{"id":606,"date":"2013-02-02T00:00:00","date_gmt":"2014-02-06T11:37:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.army-chaplaincy.be\/benl\/2012\/06\/16\/violence-guerre-et-paix-dans-la-pensee-latine\/"},"modified":"2021-02-06T20:37:11","modified_gmt":"2021-02-06T19:37:11","slug":"violence-guerre-et-paix-dans-la-pensee-latine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/2013\/02\/02\/violence-guerre-et-paix-dans-la-pensee-latine\/","title":{"rendered":"Violence, guerre et paix dans la pens\u00e9e latine"},"content":{"rendered":"<p>Violence, guerre et paix dans la pens\u00e9e latine. Une analyse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><a href=\"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/aalmoezeniersdienst\/leden\/profiel-selis-claude\/\">Selis Claude<\/a><\/em><\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale :<\/strong><\/p>\n<p>Cette seconde livraison concerne l&#8217;Antiquit\u00e9 latine. Les Romains n&#8217;ont pas tellement \u00e9crit et la qualit\u00e9 de leur litt\u00e9rature est assez pi\u00e8tre malgr\u00e9 qu&#8217;ils disposaient d&#8217;une langue tr\u00e8s pr\u00e9cise dans le vocabulaire et dans la syntaxe. Sa profondeur et sa cr\u00e9ativit\u00e9 philosophique sont \u00e0 peu pr\u00e8s nulles. Les plus philosophes des Romains (comme Cic\u00e9ron ou Marc-Aur\u00e8le) ont \u00e0 peine int\u00e9gr\u00e9 quelques bribes de philosophie grecque d\u00e9cadente (le sto\u00efcisme). C&#8217;est, finalement, une s\u00e9lection de huit auteurs et donc de huit &#339;uvres de C\u00e9sar \u00e0 Marc-Aur\u00e8le (soit du 1\u00b0 avant notre \u00e8re au 2\u00b0 si\u00e8cle de notre \u00e8re), p\u00e9riode la plus f\u00e9conde des lettres latines, qui est pr\u00e9sent\u00e9 ici, augment\u00e9e d&#8217;une dizaine d&#8217;encarts didactiques. <\/p>\n<p>Mais l&#8217;int\u00e9r\u00eat des Romains r\u00e9side dans le fait qu&#8217;ils ont \u00e9t\u00e9 d&#8217;extraordinaires administrateurs et qu&#8217;ils ont r\u00e9ussi \u00e0 g\u00e9rer &#8211;harmonieusement pendant toute la pax romana- un immense empire multiculturel et muticonfessionnel. En dehors des faits de guerre (quoique tr\u00e8s ordonn\u00e9e et disciplin\u00e9e), les Romains ont r\u00e9ellement pratiqu\u00e9 le respect des personnes et des peuples. Si donc une enqu\u00eate \u00e0 travers leur litt\u00e9rature leur est d\u00e9favorable, il faudrait la corriger par une enqu\u00eate &#8211;\u00e0 faire- sur les valeurs de civilisation \u00e0 travers les institutions romaines.  <\/p>\n<p><strong>\u00b7 Auteurs \u00e9tudi\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Violence, guerre et paix dans la pens\u00e9e latine<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>Auteurs et &#339;uvres:<\/em><br \/>\n1. CESAR, La guerre des Gaules<br \/>\n2. CICERON, Des Devoirs<br \/>\n3. SALLUSTE, La guerre de Jugurtha<br \/>\n4. TITE-LIVE, Histoire romaine<br \/>\n5. SENEQUE, De la Cl\u00e9mence<br \/>\n6. TACITE, Annales<br \/>\n7. PLINE LE JEUNE, Pan\u00e9gyrique de Trajan<br \/>\n8. MARC-AURELE, Pens\u00e9es pour moi-m\u00eame<\/p>\n<p>\n<em>Encarts<\/em><br \/>\n1. Synoptique Ev\u00e9nements \/ Id\u00e9es<br \/>\n2. Les grandes batailles<br \/>\n3. L&#8217;arm\u00e9e<br \/>\n4. L&#8217;armement<br \/>\n5. La guerre dans la mythologie<br \/>\n6. Autres auteurs (notices br\u00e8ves)<\/p>\n<p>&#8211; La pax romana (voir Tacite)<\/p>\n<p>\n<strong>JULES CESAR:<br \/>\nLa guerre des Gaules <\/strong><a name=\"text0\"><a href=\"#vn0\"><sup>[0]<\/sup><\/a>                                                 <\/p>\n<p><em>&#8221; Veni, vidi, vici&#8221;<\/em><a name=\"text1\"><a href=\"#vn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<br \/>\nOn ne trouvera pas le nom de Jules C\u00e9sar dans les manuels de philosophie politique. Et pourtant, comment passer sous silence le plus c\u00e9l\u00e8bre des g\u00e9n\u00e9raux d&#8217;arm\u00e9e et cet \u00e9crit, le plus ancien concernant nos r\u00e9gions? Au-del\u00e0 de la relation de faits d&#8217;armes, l&#8217;auteur ne livrerait-il pas, ne fut-ce qu&#8217;indirectement, certaines conceptions personnelles sur la guerre, ses violences et la mani\u00e8re d&#8217;y mettre un terme ? Ses actes m\u00eames n&#8217;en trahiraient-ils pas? <br \/>\nC\u00e9sar (101 &#8211; 44 av.J-C) prit certainement des notes au cours m\u00eame de ses campagnes en Gaule (de 58 \u00e0 51 av.J-C) et utilisa celles de ses lieutenants pour r\u00e9diger ses rapports annuels au S\u00e9nat. Remis en forme avec quelques remaniements et compl\u00e9ments documentaires, le livret \u00e9tait pr\u00eat.<\/p>\n<p>Tout donne \u00e0 croire qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une &#339;uvre militaire. La mati\u00e8re, bien s\u00fbr, mais aussi le style bref, pr\u00e9cis, descriptif. Des faits, rien que des faits. M\u00eame les r\u00e9cits de batailles (de Gergovie ou d&#8217;Alesia! au livre VII) sont relat\u00e9es sans pathos mais dans leur technicit\u00e9. Au passage, on apprendra de C\u00e9sar l&#8217;importance du renseignement militaire, de la strat\u00e9gie et du professionnalisme dans l&#8217;art militaire plut\u00f4t que de la force brute.<br \/>\nMais la v\u00e9ritable port\u00e9e de l&#8217;&#339;uvre est politique. L&#8217;enjeu de la conqu\u00eate des Gaules n&#8217;\u00e9tait pas la conqu\u00eate des Gaules mais bien, pour C\u00e9sar, de damer le pion du point de vue du prestige par rapport \u00e0 Pomp\u00e9e, son rival politique \u00e0 Rome. La conqu\u00eate des Gaules lui apporta aussi de fameuses richesses personnelles, l&#8217;appui d&#8217;une classe marchande, une puissance arm\u00e9e sous son commandement (il commen\u00e7a avec une l\u00e9gion, il termina avec sept), une arm\u00e9e attach\u00e9e \u00e0 sa personne. Tous ces \u00e9l\u00e9ments furent d\u00e9terminants au profit de C\u00e9sar dans la guerre civile qui l&#8217;opposa dans la foul\u00e9e (en 49 &#8211; 48) \u00e0 Pomp\u00e9e.<br \/>\nMais C\u00e9sar se forgea aussi sans doute en Gaule une vision politique qu&#8217;il traduira efficacement en politique lorsqu&#8217;il eut le pouvoir (48 \u00e0 44), faisant ainsi passer Rome d&#8217;un r\u00e9gime de &#8221; R\u00e9publique&#8221; \u00e0 un r\u00e9gime d&#8217; &#8221; Empire&#8221;. Plut\u00f4t qu&#8217;une R\u00e9publique o\u00f9 le pouvoir \u00e9tait concentr\u00e9 entre les mains de quelques familles romaines d&#8217;origine qui ne consid\u00e9raient les conqu\u00eates que comme des sources de revenus, C\u00e9sar avait compris que l&#8217;Empire serait fait de nations largement autonomes, \u00e9gales entre elles et organiquement li\u00e9es \u00e0 Rome (&#8230;mais dor\u00e9navant sous l&#8217;autorit\u00e9 d&#8217;un empereur plut\u00f4t que d&#8217;un s\u00e9nat).<br \/>\nQu&#8217;apporte cette &#339;uvre du point de vue philosophique ? Sans en faire la th\u00e9orie, C\u00e9sar est manifestement un repr\u00e9sentant parfait du r\u00e9alisme raisonn\u00e9, calculateur, sans passion ni esprit de vengeance mais jusqu&#8217;au dernier degr\u00e9 de cynisme, autant dans les affaires militaires que politiques. Il ne s&#8217;offusque pas de la cruaut\u00e9 <a name=\"text2\"><a href=\"#vn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> mais veut \u00e9viter, autant que possible, les cruaut\u00e9s inutiles. A une certaine occasion, il donne express\u00e9ment comme consigne de &#8221; ne nuire qu&#8217;\u00e0 l&#8217;ennemi&#8221; (V,19). Il sait aussi faire preuve de mansu\u00e9tude et le fait remarquer <a name=\"text3\"><a href=\"#vn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>. Il fait deux ou trois fois allusion \u00e0 un &#8221; droit de la guerre&#8221; mais sans pr\u00e9ciser et plut\u00f4t pour se justifier. Sans s&#8217;\u00e9tendre sur le sujet, C\u00e9sar \u00e9prouve \u00e9galement quelques fois le besoin le besoin de justifier ses conqu\u00eates ou telle campagne. Il s&#8217;agit bien s\u00fbr toujours de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats ou l&#8217;honneur de Rome ou de d\u00e9fendre des alli\u00e9s gaulois contre les Germains (mais jamais de ses propres ambitions&#8230;). L&#8217;option militaire n&#8217;est pas la seule qu&#8217;il accepte d&#8217;envisager et il ne refuse jamais des demandes de n\u00e9gociation. Il y accorde autant d&#8217;importance et de soin qu&#8217;\u00e0 pr\u00e9parer ses campagnes. La guerre ne fut pas son but mais seulement un moyen. Il sut faire la guerre mais il sut \u00e9galement faire r\u00e9gner la paix. <\/p>\n<p>\n<strong>CICERON:<br \/>\nde Officiis<\/strong><\/p>\n<p><em>&#8221; Quand une guerre est-elle juste?&#8221;<\/em><\/p>\n<p>\nLa tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre th\u00e9orie de &#8221; la guerre juste&#8221; d\u00e9velopp\u00e9e par St Thomas d&#8217;Aquin au 13\u00b0s. (et encore pr\u00e9cis\u00e9e par Vittoria et Suarez au 16\u00b0) trouve son origine chez St Augustin (4\u00b0s.) qui lui-m\u00eame se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 Cic\u00e9ron (1\u00b0s. av.J-C).<br \/>\nApr\u00e8s une formation d&#8217;avocat et \u00e0 la philosophie grecque, Cic\u00e9ron (104 \u00e0 43 av.J-C) fut enr\u00f4l\u00e9 dans l&#8217;arm\u00e9e romaine (\u00e0 l&#8217;Etat-Major de Pomp\u00e9e) pour plusieurs ann\u00e9es. Il fut, par apr\u00e8s, tr\u00e8s actif en politique (et atteignit m\u00eame la fonction supr\u00eame de consul alors qu&#8217;il n&#8217;\u00e9tait pas de famille consulaire). Apr\u00e8s en avoir \u00e9t\u00e9 l&#8217;admirateur, il devint le principal adversaire de Jules C\u00e9sar. Il fut finalement assassin\u00e9 sur l&#8217;ordre d&#8217;Octave  (qui, en triumvirat, avait pris la t\u00eate de l&#8217;Empire romain alors que Cic\u00e9ron \u00e9tait un d\u00e9fenseur de la R\u00e9publique). C&#8217;est dire que Cic\u00e9ron n&#8217;\u00e9tait pas un personnage insignifiant en politique romaine.<br \/>\nSon &#339;uvre \u00e9crite est importante ; elle n&#8217;est jamais tomb\u00e9e dans l&#8217;oubli et a \u00e9t\u00e9 bien conserv\u00e9e. Elle est essentiellement constitu\u00e9e par des discours, des plaidoiries, sa correspondance. Ses trait\u00e9s politiques sont : De la R\u00e9publique (de Re Publica) et Des Lois (de Legibus). Le fait de reprendre les m\u00eames titres que les deux principaux ouvrages de philosophie politique de Platon indique d\u00e9j\u00e0 une filiation. Mais c&#8217;est surtout dans son trait\u00e9 sur Les devoirs (de Officiis) <a name=\"text4\"><a href=\"#vn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>, son dernier ouvrage (44-43), que Cic\u00e9ron aborde le sujet de la guerre. L&#8217;ambition de cet ouvrage est cependant bien plus large : il s&#8217;agit d&#8217;un trait\u00e9 de morale fondamentale (d&#8217;inspiration nettement sto\u00efcienne) consistant en une analyse de chacune des quatre vertus cardinales : la prudence (c-\u00e0-d. en fait le discernement du vrai), la justice (le maintien du lien social), la force (la grandeur d&#8217;\u00e2me) et la temp\u00e9rance (l&#8217;ordre et la mesure), de leur hi\u00e9rarchie, de leur conflit avec &#8221; l&#8217;utile&#8221; et de leur aboutissement : la beaut\u00e9 morale (honestas). Ce trait\u00e9 eut une influence consid\u00e9rable dans l&#8217;Antiquit\u00e9 et \u00e0 la Renaissance. Il peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une des sources principales de l&#8217;humanisme occidental.<br \/>\nIl est int\u00e9ressant de remarquer que le th\u00e8me de la guerre (mineur dans l&#8217;&#339;uvre) est essentiellement trait\u00e9 en lien avec celui de la Justice. La responsabilit\u00e9 de la Cit\u00e9 est de maintenir le lien social et la vie commune entre les hommes, l&#8217;homme \u00e9tant par nature un \u00eatre social (Aristote) et non un individu isol\u00e9. La Justice est la vertu qui r\u00e8gle ce lien social. N\u00e9gativement d\u00e9finie, elle consiste \u00e0 ne faire de tort \u00e0 personne. Positivement d\u00e9finie, elle consiste \u00e0 user des biens communs en leur conservant leur caract\u00e8re de biens communs. Le principe n\u00e9gatif conna\u00eet cependant une limite : on peut faire du tort \u00e0 une personne quand on y est contraint par l&#8217;injustice (I,6). Plus m\u00eame : ne pas s&#8217;opposer, quand on le peut, \u00e0 l&#8217;injustice commise par d&#8217;autres est une faute car c&#8217;est laisser faire l&#8217;injustice et donc laisser porter atteinte au genre humain <a name=\"text5\"><a href=\"#vn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>. C&#8217;est l\u00e0 que s&#8217;enracine l&#8217;id\u00e9e de guerre juste chez Cic\u00e9ron. La paix n&#8217;est pas le souverain bien pour Cic\u00e9ron si elle n&#8217;est pas une paix dans la justice. Autrement dit encore : la justice est premi\u00e8re par rapport \u00e0 la paix. Puisque le but de la guerre (ou de l&#8217;action violente) est de r\u00e9tablir la justice, la conduite de celle-ci ne doit pas engendrer de nouvelles injustices (torts inutiles ou torts envers des personnes innocentes). Il y a une mesure \u00e0 garder, des &#8221; lois de la guerre&#8221; \u00e0 respecter (I,11) <a name=\"text6\"><a href=\"#vn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>. La cruaut\u00e9 est toujours inutile (III,11 et 24).<br \/>\nLe r\u00e9tablissement de la justice \u00e9tant le souverain bien, les autres vertus lui deviennent subordonn\u00e9es. Ainsi le respect de la parole donn\u00e9e ou d&#8217;un serment peut \u00eatre remis en question si l&#8217;on a jur\u00e9 sans le sentiment qu&#8217;il fallait faire ce \u00e0 quoi l&#8217;on s&#8217;engageait (III,29).<br \/>\nSi le conqu\u00e9rant apporte plus de justice, les peuples soumis en seront finalement reconnaissants. C&#8217;est donc par la justice et non par la crainte qu&#8217;il faut se faire respecter. Ce type de guerre, m\u00eame si elle est une guerre d&#8217;extension de l&#8217;empire et non seulement une guerre de d\u00e9fense, est donc justifiable, selon Cic\u00e9ron (II,8). Il admet aussi les &#8221; guerres de prestige&#8221;, mais &#8221; celles-ci doivent \u00eatre conduites avec moins de rigueur&#8221; (I,12). Par contre, les guerres civiles, m\u00eame si elles sont in\u00e9vitables, sont surtout le signe d&#8217;une faiblesse \u00e0 r\u00e9gler les probl\u00e8mes par le jeu politique.<br \/>\nA partir de l\u00e0, Cic\u00e9ron indique clairement sa pr\u00e9f\u00e9rence pour l&#8217;option politique. L&#8217; &#8221; exploit&#8221; politique n&#8217;est pas inf\u00e9rieur \u00e0 l&#8217;exploit militaire : &#8221; que les armes le c\u00e8dent \u00e0 la toge, les lauriers du soldat vainqueur \u00e0 la louange du courage civique&#8221; (I,22). Les armes comptent d&#8217;ailleurs peu s&#8217;il n&#8217;y a pas de direction politique sage. Cic\u00e9ron ne nie pas la valeur formative des exploits militaires ni les sacrifices pour la patrie mais &#8221; les travaux de l&#8217;esprit ont \u00e0 tous \u00e9gards une valeur plus haute que ceux du corps&#8221; (II,13).<br \/>\nBien au-del\u00e0 des int\u00e9r\u00eats particuliers, Cic\u00e9ron veut que l&#8217;on vise toujours la communaut\u00e9 du genre humain, fondement du droit naturel. Cette communaut\u00e9 comprend certes diff\u00e9rents niveaux : la terre enti\u00e8re (cosmopolis), la &#8221; nation&#8221; (race, nation, langue), la cit\u00e9, la famille mais, selon Cic\u00e9ron, la Nation (Res Publica) est la condition de possibilit\u00e9 des autres et m\u00e9rite des sacrifices, bien que les devoirs de justice restent universels.<\/p>\n<p>Litt\u00e9rairement parlant, le de Officiis n&#8217;est pas un chef d&#8217;&#339;uvre ; ce n&#8217;est pas la plus belle langue de Cic\u00e9ron. Il se peut qu&#8217;il ait \u00e9t\u00e9 \u00e9crit dans la pr\u00e9cipitation (Cic\u00e9ron s&#8217;attendait \u00e0 \u00eatre assassin\u00e9 \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre) et qu&#8217;il soit d&#8217;ailleurs inachev\u00e9.<\/p>\n<p>\n<strong>SALLUSTE<br \/>\nLA GUERRE DE JUGURTHA<\/strong> <a name=\"text7\"><a href=\"#vn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><em>&#8221; \u00e0 Rome, tout est \u00e0 vendre&#8221;<\/em><\/p>\n<p>\nSalluste (86 \u00e0 36 av.J.-C.), bien que de souche non-romaine (mais italique), voulut se lancer dans la carri\u00e8re politique et devint &#8221; tribun de la pl\u00e8be&#8221; mais fut oblig\u00e9 de d\u00e9missionner pour cause de scandale dans sa vie priv\u00e9e. Il fut ennemi politique personnel de Cic\u00e9ron et prit le parti de C\u00e9sar. Ce dernier lui confia quelques missions militaires (non couronn\u00e9es de succ\u00e8s) et le nomma m\u00eame gouverneur de l&#8217;Africa Nova (province romaine d&#8217;Afrique du Nord) qu&#8217;il exploita honteusement au point de se faire \u00e0 nouveau exclure du S\u00e9nat. Ayant perdu son soutien apr\u00e8s l&#8217;assassinat de C\u00e9sar, il quitta la vie politique et se retira dans sa villa et ses jardins pour se consacrer \u00e0 une vie litt\u00e9raire.  Son autre &#339;uvre bien connue est La conjuration de Catilina. Il ne reste que quelques fragments d&#8217;une troisi\u00e8me &#339;uvre intitul\u00e9e Histoires.<\/p>\n<p>Sa Guerre de Jugurtha  relate l&#8217;histoire d&#8217;une guerre civile dans un royaume d&#8217;Afrique du Nord (correspondant \u00e0 la Tunisie actuelle) sous protectorat romain. Ce Jugurtha, fils adoptif du roi en question, se distingua d&#8217;abord comme officier dans l&#8217;arm\u00e9e romaine. Il se fit ainsi conna\u00eetre et apprit \u00e0 conna\u00eetre les milieux romains. A la mort du roi, au m\u00e9pris d&#8217;un accord d\u00fbment conclu, il ravit le pouvoir aux d\u00e9pens des deux autres fils (directs) du souverain d\u00e9funt. L&#8217;un fut assassin\u00e9, l&#8217;autre s&#8217;enfuit et parvint \u00e0 obtenir l&#8217;intervention arm\u00e9e de Rome en sa faveur malgr\u00e9 les tentatives de corruption de la noblesse romaine par Jugurtha (d&#8217;o\u00f9 cette phrase c\u00e9l\u00e8bre: \u00e0 Rome, tout est \u00e0 vendre). Le livret raconte avec vivacit\u00e9 cette guerre \u00e0 rebondissements o\u00f9 se m\u00ealent strat\u00e9gie militaire et intrigues politiques, situations africaines et enjeux romains, faits historiques et jugements moraux.<\/p>\n<p>Ces jugements moraux ne se r\u00e9v\u00e8lent cependant pas d&#8217;un grand int\u00e9r\u00eat. La d\u00e9nonciation de Salluste des m&#339;urs politiques d\u00e9cadentes de la Rome-fin-de-R\u00e9publique (car, indirectement, c&#8217;est cela le sujet du livret) fait partie des lieux communs de tous les moralistes romains. Il y a beaucoup de nostalgie de la Rome antique (\u00e9poque de Caton, 2\u00b0s.av.J-C) mais peu d&#8217;analyse des causes profondes de cette d\u00e9cadence et encore moins de projet politique r\u00e9novateur. D&#8217;autre part, ses appels \u00e0 la vertu contrastent \u00e9trangement avec ce que l&#8217;on sait de sa vie. <br \/>\nPar rapport \u00e0 la violence, Salluste voit bien son effet entra\u00eenant (\u00a7 3) mais n&#8217;a pas d&#8217;\u00e9tats d&#8217;\u00e2me devant les cruaut\u00e9s (\u00e0 peine, la mention d&#8217;un &#8221; horrible spectacle&#8221; en conclusion de la bataille de Cirta, \u00a7 101). En professionnel de la chose militaire (puisqu&#8217;il le fut quelque peu), il se d\u00e9lecte plut\u00f4t \u00e0 d\u00e9crire les finesses strat\u00e9giques (batailles de Vaga , \u00a7 47-54 ; de Zama, \u00a7 57-60 ; de Cirta, \u00a7 97-101) et \u00e0 donner son profil du bon chef militaire (comp\u00e9tent, parmi ses hommes, sans s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 inutile : \u00a7 45, 96, 100). <br \/>\nComme historien, Salluste n&#8217;est pas \u00e0 la hauteur de l&#8217;objectivit\u00e9 ni de la profondeur du Thucydide qu&#8217;il veut imiter mais il fait mieux qu&#8217;un simple annaliste. Il influencera Tacite.<br \/>\nDu point de vue litt\u00e9raire, sa langue est un peu archa\u00efque mais merveilleusement concise, vive et vari\u00e9e (lire les discours \u00a7 14, 31 et 85). L&#8217;expos\u00e9 est bien men\u00e9, bien construit et bien dit. L&#8217;esprit latin dans toute sa splendeur!<\/p>\n<p>\n<strong>TITE-LIVE<br \/>\nHISTOIRE ROMAINE <\/strong><a name=\"text8\"><a href=\"#vn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>&#8221; jamais on n&#8217;entendit les Romains parler de paix&#8221;<\/p>\n<p>\nTite-Live (59 ACN &#8211; 17 PCN) ne figure pas non plus dans les manuels de philosophie politique mais ne fut pas non plus, comme C\u00e9sar, un homme d&#8217;action. Il fut un homme de cabinet. Au sortir de la guerre civile ayant vu la r\u00e9gime politique romain se transformer de R\u00e9publique en Empire, Tite-Live (admirateur de C\u00e9sar mais politiquement partisan de Pomp\u00e9e) devint un proche du nouvel empereur (Auguste) et de sa famille. Il fut sans doute le pr\u00e9cepteur du futur empereur Claude. A ce titre, il put avoir une influence politique importante. Malgr\u00e9 sa position aupr\u00e8s de la famille imp\u00e9riale, il resta cependant tr\u00e8s critique par rapport au &#8221; si\u00e8cle d&#8217;Auguste&#8221;. Meurtri par la guerre civile, d\u00e9go\u00fbt\u00e9 de ses contemporains, il cultiva une nostalgie pour l&#8217; &#8221; ancienne \u00e9poque&#8221; (en fait, surtout le 2\u00b0s. ACN, l&#8217;\u00e9poque des Guerres Puniques) o\u00f9 Rome \u00e9tait vertueuse et courageuse. Auguste sut tr\u00e8s habilement r\u00e9cup\u00e9rer \u00e0 son profit ce patriotisme d&#8217;un &#8221; \u00e2ge d&#8217;or&#8221;.<\/p>\n<p>Tite-Live consacra donc \u00e0 peu pr\u00e8s toute sa vie \u00e0 \u00e9crire son Histoire romaine, une &#339;uvre monumentale <a name=\"text9\"><a href=\"#vn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> dont seulement un quart nous est parvenu (les origines de Rome et la seconde guerre punique). Gr\u00e2ce \u00e0 sa position, il eut certainement acc\u00e8s \u00e0 de tr\u00e8s nombreuses et tr\u00e8s riches archives de l&#8217;Empire (rapports au et du S\u00e9nat, etc&#8230;). Bien qu&#8217;il ait un certain sens critique, il est plus \u00e9crivain qu&#8217;historien, plus volubile et plus facile \u00e0 lire que d&#8217;autres historiens plus aust\u00e8res (comme Salluste ou Tacite). Malgr\u00e9 ces faiblesses, il reste notre seule source historique pour bien des aspects de l&#8217;histoire de Rome. Son apport sp\u00e9cifique \u00e0 l&#8217;histoire est d&#8217;avoir voulu \u00e9crire une &#8221; histoire du peuple romain&#8221; dans son ensemble et non une histoire de l&#8217;Etat (ses Institutions ou ses h\u00e9ros uniquement). <\/p>\n<p>L&#8217;une des deux parties de son &#339;uvre qui nous int\u00e9resse le plus est &#8221; la guerre d&#8217;Hannibal&#8221; (livres 21 et 22) ou seconde Guerre Punique (218-201 ACN), aussi importante pour l&#8217;histoire romaine que la seconde Guerre Mondiale pour nous. Rome a risqu\u00e9 d&#8217;\u00eatre an\u00e9antie si Hannibal avait su profiter de ses victoires (Trasim\u00e8ne et Cannes) <a name=\"text10\"><a href=\"#vn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a><a name=\"text11\"><a href=\"#vn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>. Les deux nations \u00e9taient, \u00e0 ce moment, de forces \u00e9gales et y ont br\u00fbl\u00e9 leurs derni\u00e8res cartouches (excusez l&#8217;anachronisme!). Il s&#8217;agissait d&#8217;un sc\u00e9nario de &#8221; guerre totale&#8221;.<br \/>\nCertains ont lou\u00e9 l&#8217; &#8221; objectivit\u00e9&#8221; de Tite-Live, capable de reconna\u00eetre les qualit\u00e9s d&#8217;un ennemi et les faiblesses de Rome. Ce n&#8217;est pas d&#8217;objectivit\u00e9 historique qu&#8217;il s&#8217;agit. En fait, pour Tite-Live, l&#8217;histoire n&#8217;est qu&#8217;un mat\u00e9riau pour d\u00e9fendre un profil moral fait de discipline, de rigueur, de comportement rationnel, de courage et d&#8217;int\u00e9r\u00eat pour la chose publique, valeurs cens\u00e9es \u00eatre celles de la Rome antique. Certes, Tite-Live est persuad\u00e9 que &#8221; Rome est le plus grand peuple du monde&#8221; (voir sa pr\u00e9face \u00e0 son &#339;uvre) mais ce qui l&#8217;int\u00e9resse, c&#8217;est de voir restaurer ces valeurs, d&#8217;o\u00f9 qu&#8217;en viennent les exemples. En ce sens, on peut dire que le patriotisme de Tite-Live est un patriotisme moral, id\u00e9ologique (la d\u00e9fense d&#8217;un certain nombre de valeurs) et non un patriotisme nationaliste. Il ne d\u00e9fend pas Rome \u00e0 tout prix, il d\u00e9fend une certaine id\u00e9e de la grandeur (morale) de Rome. Tout ce qui concourre \u00e0 cette grandeur et en est l&#8217;expression est jug\u00e9 moralement bon. Il est, par exemple, tr\u00e8s fier de dire que, malgr\u00e9 les d\u00e9faites de Trasim\u00e8ne et de Cannes, &#8221; jamais on n&#8217;entendit les Romains parler de paix&#8221;. Au contraire, il appr\u00e9cia que les Romains trouv\u00e8rent, dans un incroyable sursaut d&#8217;\u00e9nergie, la volont\u00e9 de se venger jusqu&#8217;\u00e0 la destruction totale de Carthage (3\u00b0 Guerre Punique en 149-146).<\/p>\n<p>\n<strong>SENEQUE<br \/>\nde Clementia<\/strong> <a name=\"text12\"><a href=\"#vn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><em>&#8221; Tuer en masse et sans distinction, c&#8217;est un pouvoir qui appartient \u00e0 l&#8217;incendie, aux \u00e9difices qui s&#8217;\u00e9croulent&#8221;<\/em><\/p>\n<p>\nS\u00e9n\u00e8que (1 \u00e0 65 apr\u00e8s J.C) est connu comme philosophe (sto\u00efcien) latin <a name=\"text13\"><a href=\"#vn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>. Son importance politique vient du fait qu&#8217;il fut pr\u00e9cepteur du jeune N\u00e9ron dont le d\u00e9but du r\u00e8gne &#8211;aussi longtemps qu&#8217;il fut assist\u00e9 par S\u00e9n\u00e8que- fut prometteur. N\u00e9ron sombra cependant tr\u00e8s vite dans la tyrannie et le d\u00e9sordre. Il fit assassiner Britannicus, son demi-fr\u00e8re et rival, ainsi que sa propre m\u00e8re Agrippine qui avait pourtant assassiner son ex-mari, l&#8217;empereur Claude, pour faire r\u00e9gner ce fils n\u00e9 d&#8217;un second mariage. S\u00e9n\u00e8que fut lui-m\u00eame oblig\u00e9 de se suicider peu apr\u00e8s.<br \/>\nOn h\u00e9site encore sur les circonstances de la r\u00e9daction de ce trait\u00e9 de Clementia. A-t-il \u00e9t\u00e9 \u00e9crit avant ou apr\u00e8s le meurtre de Britannicus? A-t-il voulu pr\u00e9venir ce meurtre ou l&#8217;a-t-il, l\u00e2chement, couvert? Quoiqu&#8217;il en soit, il est certain que S\u00e9n\u00e8que a pris tr\u00e8s vite ses distances par rapport \u00e0 la cruaut\u00e9 de N\u00e9ron (ce qui lui valut d&#8217;ailleurs son &#8221; suicide&#8221;). Ce trait\u00e9 fut peut-\u00eatre une ultime tentative de convaincre N\u00e9ron de renoncer \u00e0 la violence comme m\u00e9thode de gouvernement  en lui pr\u00e9sentant la cl\u00e9mence dans ses avantages et son utilit\u00e9. Il s&#8217;agit donc bien d&#8217;un trait\u00e9 de philosophie politique et non de morale priv\u00e9e.<br \/>\nLa cl\u00e9mence (qui n&#8217;est ni la compassion ni le pardon qui sont sensiblerie et injustice selon S\u00e9n\u00e8que) est une vertu qui sied particuli\u00e8rement \u00e0 un prince. En effet, en l&#8217;exer\u00e7ant de mani\u00e8re appropri\u00e9e, il se montre au-dessus des lois (ce qui est le statut d&#8217;un prince) non pas pour faire du tort aux citoyens mais pour les sauver, les \u00e9duquer, se les attacher (ce qui est la fonction du prince). La cl\u00e9mence est un moyen \u00e9minemment rationnel et efficace afin de maintenir et de promouvoir la justice et la s\u00e9curit\u00e9. La s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 et, a fortiori, la cruaut\u00e9 d\u00e9couragent les fautifs \u00e0 revenir dans le droit chemin et les entra\u00eenent \u00e0 s&#8217;enfoncer dans toujours plus de m\u00e9faits et de violence. Faire valoir les avantages de la cl\u00e9mence et avertir des inconv\u00e9nients de la cruaut\u00e9 n&#8217;\u00e9tait cependant pas suffisant pour atteindre le vrai probl\u00e8me : la d\u00e9rive autocratique et tyrannique du pouvoir romain de l&#8217;\u00e9poque.<\/p>\n<p>\n<strong>TACITE<br \/>\nANNALES <\/strong><a name=\"text14\"><a href=\"#vn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><em>&#8221; &#8230;le monde, fatigu\u00e9 de discordes, &#8230;&#8221;<\/em><\/p>\n<p>\nN\u00e9 vers 55 apr.J.-C., mort vers 117, Romain originaire sans doute de Gaule Belgique, Tacite a jou\u00e9 un r\u00f4le politique (et m\u00eame militaire) non n\u00e9gligeable \u00e0 un moment o\u00f9 l&#8217;Empire romain \u00e9tait au fa\u00eete de sa puissance mais en m\u00eame temps en proie \u00e0 une d\u00e9rive totalitaire de son r\u00e9gime. Tacite d\u00e9sapprouvait cette d\u00e9rive. Son &#339;uvre litt\u00e9raire d&#8217;historien <a name=\"text15\"><a href=\"#vn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> fut motiv\u00e9e par la volont\u00e9 de montrer \u00e0 la classe politique romaine de son \u00e9poque et pour l&#8217;avenir le tort caus\u00e9 par ce type de r\u00e9gime. En contrepoint, il ne manqua pas de vanter les qualit\u00e9s morales de la Rome Antique, ni m\u00eame celles de peuples ennemis (des Germains pr\u00e9cis\u00e9ment). La le\u00e7on fut entendue \u00e0 l&#8217;\u00e9poque mais les phrases assassines de Tacite ont encore fait trembler bien des tyrans tout au long de l&#8217;histoire. Sa lecture reste d\u00e9coiffante pour la sagacit\u00e9 avec laquelle il d\u00e9nonce les intrigues politiques. Tacite \u00e9tait cependant convaincu que, malgr\u00e9 ses d\u00e9fauts, l&#8217;Empire romain \u00e9tait sup\u00e9rieur \u00e0 tous points de vue et avait une \u00e9vidente mission civilisatrice. Le plus grand bienfait que l&#8217;Empire ait apport\u00e9 au monde, selon Tacite, est la pax romana, m\u00eame impos\u00e9e. S&#8217;il estime le courage guerrier des Germains, il condamne le fait qu&#8217;ils \u00e9rigent la guerre en valeur supr\u00eame et en mani\u00e8re de vivre:<\/p>\n<p>Les Germains ont toujours eu la m\u00eame raison de passer en Gaule : leur bon plaisir, leur avidit\u00e9, leur go\u00fbt de changer de pays, afin d&#8217;abandonner leurs marais et de leurs d\u00e9serts et de s&#8217;emparer de cette terre si f\u00e9conde et de vous-m\u00eames. Au demeurant, ils donnent comme pr\u00e9texte la libert\u00e9 et des mots prestigieux mais personne n&#8217;a d\u00e9sir\u00e9 asservir autrui et \u00e9tablir sa propre domination sans recourir \u00e0 ces mots-l\u00e0. (Histoires, IV, 73) <\/p>\n<p>Cette pax romana, que seule peut assur\u00e9e un Etat puissant et organis\u00e9 comme Rome, ne peut qu&#8217;\u00eatre favorable pour tous. Ses quelques inconv\u00e9nients (les imp\u00f4ts par exemple) valent bien ses avantages inestimables:<\/p>\n<p>Des rois et des guerres, il y en eut toujours en Gaule, jusqu&#8217;\u00e0 ce que vous ayez consenti \u00e0 accepter nos lois. Et nous, bien que nous ayons \u00e9t\u00e9 si souvent provoqu\u00e9s, nous n&#8217;avons us\u00e9 du droit de la victoire que pour assurer la paix ; car il ne peut y avoir de tranquillit\u00e9 parmi les nations sans forces arm\u00e9es, pas de forces arm\u00e9es sans soldes, ni de soldes sans imp\u00f4ts&#8221; (Histoires, LXXIV)<\/p>\n<p>Pour ce qui concerne la conduite m\u00eame de la guerre, Tacite admet implicitement la &#8221; loi du plus fort&#8221; et ne s&#8217;\u00e9meut pas des destructions et cruaut\u00e9s d&#8217;une guerre (Annales I, 51-52, 56). A l&#8217;occasion de la mutinerie de Pannonie, Tacite nous d\u00e9crit au passage les conditions de vie des militaires romains (ibid., I, 17).<\/p>\n<p>L&#8217;&#339;uvre de Tacite est du premier int\u00e9r\u00eat pour la qualit\u00e9 de sa documentation mais elle est surtout centr\u00e9e sur les probl\u00e8mes de politique int\u00e9rieure. On admirera l&#8217;\u00e9tude des m&#339;urs mais on restera sur sa faim du point de vue de la r\u00e9flexion de philosophie politique. Son moralisme de tendance sto\u00efcienne est bien pr\u00e9sent en toile de fond mais ne d\u00e9forme pas sa pr\u00e9sentation des faits. Son style est simple, sans ornements ni effets, et, comme souvent chez les auteurs latins, concis.<\/p>\n<p>\n<strong>PAX ROMANA<\/strong><\/p>\n<p>\nOn d\u00e9signe par cette expression la p\u00e9riode de paix, de prosp\u00e9rit\u00e9 et de bon fonctionnement des institutions \u00e0 laquelle \u00e9tait parvenue l&#8217;empire romain des ann\u00e9es 68 \u00e0 192 de notre \u00e8re (dynasties des Flaviens et des Antonins : de Vespasien \u00e0 Marc-Aur\u00e8le) alors au fa\u00eete de sa puissance et de son extension territoriale (3.300.000 km\u00b2 et 70 millions d&#8217;habitants). Les quelques campagnes militaires men\u00e9es durant cette p\u00e9riode ne concernaient que les fronti\u00e8res (Germanie, Syrie).<br \/>\nIl ne s&#8217;agit pas d&#8217;une interpr\u00e9tation a posteriori de la part d&#8217;historiens ; les contemporains, tant Romains que non-Romains, ont eu conscience de vivre une \u00e9poque b\u00e9nie qu&#8217;ils ont eux-m\u00eames d\u00e9nomm\u00e9e &#8221; pax romana&#8221; (paix romaine).<\/p>\n<p>\n<strong>PLINE LE JEUNE<br \/>\nPANEGYRIQUE DE TRAJAN <\/strong><a name=\"text16\"><a href=\"#vn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><em>&#8221; Tu ne crains pas les guerres, mais c&#8217;est la paix que tu aimes&#8221;<\/em><\/p>\n<p>\nIl \u00e9tait de coutume lorsqu&#8217;un nouveau consul (fonction plus ou moins \u00e9quivalente \u00e0 celle de premier ministre) entrait en fonction qu&#8217;il pronon\u00e7\u00e2t un \u00e9loge de l&#8217;empereur. Ce fut le cas pour Pline le Jeune (neveu de Pline l&#8217;Ancien, auteur plut\u00f4t &#8221; scientifique&#8221;) \u00e0 propos de l&#8217;empereur Trajan en l&#8217;an 100 de notre \u00e8re. On devine que le consul ne pouvait se permettre beaucoup de critiques&#8230; Sachant cela, il reste int\u00e9ressant de relever les points forts retenus par l&#8217;auteur de l&#8217;\u00e9loge. D&#8217;autre part, cela nous donne de pr\u00e9cieux renseignements dont il s&#8217;agira alors de v\u00e9rifier par ailleurs la valeur historique. En l&#8217;occurrence, le r\u00e8gne de Trajan (98 &#8211;117) nous est bien connu. Malheureusement, le Pan\u00e9gyrique (note 1) intervient  au tout d\u00e9but du r\u00e8gne. Trajan ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 empereur alors qu&#8217;il \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ral commandant les arm\u00e9es du Rhin, Pline ne manque pas de relever (\u00a7 12 \u00e0 19) les qualit\u00e9s militaires de l&#8217;empereur : son amour de la vie de camps, son professionnalisme militaire, sa proximit\u00e9 par rapport aux soldats, sa mod\u00e9ration par rapport aux ennemis. Si, dans son \u00e9loge, Pline loue Trajan pour son amour de la paix (&#8221; Tu ne crains pas les guerres, mais c&#8217;est la paix que tu aimes&#8221; \u00a7 16), c&#8217;est que la paix (et non la guerre) \u00e9tait r\u00e9ellement la valeur appr\u00e9ci\u00e9e par l&#8217;empereur et, sans doute, par l&#8217;opinion publique.<br \/>\nLa suite du r\u00e8gne de Trajan fut marqu\u00e9e par deux campagnes militaires de grande envergure, celle de Dacie (Roumanie actuelle, entre 101 et 106) et celle contre les Parthes (Golfe persique actuel, de 114 \u00e0 117, guerre qui reprit en 163 sous le r\u00e8gne de Marc-Aur\u00e8le). Elles furent les derni\u00e8res guerres d&#8217;expansion de l&#8217;Empire. La premi\u00e8re fut sans doute motiv\u00e9e par les besoins de l&#8217;empereur en or pour financer sa politique sociale particuli\u00e8rement d\u00e9velopp\u00e9e. La seconde fut une r\u00e9plique \u00e0 des troubles locaux mais permit d&#8217;annexer l&#8217;Arm\u00e9nie et la M\u00e9sopotamie. Tout indique qu&#8217;elles furent men\u00e9es avec humanitas . Il faut dire qu&#8217;\u00e0 cette \u00e9poque et avec une empereur militaire comme Trajan, l&#8217;arm\u00e9e romaine \u00e9tait au fa\u00eete de sa puissance et de son efficacit\u00e9. Ses successeurs directs (Hadrien, Antonin) s&#8217;attach\u00e8rent \u00e0 consolider la paix dans cet empire ayant atteint son extension maximale (3.300.000 km\u00b2).   <\/p>\n<p>\n<strong>MARC-AURELE<br \/>\nPENSEES POUR MOI-M\u00caME<\/strong> <a name=\"text17\"><a href=\"#vn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><em>&#8221; La haine, une guerre, l&#8217;apathie, l&#8217;esclavage effaceront de jour en jour toutes ces saintes maximes&#8221;<\/em><\/p>\n<p>\nMarc-Aur\u00e8le fut \u00e9duqu\u00e9 pour devenir empereur. Depuis son plus jeune \u00e2ge, il fut cependant attir\u00e9 par le sto\u00efcisme. Cette philosophie pr\u00e9conisait de devenir insensible aux choses du monde et de mener sa vie personnelle suivant les plus hautes vertus morales. Succ\u00e9dant \u00e0 Antonin le Pieux, le plus pacifiste des empereurs romains, Marc-Aur\u00e8le n&#8217;avait, en outre, re\u00e7u aucune formation militaire. Son malheur voulut qu&#8217;il passa 17 de ses 19 ans de r\u00e8gne (161 &#8211; 180) en campagnes militaires ! Il fut en effet contraint de reprendre la guerre contre les Parthes (163 &#8211; 166) et ensuite contre les barbares d&#8217;au-del\u00e0 du Danube (166 &#8211; 180). C&#8217;en \u00e9tait d\u00e9sormais fini avec la pax romana. L&#8217;Empire n&#8217;allait plus cesser d&#8217;\u00eatre menac\u00e9, infiltr\u00e9, jusqu&#8217;\u00e0 succomber au 5\u00b0s.<br \/>\nD\u00e9sormais, les guerres des empereurs pourront toutes \u00eatre dites d\u00e9fensives. Marc-Aur\u00e8le ne serait certainement jamais parti en guerre pour une autre raison. Il mena ses guerres par pur sens du devoir, s&#8217;en acquittant d&#8217;ailleurs tr\u00e8s bien. Il fut vainqueur sans se r\u00e9jouir de ses victoires (voir la colonne dite &#8221; Antonine&#8221; par rapport \u00e0 la colonne trajane ou l&#8217;arc de triomphe de Titus !).<br \/>\nDans les Pens\u00e9es pour moi-m\u00eame (pourtant \u00e9crites pendant la campagne du Danube entre 169 et 175) (note 1), on ne trouvera cependant aucune allusion \u00e0 ces \u00e9v\u00e9nements ni aucune consid\u00e9ration de philosophie politique. Il s&#8217;agit strictement d&#8217;un petit recueil personnel de morale sto\u00efcienne. Le renfermement sur soi y va de pair avec une vision tr\u00e8s pessimiste sur la nature humaine.<\/p>\n<p><strong><em>Violence, guerre et paix dans la pens\u00e9e latine (encart 1)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>EVENEMENTS HISTORIQUES \t&#8211;   LITTERATURE \/ IDEES<\/p>\n<p><strong>Fondation de Rome<\/strong>  753 ACN<\/p>\n<p><strong>R\u00e9gime monarchique<\/strong> jusque 509<\/p>\n<p><strong>R\u00e9gime r\u00e9publicain<\/strong> 509 &#8211; 31<\/p>\n<p>&#8211; conqu\u00eate progressive de l&#8217;Italie  509 &#8211; 265<br \/>\n\t* guerres sammites<br \/>\n&#8211; conqu\u00eates m\u00e9diterran\u00e9ennes<br \/>\n\t* 1\u00b0 Guerre Punique  264 &#8211; 241<br \/>\n\t   (Sicile, Corse, Sardaigne)<br \/>\n\t* 2\u00b0 Guerre Punique  218 &#8211; 201<br \/>\n\t   (Hannibal en Italie)\t\t\t\t\tPlaute, Miles gloriosus<br \/>\n\t* conqu\u00eate de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique  209 &#8211; 197<br \/>\n\t* guerres mac\u00e9doniennes  210 &#8211; 168<br \/>\n\t   (210-205, 200-197, 171-168)<br \/>\n\t* 3\u00b0 Guerre Punique  149 &#8211; 146<br \/>\n\t   (Rome d\u00e9truit Carthage)\t\t\t\tPolybe, Histoires (en grec)<br \/>\n\t* guerre africaine contre Jugurtha  112 &#8211; 106<br \/>\n     &#8211; conqu\u00eate de l&#8217;Orient  88 &#8211; 63<br \/>\n\t(Pomp\u00e9e, &#8230;)<br \/>\n     &#8211; troubles internes \u00e0 Rome  82 &#8211; 50<br \/>\n\t(les Gracques, Marius, Sylla)<br \/>\n     &#8211; conqu\u00eate de la Gaule (C\u00e9sar) 58 &#8211; 51 (C\u00e9sar, la guerre des Gaules)<br \/>\n     &#8211; assassinat de C\u00e9sar  44\t(Cic\u00e9ron, de Officiis; Salluste, Guerre de Jugurtha)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9gime imp\u00e9rial \/ Haut-Empire<\/strong>  31 ACN &#8211; 285 PCN<\/p>\n<p>     &#8211; d&#8217;Auguste \u00e0 N\u00e9ron  &#8211;  Ovide \/ Virgile \/ Horace \/ Lucain, Pharsale \/ S\u00e9n\u00e8que, de Clementia<br \/>\n     &#8211; Vespasien, Titus, Domitien  69 &#8211; 96<br \/>\n\t* campagnes en Jud\u00e9e (66 &#8211; 74)<br \/>\n     &#8211; Trajan  98 &#8211; 117\t &#8211;  Pline le J., Pan\u00e9gyrique de Trajan\t<br \/>\n        * campagnes de Dacie (101 &#8211; 106)<br \/>\n\t* campagnes contre les Parthes (114 &#8211; 117)  &#8211;  Tacite, Annales\t\t<br \/>\n     &#8211; Hadrien<br \/>\n       pax romana  117 &#8211; 138<br \/>\n\textension maximale de l&#8217;empire: 3.300.000 km\u00b2<br \/>\n     &#8211; Antonin  138 &#8211; 161  &#8211;  Su\u00e9tone, Vie des C\u00e9sars<br \/>\n       pax romana<br \/>\n     &#8211; Marc-Aur\u00e8le  161 &#8211; 180<br \/>\n\trenversement de tendance :<br \/>\n\tl&#8217;Empire oblig\u00e9 de se d\u00e9fendre<br \/>\n\t* guerres contre les Parthes  (163 &#8211; 166)<br \/>\n\t* guerres danubiennes  (166&#8230;172)  &#8211;  Marc-Aur\u00e8le, Pens\u00e9es<br \/>\n     &#8211; les S\u00e9v\u00e8res  193 &#8211; 235<br \/>\n     &#8211; anarchie militaire \u00e0 Rome  235 &#8211; 284<br \/>\n        * assauts ennemis r\u00e9p\u00e9t\u00e9s (235 &#8211; 260)<\/p>\n<p><strong>R\u00e9gime imp\u00e9rial \/ Bas-Empire\t<\/strong>  285 &#8211; 565 PCN<\/p>\n<p>                         <em>(les auteurs de cette p\u00e9riode, essentiellement chr\u00e9tiens, feront l&#8217;objet d&#8217;un fascicule &#8221; Antiquit\u00e9 chr\u00e9tienne&#8221;)<\/em><\/p>\n<p>     &#8211; empereurs illyriens, dont Diocl\u00e9tien<br \/>\n\t* restauration de l&#8217;Empire  284 &#8211; 305\t<br \/>\n     &#8211; conflits de succession internes  305 &#8211; 313<\/p>\n<p>     &#8211; r\u00e8gne de  Constantin  313 &#8211; 337<\/p>\n<p>     &#8211; s\u00e9paration de l&#8217;empire romain d&#8217;Orient et d&#8217;Occident  395<\/p>\n<p>     &#8211; sac de Rome par Alaric  410<br \/>\n     &#8211; invasions des Vandales  428<br \/>\n     &#8211; invasions des Huns (Attila)  441<br \/>\n     &#8211; prise de Rome par Odoacre  476<br \/>\n       fin de l&#8217;empire romain d&#8217;Occident<\/p>\n<p>     &#8211; r\u00e8gne de Justinien  527 &#8211; 565<br \/>\n\t* reconqu\u00eates occidentales \u00e9ph\u00e9m\u00e8res<br \/>\n\t* fin du Bas-Empire  565<\/p>\n<p>\n* ACN = Ante Christum Natum = avant J\u00e9sus-Christ<br \/>\n  PCN = Post Christum Natum = apr\u00e8s J\u00e9sus-Christ<\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans la pens\u00e9e latine (encart 2)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n<strong>LES GRANDES BATAILLES<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>CAUDIUM<\/strong><\/em> (Italie, Campanie) (321 acn): d\u00e9faite romaine dans le cadre des guerres sammites (&#8221; fourches caudines&#8221;)<br \/>\n<strong><em>HERACLEE<\/strong><\/em> (Italie, Sud) (280 acn): le roi hell\u00e9nistique Pyrrhus fut vainqueur mais avec des pertes consid\u00e9rables (&#8221; victoire \u00e0 la Pyrrhus&#8221;) <br \/>\n<strong><em>TRASIMENE<\/strong><\/em> (Italie, centre) (217 acn): victoire d&#8217;Hannibal sur les Romains (2\u00b0Guerre Punique) mais lourdes pertes des deux c\u00f4t\u00e9s<br \/>\n<strong><em>CANNES<\/strong><\/em> (Italie, c\u00f4te adriatique) (216 acn): nouvelle victoire d&#8217;Hannibal sur les Romains mais qu&#8217;Hannibal ne sut exploiter<br \/>\n<strong><em>ZAMA<\/strong><\/em> (Tunisie) (202 acn): victoire romaine contre les Carthaginois (Scipion contre  Hannibal) marquant la fin de la 2\u00b0 Guerre punique<br \/>\n<strong><em>CYNOSCEPHALES<\/strong><\/em> (Mac\u00e9doine) (197): victoire des Romains sur Philippe V de Mac\u00e9doine (2\u00b0 Guerre de Mac\u00e9doine) gr\u00e2ce \u00e0 la sup\u00e9riorit\u00e9 tactique de la l\u00e9gion sur la phalange<br \/>\n<strong><em>MAGNESIE<\/strong><\/em> (Turquie, Lydie) (189 acn): victoire des Romains contre le roi hell\u00e9nistique Antiochos<br \/>\n<strong><em>PYDNA<\/strong><\/em> (Gr\u00e8ce) (168): victoire des Romains contre Pers\u00e9e (le fils de Philippe V) lors de la 3\u00b0 Guerre de Mac\u00e9doine<br \/>\n<strong><em>CARTHAGE<\/strong><\/em> (Tunisie) (146): si\u00e8ge et destruction totale de la ville par les Romains, marquant  la fin des Guerres Puniques<br \/>\n<strong><em>ALESIA<\/strong><\/em> (Gaule) (52): victoire d\u00e9cisive de C\u00e9sar sur Vercing\u00e9torix lors de la Guerre des Gaules<br \/>\n<strong><em>PHARSALE<\/strong><\/em> (Gr\u00e8ce, centre) (49): victoire de C\u00e9sar sur son rival Pomp\u00e9e dans le cadre de la guerre civile romaine<br \/>\n<strong><em>ACTIUM<\/strong><\/em> (Gr\u00e8ce, Epire) (31): victoire navale d&#8217;Octave sur son rival Antoine dans le cadre de troubles civils \u00e0 Rome<\/p>\n<p>\n<strong>MANUELS DE TACTIQUE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>ARRIEN<\/strong><\/em> (95 &#8211; 175 pcn, gouverneur de Cappadoce sous Hadrien)<br \/>\n\t, La tactique,<br \/>\n\t, Plan de mobilisation contre les Alains,<br \/>\n<strong><em>FRONTIN<\/strong><\/em> (41 &#8211; 103 pcn, gouverneur de Bretagne (= Angleterre) de 74 \u00e0 78)<br \/>\n\t, Les stratag\u00e8mes,<br \/>\n<strong><em>VEGECE<\/strong><\/em> (fin 4\u00b0s. &#8211; 5\u00b0s. pcn)<br \/>\n\t, Trait\u00e9 de l&#8217;art militaire, <\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans la pens\u00e9e latine (encart 3)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n<strong>L&#8217;ARMEE ROMAINE<\/strong><br \/>\n<em>(dans la Rome classique du 2\u00b0si\u00e8cle de notre \u00e8re)<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00b7 LEGION:<\/strong> un corps d&#8217;arm\u00e9e est compos\u00e9 de 2 l\u00e9gions et de deux &#8221; ailes&#8221; (ala). L&#8217;aile est un contingent alli\u00e9 (non-romain) \u00e9quivalent \u00e0 une l\u00e9gion. Le corps d&#8217;arm\u00e9e est command\u00e9 par un g\u00e9n\u00e9ral sous la d\u00e9pendance politique du consul (la plus haute magistrature civile romaine) ou de son d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 (pr\u00e9teur, proconsul ou propr\u00e9teur). La l\u00e9gion compte 4 \u00e0 5.000 hommes. Elle est subdivis\u00e9e en 10 cohortes, chacune \u00e9tant subdivis\u00e9e en 3 manipules, chaque manipule \u00e9tant subdivis\u00e9e en 2 centuries, la centurie \u00e9tant l&#8217;unit\u00e9 tactique de base.<br \/>\nL&#8217;empire a compt\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 30 l\u00e9gions (au 2\u00b0s. pcn) pour un territoire de 3.300.000 km\u00b2, 10.000 km de fronti\u00e8res et 70 millions d&#8217;habitants.<br \/>\nChaque l\u00e9gion est command\u00e9e par 6 tribuns militaires (\u00e9quivalent \u00e0 officier sup\u00e9rieur) \u00e0 tour de r\u00f4le. Le tribunat militaire \u00e9tait la premi\u00e8re \u00e9tape de toute magistrature (il s&#8217;agissait de jeunes aristocrates sans exp\u00e9rience militaire) mais le commandement militaire \u00e9tait en fait assur\u00e9 par le l\u00e9gat de l\u00e9gion (legatus legionis), d\u00e9sign\u00e9 par le  g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p><strong>\u00b7 COHORTE:<\/strong> chaque cohorte compte 480 hommes qui forment un bloc. Les dix cohortes qui composent une l\u00e9gion sont, sur l&#8217;espace du champ de bataille, dispos\u00e9es en 3 lignes (3,3,4 : voir sch\u00e9ma). A l&#8217;int\u00e9rieur de la cohorte, sur toute sa longueur, on distingue \u00e9galement 3 lignes :<br \/>\n&#8211; celle des hastati: les deux premiers rangs form\u00e9s de jeunes soldats arm\u00e9s de lances <br \/>\n(voir l&#8217;encadr\u00e9 sur l&#8217;armement),<br \/>\n&#8211; celle des principes : les deux rangs suivants form\u00e9s de soldats exp\u00e9riment\u00e9s de 25-30 ans, bien arm\u00e9s,<br \/>\n&#8211; celle des triarii : les v\u00e9t\u00e9rans (plus de 30 ans), n&#8217;entrant pas n\u00e9cessairement en combat.<\/p>\n<p><strong>\u00b7 MANIPULE:<\/strong> chaque manipule  compte 160 hommes. Les trois manipules qui composent une cohorte ne sont qu&#8217;une subdivision pratique de commandement. Elle est elle-m\u00eame compos\u00e9e de deux centuries.<\/p>\n<p><strong>\u00b7 CENTURIE:<\/strong> chaque centurie comporte 80 hommes. Elle est l&#8217;unit\u00e9 de base de l&#8217;infanterie lourde de l&#8217;arm\u00e9e romaine. Elle est command\u00e9e par un centurion (\u00e9quivalent \u00e0 officier subalterne). Elle est subdivis\u00e9e en 10 pelotons (contubernia) de 8 personnes partageant la m\u00eame tente et prenant leur repas ensemble.<\/p>\n<p><strong>\u00b7 VEXILLATIO:<\/strong> d\u00e9tachement militaire pouvant compter quelques hommes ou jusqu&#8217;\u00e0 plusieurs cohortes pour des op\u00e9rations sp\u00e9ciales.<\/p>\n<p><strong>\u00b7 TURMA:<\/strong>  bataillon de 300 cavaliers par l\u00e9gion (n&#8217;ayant que des missions d&#8217;appui tactique), subdivis\u00e9 en escadrons de 10 cavaliers (30 au 1-2\u00b0s.pcn) command\u00e9s par des d\u00e9curions.<\/p>\n<p><strong>\u00b7 VELITES:<\/strong> petites groupes de jeunes soldats d&#8217;infanterie l\u00e9g\u00e8re (1200 par l\u00e9gion), tournoyant autour des cohortes ou des escadrons de cavalerie pour combler les vides ou venir en aide.<\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans la pens\u00e9e latine (encart 4)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n<strong>L&#8217;ARMEMENT <\/strong><\/p>\n<p><strong>LANCE<\/strong> (hasta): d&#8217;une longueur de 2 m, en bois et garni d&#8217;une pointe en fer (qui se cassait apr\u00e8s usage), elle \u00e9tait lanc\u00e9e (et non r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e) par les hastati lorsque l&#8217;ennemi \u00e9tait \u00e0 moins de 30 m, juste avant la phase de corps \u00e0 corps.<\/p>\n<p><strong>JAVELOT<\/strong> (pilum): d&#8217;une longueur d&#8217;1,2m, tout en fer et particuli\u00e8rement bien \u00e9quilibr\u00e9,  le javelot avait une excellente force de p\u00e9n\u00e9tration. Chaque fantassin en disposait de deux. <\/p>\n<p><strong>GLAIVE<\/strong> (gladius):  la lame, d&#8217;une longueur de 40 \u00e0 50 cm et de 6 cm de largeur, \u00e9tait capable de transpercer une armure. Elle \u00e9tait l&#8217;arme essentielle du corps \u00e0 corps.<\/p>\n<p><strong>EPEE<\/strong> (spatha): d&#8217;une longueur de 60 \u00e0 90 cm, elle a d&#8217;abord \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par les cavaliers. Elle fut adopt\u00e9e ensuite par l&#8217;infanterie.<\/p>\n<p><strong>DAGUE<\/strong> (pugio): lame de 35 cm, port\u00e9e au ceinturon<\/p>\n<p><strong>BOUCLIER<\/strong> (scutum):  un des mod\u00e8les (utilis\u00e9 jusqu&#8217;au 1\u00b0s.pcn) \u00e9tait de forme ovale pour les fantassins, ronde pour les cavaliers et \u00e9tait constitu\u00e9 d&#8217;une armature en bois recouvert de peaux , d&#8217;un poids de 5 kg.<\/p>\n<p><strong>CUIRASSE<\/strong> (lorica):  simple pectoral de bronze au d\u00e9part, elle est devenue une cuirasse articul\u00e9e plus compl\u00e8te tout en restant souple et pas trop lourde, compl\u00e9t\u00e9e \u00e9ventuellement de jambi\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>CASQUE<\/strong> (galea): en bronze puis en fer, garni d&#8217;une visi\u00e8re, d&#8217;un prot\u00e8ge-nuque et de prot\u00e8ge-tempes, il offrait un tr\u00e8s bonne protection.<\/p>\n<p>*\t*\t*<\/p>\n<p><strong>CATAPULTE:<\/strong> envoie des javelots \u00e0 grande distance<\/p>\n<p><strong>BALISTE:<\/strong> lance avec pr\u00e9cision de petits projectiles ou des fl\u00e8ches \u00e0 deux ou trois cents m\u00e8tres.<\/p>\n<p><strong>ONAGRE:<\/strong> fronde \u00e0 levier de grande puissance, capable de projeter des boulets \u00e0 40 m de hauteur et 30 m de distance<\/p>\n<p><strong>BELIER:<\/strong> lourde poutre garnie d&#8217;une t\u00eate de m\u00e9tal suspendue par des cordages \u00e0 un \u00e9chafaudage sur roues, capable de saper des murailles <\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans la pens\u00e9e latine (encart 5)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n<strong>LA GUERRE DANS LA MYTHOLOGIE<\/strong><\/p>\n<p><strong>MARS:<\/strong> ce dieu de la guerre (ou plut\u00f4t, des combats) occupe la deuxi\u00e8me place (apr\u00e8s Jupiter) dans le panth\u00e9on romain. Il est d&#8217;origine romaine mais la mythologie grecque concernant Ar\u00e8s lui a \u00e9t\u00e9 transpos\u00e9. Autant, \u00e0 l&#8217;origine, Jupiter \u00e9tait le dieu de l&#8217;ager (propri\u00e9t\u00e9 terrienne), autant Mars en \u00e9tait le d\u00e9fenseur contre les violations. Malgr\u00e9 que l&#8217;empire romain est celui qui n&#8217;ait cess\u00e9, par les armes, d&#8217;\u00e9tendre ses conqu\u00eates et de les stabiliser, il a toujours v\u00e9cu d&#8217;une &#8221; id\u00e9ologie de la d\u00e9fense&#8221;. Le &#8221; champ de Mars&#8221; \u00e9tait l&#8217;espace, en dehors de l&#8217;enceinte de la ville et en face de la r\u00e9gion hostile, o\u00f9, \u00e0 l&#8217;origine, s&#8217;organisait l&#8217;arm\u00e9e (recrutement et formation des l\u00e9gions). Le culte \u00e0 Mars trouvait place au d\u00e9but de la saison militaire (au mois de Mars&#8230;) et \u00e0 la fin de celle-ci (en octobre) o\u00f9 avait lieu un rite de &#8221; lustration&#8221;. Il y avait donc bien conscience de devoir &#8221; se purifier&#8221; de quelque chose et que le retour \u00e0 la vie civile repr\u00e9sentait un tournant mental.<\/p>\n<p><strong>CLERGE FECIAL:<\/strong> ce clerg\u00e9 tr\u00e8s particulier, tr\u00e8s restreint en nombre (une vingtaine de &#8221; pr\u00eatres&#8221;), relevant du culte de Jupiter, \u00e9tait charg\u00e9 des rites (et des conditions) de d\u00e9claration de guerre : expos\u00e9 \u00e0 l&#8217;ennemi des revendications romaines, proposition de r\u00e8glement pacifique, lancer du javelot en direction de l&#8217;ennemi en cas de refus. Aucune guerre ne pouvait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme &#8221; juste&#8221; si elle n&#8217;avait respect\u00e9 ces rites (mais les Romains ont surtout invers\u00e9 le raisonnement en consid\u00e9rant que toute guerre qui avait respect\u00e9 ces rites \u00e9tait &#8221; juste&#8221; &#8230;). Ils \u00e9taient ensuite les gardiens des tr\u00eaves et trait\u00e9s de paix. Ils devinrent en fait le premier &#8221; corps diplomatique&#8221; organis\u00e9 et permanent.<\/p>\n<p><strong>TEMPLE DE JANUS:<\/strong> Janus est un des plus anciens dieu du panth\u00e9on romain et un des plus sp\u00e9cifiques. En comm\u00e9moration de son intervention qui aurait sauv\u00e9 Rome au cours de la guerre contre les Sabins (guerres italiques), les portes de son temple \u00e9taient laiss\u00e9es ouvertes en temps de guerre pour permettre au dieu d&#8217;intervenir partout o\u00f9 les Romains livraient une bataille. La fermeture des portes indiquait donc \u00e0 la population les temps o\u00f9 l&#8217;empire \u00e9tait &#8221; sur pied de paix&#8221;.<br \/>\nCe &#8221; dieu des portes&#8221; (porte se dit &#8221; ianua&#8221; en latin ; le mois de &#8221; janvier&#8221; est la porte d&#8217;entr\u00e9e dans l&#8217;ann\u00e9e&#8230;) est celui qui voit sortir les arm\u00e9es pour aller en campagne et qui attend de les voir rentrer (victorieuses) sous un arc de triomphe (qui symbolise bien une porte). Dieu \u00e0 double-face (comme une porte), Janus invite, moralement, \u00e0 bien consid\u00e9rer toutes les faces (favorables et d\u00e9favorables) d&#8217;une initiative avant de l&#8217;entreprendre.  <\/p>\n<p><strong>BELLONE:<\/strong> Mythologiquement, elle est la femme de Mars. Elle repr\u00e9sente la guerre dans sa fureur (comme Ar\u00e8s dans la mythologie grecque). Les Romains se rendaient donc bien compte que la fureur irrationnelle \u00e9tait intimement li\u00e9e \u00e0 la guerre (Mars). Elle avait son temple sur le &#8221; champ de Mars&#8221; .<\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans la pens\u00e9e latine (encart 6)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\n<strong>BREVES NOTICES SUR LES AUTEURS NON ETUDIES<\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8211; APPIEN:<\/strong> historien grec d&#8217;Alexandrie ayant v\u00e9cu \u00e0 Rome sous les r\u00e8gnes de Trajan, Hadrien, Antonin. Ce qu&#8217;il reste de son Histoire romaine donne de pr\u00e9cieux renseignements sur les guerres puniques, mac\u00e9doniennes, syriennes. Auteur \u00e9galement de Guerres civiles, concernant les guerres civiles \u00e0 Rome au 1\u00b0s. acn.<\/p>\n<p><strong>&#8211; AELIUS ARISTIDE:<\/strong> orateur de Pergame (Nord de la c\u00f4t\u00e9 \u00e9g\u00e9enne turque actuelle) \u00e0 l&#8217;\u00e9poque des Antonins, il fut un de ces non-Romains qui lou\u00e8rent Rome (dans son Discours sur Rome, discours 26) pour la pax romana, pour le bon ordre, le bon fonctionnement des institutions dans un Etat de droit, pour le respect des personnes et des peuples dont Rome t\u00e9moigne.<\/p>\n<p><strong>&#8211; AMMIEN MARCELLIN:<\/strong> n\u00e9 \u00e0 Antioche vers 340 pcn, il servit longtemps dans l&#8217;arm\u00e9e romaine. La partie conserv\u00e9e de son &#339;uvre historique couvre les ann\u00e9es 353 \u00e0 378 pcn.<\/p>\n<p><strong>&#8211; ARRIEN:<\/strong> gouverneur de Cappadoce (centre de la Turquie actuelle) sous Hadrien, il fut l&#8217;auteur d&#8217;un ouvrage de tactique militaire : La tactique ainsi que d&#8217;un Plan de mobilisation contre les Alains (peuplade turbulente en Cappadoce \u00e0 l&#8217;\u00e9poque).<\/p>\n<p><strong>&#8211; AULU GELLE:<\/strong> auteur romain du 2\u00b0s. dont les Nuits attiques contiennent de nombreux renseignements historiques et juridiques pr\u00e9cieux mais pr\u00e9sent\u00e9s de mani\u00e8re d\u00e9sordonn\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>&#8211; DENYS D&#8217;HALICARNASSE:<\/strong> historien grec du 1\u00b0s. acn. Ses Antiquit\u00e9s romaines sont int\u00e9ressantes pour les origines de Rome mais truff\u00e9es de d\u00e9veloppements oratoires.<\/p>\n<p><strong>&#8211; DION CASSIUS:<\/strong> s\u00e9nateur romain originaire de Bythinie (Turquie du Nord) (155 \u00e0 235 pcn). Son Histoire romaine en couvre les origines jusqu&#8217;\u00e0 229 pcn.<\/p>\n<p><strong>&#8211; DION CHRYSOSTOME (dit aussi Dion de Pruse):<\/strong> rh\u00e9teur grec \u00e9galement originaire de Bythinie du 1\u00b0s.pcn. Par ses discours, il parvint \u00e0 faire \u00e9lire Nerva empereur. Celui-ci lui en fut tr\u00e8s reconnaissant, ainsi que son successeur Trajan. Dans son Discours sur la royaut\u00e9, il dresse le portrait du monarque id\u00e9al (o\u00f9 Trajan pouvait se reconna\u00eetre).<\/p>\n<p><strong>&#8211; FRONTIN:<\/strong> gouverneur de (Grande-) Bretagne de 74 \u00e0 78 pcn, il \u00e9crivit Les Stratag\u00e8mes, brefs r\u00e9cits de ruses de guerre employ\u00e9es par les g\u00e9n\u00e9raux romains et \u00e9trangers. Tr\u00e8s utile pour l&#8217;\u00e9tude de l&#8217;art militaire dans l&#8217;Antiquit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>&#8211; HISTOIRE AUGUSTE:<\/strong> recueil de biographies d&#8217;empereurs depuis Hadrien jusqu&#8217;en 284, citant parfois des documents d&#8217;archives mais rapportant le plus souvent des d\u00e9tails anecdotiques sans int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p><strong>&#8211; JUVENAL:<\/strong> satiriste romain de la fin du 1\u00b0s.pcn. Une de ses satires visent les pr\u00e9rogatives de l&#8217;\u00e9tat militaire.<\/p>\n<p><strong>&#8211; LUCAIN:<\/strong> neveu de S\u00e9n\u00e8que, il connut les m\u00eames faveurs et puis la m\u00eame disgr\u00e2ce aupr\u00e8s de N\u00e9ron que son oncle. Il fut contraint de se suicider \u00e0 26 ans. Son po\u00e8me intitul\u00e9 Pharsale concerne la guerre civile entre les partisans de C\u00e9sar et ceux de Pomp\u00e9e. Anachroniquement, il r\u00e8gle surtout ses comptes avec N\u00e9ron.<\/p>\n<p><strong>&#8211; LUCRECE:<\/strong> philosophe \u00e9picurien du 1\u00b0s. acn, auteur d&#8217;un po\u00e8me philosophique sur La nature des choses, explicitant une vision purement mat\u00e9rialiste du monde. Dans cette logique, les violences ne sont que des r\u00e9actions \u00e0 certaines situations que les hommes essaient de corriger quand elles deviennent intenables en instituant un Etat et des lois &#8230; qui finissent par susciter la violence et ainsi de suite.<\/p>\n<p><strong>&#8211; PLAUTE:<\/strong> com\u00e9dien latin du 2\u00b0s. acn. Une de ses com\u00e9dies (Miles gloriosus, le soldat fanfaron) met en sc\u00e8ne un soldat vantard qui se croit admir\u00e9 de tous. L&#8217;image qui s&#8217;en d\u00e9gage ne correspond pas du tout \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du soldat romain engag\u00e9 dans la seconde guerre punique !<\/p>\n<p><strong>&#8211; PLUTARQUE:<\/strong> biographe grec du 1\u00b0s. de notre \u00e8re, auteur des Vies parall\u00e8les de quarante-six Grecs et  Romains remarquables d&#8217;o\u00f9 se d\u00e9gage un humanisme aimable.<\/p>\n<p><strong>&#8211; POLYBE:<\/strong> historien grec du 2\u00b0s. acn ayant eu un r\u00f4le politique au plus haut niveau \u00e0 Rome et dans la Gr\u00e8ce soumise \u00e0 l&#8217;autorit\u00e9 romaine. La partie conserv\u00e9e de ses Histoires couvre les ann\u00e9es 220 \u00e0 146 acn. Tr\u00e8s scientifique dans sa m\u00e9thode, son &#339;uvre abonde en r\u00e9flexions sur les forces morales des Etats. Son &#339;uvre constitue aussi une des meilleures sources sur les pratiques militaires de son \u00e9poque.<\/p>\n<p><strong>&#8211; SUETONE:<\/strong> biographe latin du 2\u00b0s. de notre \u00e8re, ami de Pline le Jeune et un moment secr\u00e9taire de l&#8217;empereur Hadrien, il \u00e9crivit une Vie des douze C\u00e9sars o\u00f9 il m\u00e9lange les sources d&#8217;archive avec les anecdotes insignifiantes. Son &#339;uvre manque totalement de gr\u00e2ce, de personnalit\u00e9 et de hauteur de vue historique. <\/p>\n<p><strong>&#8211; VEGECE:<\/strong> le plus important des \u00e9crivains militaires de l&#8217;Antiquit\u00e9. Au service de l&#8217;empereur Th\u00e9odose (fin 4\u00b0, d\u00e9but 5\u00b0s. de notre \u00e8re), il r\u00e9digea un Abr\u00e9g\u00e9 des questions militaires, fournissant \u00e0 l&#8217;homme d&#8217;action un ensemble de r\u00e8gles simples. Son trait\u00e9 fut utilis\u00e9 tel quel jusqu&#8217;au 17\u00b0s.<\/p>\n<p><strong>&#8211; VELEIUS PATERCULUS:<\/strong> il \u00e9crivit sous Tib\u00e8re une Histoire romaine. Les flatteries \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de l&#8217;empereur r\u00e9gnant sont de la derni\u00e8re bassesse.<\/p>\n<p><strong>&#8211; VIRGILE:<\/strong> un des plus illustres po\u00e8tes latins, auteur de l&#8217;En\u00e9ide. Au sortir de la guerre civile (1\u00b0s. acn), il mit tout son art au service de l&#8217;id\u00e9ologie imp\u00e9riale en proph\u00e9tisant un retour \u00e0 un \u00e2ge d&#8217;or o\u00f9 r\u00e8gnera abondance, paix et bonheur g\u00e9n\u00e9ral sous l&#8217;\u00e9gide de l&#8217;empereur Auguste et de ses successeurs.<\/p>\n<table cellpadding=\"5\" cellspacing=\"0\" border=\"0\">\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn0\"><\/a>(<a href=\"#text0\">0<\/a>)<\/td>\n<td>Trad. G.Walter, in Les historiens romains, t.1, coll. La Pl\u00e9iade, \u00e9d. NRF-Gallimard, Paris, 1968 ou M.Rat, Garnier-Flammarion n\u00b011, Paris, 1964; \u00e9tudes: G. Walter, C\u00e9sar, Marabout-Universit\u00e9, Verviers; R. Etienne, Jules C\u00e9sar, Fayard, 1997.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn1\"><\/a>(<a href=\"#text1\">1<\/a>)<\/td>\n<td>&#8221; Je suis venu, j&#8217;ai vu, j&#8217;ai vaincu&#8221;: propos attribu\u00e9 \u00e0 C\u00e9sar \u00e0 l&#8217;occasion de la campagne d&#8217;Alexandrie.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn2\"><\/a>(<a href=\"#text2\">2<\/a>)<\/td>\n<td>Quelques exemples : &#8221; ainsi les n\u00f4tres en tu\u00e8rent, sans p\u00e9ril, autant que la dur\u00e9e du jour en permit&#8221; (II,11); &#8221; apr\u00e8s avoir ravag\u00e9 tous les champs, br\u00fbl\u00e9 les villages et les b\u00e2tisses, C\u00e9sar ramena son arm\u00e9e et la mit en quartier d&#8217;hiver&#8221; (III,29) ou encore &#8221; (C\u00e9sar) leur prit un grand nombre d&#8217;hommes et de bestiaux, abandonna ce butin aux soldats, d\u00e9vasta leurs terres et les for\u00e7a \u00e0 faire leur soumission et \u00e0 lui donner des otages&#8221; (VI,3).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn3\"><\/a>(<a href=\"#text3\">3<\/a>)<\/td>\n<td>Par ex.: &#8221; &#8230;que (C\u00e9sar) avait fait gr\u00e2ce de la vie \u00e0 des hommes que le droit de la guerre lui e\u00fbt permis de tuer&#8221; (VII, 41).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn4\"><\/a>(<a href=\"#text4\">4<\/a>)<\/td>\n<td>Texte et traduction dans la collection Bud\u00e9, Belles Lettres, \u00e9tudes: GRIMAL, P., Cic\u00e9ron, Fayard, Paris, 1986; LAURAND, L., Cic\u00e9ron, vie et &#339;uvres, Belles Lettres, Paris, 1939.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn5\"><\/a>(<a href=\"#text5\">5<\/a>)<\/td>\n<td>Cette conception est moins ambitieuse &#8211;mais sans doute plus r\u00e9aliste-  que ne le sera la morale \u00e9vang\u00e9lique. Notons cependant que cette derni\u00e8re (le fait de ne pas r\u00e9sister \u00e0 l&#8217;injustice, etc&#8230;) se situe \u00e0 un niveau personnel et non politique. Lorsque l&#8217;Eglise sera confront\u00e9e \u00e0 la responsabilit\u00e9 politique (d\u00e8s St Augustin ou St Ambroise de Milan), elle adoptera en fait le principe cic\u00e9ronien.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn6\"><\/a>(<a href=\"#text6\">6<\/a>)<\/td>\n<td>Dont le fait de &#8221; d\u00e9clarer la guerre&#8221; officiellement et de respecter le &#8221; droit f\u00e9cial&#8221; (une sorte de &#8221; liturgie d&#8217;entr\u00e9e en guerre&#8221;) (+ III,29).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn7\"><\/a>(<a href=\"#text7\">7<\/a>)<\/td>\n<td>Trad. A. Ernout, coll. Bud\u00e9, \u00e9d. Belles Lettres, Paris, 1962<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn8\"><\/a>(<a href=\"#text8\">8<\/a>)<\/td>\n<td>Trad. G. Walter in Historiens romains, vol.I, Historiens de la R\u00e9publique, coll. La Pl\u00e9iade, \u00e9d. NRF-Gallimard, Paris, 1968.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn9\"><\/a>(<a href=\"#text9\">9<\/a>)<\/td>\n<td>Livre 22, 4-7.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn10\"><\/a>(<a href=\"#text10\">10<\/a>)<\/td>\n<td>Livre 22, 45-49.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn11\"><\/a>(<a href=\"#text11\">11<\/a>)<\/td>\n<td>Livre 22, 61 (dernier chapitre de ce livret).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn12\"><\/a>(<a href=\"#text12\">12<\/a>)<\/td>\n<td>Trad. F. PREHAC, coll. Bud\u00e9, \u00e9d. Belles Lettres, Paris, 1921.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn13\"><\/a>(<a href=\"#text13\">13<\/a>)<\/td>\n<td>Ses autres &#339;uvres sont : Consolations, de la Providence, de la Bri\u00e8vet\u00e9 de la vie, de la Constance du sage, de la Tranquillit\u00e9 de l&#8217;\u00e2me, du Loisir, de la Col\u00e8re, des Bienfaits, les Lettres \u00e0 Lucilius, &#8230; voir collection de textes rassembl\u00e9s par Paul VEYNE dans le volume de la coll. Bouquins, \u00e9d. Laffont, Paris, 1993.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn14\"><\/a>(<a href=\"#text14\">14<\/a>)<\/td>\n<td>Trad. par  Bornecque, d&#8217;apr\u00e8s Burnouf,  Garnier-Flammarion, Paris, 1965.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn15\"><\/a>(<a href=\"#text15\">15<\/a>)<\/td>\n<td>Vie d&#8217;Agricola, (vers 98), r\u00e9cit de la vie de son beau-p\u00e8re, pacificateur et gouverneur exemplaire de la Grande-Bretagne; La Germanie, (vers 99), description g\u00e9ographique et ethnographique de la Germanie, r\u00e9gion qu&#8217;il connaissait tr\u00e8s bien et qu&#8217;il voulait faire conna\u00eetre aux Romains; Dialogue des Orateurs, (102): sous les dehors d&#8217;un trait\u00e9 de rh\u00e9torique, d\u00e9fense de la libert\u00e9 de parole en politique; Histoires, (108-109), histoire de Rome entre 69 et 96, du vivant de Tacite; Annales, (112-117), histoire de Rome entre 14 et 66, p\u00e9riode ant\u00e9rieure aux Histoires.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn16\"><\/a>(<a href=\"#text16\">16<\/a>)<\/td>\n<td>Texte \u00e9tabli et traduit par Marcel Durry, dans la collection Bud\u00e9, Les Belle Lettres, Paris, 1959.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn17\"><\/a>(<a href=\"#text17\">17<\/a>)<\/td>\n<td>Traduction, entre autre, chez Garnier-Flammarion (Poche); \u00e9tudes: GRIMAL, Marc-Aur\u00e8le, Fayard, 1991. HADOT, La citadelle int\u00e9rieure: introduction aux &#8221; Pens\u00e9es&#8221; de Marc-Aur\u00e8le, Fayard, 1992.<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h2>Bibliografie<\/h2>\n<p>BIBLIOGRAPHIE<\/p>\n<p>Philosophie politique:<br \/>\n&#8211; GUCHET, Y., Histoire des id\u00e9es politiques, t.1, de l&#8217;Antiquit\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise, A. Colin, Paris, 1995, 491 p.<br \/>\n&#8211; NEMO, P., Histoire des id\u00e9es politiques dans l&#8217;Antiquit\u00e9 et au Moyen-Age, PUF-fondamental, Paris, 1998, 748 p.<br \/>\n&#8211; NICOLET, C., Les id\u00e9es politiques \u00e0 Rome sous la R\u00e9publique, A. Colin, Paris, 1964.<\/p>\n<p>*\t*\t*<\/p>\n<p>Histoire de Rome:<br \/>\n&#8211; GRIMAL, P., L&#8217;Empire romain, Livre de Poche, Paris, 1993.<br \/>\n&#8211; HINARD, F. (ss.dir.), Histoire romaine, Fayard, Paris, 2000.<br \/>\n&#8211; JERPHAGNON, L., Histoire de la Rome antique, les armes et les mots, coll. Pluriel, Tallandier, Paris, 1987.<br \/>\n&#8211; NICOLET, C., Rome et la conqu\u00eate du monde m\u00e9dit\u00e9ran\u00e9en, 2 vol., PUF, Paris, 1979.<br \/>\n&#8211; PETIT, P., Histoire g\u00e9n\u00e9rale de l&#8217;Empire romain, 3 vol., Seuil, Paris, 1974.<br \/>\n&#8211; PIGANIOL, A., L&#8217;Empire romain, PUF, Paris, 1972.<br \/>\n&#8211; WATTEL , O., Petit atlas historique de l&#8217;Antiquit\u00e9 romaine, A. Colin, Paris, 1998.<\/p>\n<p>*\t*\t*<\/p>\n<p>Arm\u00e9e romaine:<br \/>\n&#8211; CONOLLY, P., L&#8217;arm\u00e9e romaine, Chantecler, Paris, 1976.<br \/>\n&#8211; GOLDSWORTHY, A., Les guerres romaines, coll. Atlas des guerres, Autrement, Paris, 2001.<br \/>\n&#8211; LE BOHEC, Y., L&#8217;arm\u00e9e romaine, Picard, Paris, 1989.<br \/>\n&#8211; WARY, J., Histoire des guerres de l&#8217;Antiquit\u00e9, Bordas, 1983.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Violence, guerre et paix dans la pens\u00e9e latine. Une analyse. &nbsp; Selis Claude Pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale : Cette seconde livraison concerne l&#8217;Antiquit\u00e9 latine. Les Romains n&#8217;ont pas tellement \u00e9crit et la qualit\u00e9 de leur litt\u00e9rature est assez pi\u00e8tre malgr\u00e9 qu&#8217;ils disposaient d&#8217;une langue tr\u00e8s pr\u00e9cise dans&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,7],"tags":[],"class_list":["post-606","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-geweld-oorlog-en-vrede-gov-vanuit-filosofisch-perspectief","category-studiecentrum"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/606","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=606"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/606\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8975,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/606\/revisions\/8975"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=606"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=606"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=606"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}