaient en tous sens <a name=\"text9\"><a href=\"#vn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>. Athanase fut surtout en bute \u00e0 l&#8217;arianisme. L&#8217;arianisme ne fut pas une querelle mineure. Plusieurs empereurs furent ariens (Constance, &#8230;Valens). C&#8217;est la forme arienne du christianisme qui fut adopt\u00e9 par les tribus germaniques (Wisigoths, Ostrogoths, Vandales, Burgondes, Su\u00e8ves) et qui aurait pu l&#8217;emporter dans tout l&#8217;Occident. Athanase fut le d\u00e9fenseur infatigable, implacable, intransigeant des formules du Concile de Nic\u00e9e (anti-arien, tenu en 325) et pas toujours avec les m\u00e9thodes les plus \u00e9vang\u00e9liques ! Ces querelles pourraient faire sourire mais elles contenaient un enjeu politique tr\u00e8s s\u00e9rieux. L&#8217;arianisme paraissait plus simple, plus rationnel que le christianisme de Nic\u00e9e mais, avec son monoth\u00e9isme absolu, il \u00e9tait aussi plus proche de l&#8217;id\u00e9ologie imp\u00e9riale du monarque absolu! On peut comprendre que certains empereurs aient \u00e9t\u00e9 tent\u00e9s par l&#8217;arianisme. Mais, du point de vue de l&#8217;unit\u00e9 et de la paix de l&#8217;empire, voil\u00e0 donc que des querelles intra-chr\u00e9tiennes venaient les troubler. Et Athanase ne fit rien pour les apaiser. En for\u00e7ant \u00e0 peine, on pourrait dire que, pour Athanase, la paix \u00e9tait secondaire par rapport \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 (ou, plus modestement, \u00e0 l&#8217;orthodoxie c-\u00e0-d, en l&#8217;occurrence, la conformit\u00e9 au formules du concile de Nic\u00e9e). C&#8217;\u00e9tait un nouveau d\u00e9bat qui ne faisait que commencer.<br \/>\nOn invoque souvent cette phrase d&#8217;Athanase pour illustrer son opinion sur la violence : &#8221; Ainsi, il n&#8217;est pas permis de tuer mais, dans la guerre, tuer des ennemis est non seulement l\u00e9gitime mais digne de louange&#8221; <a name=\"text10\"><a href=\"#vn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>. V\u00e9rification faite, il ne s&#8217;agit que d&#8217;un exemple \u00e0 propos d&#8217;autre chose et non d&#8217;une th\u00e9orie sur la violence.<\/p>\n<p>\n<strong>HILAIRE DE POITIERS<br \/>\nCONTRE CONSTANCE<\/p>\n<p><em>&#8220;le combat de maintenant nous oppose \u00e0 un pers\u00e9cuteur qui nous trompe, \u00e0 un ennemi qui nous flatte&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nHilaire, originaire de l&#8217;Aquitaine (r\u00e9gion tr\u00e8s romanis\u00e9e), devint \u00e9v\u00eaque de Poitiers en 350 et prit la t\u00eate de la r\u00e9sistance contre l&#8217;arianisme en Gaule. Or l&#8217;arianisme avait les sympathies de l&#8217;empereur Constance II (fils et 2\u00b0 successeur de Constantin en Occident). Hilaire fut exil\u00e9 de 356 \u00e0 360 en Asie Mineure (o\u00f9 il apprit \u00e0 encore mieux conna\u00eetre l&#8217;arianisme oriental ainsi que la fa\u00e7on d&#8217;agir de Constance II en Orient). Fort de cette exp\u00e9rience, il \u00e9crivit d&#8217;une part son important trait\u00e9 de la Trinit\u00e9 mais aussi d&#8217;autre part, en 361, une sorte de &#8221; lettre ouverte&#8221; Contre Constance <a name=\"text11\"><a href=\"#vn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>. La lettre ne s&#8217;adresse pas \u00e0 Constance (qui venait de d\u00e9c\u00e9der) mais aux \u00e9v\u00eaques et au chr\u00e9tiens des Gaules pour les mettre en garde contre l&#8217;arianisme certes mais aussi contre le type de gouvernement imp\u00e9rial repr\u00e9sent\u00e9 par Constance. Il d\u00e9nonce en fait le c\u00e9saropapisme de cet empereur ! On se souvient qu&#8217;Eus\u00e8be de C\u00e9sar\u00e9e venait \u00e0 peine (en 335 dans son Eloge de Constantin) d&#8217;en faire la promotion comme mod\u00e8le de relation entre l&#8217;Etat et l&#8217;Eglise. Du fait qu&#8217;entre-temps l&#8217;empereur avait chang\u00e9 et que celui-ci avait opt\u00e9, par convenance personnelle, pour une forme jug\u00e9e &#8221; h\u00e9r\u00e9tique&#8221; de christianisme, il fallait faire machine arri\u00e8re toute ! Hilaire est le premier \u00e0 faire cette d\u00e9marche. Il sera suivi par Ambroise de Milan. Le c\u00e9saro-papisme sera ainsi arr\u00eat\u00e9 net en Occident (du moins jusqu&#8217;\u00e0 Charlemagne).<br \/>\nHilaire reproche donc \u00e0 Constance d&#8217;intervenir dans des questions de foi, de proposer et m\u00eame d&#8217;imposer lui-m\u00eame diverses formules de Credo en fonction de convenances politiques. Il met surtout ses coll\u00e8gues \u00e9v\u00eaques en garde contre les proc\u00e9d\u00e9s flatteurs et sournois que peut adopter un pouvoir imp\u00e9rial m\u00eame chr\u00e9tien. Au lieu d&#8217;une pers\u00e9cution franche, il s&#8217;agit pour Hilaire d&#8217;une pers\u00e9cution larv\u00e9e et insidieuse qui rend plus difficile une r\u00e9action ad\u00e9quate. On voit ici un effet pervers imm\u00e9diat du c\u00e9saropapisme : un conflit religieux interne devient une affaire d&#8217;Etat et tourne en conflit avec l&#8217;Etat pour la partie qui se sent l\u00e9s\u00e9e.   <\/p>\n<p>\n<strong>AMBROISE DE MILAN: DE OFFICIIS<\/p>\n<p><em>&#8220;l&#8217; Empereur est dans l&#8217;Eglise et non au-dessus de l&#8217;Eglise&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nAmbroise naquit en 340 dans une noble famille romaine de Tr\u00eaves et re\u00e7ut une \u00e9ducation soign\u00e9e. Il fut gouverneur romain de Ligurie et d&#8217;Emilie avant d&#8217;\u00eatre appel\u00e9 \u00e0 devenir \u00e9v\u00eaque de Milan en 374. Il fut \u00e0 l&#8217;origine de la conversion du futur Saint Augustin. Comme Hilaire, il dut lutter contre l&#8217;arianisme mais ne connut pas les d\u00e9boires d&#8217;Hilaire. Il fut aussi un admirable administrateur de son dioc\u00e8se, organis\u00e9 sur le mod\u00e8le d&#8217;une province civile.<br \/>\nSon ouvrage de Officiis <a name=\"text12\"><a href=\"#vn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> ne concerne ni le dogme, ni l&#8217;ex\u00e9g\u00e8se, ni la liturgie (sujets qui forment l&#8217;essentiel de son &#339;uvre) mais les t\u00e2ches pratiques de ses administr\u00e9s (son clerg\u00e9). Malgr\u00e9 le titre emprunt\u00e9 \u00e0 Cic\u00e9ron, nous ne sommes donc pas devant un trait\u00e9 de morale fondamentale. On ne trouvera pas chez Ambroise une th\u00e9orie de l&#8217;Etat bien construite et r\u00e9unie en un volume mais seulement des principes, clairs et explicites, mais diss\u00e9min\u00e9s dans diverses &#339;uvres ou dans ses lettres. Il est pourtant incontournable sur le sujet <a name=\"text13\"><a href=\"#vn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> tant il a eu une action et un impact politique important. Il fut le tuteur de l&#8217;empereur Valentinien II, le conseiller proche de Gratien et put se permettre d&#8217;imposer une p\u00e9nitence humiliante au grand Th\u00e9odose lui-m\u00eame !<br \/>\nDe ses \u00e9crits et de son action, il r\u00e9sulte que, d&#8217;une part, Ambroise ne remet pas en cause le lien \u00e9troit entre l&#8217;Empire et l&#8217;Eglise mais que, d&#8217;autre part, il veut mettre des limites \u00e0 l&#8217;ing\u00e9rence de l&#8217;empereur et m\u00eame inverser le rapport. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il va d\u00e9nier \u00e0 l&#8217;empereur le pouvoir d&#8217;intervenir in causa religionis et lui d\u00e9nier tout droit sur les biens d&#8217;Eglise. Il obtiendra m\u00eame que les \u00e9v\u00eaques ne soient justiciables que des \u00e9v\u00eaques (et \u00e9chappent donc \u00e0 la justice civile). Il admettra que &#8221; tous les hommes dans l&#8217;Empire sont soumis \u00e0 l&#8217;Empire&#8221; mais en rappelant que &#8221; l&#8217;Empereur est soumis \u00e0 Dieu&#8221;, et que &#8221; l&#8217;empereur est dans l&#8217;Eglise et non au-dessus de l&#8217;Eglise&#8221;. Il condamnera l&#8217;usage de la force par Th\u00e9odose (\u00e0 l&#8217;occasion d&#8217;une r\u00e9volte populaire \u00e0 Salonique durement r\u00e9prim\u00e9e) mais attendra que l&#8217;empereur use de la force contre le paganisme et l&#8217;h\u00e9r\u00e9sie (en arguant que la s\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;empire ne sera procur\u00e9e que par l&#8217;orthodoxie des empereurs). Tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 l&#8217;unit\u00e9 de l&#8217;Empire (tout autant que l&#8217;empereur), il estime qu&#8217;elle passe par l&#8217;unit\u00e9 de la foi (ce qui justifiera, par avance, la r\u00e9pression de tous les mouvements dissidents).<\/p>\n<p>\n<strong>SAINT AUGUSTIN: LA  CITE DE DIEU\t\t\t\t\t<br \/>\n<em>&#8220;La paix, fruit de la justice&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nCette toute c\u00e9l\u00e8bre oeuvre de St Augustin <a name=\"text14\"><a href=\"#vn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite \u00e0 la suite de la chute de Rome sous les coups d&#8217;une peuplade barbare (les Wisigoths d&#8217;Alaric) en 410. Comment la capitale de l&#8217;empire le plus puissant et le mieux organis\u00e9 du monde depuis plus d&#8217;un demi-mill\u00e9naire avait-elle pu tomber? Les pa\u00efens accusaient cette nouvelle religion qu&#8217;\u00e9tait le christianisme d&#8217;avoir sap\u00e9 les valeurs de la religion romaine antique qui avait fait l&#8217;empire. Augustin entreprend de r\u00e9futer cette accusation en d\u00e9montrant que ce furent plut\u00f4t la d\u00e9cadence des moeurs romaines et l&#8217;inanit\u00e9 de ses divinit\u00e9s qui en firent la ruine (livres 1 \u00e0 10). Mais il ne r\u00e9pond que bien faiblement \u00e0 l&#8217;objection selon laquelle le christianisme a, de fait, \u00e9t\u00e9 incapable de d\u00e9fendre l&#8217;Empire alors que cet Empire s&#8217;\u00e9tait christianis\u00e9 depuis Constantin en 313 et qu&#8217;il offrait aux chr\u00e9tiens, par la justice, l&#8217;ordre et la paix qu&#8217;il faisait r\u00e9gner, le cadre id\u00e9al ou du moins sup\u00e9rieur \u00e0 tous les autres r\u00e9gimes politiques existant alors. On sent Augustin profond\u00e9ment affect\u00e9 et inquiet de la chute de Rome. On voit \u00e0 quel point les chr\u00e9tiens, d\u00e8s le 2\u00b0 si\u00e8cle d&#8217;ailleurs, avaient &#8220;adopt\u00e9&#8221; l&#8217;Empire et ne souhaitaient certainement pas sa disparition. En guise de r\u00e9ponse, dans les douze livres suivant, Augustin va \u00e9largir le d\u00e9bat en introduisant la distinction entre la cit\u00e9 terrestre et la cit\u00e9 c\u00e9leste. Les empires terrestres sont \u00e9ph\u00e9m\u00e8res (m\u00eame si l&#8217;empire romain a connu une exceptionnelle long\u00e9vit\u00e9) et ne sont que la condition de possibilit\u00e9 d&#8217;un autre type de royaut\u00e9, celle de Dieu. L&#8217;Empire n&#8217;est pas une fin en soi. Peu importe qu&#8217;il passe. Ce qui importe, c&#8217;est qu&#8217;il remplisse sa mission d&#8217;\u00eatre pr\u00e9paration \u00e0 la cit\u00e9 c\u00e9leste. A cette condition, toute forme de royaume terrestre est acceptable; aucune n&#8217;est, de toute fa\u00e7on, id\u00e9ale, ni seule id\u00e9ale.<br \/>\nDans ce contexte, la justice, l&#8217;ordre et la paix que  parvient \u00e0 assurer la cit\u00e9 terrestre sont les crit\u00e8res essentiels (lire le livre 19). Ces valeurs sont cependant fragiles. Elles doivent donc \u00eatre d\u00e9fendues. Ainsi, selon St Augustin, l&#8217;usage de la force se justifie pour la d\u00e9fense de la justice et de l&#8217;ordre sans lesquels aucune vie sociale n&#8217;est possible, le but \u00e9tant bien s\u00fbr de retrouver la paix. Le concept de guerre juste, qu&#8217;Augustin reprend \u00e0 Cic\u00e9ron, n&#8217;est pas d\u00e9velopp\u00e9 (il le sera plus tard, au 13\u00b0s. par St Thomas) mais il d\u00e9signe grosso modo toute guerre dont le but est d&#8217;\u00e9tablir ou de r\u00e9tablir la justice et non plus, comme pour Cic\u00e9ron, toute guerre favorable \u00e0 l&#8217;empire et conduite selon certaines r\u00e8gles. La non-violence qui serait favorable \u00e0 une situation d&#8217;injustice ne serait pas un bien. La justice devient, chez Augustin, un crit\u00e8re sup\u00e9rieur \u00e0 celui de non-violence. Le premier devoir de la cit\u00e9 terrestre est d&#8217;assurer la justice;  la paix en sera le fruit. <\/p>\n<p><strong><em>Violence, guerre et paix dans l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne (encart 1)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n<strong>UN CONTEXTE DE PERSECUTION <\/strong><\/p>\n<p><em>1\u00b0 si\u00e8cle<\/em><\/p>\n<p>30: J\u00e9sus est crucifi\u00e9 par l&#8217;autorit\u00e9 locale sous la pression de la population<br \/>\n36: Etienne est lapid\u00e9 sans jugement par un groupe populaire<br \/>\n64: Pers\u00e9cution des chr\u00e9tiens \u00e0 Rome par l&#8217;empereur N\u00e9ron; les ap\u00f4tres Pierre (en 64) et Paul (en 67) en sont victimes<br \/>\n64-92: R\u00e9daction des Evangiles<br \/>\n92: Pers\u00e9cution localis\u00e9e en Asie Mineure, sous Domitien; Jean \u00e9crit son Apocalypse dans ce contexte<\/p>\n<p><em>2\u00b0 si\u00e8cle<\/em><\/p>\n<p>112: Lettre de Pline, gouverneur d&#8217;une province d&#8217;Asie Mineure, \u00e0 l&#8217;empereur Trajan sur la conduite \u00e0 tenir envers les chr\u00e9tiens; pas de pers\u00e9cution syst\u00e9matique ni g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<br \/>\nAvant 156, r\u00e9daction de la Lettre \u00e0 Diogn\u00e8te par un anonyme.<br \/>\n156: Pers\u00e9cutions en Asie Mineure; sous Antonin martyre de Polycarpe \u00e0 Smyrne.<br \/>\n160: Vagues de pers\u00e9cution, non syst\u00e9matiques, \u00e0 Rome, sous Antonin martyre de Justin \u00e0 Rome en 163. Celui-ci avait \u00e9crit peu avant son Apologie (du christianisme).<br \/>\n177: Pers\u00e9cutions en Gaule, en Italie et en Asie Mineure; sous Marc-Aur\u00e8le martyres de Lyon.<br \/>\n180: Pers\u00e9cutions en Afrique du Nord, \u00e0 Carthage; sous Marc-Aur\u00e8le martyres de Scillium.<br \/>\n185: Pers\u00e9cutions \u00e0 Rome et en Cappadoce; sous Commode martyre d&#8217;Apollonius \u00e0 Rome<\/p>\n<p><em>3\u00b0si\u00e8cle<\/em><\/p>\n<p>202: Edit de Septime-S\u00e9v\u00e8re interdisant le pros\u00e9lytisme juif et chr\u00e9tien.<br \/>\nPers\u00e9cutions non g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es en Afrique du Nord et en Egypte martyre de Perp\u00e9tue et F\u00e9licit\u00e9 en 203 \u00e0 Carthage Tertullien (de Carthage) \u00e9crit ses opuscules ad Martyres (202) et de Corona (212).<br \/>\n211-249: Empereurs plut\u00f4t favorables au christianisme, sauf Maximin le Thrace: pers\u00e9cutions contre les chefs des \u00e9glises.<br \/>\nVers 235: martyre d&#8217;Hyppolite de Rome Orig\u00e8ne d&#8217;Alexandrie \u00e9crit, en 235, son Exhortation au martyre; plus tard il \u00e9crira son apologie du christianisme intitul\u00e9e contre Celse (249).<br \/>\n250: D\u00e9clenchement de la premi\u00e8re pers\u00e9cution g\u00e9n\u00e9rale et syst\u00e9matique, sous D\u00e8ce.<br \/>\n257: Deuxi\u00e8me vague de pers\u00e9cution g\u00e9n\u00e9rale et syst\u00e9matique, sous Val\u00e9rien; martyre de Cyprien \u00e0 Carthage en 258. Peu avant, Cyprien avait \u00e9crit son Exhortation au martyre.<br \/>\n260: Edit de tol\u00e9rance de Gallien, avec restitution des biens eccl\u00e9siastiques<\/p>\n<p><em>4\u00b0 si\u00e8cle<\/em><\/p>\n<p>303-305: Troisi\u00e8me et derni\u00e8re grande pers\u00e9cution g\u00e9n\u00e9rale et syst\u00e9matique sous Diocl\u00e9tien; prolong\u00e9e jusqu&#8217;en 311 en Orient par Gal\u00e8re martyres de S\u00e9bastien, Maurice,&#8230;<br \/>\n311: Edit de tol\u00e9rance de Gal\u00e8re, reconnaissant l&#8217;\u00e9chec de la pers\u00e9cution.<br \/>\n313: Edit de Milan, promulgu\u00e9 par Constantin: abolition de toutes les mesures anti-chr\u00e9tiennes.<br \/>\n321: Lactance, chr\u00e9tien, pr\u00e9cepteur du fils de Constantin, \u00e9crit son ouvrage de la mort des pers\u00e9cuteurs.<br \/>\n325: L&#8217;empereur r\u00e9unit le Concile de Nic\u00e9e qui condamnera l&#8217;arianisme intense activit\u00e9 d&#8217;Athanase d&#8217;Alexandrie.<br \/>\n335: Eus\u00e8be de C\u00e9sar\u00e9e, premier historien chr\u00e9tien, \u00e9crit son Eloge de Constantin.<br \/>\n337: Bapt\u00eame et mort de Constantin<br \/>\n361: Edit de tol\u00e9rance&#8230; des cultes pa\u00efens (!) sous Julien dit l&#8217;Apostat. Hilaire de Poitiers \u00e9crit un pamphlet contre le pr\u00e9c\u00e9dent empereur: Contre Constance.<br \/>\n380: Le christianisme devient religion d&#8217;Etat sous Th\u00e9odose<br \/>\n386: Ambroise de Milan \u00e9crit son de Officiis.<br \/>\n392: Edit d&#8217;abolition des cultes pa\u00efens sous Th\u00e9odose.<br \/>\n410: Chute de Rome.<br \/>\n420-427: Augustin d&#8217;Hippone \u00e9crit sa Cit\u00e9 de Dieu.<\/p>\n<p><strong>LES PERSECUTIONS, UN GRAND MALENTENDU?<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;Empire au 3\u00b0 si\u00e8cle \u00e9tait compos\u00e9 de dizaines de populations et donc de dizaines de religions diff\u00e9rentes. Rome \u00e9tait habitu\u00e9 \u00e0 les tol\u00e9rer toutes. Pourquoi  cet acharnement anti-chr\u00e9tien alors que cette religion pr\u00eachait la loyaut\u00e9 envers l&#8217;Autorit\u00e9 institu\u00e9 et n&#8217;avait aucune pr\u00e9tention politique? Au contraire, respectueux de la hi\u00e9rarchie, dociles, volontaires, endurants, organis\u00e9s, solidaires, sensibles \u00e0 des id\u00e9aux, perfectionnistes (toutes qualit\u00e9s tr\u00e8s pr\u00e9sentes dans la morale chr\u00e9tienne), ces chr\u00e9tiens auraient pu devenir d\u00e8s le d\u00e9part les meilleurs alli\u00e9s de l&#8217;Empire (c&#8217;est l&#8217;argument d&#8217;Orig\u00e8ne contre Celse).<br \/>\nEn dehors des accusations grotesques (comme celle d&#8217;anthropophagie), une des accusations \u00e9tait celle de &#8220;haine du genre humain&#8221; (Tacite) \u00e0 cause sans doute de l&#8217;anti-\u00e9picurisme chr\u00e9tien et de son dolorisme. Une autre accusation \u00e9tait celle d&#8217;ath\u00e9isme! (parce que le christianisme d\u00e9sacralisait en effet toute la vie mat\u00e9rielle et sociale au profit d&#8217;une seule divinit\u00e9 abstraite et transcendante). Le point d&#8217;achoppement a certainement \u00e9t\u00e9 le refus obstin\u00e9 des chr\u00e9tiens de sacrifier aux divinit\u00e9s romaines traditionnelles et de s&#8217;associer au culte de l&#8217;empereur alors que, du point de vue romain, il s&#8217;agissait d&#8217;un geste purement formel d&#8217;all\u00e9geance civile. Les chr\u00e9tiens n&#8217;avaient rien contre les &#8220;valeurs morales traditionnelles romaines&#8221; (tr\u00e8s sto\u00efciennes) mais n&#8217;en acceptaient pas la sacralisation. Ils ne pouvaient certainement pas accepter la divinisation d&#8217;un empereur mais n&#8217;\u00e9taient pas oppos\u00e9s au pouvoir monarchique r\u00e9put\u00e9 d&#8217;autorit\u00e9 divine.<\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne (encart 2)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n<strong>LA QUESTION DU SERVICE MILITAIRE CHEZ LES CHRETIENS DES PREMIERS SIECLES<\/strong><\/p>\n<p>Les tout premiers chr\u00e9tiens n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 la question du service militaire. Il n&#8217;y avait pas d&#8217;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re en Jud\u00e9e ni ailleurs en dehors de l&#8217;arm\u00e9e romaine et celle-ci n&#8217;\u00e9tait pas une arm\u00e9e de conscrits mais de volontaires.<br \/>\nAu tout d\u00e9but, au 1\u00b0 s., les chr\u00e9tiens n&#8217;\u00e9taient pas tent\u00e9s d&#8217;opter pour le m\u00e9tier militaire dans l&#8217;arm\u00e9e romaine dans la mesure o\u00f9 Rome pers\u00e9cutait les chr\u00e9tiens (pers\u00e9cutions de N\u00e9ron, de Domitien,&#8230;).<br \/>\nD\u00e8s le 2\u00b0s. cependant, il y eut de nombreuses conversions au sein de l&#8217;arm\u00e9e, surtout dans les l\u00e9gions stationn\u00e9es au Moyen-Orient, en Asie Mineure et en Afrique du Nord (l\u00e9gion Fulminate, l\u00e9gion th\u00e9baine, &#8230;) du fait de leur proximit\u00e9 avec ces zones de premi\u00e8re \u00e9vang\u00e9lisation. Malgr\u00e9 quelques pol\u00e9miques (Tertullien, Orig\u00e8ne, Lactance, &#8230;), des chr\u00e9tiens furent candidats l\u00e9gionnaires et furent enr\u00f4l\u00e9s sans difficult\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 romain (les pers\u00e9cutions au 2\u00b0s. ne furent plus que \u00e9pisodiques ou locales).<br \/>\nComment se posait le probl\u00e8me ? <br \/>\n&#8211; Sauf de la part de quelques auteurs (cit\u00e9s plus haut), il n&#8217;y eut jamais de probl\u00e8me de conscience majeur dans la mesure o\u00f9 l&#8217;arm\u00e9e romaine n&#8217;\u00e9tait pas une bande de pillards mais une arm\u00e9e disciplin\u00e9e plac\u00e9e sous une autorit\u00e9 l\u00e9gitime et prot\u00e9geant une &#8220;pax romana&#8221; appr\u00e9ci\u00e9e de tous, particuli\u00e8rement des chr\u00e9tiens.<br \/>\n&#8211; Ce qui a fait probl\u00e8me, c&#8217;est le culte officiel aux divinit\u00e9s romaines, aux embl\u00e8mes militaires et \u00e0 l&#8217;empereur. Aussi longtemps qu&#8217;il s&#8217;agissait seulement d&#8217;assiter passivement \u00e0 ces c\u00e9r\u00e9monies, les chr\u00e9tiens n&#8217;ont pas fait de difficult\u00e9s. Mais il en allait autrement si, \u00e0 cause de leur grade ou par provocation, ils \u00e9taient oblig\u00e9s d&#8217;\u00eatre officiants de ces cultes. On conna\u00eet le cas de martyrs c\u00e9l\u00e8bres pour leur refus (St Maurice et la l\u00e9gion th\u00e9baine par exemple). <br \/>\n&#8211; Un probl\u00e8me pratique se posait par rapport aux moeurs militaires qui ne correspondaient pas exactement \u00e0 l&#8217;id\u00e9al de vie chaste et r\u00e9serv\u00e9 des chr\u00e9tiens. Mais ce n&#8217;\u00e9tait un probl\u00e8me que pour les esprits faibles. L&#8217;arm\u00e9e ne contraignait pas \u00e0 suivre ces moeurs. A contrario, un certain nombre de valeurs militaires (la discipline, la rusticit\u00e9 de vie, l&#8217;esprit de sacrifice, la solidarit\u00e9 humaine, &#8230;) ont sembl\u00e9 des valeurs tr\u00e8s positives du point de vue chr\u00e9tien (voir la vie de St Martin).<br \/>\nDe facto, au d\u00e9but du 4\u00b0s., \u00e0 la veille de la conversion de Constantin, l&#8217;arm\u00e9e romaine comptait de tr\u00e8s nombreux chr\u00e9tiens. On pourrait presque dire que ce sont les militaires chr\u00e9tiens qui ont christianis\u00e9 l&#8217;empire.<br \/>\nA fortiori au 5\u00b0s., dans l&#8217;Empire christianis\u00e9, des chr\u00e9tiens pouvaient consid\u00e9rer comme un devoir de d\u00e9fendre l&#8217;empire romain (parce que &#8220;bien ordonn\u00e9&#8221;) contre les barbares. Le probl\u00e8me n&#8217;\u00e9tait plus le m\u00eame devant des &#8220;barbares&#8221; eux-m\u00eames d\u00e9j\u00e0 christianis\u00e9s (comme c&#8217;\u00e9tait le cas d&#8217;Alaric et des Wisigoths) ou pr\u00eats \u00e0 l&#8217;\u00eatre (comme ce fut le cas de Clovis et des Francs) . <\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne (encart 3)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n<strong>LA XII\u00b0 LEGION &#8216;FULMINATA&#8217; ou le miracle de la pluie<\/strong><\/p>\n<p>Plusieurs auteurs chr\u00e9tiens de l&#8217;Antiquit\u00e9 (Apollinaire d&#8217;Hi\u00e9rapolis, Eus\u00e8be de C\u00e9sar\u00e9e, Tertullien, Gr\u00e9goire de Nysse, Rufin d&#8217;Aquil\u00e9e, J\u00e9r\u00f4me, Orose,&#8230;) ont interpr\u00e9t\u00e9 en miracle un \u00e9v\u00e9nement qui est par ailleurs attest\u00e9 par plusieurs auteurs profanes (Julius Capitolain, Th\u00e9mistius, Claudien, Dion Cassius,&#8230;) et sculpt\u00e9 dans la colonne Antonine \u00e9rig\u00e9e \u00e0 Rome en l&#8217;honneur de l&#8217;empereur Marc-Aur\u00e8le.<br \/>\nAu cours d&#8217;une bataille d\u00e9cisive en 173 contre une tribu germanique (les Quades) sur le Danube o\u00f9 l&#8217;arm\u00e9e romaine \u00e9tait accabl\u00e9e par la chaleur et ext\u00e9nu\u00e9e par la soif, une pluie soudaine rafra\u00eechit les troupes et leur redonna l&#8217;avantage.<br \/>\nLes auteurs chr\u00e9tiens ont attribu\u00e9 ce renversement de situation au fait que les chr\u00e9tiens parmi les l\u00e9gionnaires avaient pri\u00e9 Dieu pour obtenir de la pluie et qu&#8217;ils avaient \u00e9t\u00e9 exauc\u00e9s. Ce qui est historique, c&#8217;est le fait que cette l\u00e9gion, habituellement stationn\u00e9e \u00e0 M\u00e9lit\u00e8ne en Asie Mineure, r\u00e9gion d\u00e9j\u00e0 largement christianis\u00e9e au 2\u00b0 s., comptait de nombreux chr\u00e9tiens, dont certains nomm\u00e9ment connus (Mercurius, Polyeucte, les quarante martyrs de S\u00e9baste,&#8230;). Cette interpr\u00e9tation signifie aussi, indirectement, que ces premiers auteurs avaient d\u00e9j\u00e0 pris le parti de l&#8217;Empire Romain contre les barbares (germains en l&#8217;occurrence) alors que l&#8217;Empire allait encore pers\u00e9cuter les chr\u00e9tiens (pers\u00e9cutions de Val\u00e9rien mi 3\u00b0s. et de Diocl\u00e9tien fin 3\u00b0s.). Selon certains de ces auteurs, l&#8217;empereur Marc-Aur\u00e8le aurait reconnu le fait comme miraculeux et attribuable aux chr\u00e9tiens et aurait personnellement r\u00e9solu de les prot\u00e9ger dor\u00e9navant.<\/p>\n<p>\n<strong>LA LEGION THEBAINE et le martyr de St Maurice<\/strong><\/p>\n<p>Comme l&#8217;indique son nom, cette l\u00e9gion \u00e9tait originaire d&#8217;Egypte (Th\u00e8bes). Au 3\u00b0s., elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 ancienne et c\u00e9l\u00e8bre. A cette \u00e9poque, elle comptait aussi d\u00e9j\u00e0 de tr\u00e8s nombreux chr\u00e9tiens, sa r\u00e9gion d&#8217;origine ou ses r\u00e9gions d&#8217;implantation (parties orientales de l&#8217;Empire) \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 largement christianis\u00e9es. En 286, elle se retrouve dans le Valais (l&#8217;ancienne Agaune, l&#8217;actuelle St Maurice en Suisse) pour mater une r\u00e9volte de Gaulois. L&#8217;arm\u00e9e romaine avait en effet coutume de mater les r\u00e9voltes r\u00e9gionales par des contingents arm\u00e9s les plus \u00e9trangers possibles aux rebelles. Est-ce par refus de s&#8217;en prendre \u00e0 d&#8217;autres chr\u00e9tiens que la l\u00e9gion fut d\u00e9cim\u00e9e? Cela supposerait que le Valais \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 christianis\u00e9! Il semble plut\u00f4t que ce soit par refus de sacrifier \u00e0 l&#8217;empereur, de le consid\u00e9rer comme un dieu, le motif habituel pour poursuivre les chr\u00e9tiens. La l\u00e9gende dit que toute la l\u00e9gion a \u00e9t\u00e9 d\u00e9capit\u00e9e (cela ferait 6.600 soldats!). Cela semble invraisemblable. Mais il est tr\u00e8s possible que le contingent (une vexillatio par exemple) sous la conduite de Maurice l&#8217;ait \u00e9t\u00e9. Le cas est exemplatif du fait qu&#8217;il y avait d\u00e9j\u00e0 de nombreux chr\u00e9tiens (volontaires) dans l&#8217;arm\u00e9e romaine au 3\u00b0 si\u00e8cle et qu&#8217;ils n&#8217;\u00e9taient habituellement pas inqui\u00e9t\u00e9s mais sporadiquement surpris par des vagues de pers\u00e9cutions. <\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne (encart 4)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n<strong>LE CESAROPAPISME<\/strong><\/p>\n<p>On d\u00e9signe par l\u00e0 un r\u00e9gime politico-eccl\u00e9siastique o\u00f9 l&#8217;Etat s&#8217;affirme ouvertement chr\u00e9tien (ou, par extension, confessionnel) et o\u00f9 l&#8217;Etat intervient dans les affaires religieuses et invers\u00e9ment. Quand le pouvoir politique \u00e9tait fort, il s&#8217;agissait surtout d&#8217;une soumission de l&#8217;Eglise \u00e0 l&#8217;Etat. Il \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9 par Constantin (\u00e0 partir de 313) et est rest\u00e9 l&#8217;id\u00e9ologie politique de l&#8217;Empire byzantin (et donc de l&#8217;Eglise orthodoxe). Il  n&#8217;a \u00e9t\u00e9 rompu en Russie que par la r\u00e9volution bolch\u00e9vique de 1917. En Occident, il a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diatement contrecarr\u00e9 par des \u00e9v\u00eaques comme Hilaire et Ambroise qui s&#8217;oppos\u00e8rent fermement \u00e0 l&#8217;ing\u00e9rence de l&#8217;Etat dans les affaires de l&#8217;Eglise. En Occident, vu la d\u00e9sint\u00e9gration de l&#8217;Empire devant les invasions barbares, la situation  devint plut\u00f4t celle de la soumission de l&#8217;Etat \u00e0 l&#8217;Eglise. Mais \u00e0 partir du moment o\u00f9 le pouvoir politique reprit de la consistance (avec Charlemagne au 9\u00b0s.), les papes eurent fort \u00e0 faire pour se prot\u00e9ger ou reconqu\u00e9rir du pouvoir (Querelle des Investitures au 11\u00b0s. et Querelle du Sacerdoce et du Saint Empire au 12\u00b0 et 13\u00b0s.). Au moment des mouvements de R\u00e9forme (16\u00b0s.), les Eglises protestantes renou\u00e8rent avec le c\u00e9saropapisme l\u00e0 o\u00f9 les Princes locaux les favoris\u00e8rent. Du c\u00f4t\u00e9 catholique \u00e9galement, certaines nations (l&#8217;Espagne du 16-17\u00b0s. par exemple) pratiqu\u00e8rent le c\u00e9saropapisme ou tent\u00e8rent de cr\u00e9er une Eglise-nationale avec la complicit\u00e9 du clerg\u00e9 (le gallicanisme en France par exemple) ou \u00e0 l&#8217;initiative du Prince (le jos\u00e9phisme en Autriche-Belgique). Pour mettre fin \u00e0 ces conflits d&#8217;influence, La R\u00e9volution fran\u00e7aise (1789) \u00e9non\u00e7a et mit en application le principe de la s\u00e9paration de l&#8217;Eglise et de l&#8217;Etat.<\/p>\n<p>\n<strong>MILITIA CHRISTI<\/strong><\/p>\n<p>En fait, quelque peu dans les \u00e9vangiles mais surtout dans les \u00e9p\u00eetres de St Paul, un vocabulaire militaire est utilis\u00e9 dans un sens m\u00e9taphorique <a name=\"text15\"><a href=\"#vn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>. L&#8217;expression &#8220;soldat du Christ&#8221; s&#8217;y trouve textuellement <a name=\"text16\"><a href=\"#vn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>. Par contre, l&#8217;id\u00e9e de &#8220;combat&#8221; n&#8217;y est pas m\u00e9taphorique du tout. Il y a bien un combat \u00e0 mener contre le Mal, le Malin, les &#8220;Puissances&#8221; <a name=\"text17\"><a href=\"#vn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>. Les martyres, victimes des soldats du royaume terrestre (Rome), pouvaient ais\u00e9ment s&#8217;assimiler et \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 des &#8221; soldats du Christ&#8221;, endurants jusqu&#8217;\u00e0 la mort, promis au Royaume c\u00e9leste. Le premier monachisme a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu comme un martyr non-sanglant mais constitu\u00e9 d&#8217;un don tout aussi entier de soi. L&#8217;inspiration militaire (discipline, privations, endurance, id\u00e9ologie du combat,&#8230;) est toujours tr\u00e8s pr\u00e9sente dans les R\u00e8gles monastiques pr\u00e9-b\u00e9n\u00e9dictines (St. Martin!, L\u00e9rins, P\u00e8res du Jura, R\u00e8gle du Ma\u00eetre, Colomban,&#8230;) et, bien s\u00fbr, dans celle de St Beno\u00eet. L&#8217;id\u00e9al chevaleresque est tout impr\u00e9gn\u00e9 de militia christi. Les Croisades  viendront encore en renforcer la place dans la vie de l&#8217;Eglise. Les Ordres Militaires et Hospitaliers qui en na\u00eetront (Templiers, de Malte, du Saint S\u00e9pulchre,&#8230;) continueront \u00e0 en \u00eatre l&#8217;incarnation. Fond\u00e9s par un militaire au 16\u00b0s., les J\u00e9suites excellent par leur esprit d&#8217;organisation. Au 17\u00b0 et 18\u00b0s., le th\u00e8me de la militia christi est \u00e9clips\u00e9 au profit d&#8217;une spiritualit\u00e9 qui\u00e9tiste et d&#8217;int\u00e9riorit\u00e9. Le th\u00e8me reprendra du service au d\u00e9but du 20\u00b0s. avec le d\u00e9veloppement de la militance dans l&#8217;Action Catholique. <\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne (encart 5)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n<strong>LE CONCILE D&#8217;ARLES et le sort des objecteurs de conscience<\/strong><\/p>\n<p>A peine avait-il promulgu\u00e9 son \u00e9dit de tol\u00e9rance (en 313), que l&#8217;empereur Constantin fut amen\u00e9 \u00e0 prendre des mesures pour r\u00e9soudre des conflits entre chr\u00e9tiens ! Alors qu&#8217;il n&#8217;\u00e9tait lui-m\u00eame pas encore chr\u00e9tien (il ne sera baptis\u00e9 qu&#8217;en 337), il convoqua un concile \u00e0 Arles (une des villes de r\u00e9sidence de l&#8217;empereur) en 314 afin de r\u00e9gler la question du donatisme (schisme n\u00e9 dans l&#8217;\u00e9glise d&#8217;Afrique en ce 4\u00b0s., d&#8217;une extr\u00eame rigueur envers ceux qui avaient failli pendant les pers\u00e9cutions). Quarante-quatre \u00e9v\u00each\u00e9s y \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9s (16 gaulois, 10 italiens, 8 africains, 6 espagnols, 3 bretons et 1 dalmate): il s&#8217;agit donc d&#8217;un concile &#8221; occidental&#8221; (latin); le pape n&#8217;\u00e9tait pas pr\u00e9sent mais repr\u00e9sent\u00e9. Ce concile \u00e9dicta neufs r\u00e8gles (canons) concernant les Donatistes et autres mesures pratiques d&#8217;organisation de l&#8217;Eglise (tenant en une page !)<a name=\"text18\"><a href=\"#vn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>.  Tr\u00e8s curieusement, hors de propos et sans explications ni commentaires, le canon trois stipule ceci:<\/p>\n<p><em>De his agitur etiam qui arma proiciunt in pace,<br \/>\nplacuit abstineri eos a communione.<\/em><\/p>\n<p>(<em>Au sujet de ceux qui abandonnent les armes en temps de paix, il est d\u00e9cid\u00e9 de les \u00e9carter de la communion.<\/em>)<\/p>\n<p>Par rapport aux condamnations ou r\u00e9serves sur le m\u00e9tier des armes de la part d&#8217;auteurs chr\u00e9tiens ant\u00e9rieurs (comme Tertullien,&#8230;), on assiste ici \u00e0 un revirement complet:  l&#8217;objecteur de conscience &#8211;en temps de paix- se trouve excommuni\u00e9!<br \/>\nA d\u00e9faut d&#8217;explications et de commentaires, on ne sait s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un dictat de l&#8217;empereur aux p\u00e8res conciliaires ni quelle est l&#8217;extension du in pace (d\u00e9fense passive ou aussi pr\u00e9ventive de la pax romana)?<\/p>\n<table cellpadding=\"5\" cellspacing=\"0\" border=\"0\">\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn0\"><\/a>(<a href=\"#text0\">0<\/a>)<\/td>\n<td>Trad. M.Bourlet, in Les p\u00e8res dans la foi 83, \u00e9d. Migne, Paris, 2002; trad. H.-I. Marrou, in Sources chr\u00e9tiennes  33b, Cerf, Paris, 1965.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn1\"><\/a>(<a href=\"#text1\">1<\/a>)<\/td>\n<td>Trad. fran\u00e7aise par Genoude in &#338;uvres de Tertullien, vol.2, Viv\u00e8s, Paris, 1852, pp.130-152.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn2\"><\/a>(<a href=\"#text2\">2<\/a>)<\/td>\n<td>Trad.fran\u00e7aise dans Le martyre dans l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne, \u00e9d. Migne, Paris, 1990, pp. 35-83.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn3\"><\/a>(<a href=\"#text3\">3<\/a>)<\/td>\n<td>Trad. fran\u00e7aise  dans Le martyre dans l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne, coll. Les P\u00e8res dans la foi n\u00b08, \u00e9d. Migne, Paris, 1990, pp.103-129.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn4\"><\/a>(<a href=\"#text4\">4<\/a>)<\/td>\n<td>Texte latin et traduction fran\u00e7aise par Molager, J., dans la coll. Sources Chr\u00e9tiennes n\u00b0291, \u00e9d. du Cerf, Paris, 1982.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn5\"><\/a>(<a href=\"#text5\">5<\/a>)<\/td>\n<td>Texte latin et trad. fran\u00e7aise par Monat, P., dans la coll. Sources chr\u00e9tiennes n\u00b0204, Cerf, Paris, 2000.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn6\"><\/a>(<a href=\"#text6\">6<\/a>)<\/td>\n<td>DI 6, \u00a718, 29, 552, 4-7 voir la tr\u00e8s bonne synth\u00e8se de la morale de Lactance par Spanneut dans Tertullien et les premiers moralistes africains, Duculot &#8211; Lethielleux, Gembloux &#8211; Paris, 1969, chap.4.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn7\"><\/a>(<a href=\"#text7\">7<\/a>)<\/td>\n<td>Texte grec avec trad. latine dans la Patrologie Grecque (\u00e9d. Migne), vol. n\u00b020.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn8\"><\/a>(<a href=\"#text8\">8<\/a>)<\/td>\n<td>Texte grec avec trad. latine dans la Patrologie Grecque (\u00e9d.Migne), vol. n\u00b0 26.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn9\"><\/a>(<a href=\"#text9\">9<\/a>)<\/td>\n<td>Exemples : le Christ n&#8217;est qu&#8217;un proph\u00e8te adopt\u00e9 par Dieu (adoptianisme) ; il n&#8217;avait qu&#8217;une apparence humaine (doc\u00e9tisme) ; il est inf\u00e9rieur P\u00e8re (arianisme) ; il a deux natures distinctes (nestorianisme) ; sa nature divine est pr\u00e9\u00e9minente (monophysisme) ; etc&#8230;, etc&#8230;<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn10\"><\/a>(<a href=\"#text10\">10<\/a>)<\/td>\n<td>In ad Amunem, in Patrologie Grecque 26, col.1170 \u00e0 1179.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn11\"><\/a>(<a href=\"#text11\">11<\/a>)<\/td>\n<td>Texte latin et trad. fran\u00e7aise par Rocher, A., dans la coll. Sources chr\u00e9tiennes n\u00b0334, Cerf, Paris, 1987.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn12\"><\/a>(<a href=\"#text12\">12<\/a>)<\/td>\n<td>Texte latin in PL 16, col.23-185 ; texte latin critique in CCSL 15, Brepols, Turnhout, 2000.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn13\"><\/a>(<a href=\"#text13\">13<\/a>)<\/td>\n<td>Pour un aper\u00e7u complet, voir Palanque, St Ambroise et l&#8217;Empire romain, Paris, 1933.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn14\"><\/a>(<a href=\"#text14\">14<\/a>)<\/td>\n<td>Multiples \u00e9ditions et traductions. Trad. fran\u00e7aise de r\u00e9f\u00e9rence: de Labriolle, Garnier, Paris, 1941 ; comme \u00e9tude: voir Comb\u00e8s, G., La doctrine politique de St Augustin, Plon, Paris, 1927.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn15\"><\/a>(<a href=\"#text15\">15<\/a>)<\/td>\n<td>&#8221; La v\u00e9rit\u00e9 comme ceinture, la cuirasse de la justice, le bouclier de la foi, le casque du salut, le glaive de l&#8217;esprit, &#8230;&#8221; Eph. 6,10-17 ou 1Thess. 5,8; &#8221; combattre le bon combat&#8221;: 1 Tim.1,18; etc&#8230;<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn16\"><\/a>(<a href=\"#text16\">16<\/a>)<\/td>\n<td>&#8221; Prends ta part de souffrance comme un bon soldat du Christ &#8230;&#8221; 2 Tim.2,3.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn17\"><\/a>(<a href=\"#text17\">17<\/a>)<\/td>\n<td>Voir aussi l&#8217;Apocalypse.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn18\"><\/a>(<a href=\"#text18\">18<\/a>)<\/td>\n<td>Edit\u00e9 par Gaudemet, J., in Conciles gaulois du 4\u00b0s., coll. Sources chr\u00e9tiennes n\u00b0241, \u00e9d. du Cerf, Paris, 1977.<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h2>Bibliografie<\/h2>\n<p>BIBLIOGRAPHIE<\/p>\n<p>Sur l&#8217;histoire du Bas-Empire:<\/p>\n<p>&#8211; LOT, F., La fin du monde antique et le d\u00e9but du Moyen-Age, coll. L&#8217;\u00e9volution de l&#8217;humanit\u00e9, Albin Michel, Paris, 1927.<br \/>\n&#8211; PIGANIOL, L&#8217;Empire chr\u00e9tien (325-395), PUF, Paris, 1947.<br \/>\n&#8211; STEIN, E., Histoire du Bas-Empire (284-476), 2 t., DDB, Paris, 1959.<\/p>\n<p>Sur l&#8217;histoire du christianisme dans le Bas-Empire:<\/p>\n<p>&#8211; FLICHE &amp; MARTIN, Histoire de l&#8217;Eglise, Bloud &amp; Gay, Paris<br \/>\n    &#8211; t.2 : de la fin du 2\u00b0s. \u00e0 la paix constantinienne, 1946.<br \/>\n    &#8211; t.3 : de la paix constantinienne \u00e0 la mort de Th\u00e9odose, 1939.<br \/>\n&#8211; DANIELOU &amp; MARROU (ss.dir.), Nouvelle histoire de l&#8217;Eglise, Seuil, Paris, 1963.<br \/>\n    &#8211; t.1 : des origines \u00e0 Gr\u00e9goire le Grand.<br \/>\n&#8211; MAYEUR, PIETRI, VAUCHEZ, VENARD (ss.dir.), Histoire du christianisme,<br \/>\n    &#8211; t.2 : Naissance d&#8217;une chr\u00e9tient\u00e9 (250-430), Descl\u00e9e, Paris, 1995<br \/>\n&#8211; MESLIN, M., Le christianisme dans l&#8217;Empire romain, coll. SUP, PUF, Paris, 1970<br \/>\n&#8211; MESLIN &amp; PALANQUE, Le christianisme antique, coll. U2, A. Colin, Paris, 1967<\/p>\n<p>Sur des points particuliers d&#8217;histoire:<\/p>\n<p>&#8211; ALLARD, P., La pers\u00e9cution de Diocl\u00e9tien, 2 t., Lecoffre, Paris, 1890.<br \/>\n&#8211; GAUDEMET, J., Histoire du droit et des institutions de l&#8217;Eglise en Occident, t.3, L&#8217;Eglise dans l&#8217;Empire romain au 4\u00b0 et 5\u00b0 si\u00e8cle, Sirey, Paris, 1958.<br \/>\n&#8211; HARNACK, Militia christi: die christlichen Religion und der Soldatenstand in den ersten drei Jahrhunderten, T\u00fcbingen, 1905, r\u00e9\u00e9d. 1963.<br \/>\n&#8211; HORNUS, J-M., Evangile et labarum. Etude sur l&#8217;attitude du christianisme primitif devant les probl\u00e8mes de l&#8217;Etat, de la guerre et de la violence, Gen\u00e8ve, 1960.<br \/>\n&#8211; LECLERCQ, H., art. Fulminata (Legio XII\u00b0), in DACL 5,2 (1923), col. 2692-2703.<br \/>\n&#8211; MARAVAL, Les pers\u00e9cutions, coll. Bibl. d&#8217;histoire du christianisme n\u00b030, Descl\u00e9e, Paris, 1992.<br \/>\n&#8211; MOREAU, J., La pers\u00e9cution des chr\u00e9tiens dans l&#8217;Empire romain, PUF, Paris, 1956.<br \/>\n-VACANDARD, E., La question du service militaire chez les chr\u00e9tiens des premiers si\u00e8cles, in Revue pratique d&#8217;Apolog\u00e9tique 20 (1906), pp. 337-349 &amp; 399-413.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Violence, guerre et paix dans l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne. Une analyse. &nbsp; Selis Claude Pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale: Cette troisi\u00e8me livraison concerne l&#8217;Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne. Les auteurs chr\u00e9tiens jusqu&#8217;au 4\u00b0 si\u00e8cle n&#8217;ont pas sp\u00e9cifiquement \u00e9crit sur le sujet qui nous retient ici. 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