{"id":605,"date":"2014-01-11T18:41:07","date_gmt":"2014-01-11T18:41:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.army-chaplaincy.be\/benl\/2012\/06\/16\/violence-guerre-et-paix-dans-la-philosophie-antiquite-grecque\/"},"modified":"2021-02-06T20:37:09","modified_gmt":"2021-02-06T19:37:09","slug":"violence-guerre-et-paix-dans-la-philosophie-antiquite-grecque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/2014\/01\/11\/violence-guerre-et-paix-dans-la-philosophie-antiquite-grecque\/","title":{"rendered":"Violence, guerre et paix dans la philosophie \u2013 Antiquit\u00e9 grecque"},"content":{"rendered":"<p>Violence, guerre et paix dans la philosophie. Une analyse du th\u00e8me dans l&#8217;Antiquit\u00e9 grecque.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><a href=\"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/aalmoezeniersdienst\/leden\/profiel-selis-claude\/\">Selis Claude<\/a><\/em><\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale:<\/strong><\/p>\n<p>Le premier dossier concerne l&#8217;Antiquit\u00e9 grecque classique d&#8217;Hom\u00e8re \u00e0 Aristote (soit du 8\u00b0 au 4\u00b0 si\u00e8cle avant notre \u00e8re). C&#8217;est une p\u00e9riode de choix (mais pas la plus facile) pour entrer de plain-pied dans une r\u00e9flexion de philosophie politique. Les Grecs y ont excell\u00e9 (gr\u00e2ce, d&#8217;ailleurs, \u00e0 leur structure politique). Leur vie politique a \u00e9t\u00e9 intense et mouvement\u00e9e. Les violences et les guerres n&#8217;en \u00e9taient pas absentes. Ils y ont appliqu\u00e9 leur esprit. Recueillons-en les fruits. C&#8217;est un choix de douze auteurs et donc de douze \u0153uvres que nous pr\u00e9sentons. Le dossier est compl\u00e9t\u00e9 par quelques synoptiques informatifs et par une bibliographie. Le Centre d&#8217;\u00e9tudes est \u00e0 la disposition des personnes int\u00e9ress\u00e9es pour tout renseignement compl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p><strong>\u00b7 Auteurs \u00e9tudi\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p><em>Violence, guerre et paix dans l&#8217;histoire de la pens\u00e9e grecque<\/em><\/p>\n<p><strong><em>Auteurs et \u0153uvres:<\/em><\/strong><br \/>\n1. HOMERE: L&#8217;liade<br \/>\n2. HESIODE: Th\u00e9ogonie<br \/>\n3. HERACLITE: Fragments<br \/>\n4. ESCHYLE: Les Perses<br \/>\n5. HERODOTE: Enqu\u00eates<br \/>\n6. ARISTOPHANE: La Paix<br \/>\n7. THUCYDIDE: Histoire de la guerre du P\u00e9loponn\u00e8se<br \/>\n8. XENOPHON: L&#8217;Anabase<br \/>\n9. PLATON: La R\u00e9publique<br \/>\n10. ISOCRATE: Discours sur la paix<br \/>\n11. DEMOSTHENE: Les Philippiques<br \/>\n12. ARISTOTE: Politique<\/p>\n<p><strong><em>Encarts documentaires:<\/em><\/strong><br \/>\n1. synoptique Ev\u00e9nements \/ Id\u00e9es<br \/>\n2. les grandes batailles<br \/>\n3. la guerre dans la mythologie<br \/>\n4. l&#8217;institution militaire<\/p>\n<p><strong>HOMERE: L&#8217;ILIADE <\/strong><a name=\"text0\"><\/a><a href=\"#vn0\"><sup>[0]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>L&#8217;Iliade est le premier des plus importants po\u00e8mes \u00e9piques de la litt\u00e9rature grecque. Il semble avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crit au 8\u00b0s. avant notre \u00e8re mais la guerre de Troie qu&#8217;il relate aurait eu lieu vers 1200 avant J.-C. Au niveau de la langue, l&#8217;Iliade est d&#8217;une qualit\u00e9 exceptionnelle. Le po\u00e8me a un style \u00e0 lui, si caract\u00e9ristique et unique, admirable \u00e0 lire \u00e0 haute voix. Tout est bien dit, d\u00e9crit, avec ses images chaleureuses ou cruelles mais toujours distingu\u00e9es.<\/p>\n<p>On a dit de l&#8217;Iliade qu&#8217;il \u00e9tait le po\u00e8me de la force, de la force brutale, aveugle et injuste dans laquelle l&#8217;auteur aurait l&#8217;air de se complaire. De fait, les sc\u00e8nes de batailles y sont nombreuses et leur description minutieuse. De fait, le po\u00e8me a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9poques (et encore r\u00e9cemment dans notre enseignement scolaire) pour magnifier l&#8217;h\u00e9ro\u00efsme et un certain nombre de valeurs guerri\u00e8res. Mais qu&#8217;en est-il de la philosophie profonde de l&#8217;auteur?<\/p>\n<p>En repr\u00e9sentant la guerre de Troie comme caus\u00e9e par l&#8217;enl\u00e8vement de la belle H\u00e9l\u00e8ne par le vaniteux P\u00e2ris, Hom\u00e8re ne veut-il pas nous dire qu&#8217;il ne croit pas aux raisons &#8221; objectives&#8221; des guerres ? Par mille remarques et phrases de discours, il d\u00e9montre que la guerre de Troie est une ruine \u00e9conomique pour tout le monde, qu&#8217;elle n&#8217;est pas d\u00e9fensive (Troie ne mena\u00e7ait nullement la Gr\u00e8ce continentale), qu&#8217;elle n&#8217;a aucun int\u00e9r\u00eat territorial, qu&#8217;elle n&#8217;est pas caus\u00e9e par des diff\u00e9rences religieuses ou culturelles (puisque, en l&#8217;occurrence, les deux protagonistes partagent les m\u00eames valeurs et les m\u00eames dieux). M\u00eame la raison &#8221; po\u00e9tique&#8221; qu&#8217;il \u00e9voque n&#8217;est pas la vraie. Mais la guerre, elle, est une vraie catastrophe! Cette guerre \u00e9tait absurde, voil\u00e0 ce que nous dit Hom\u00e8re.<\/p>\n<p>La guerre rend aussi aveugle. L&#8217;Iliade ne manque pas de sc\u00e8nes d&#8217;ambassades, de discours raisonn\u00e9s, clairvoyants. Mais ils ne sont pas \u00e9cout\u00e9s ou pas suivis. Bien s\u00fbr, les d\u00e9cisions ont l&#8217;air d&#8217;\u00eatre prises par les dieux mais les dieux chez Hom\u00e8re ne servent que d&#8217;explication litt\u00e9raire au comportement irrationnel des hommes ou aux effets qui n&#8217;ont pas l&#8217;air de correspondre aux intentions, \u00e0 la volont\u00e9, aux r\u00eaves humains. C&#8217;est bien le comportement humain qui est rendu aveugle, sourd, incontr\u00f4l\u00e9, illusionn\u00e9 par le contact avec la violence. Ceux \u00e0 qui elle a r\u00e9ussi et qui y comptent trop finissent par en \u00eatre victimes. Il n&#8217;y a, finalement, pas de vainqueur dans la guerre de Troie (comme dans aucune guerre sans doute&#8230;). Sauf le deuil et la d\u00e9solation.<\/p>\n<p>Il n&#8217;y a pas non plus de h\u00e9ros dans l&#8217;Iliade, contrairement aux apparences litt\u00e9raires. Tous ont leurs faiblesses. Achille boude comme un gosse jusqu&#8217;au dernier moment. Sa fiert\u00e9 mal plac\u00e9e est la cause indirecte de milliers de morts. Hector, Ajax, Agamemnon, M\u00e9n\u00e9las tremblent, doutent, h\u00e9sitent comme tous les autres. Les forts ne sont jamais absolument forts, ni les faibles absolument faibles. Tous ont leur moment de sensibilit\u00e9. Tous sont finalement humains. D&#8217;ailleurs, ennemis comme amis, chacun appelle l&#8217;autre par son nom, conna\u00eet sa parent\u00e9 et sa r\u00e9gion. Au fond, ils forment une grande famille ! Ils le savent et pourtant ils se font la guerre. Vraiment absurde, veut nous dire Hom\u00e8re.<\/p>\n<p><strong><em>Indications bibliographiques:<\/em><\/strong><br \/>\n&#8211; voir les magnifiques pages, tr\u00e8s profondes, de S.Weil, L&#8217;Iliade ou le po\u00e8me de la force, in La source grecque, Gallimard, Paris, 1953, pp. 11-42.<br \/>\n&#8211; parmi les \u00e9tudes r\u00e9centes, voir L.Bardollet, Les mythes, les dieux et l&#8217;homme, Essai sur la po\u00e9sie hom\u00e9rique, Les Belles Lettres, Paris, 1997, 197 p.<br \/>\n&#8211; sur la guerre sp\u00e9cifiquement, voir Kirk, G-S, La guerre et les guerriers dans les po\u00e8mes hom\u00e9riques in Vernant (\u00e9d.), Probl\u00e8mes de la guerre en Gr\u00e8ce ancienne, coll. Points\/Histoire 265, r\u00e9\u00e9d.1999, pp. 120-156.<\/p>\n<p><strong>HESIODE: THEOGONIE<\/strong><\/p>\n<p>Cette \u0153uvre <a name=\"text1\"><\/a><a href=\"#vn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> serait contemporaine ou l\u00e9g\u00e8rement post\u00e9rieure (7\u00b0s.) \u00e0 l&#8217;Iliade d&#8217;Hom\u00e8re. Elle est notre premi\u00e8re source concernant la mythologie grecque. Jusqu&#8217;au milieu du 20\u00b0s, on a consid\u00e9r\u00e9 les mythes comme des \u00e9crits fantaisistes, relevant d&#8217;une mentalit\u00e9 primitive, pr\u00e9-logique, pr\u00e9-rationnelle. On consid\u00e8rera ici <a name=\"text2\"><\/a><a href=\"#vn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> qu&#8217;ils constituent un type de philosophie \u00e0 part enti\u00e8re (s&#8217;exprimant sous forme de r\u00e9cit des origines plut\u00f4t que sous forme de raisonnements et r\u00e9exprimant des traditions populaires). Les liens logiques y sont souvent repr\u00e9sent\u00e9s via le vocabulaire des relations familiales permettant une lecture psychanalytique fort int\u00e9ressante mais hors de notre propos.<\/p>\n<p>La g\u00e9n\u00e9ration des dieux chez H\u00e9siode est pr\u00e9sent\u00e9e en trois stades (Ouranos, Chronos et Zeus) que l&#8217;on peut interpr\u00e9ter comme trois \u00e9tapes de d\u00e9veloppement de la pens\u00e9e religieuse : la phase &#8221; cosmique&#8221;, la phase &#8221; historique&#8221; et la phase &#8221; humaniste&#8221;. Cette \u00e9volution ne s&#8217;est pas faite toute seule ; elle s&#8217;est faite dans la violence. Ainsi Ouranos (le Ciel) &#8221; engendre&#8221;-t-il les Titans, les Cyclopes et les H\u00e9catonchires <a name=\"text3\"><\/a><a href=\"#vn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> mais, craignant que l&#8217;un de ses enfants ne lui ravisse le pouvoir, il les encha\u00eene et les cache aussit\u00f4t. L&#8217;un de ceux-ci (Chronos, un des Titans), avec la complicit\u00e9 de sa m\u00e8re (Gaia, la Terre) et par ruse, parvient cependant \u00e0 tuer son p\u00e8re et \u00e0 lib\u00e9rer ses fr\u00e8res Titans. Arriv\u00e9 au pouvoir et craignant \u00e0 son tour d&#8217;\u00eatre d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 par un de ses enfants, il les d\u00e9vore aussit\u00f4t n\u00e9s. A nouveau, l&#8217;un de ceux-ci (Zeus), gr\u00e2ce \u00e0 une ruse de sa m\u00e8re, parvient \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 ce sort et, gr\u00e2ce \u00e0 une ruse (encore !) de sa future premi\u00e8re \u00e9pouse, parvient \u00e0 faire d\u00e9glutir son p\u00e8re de tous les pr\u00e9c\u00e9dents enfants et \u00e0 l&#8217;enfermer. Les fr\u00e8res Titans de Chronos n&#8217;acceptent cependant pas cette nouvelle souverainet\u00e9. Zeus doit cette fois se battre contre les Titans (une des pages les plus \u00e9vocatrices de la Th\u00e9ogonie, v.617-885) puis contre les G\u00e9ants (prog\u00e9niture secondaire d&#8217;Ouranos), enfin contre un ennemi (suscit\u00e9 entretemps par sa m\u00e8re) qui faillit bien l&#8217;emporter. Finalement victorieux de toutes ces emb\u00fbches, Zeus devra encore composer avec le toujours rebelle Prom\u00e9th\u00e9e (un &#8221; petit-fils&#8221; d&#8217;un des Titans).<br \/>\nZeus, toujours par crainte d&#8217;\u00eatre d\u00e9tr\u00f4n\u00e9, avalera sa premi\u00e8re femme (M\u00e8tis, la Ruse !) enceinte d&#8217;une fille (la future Ath\u00e9na). Ce faisant, il s&#8217;assimile cette fois cette fameuse &#8221; Ruse&#8221; qui semble la cl\u00e9 de la victoire sur la force brute <a name=\"text4\"><\/a><a href=\"#vn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>. Autrement dit, ce n&#8217;est pas la loi du plus fort qui l&#8217;emporte mais celle du plus fut\u00e9. Dans la ruse (m\u00e8tis), les Grecs ne voyaient pas d&#8217;abord la fausset\u00e9 (la ruse-fausset\u00e9 se dit dolos) mais la finesse d&#8217;esprit, l&#8217;esprit astucieux. Politiquement et militairement, les Grecs ne se sont pas priv\u00e9s de pratiquer cet art et ils en \u00e9taient fiers dans la mesure o\u00f9 cela \u00e9pargnait le d\u00e9ploiement de forces et l&#8217;usage de la violence.<br \/>\nPour compl\u00e9ter le profil de Zeus (et donc de l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;avaient les Grecs de la &#8221; souverainet\u00e9&#8221;), il faut encore savoir qu&#8217;il se mariera aussi avec Th\u00e9mis (l&#8217;Equit\u00e9) dont il aura comme enfants Eunomia (l&#8217;Ordre), Dik\u00e8 (la Justice) et Ir\u00e8ne (la Paix). Le cycle de la violence &#8221; religieuse&#8221; (des dieux) aura donc son terme en Zeus, image de la Justice (non pas au sens social du partage de la richesse mais au sens de l&#8217;\u00e9quilibre, du bon ordre, de la mesure et donc de la paix sociale). Celle-ci n&#8217;est cependant pas acquise aupr\u00e8s des hommes (o\u00f9 H\u00e9siode voit une succession de d\u00e9gradations : \u00e2ges d&#8217;or, d&#8217;argent, d&#8217;airain et de fer). L&#8217;\u00e2ge de fer (l&#8217;\u00e9poque actuelle) est un \u00e2ge de mis\u00e8res et de violences o\u00f9 les dieux essaient d&#8217;intervenir pour un mieux mais o\u00f9 ils continuent \u00e0 r\u00e9gler eux-m\u00eames un certain nombre de querelles internes. Ce serait bien la loi du Droit qui devrait l&#8217;emporter mais rien n&#8217;est vraiment acquis <a name=\"text5\"><\/a><a href=\"#vn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p><strong>HERACLITE D&#8217;EPHESE: LE FRAGMENT 53 <\/strong><a name=\"text6\"><\/a><a href=\"#vn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a><\/p>\n<p><em>&#8221; Le conflit est p\u00e8re de toute chose&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Avant m\u00eame les grands philosophes classiques de l&#8217;Antiquit\u00e9 grecque, H\u00e9raclite (contemporain de Parm\u00e9nide ; d\u00e9but du 5\u00b0si\u00e8cle avant notre \u00e8re), dont seuls 126 aphorismes nous sont parvenus, faisait cette observation tr\u00e8s r\u00e9aliste, tr\u00e8s sinc\u00e8re.<\/p>\n<p>En disant cela, H\u00e9raclite ne donne pas un conseil machiav\u00e9lique ; il constate. Apr\u00e8s une longue exp\u00e9rience et m\u00fbre r\u00e9flexion. On y per\u00e7oit d\u00e9j\u00e0 tout l&#8217;int\u00e9r\u00eat des Grecs pour la psychologie humaine.<br \/>\nL&#8217;ensemble de la pens\u00e9e d&#8217;H\u00e9raclite est orient\u00e9e vers une recherche sur l&#8217;Harmonie (dans le cosmos, les nombres, la musique, &#8230;). C&#8217;est dans ce cadre qu&#8217;il d\u00e9couvre l&#8217;int\u00e9r\u00eat des contraires et qu&#8217;il en arrive \u00e0 formuler cet aphorisme : &#8221; le conflit est p\u00e8re de toute chose&#8221; (fragment 53). Un des premiers et contre bien d&#8217;autres, il per\u00e7oit le c\u00f4t\u00e9 dynamique du conflit : &#8221; Ce qui est taill\u00e9 en sens contraire s&#8217;assemble ; de ce qui diff\u00e8re na\u00eet la plus belle harmonie ; tout devient par discorde&#8221; (fragment 8).<\/p>\n<p>&#8221; Discorde&#8221; ou &#8221; conflit&#8221; ne semblent pas d&#8217;abord viser les agressions violentes ni les conflits arm\u00e9s mais bien plut\u00f4t les divergences d&#8217;id\u00e9es. H\u00e9raclite plaide contre une soci\u00e9t\u00e9 uniforme. C&#8217;est parce qu&#8217;il y a conflit qu&#8217;il y a vraiment communaut\u00e9. C&#8217;est parce qu&#8217;il y a des avis partag\u00e9s qu&#8217;il y a justice. Sinon ce serait le r\u00e8gne arbitraire d&#8217;une Pens\u00e9e Unique, d&#8217;un Pouvoir totalitaire, ce qui ne serait pas Harmonie mais Uniformit\u00e9 : &#8221; Il faut savoir que le conflit est communaut\u00e9, la discorde justice ; tout devient par discorde et par n\u00e9cessit\u00e9&#8221; (fragment 80).<\/p>\n<p>Il y a cependant un certain fatalisme ou relativisme dans la pens\u00e9e d&#8217;H\u00e9raclite : &#8221; Dieu est jour et nuit, hiver et \u00e9t\u00e9, guerre et paix, sati\u00e9t\u00e9 et faim. Mais il change comme le feu quand il est m\u00e9lang\u00e9 d&#8217;aromates ; il est nomm\u00e9 suivant le parfum de chacun d&#8217;eux&#8221; (fragment 67). Il n&#8217;est pas indiff\u00e9rent, en effet, que les choses soient guerre ou paix, sati\u00e9t\u00e9 ou faim. Ces ph\u00e9nom\u00e8nes ne sont pas des fatalit\u00e9s et ne sont pas \u00e9thiquement neutres comme le sont le jour et la nuit ou l&#8217;hiver et l&#8217;\u00e9t\u00e9 ! Puisque l&#8217;homme se veut libre (mais l&#8217;humanisme d&#8217;H\u00e9raclite n&#8217;est pas encore bien d\u00e9fini), il est aussi responsable des ses actes.<\/p>\n<p><strong>ESCHYLE: LES PERSES<\/strong><br \/>\n<em>&#8221; L\u00e0 les attend d&#8217;endurer les pires malheurs, ran\u00e7on de leur superbe et de leur impi\u00e9t\u00e9&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Cette trag\u00e9die d&#8217;Eschyle <a name=\"text7\"><\/a><a href=\"#vn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> fut pr\u00e9sent\u00e9e la premi\u00e8re fois en 472, soit huit ans apr\u00e8s la c\u00e9l\u00e8bre d\u00e9faite des Perses \u00e0 Salamine \u00e0 laquelle la pi\u00e8ce fait r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>Il vaut la peine de s&#8217;arr\u00eater \u00e0 certaines pi\u00e8ces du th\u00e9\u00e2tre grec car celles-ci, m\u00eame si elles sont moins \u00e9labor\u00e9es philosophiquement, ont certainement eu un impact populaire plus important que les \u0153uvres philosophiques, en m\u00eame temps qu&#8217;elles refl\u00e8tent mieux la conscience populaire de l&#8217;\u00e9poque. Eschyle est le premier des grands auteurs tragiques grecs. Son \u0153uvre fut, d&#8217;embl\u00e9e, magistrale.<\/p>\n<p>La pi\u00e8ce se d\u00e9roule &#8221; chez l&#8217;ennemi&#8221;, entre la Salle du Conseil, le palais imp\u00e9rial et le tombeau de Darius <a name=\"text8\"><\/a><a href=\"#vn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>. Les ch\u0153urs commencent par d\u00e9crire la puissance perse mais Eschyle insuffle d\u00e8s les premiers vers un doute, une angoisse par rapport \u00e0 cette puissance. Le doute est relay\u00e9 par un songe de la reine-m\u00e8re et confirm\u00e9 aussit\u00f4t par le r\u00e9cit d&#8217;un messager annon\u00e7ant la d\u00e9faite de l&#8217;arm\u00e9e perse (en des mots sublimes qui restent la meilleure description historique de la bataille de Salamine) (v.353-432). Le ch\u0153ur et la reine invoquent l&#8217;ombre de Darius qui, dans un dialogue avec la reine, tire les le\u00e7ons de cet \u00e9chec. Apr\u00e8s cette sc\u00e8ne, Xerx\u00e8s arrive au palais et confirme le d\u00e9sastre.<\/p>\n<p>En situant toute la sc\u00e8ne du c\u00f4t\u00e9 perse, Eschyle r\u00e9ussit \u00e0 \u00e9viter toute pol\u00e9mique hell\u00e9no-perse et m\u00eame tout sentiment anti-perse. A peine, quelques sentiments de fiert\u00e9 grecque affleurent d&#8217;ici de l\u00e0 <a name=\"text9\"><\/a><a href=\"#vn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>. D&#8217;autre part, en attribuant \u00e0 ses personnages perses des r\u00e9flexes religieux grecs <a name=\"text10\"><\/a><a href=\"#vn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>, Eschyle s&#8217;adresse clairement au public grec et, au-del\u00e0, \u00e0 la conscience universelle.<br \/>\nLa le\u00e7on qu&#8217;il en tire est aussi universelle par son contenu : tout ce qui est d\u00e9mesure finit par \u00e9chouer. Peu importe que, chez Eschyle, la sanction soit encore pr\u00e9sent\u00e9e comme action divine, cette le\u00e7on deviendra un des piliers de l&#8217;humanisme grec.<\/p>\n<p>En ce qui concerne notre enqu\u00eate, ce principe est cependant trop g\u00e9n\u00e9ral. Il peut fonctionner comme avertissement mais ne constitue pas une analyse des m\u00e9canismes conduisant \u00e0 la violence ni une voie pour g\u00e9rer celle-ci ni une discussion du bien-fond\u00e9 de cette guerre <a name=\"text11\"><\/a><a href=\"#vn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>. Entre autre, la question n&#8217;est pas pos\u00e9e de savoir ce qui m\u00e8ne \u00e0 la d\u00e9mesure.<\/p>\n<p><strong>HERODOTE: ENQUETES<\/strong><\/p>\n<p>On a parfois pris cette \u0153uvre <a name=\"text12\"><\/a><a href=\"#vn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> pour un manuel de g\u00e9ographie ou pour le premier guide touristique de l&#8217;histoire <a name=\"text13\"><\/a><a href=\"#vn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> tant il est vrai qu&#8217;H\u00e9rodote rapporte, pour tous les pays visit\u00e9s, force descriptions des monuments, m\u0153urs, coutumes et l\u00e9gendes locales mais il y a pourtant un fil conducteur \u00e0 travers tous ces d\u00e9tours et digressions, c&#8217;est la description de la mont\u00e9e en puissance de l&#8217;empire perse. H\u00e9rodote y a \u00e9t\u00e9 sensible avant tous les autres car il \u00e9tait Grec d&#8217;Asie Mineure et a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin (et indirectement victime) des men\u00e9es d\u00e9stabilisatrices des Perses \u00e0 l&#8217;encontre des Cit\u00e9s grecques de la c\u00f4te asiate. Exil\u00e9, il se rendit \u00e0 Ath\u00e8nes, en plein essor en ce d\u00e9but de 5\u00b0si\u00e8cle. Il se rendit compte de la profonde unit\u00e9 culturelle du monde grec. Il n&#8217;en d\u00e9plora que plus am\u00e8rement les mesquines divisions. Malgr\u00e9 la tr\u00e8s grande largeur d&#8217;esprit et m\u00eame le relativisme qu&#8217;il manifeste dans sa description des m\u0153urs politiques des diff\u00e9rents pays, il distingue chez les Grecs leur go\u00fbt de la libert\u00e9. Il en est lui-m\u00eame partisan et en fait l&#8217;explication de la r\u00e9sistance et de la victoire grecque sur les Perses. Malgr\u00e9 les longs d\u00e9tours, le sujet de l&#8217;\u0153uvre est, en effet, constitu\u00e9 par les Guerres M\u00e9diques <a name=\"text14\"><\/a><a href=\"#vn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> (qui occupent formellement l&#8217;enti\u00e8ret\u00e9 des 7\u00b0 et 8\u00b0 livres). H\u00e9rodote y voit un v\u00e9ritable rapport de force, opposant deux ensembles constitu\u00e9s. Il y a l\u00e0 une authentique vis\u00e9e de l&#8217;histoire. H\u00e9rodote per\u00e7oit \u00e9galement tr\u00e8s bien les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques mais il est vrai que, le plus souvent, il avance surtout les int\u00e9r\u00eats imm\u00e9diats et le d\u00e9sir de vengeance comme explication des violences. Ces motifs sont sans doute bien r\u00e9els et sans doute toujours valables mais H\u00e9rodote s&#8217;en contente assez facilement. Il se croit dispenser de creuser plus profond\u00e9ment. L&#8217;explication religieuse et morale (destin et d\u00e9mesure) cl\u00f4t le d\u00e9bat. C&#8217;est l\u00e0 la faiblesse et la limite des Histoires d&#8217;H\u00e9rodote et sa grande diff\u00e9rence de qualit\u00e9 par rapport \u00e0 Thucydide, d&#8217;une dizaine d&#8217;ann\u00e9es \u00e0 peine son cadet <a name=\"text15\"><\/a><a href=\"#vn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p><strong>ARISTOPHANE: LA PAIX<\/strong><\/p>\n<p>Cette pi\u00e8ce <a name=\"text16\"><\/a><a href=\"#vn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> fut jou\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 421, quelques jours avant la signature de la &#8221; paix de Nicias&#8221; qui pr\u00e9voyait la cessation des hostilit\u00e9s entre Ath\u00e8nes et Sparte (et leurs alli\u00e9s respectifs) dans le contexte de la Guerre du P\u00e9loponn\u00e8se. Ce ne fut malheureusement qu&#8217;une br\u00e8ve tr\u00eave mais \u00e0 ce moment tous les espoirs \u00e9taient permis. Aristophane \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 connu du public ath\u00e9nien pour son parti-pris pacifiste <a name=\"text17\"><\/a><a href=\"#vn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>. Avec un grand sens de l&#8217;opportunit\u00e9, il veut aider les forces de paix en leur assurant un soutien populaire. Mais, derri\u00e8re la pi\u00e8ce de propagande, il y a un profond id\u00e9al de r\u00e9unification de tous les Grecs et d&#8217;un retour au bonheur simple des campagnes.<br \/>\nComme d&#8217;habitude dans le th\u00e9\u00e2tre d&#8217;Aristophane, l&#8217;expression est triviale, les personnages caricatur\u00e9s. Ici, point de finesse ni de raisonnements \u00e9labor\u00e9s. Mais l&#8217;ensemble forme un plaidoyer vibrant et (im)pertinent. La pi\u00e8ce pr\u00e9sente le h\u00e9ros (un vigneron ath\u00e9nien d\u00e9sireux de retrouver sa paisible activit\u00e9) s&#8217;appr\u00eatant \u00e0 rejoindre l&#8217;Olympe, la demeure des dieux, pour demander \u00e0 Zeus de lui rendre compte de ses intentions au sujet de la paix entre les cit\u00e9s grecques. Mais les dieux, d\u00e9go\u00fbt\u00e9s de la folie meurtri\u00e8re des hommes, ont d\u00e9sert\u00e9 l&#8217;Olympe, occup\u00e9 d\u00e9sormais par &#8221; la Guerre&#8221;. Profitant d&#8217;une \u00e9clipse de celle-ci (symbolisant les n\u00e9gociations de Nicias) et gr\u00e2ce \u00e0 la complicit\u00e9 d&#8217;Herm\u00e8s (qui explique au passage pourquoi &#8221; la Paix&#8221; avait quitt\u00e9 les hommes \u2013explications qui montrent la futilit\u00e9 des causes de la guerre- et \u00e0 quelles conditions elle pourrait revenir) aid\u00e9 par d&#8217;autres simples gens, notre h\u00e9ros parvient \u00e0 ramener la Paix sur terre. La plupart (surtout le monde agricole) s&#8217;en r\u00e9jouit et pr\u00e9pare la f\u00eate mais certains (ceux qui vivent de la guerre) regrettent ce retour.<br \/>\nLe bonheur de la &#8221; paix des campagnes&#8221; est donc le principal argument d&#8217;Aristophane. Il le d\u00e9peint avec force images qui sentent bon la vie. Il n&#8217;oppose pas vraiment le monde agricole et le monde urbain mais plut\u00f4t le bonheur simple des gens simples au monde des magouilles politiciennes, d\u00e9magogiques et v\u00e9nales. Il a bien compris que la guerre repr\u00e9sentaient aussi des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques mais il en sugg\u00e8re la reconversion (sous forme de boutades, bien entendu) et met surtout en avant les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de la paix. Il \u00e9pingle aussi l&#8217;importance de l&#8217;\u00e9ducation des enfants, trop habituellement conditionn\u00e9s \u00e0 la guerre. Il r\u00e9cuse cependant tout autant ce qui serait \u00e9ducation \u00e0 la l\u00e2chet\u00e9. Le vrai citoyen, pour Aristophane, est celui qui aime la vie autant que sa terre et qui laisse vivre chacun sur sa terre.<\/p>\n<p><strong>THUCYDIDE: HISTOIRE DE LA GUERRE DU PELOPONNESE<\/strong><\/p>\n<p><em>&#8221; Nous croyons, \u00e9tant donn\u00e9 ce qu&#8217;on peut supposer des dieux et ce qu&#8217;on sait avec certitude des hommes, que les uns et les autres ob\u00e9issent n\u00e9cessairement \u00e0 une loi de la nature qui les pousse \u00e0 dominer les autres chaque fois qu&#8217;ils sont les plus forts. Cette loi, ce n&#8217;est pas nous qui l&#8217;avons faite et nous ne sommes pas les premiers \u00e0 l&#8217;avoir mise en application une fois qu&#8217;elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie. D&#8217;autres nous l&#8217;ont transmise et nous lui ob\u00e9issons, comme feront tous ceux qui viendront apr\u00e8s nous.<br \/>\n(Histoire de la guerre du P\u00e9loponn\u00e8se, V, 105.)<\/em><\/p>\n<p>Thucydide (entre 460 et 400 avant J-C) est l&#8217;historien grec le plus proche de la conception moderne de l&#8217;histoire par son objectivit\u00e9, son souci d&#8217;enqu\u00eate et de compr\u00e9hension des causes des \u00e9v\u00e9nements. A la diff\u00e9rence de son pr\u00e9d\u00e9cesseur H\u00e9rodote (485-420) qui, lui, raconte des histoires, Thucydide raconte l&#8217;Histoire.<br \/>\nIl s&#8217;agit, en l&#8217;occurrence, de la guerre du P\u00e9loponn\u00e8se (431-404) dont il fut le t\u00e9moin (et dont il relate 22 des 27 ann\u00e9es que dura cette guerre) et m\u00eame, un moment, acteur. Un autre grand historien grec, X\u00e9nophon, prendra la rel\u00e8ve (dans ses Hell\u00e9niques).<br \/>\nApr\u00e8s que les cit\u00e9s grecques aient combattu ensemble les Perses (les Guerres M\u00e9diques, 490-479), les Ath\u00e9niens cr\u00e9\u00e8rent la Ligue de D\u00e9los (l&#8217;OTAN de l&#8217;\u00e9poque) qu&#8217;ils utilisent pour \u00e9tendre leur propre influence ou m\u00eame leur domination pure et simple. L&#8217;imp\u00e9rialisme ath\u00e9nien finit par provoquer un mouvement d&#8217;hostilit\u00e9 \u00e0 son \u00e9gard dont Sparte prend la t\u00eate.<br \/>\nPeu nous importe ici les p\u00e9rip\u00e9ties de cette guerre \u00e0 rebondissements. Ce qui nous int\u00e9resse, c&#8217;est la mani\u00e8re dont Thucydide traite la question de l&#8217;usage de la violence, de la force. Il n&#8217;est pas facile de se faire une id\u00e9e de la philosophie personnelle de Thucydide tant il parvient \u00e0 pr\u00e9senter les \u00e9v\u00e9nements de mani\u00e8re neutre, sobre, sans pathos. N\u00e9anmoins, au fil des discours qu&#8217;il met dans la bouche des protagonistes et de quelques remarques am\u00e8res en conclusion de tel ou tel \u00e9pisode, il y a moyen de reconstituer sa pens\u00e9e.<br \/>\nA propos de sa conception de l&#8217;usage de la violence ou de la force, Thucydide semble tr\u00e8s froid. On a dit de lui qu&#8217;il \u00e9tait le pr\u00e9curseur \u2013ou le fondateur- de la Realpolitik <a name=\"text18\"><\/a><a href=\"#vn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>. L&#8217;extrait cit\u00e9 en exergue (discours des Ath\u00e9niens aux M\u00e9liens) exprime et r\u00e9sume admirablement, \u00e0 mon avis, la pens\u00e9e, peut-\u00eatre d\u00e9sabus\u00e9e, de Thucydide. La loi du plus fort serait-elle la meilleure ? S&#8217;agirait-il d&#8217;une loi inexorable tout comme, selon la d\u00e9monstration de Thucydide, cette guerre du P\u00e9loponn\u00e8se \u00e9tait in\u00e9luctable ? Elle le fut, non \u00e0 cause d&#8217;un fatum divin aveugle ou capricieux mais par la volont\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e des hommes.<br \/>\nUn autre \u00e9pisode est tout aussi significatif o\u00f9 un orateur d\u00e9fend le fait qu&#8217;il ne faille pas n\u00e9cessairement \u00eatre &#8221; juste&#8221; en politique mais qu&#8217;il faut agir suivant les int\u00e9r\u00eats politiques de la cit\u00e9 :<\/p>\n<p>&#8221; Nous devons, pour agir sagement, \u00e9carter la question de savoir dans quelle mesure ils sont coupables et chercher ce que nous avons de mieux \u00e0 faire pour nous. Quand je montrerais que leur culpabilit\u00e9 est enti\u00e8re, ce ne serait pas une raison pour vous inviter \u00e0 les mettre \u00e0 mort, si ce n&#8217;\u00e9tait pas notre int\u00e9r\u00eat. Et quand ils auraient quelque excuse, ce n&#8217;en serait pas une non plus pour les absoudre, si la cit\u00e9 ne devait pas s&#8217;en trouver bien. (&#8230;) Nous ne sommes pas des juges charg\u00e9s de les condamner selon les r\u00e8gles du droit ; nous sommes engag\u00e9s dans un d\u00e9bat politique et nous avons \u00e0 prendre \u00e0 leur sujet une d\u00e9cision conforme \u00e0 nos int\u00e9r\u00eats.&#8221; (L.III, 44)<\/p>\n<p>Nous sommes sans doute plus pr\u00e8s de Hume et d&#8217;un utilitarisme politique que de Machiavel et de son cynisme. Transformons en questions ces consid\u00e9rations de Thucydide et nous r\u00e9ouvrirons un double d\u00e9bat \u00e9thique de la plus haute importance : la force d&#8217;une part, l&#8217;int\u00e9r\u00eat d&#8217;autre part peuvent-ils l&#8217;emporter sur la justice ? La vraie question serait donc celle de la justice.<br \/>\nAu sujet de la violence, parce qu&#8217;elle est et dans la mesure o\u00f9 elle est irrationnelle (sauvage, d\u00e9sordonn\u00e9e, &#8230;), Thucydide la r\u00e9prouve. Le laconisme m\u00eame avec lequel il fait \u00e9tat des d\u00e9g\u00e2ts humains, mat\u00e9riels et sociaux apr\u00e8s chaque bataille l&#8217;exprime toujours aussi froidement.<br \/>\nQuant \u00e0 l&#8217;implication du religieux, Thucydide note soigneusement les rites divinatoires et autres oracles auxquels se pr\u00eatent les bellig\u00e9rants mais n&#8217;y accorde aucune valeur explicative, ni pour lui ni pour les protagonistes, sauf que ces pratiques peuvent devenir la cause tr\u00e8s r\u00e9elle d&#8217;erreurs tactiques (comme celle du strat\u00e8ge ath\u00e9nien Nicias ayant entra\u00een\u00e9 la d\u00e9faite ultime dans l&#8217;exp\u00e9dition de Sicile : livre 7). L&#8217;histoire chez Thucydide est une histoire &#8221; d\u00e9senchant\u00e9e&#8221; (pour me r\u00e9f\u00e9rer aux probl\u00e9matiques de Max Weber et de Marcel Gauchet). Hom\u00e8re est loin, du moins au niveau de la mani\u00e8re de s&#8217;exprimer.<br \/>\nAu niveau litt\u00e9raire, on est loin aussi des images color\u00e9es et sonores d&#8217;Hom\u00e8re. L&#8217;\u00e9criture de Thucydide est admirable de densit\u00e9 et de concision. Pour ces m\u00eames raisons sans doute, beaucoup l&#8217;ont trouv\u00e9 ennuyeux et sans gr\u00e2ce. Pas une page, pas un mot de trop en effet. Sauf que toute cette page de l&#8217;histoire de la Gr\u00e8ce est, certes, de trop.<\/p>\n<p><strong>XENOPHON: L&#8217;ANABASE <\/strong><a name=\"text19\"><\/a><a href=\"#vn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>Cette \u0153uvre de X\u00e9nophon (430 \u2013 355 av. J-C) n&#8217;est, en g\u00e9n\u00e9ral, pas cit\u00e9e dans les manuels de philosophie politique. Il est vrai qu&#8217;elle se pr\u00e9sente comme une simple chronique de cette fameuse exp\u00e9dition des Dix Mille mercenaires grecs (401-400) au service du Perse Cyrus le Jeune contre son fr\u00e8re l&#8217;empereur Artaxerx\u00e8s II et est d\u00e9pourvue de d\u00e9veloppements philosophiques. Et pourtant, comment passer sous silence cette \u0153uvre qui, par sa sobri\u00e9t\u00e9 m\u00eame, nous rapproche des faits ? Et comment ces faits ne seraient-ils pas instructifs ?<br \/>\nQuelques d\u00e9cennies auparavant, les Guerres M\u00e9diques (490-479) avaient oppos\u00e9 les Grecs et les Perses. Voici qu&#8217;il se trouve des mercenaires grecs pour s&#8217;allier \u00e0 un prince perse, descendant du pire ennemi d&#8217;antan&#8230; Certes, X\u00e9nophon sera banni \u00e0 son retour par les autorit\u00e9s ath\u00e9niennes mais il trouva un asile bien confortable \u00e0 Sparte et son d\u00e9cret d&#8217;exil fut d&#8217;ailleurs lev\u00e9 plus tard. Les Perses \u00e9taient-ils donc ces &#8221; ennemis&#8221; absolus formant un bloc &#8220;barbare&#8221; contre un autre bloc, &#8221; civilis\u00e9&#8221;, grec ? L&#8217;Histoire n&#8217;est pas si simple. On sait qu&#8217;apr\u00e8s ces Guerres M\u00e9diques, les Grecs se livr\u00e8rent une longue et p\u00e9nible guerre entre eux (la Guerre du P\u00e9loponn\u00e8se, 431-404) et voici que l&#8217;empire perse se d\u00e9chire pareillement !<br \/>\nLe portrait de Cyrus que brosse X\u00e9nophon (I,9) est tout \u00e0 fait flatteur. Peu importe qu&#8217;il soit tout \u00e0 fait exact, on a par l\u00e0 une id\u00e9e des qualit\u00e9s admir\u00e9es par les Grecs (ce qui est tr\u00e8s flatteur pour les Grecs&#8230;) et on a la preuve litt\u00e9raire qu&#8217;ils \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 les reconna\u00eetre chez d&#8217;autres, chez des \u00e9trangers, m\u00eame anciens ennemis. On avait dit qu&#8217;ils \u00e9taient si diff\u00e9rents de par les m\u0153urs, les coutumes et les croyances. Mais au fil de cette exp\u00e9dition on constate que la mani\u00e8re de conclure des trait\u00e9s, comme la mani\u00e8re de les trahir, est sensiblement la m\u00eame de part et d&#8217;autre. L&#8217;anabase (mont\u00e9e) de la c\u00f4te d&#8217;Asie Mineure jusqu&#8217;au centre de la M\u00e9sopotamie se passe sans &#8221; choc des civilisations&#8221;.<br \/>\nAu moment de la bataille d\u00e9cisive (I,8), les Grecs sont vainqueurs mais ne le savent pas. Ils vont bient\u00f4t apprendre qu&#8217;ils ont vaincu pour rien &#8230;parce que Cyrus est mort dans la bataille. Au milieu de la M\u00e9sopotamie, \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres de leur Gr\u00e8ce natale, sans arri\u00e8res, sans logistique, nos Dix Mille sont l\u00e0, sans plus de but, sans protecteur, bient\u00f4t sans chefs. Et m\u00eame sans ennemi ! Celui-ci s&#8217;est en effet volatilis\u00e9. L&#8217;empereur, pourtant d\u00e9sormais tout-puissant dans son empire, accordera aux Grecs tout ce qu&#8217;ils demanderont pour leur retour (non sans tendre quelques pi\u00e8ges).<br \/>\nLa suite, le retour, ne sera plus une affaire de guerre m\u00eame si elle sera parsem\u00e9e de batailles et d&#8217;emb\u00fbches. Ce sera une affaire d&#8217;intelligence. Comment reconduire pr\u00e8s de dix mille hommes (les pertes seront minimes) \u00e0 bon port en parcourant des milliers de kilom\u00e8tres en milieu hostile et inconnu ? Demandez \u00e0 X\u00e9nophon ! De chroniqueur de guerre, il devint en effet strat\u00e8ge de cette katabase (descente) en bon ordre, dans la dignit\u00e9, avec ses moments de f\u00eate et dans la discussion d\u00e9mocratique permanente. Admirable, cette arm\u00e9e grecque ind\u00e9pendante qui restera jusqu&#8217;au bout une assembl\u00e9e de citoyens libres, &#8221; une d\u00e9mocratie en marche&#8221; ont dit certains commentateurs ! Ne serait-ce pas cette katabase qui, loin d&#8217;\u00eatre une retraite honteuse, fut la plus belle victoire des Grecs ?<\/p>\n<p><strong>PLATON: LA REPUBLIQUE <\/strong><a name=\"text20\"><\/a><a href=\"#vn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>Les concepts les plus commun\u00e9ment connus de ce philosophe majeur de l&#8217;Antiquit\u00e9 grecque (428-347 av.J-C) sont l&#8217;id\u00e9alisme et le dualisme.<br \/>\nPar &#8221; id\u00e9alisme&#8221; on entend le fait que, contrairement \u00e0 la mentalit\u00e9 anglo-saxonne actuelle, ce ne sont pas les &#8221; faits&#8221;, ni la r\u00e9alit\u00e9 telle qu&#8217;elle est qui serait la plus importante, ni qui serait la &#8221; norme&#8221; ou la r\u00e9f\u00e9rence ou l&#8217;objet le plus int\u00e9ressant de la r\u00e9flexion mais bien les &#8221; id\u00e9es&#8221; c&#8217;est \u00e0 dire toutes ces choses repens\u00e9es par l&#8217;homme aussi loin qu&#8217;il peut se les repr\u00e9senter dans leur perfection. Aussi, en r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 &#8221; la Cit\u00e9&#8221;, Platon va-t-il essay\u00e9 de penser la Cit\u00e9 id\u00e9ale (c&#8217;est l&#8217;objet de La R\u00e9publique, une de ses principales \u0153uvres), ce qui ne l&#8217;emp\u00eachera pas de penser aussi la Cit\u00e9 concr\u00e8te (ce qui fera l&#8217;objet de son &#8221; dialogue&#8221; Les Lois, sa derni\u00e8re \u0153uvre, bien moins int\u00e9ressante pour nous).<br \/>\nPar &#8221; dualisme&#8221;, on vise le fait que, pour Platon, tous les \u00e9l\u00e9ments rel\u00e8vent soit du terrestre, du mat\u00e9riel (connot\u00e9 n\u00e9gativement comme &#8221; imparfait&#8221;), soit du c\u00e9leste, du spirituel (connot\u00e9 positivement comme &#8221; parfait&#8221;) et que l&#8217;un emprisonne l&#8217;autre (ainsi &#8221; le corps&#8221; est-il &#8221; un tombeau pour l&#8217;\u00e2me&#8221;), le but de la sagesse \u00e9tant de lib\u00e9rer au maximum d\u00e8s la vie terrestre l&#8217;\u00e2me du corps, le spirituel du mat\u00e9riel. Aussi, \u00e0 propos de &#8221; la Cit\u00e9&#8221;, Platon aborde-t-il longuement la question de &#8221; la corruption&#8221; de la vie publique ou de chaque type de gouvernement (aristocratique, d\u00e9mocratique, tyrannique,&#8230;) et, positivement, des meilleures conditions possibles de non-corruption (d&#8217;o\u00f9 l&#8217;importance \u00e9norme, dans son syst\u00e8me, de l&#8217;\u00e9ducation).<\/p>\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter que le sous-titre de La R\u00e9publique est de la Justice. La valeur supr\u00eame serait donc la Justice (et non le Bonheur par exemple ou la Richesse, ou la Puissance). Et en effet, tout le premier Livre consiste \u00e0 \u00e9valuer diff\u00e9rentes conceptions de la justice (payer ses dettes ? ne pas faire de mal \u00e0 autrui ? le droit du plus fort ?). Platon semble opter pour une conception qui privil\u00e9gie le bon ordre ou l&#8217;harmonie. D\u00e8s que l&#8217;on d\u00e9passe le stade d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 primitive, la soci\u00e9t\u00e9 tient au fait de la division des fonctions, du travail. Le bon ordre, la justice d\u00e9pendra du respect des fonctions de chacun et \u00e0 ce que chacun soit \u00e0 la hauteur de sa fonction. Parmi celles-ci, Platon distingue les &#8221; gardiens&#8221; (ou &#8221; gardiens&#8221; et &#8221; auxiliaires&#8221; ) que sont les responsables politiques et militaires et les &#8221; producteurs&#8221; (artisans et agriculteurs, jug\u00e9s moins nobles).<br \/>\nNous en retiendrons que les militaires ont, dans le syst\u00e8me de Platon, une responsabilit\u00e9 noble et tr\u00e8s importante, celle de &#8221; gardien de l&#8217;Etat&#8221;, appelant une \u00e9ducation particuli\u00e8re et entra\u00eenant des sacrifices et des contr\u00f4les particuliers.<\/p>\n<p>Platon ne semble pas se poser la question de la l\u00e9gitimit\u00e9 de la guerre. Il l&#8217;explique comme la tendance naturelle des Etats \u00e0 agrandir leur territoire et donc leur richesse (373 d). Il stipule seulement que les Etats ne doivent pas s&#8217;agrandir outre mesure, de mani\u00e8re \u00e0 ce qu&#8217;ils gardent une Unit\u00e9 r\u00e9elle (422 a). Les Etats ont bien s\u00fbr le devoir de se prot\u00e9ger contre les convoitises de cit\u00e9s voisines plus pauvres.<\/p>\n<p>A chaque fonction correspond une vertu particuli\u00e8re que les tenants de la fonction doivent sp\u00e9cialement cultiver. A la fonction de militaire correspond le courage (429 a). Il ne s&#8217;agit pas, chez Platon, de simple h\u00e9ro\u00efsme ou bravoure mais de &#8221; cette force qui maintient en tout temps l&#8217;opinion juste et l\u00e9gitime sur ce qu&#8217;il faut craindre et ne pas craindre&#8221; (430 b).<\/p>\n<p>A c\u00f4t\u00e9 d&#8217;un curieux chapitre sur l&#8217;\u00e9ducation guerri\u00e8re des enfants (466 e \u00e0 467 e), il en consacre un \u00e0 la conduite \u00e0 tenir envers l&#8217;ennemi (469 b \u00e0 470 d). Rien de tr\u00e8s original ni de sp\u00e9cialement discut\u00e9 (ni d\u00e9vaster ni incendier, ni d\u00e9pouiller les morts). S&#8217;y introduit un principe de discrimination entre les Grecs et les autres, les barbares (ne pas rendre des Grecs esclaves et, entre Grecs, mener les hostilit\u00e9s comme des gens destin\u00e9s \u00e0 se r\u00e9concilier (471 a). On s&#8217;\u00e9tonne, de la part d&#8217;un si grand esprit, de ne pas voir s&#8217;\u00e9tendre ce dernier principe \u00e0 tout le genre humain. C&#8217;est en cela que, pour nous, il s&#8217;av\u00e8rerait du plus haut int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p><strong>ISOCRATE: SUR LA PAIX<\/strong><\/p>\n<p>Avec Isocrate, on change de si\u00e8cle (le discours sur la Paix date de 356) <a name=\"text21\"><\/a><a href=\"#vn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>, de genre litt\u00e9raire (de l&#8217;histoire on passe au discours) et de contexte politique. L&#8217;h\u00e9g\u00e9monie ath\u00e9nienne s&#8217;\u00e9tait effondr\u00e9e (404), la domination spartiate se r\u00e9v\u00e9la rapidement un \u00e9chec (394), la supr\u00e9matie de Th\u00e8bes ne sut se maintenir longtemps (371-362). D\u00e9sormais la menace venait du Nord, de la Mac\u00e9doine, un pays non-grec mais en voie d&#8217;hell\u00e9nisation. Quelle allait \u00eatre la r\u00e9action des Ath\u00e9niens : d\u00e9clarer la guerre \u00e0 Philippe de Mac\u00e9doine ou l&#8217;adopter comme nouveau porte-parole de l&#8217;hell\u00e9nisme ? Les deux options ont eu leur incarnation : D\u00e9mosth\u00e8ne et Isocrate. Selon leurs propres options politiques, les commentateurs ont lou\u00e9 D\u00e9mosth\u00e8ne pour sa ferveur patriotique et m\u00e9pris\u00e9 Isocrate comme r\u00eaveur na\u00eff ou, au contraire, critiqu\u00e9 l&#8217;\u00e9troitesse patriotique de l&#8217;un et magnifi\u00e9 l&#8217;ouverture d&#8217;esprit universaliste de l&#8217;autre.<\/p>\n<p>L&#8217;option d&#8217;Isocrate en politique \u00e9trang\u00e8re (mais il n&#8217;y eut jamais de r\u00f4le actif) \u00e9tait en effet d&#8217;\u00e9viter \u00e0 tout prix l&#8217;affrontement avec Philippe mais de s&#8217;en faire un alli\u00e9 qui conduirait une Gr\u00e8ce enfin r\u00e9unifi\u00e9e contre les barbares. Sa na\u00efvet\u00e9 \u00e9tait de croire que Philippe ne serait qu&#8217;un &#8221; alli\u00e9&#8221; d&#8217;une politique qui resterait ath\u00e9nienne. Philippe fut bel et bien un conqu\u00e9rant et le p\u00f4le politique se d\u00e9pla\u00e7a en Mac\u00e9doine mais la conqu\u00eate du monde barbare eut lieu aussi et se fit au profit de l&#8217;hell\u00e9nisme.<\/p>\n<p>Il est frappant de constater combien ce discours Sur la Paix, dont le sujet rel\u00e8ve de la politique \u00e9trang\u00e8re, tourne enti\u00e8rement autour de la d\u00e9gradation des m\u0153urs d\u00e9mocratiques \u00e0 Ath\u00e8nes m\u00eame <a name=\"text22\"><\/a><a href=\"#vn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>. Isocrate a bien vu le lien entre les questions de guerre et de paix et les probl\u00e8mes de politique int\u00e9rieure. Pour ses m\u00e9rites historiques, Ath\u00e8nes pourrait pr\u00e9tendre \u00e0 assurer un nouveau leadership du monde grec mais \u00e0 condition de s&#8217;engager \u00e0 &#8221; plus de justice et de douceur&#8221; et, concr\u00e8tement, sans plus exiger de tribut, ni de garnisons, ni de droit \u00e0 installer des colons chez ses alli\u00e9s. Ce &#8221; mod\u00e8le&#8221; fut suivi d&#8217;effets (la &#8221; seconde conf\u00e9d\u00e9ration ath\u00e9nienne&#8221; en fut inspir\u00e9e) mais il \u00e9tait trop tard. Philippe soumit la Gr\u00e8ce purement et simplement suite \u00e0 la bataille de Ch\u00e9ron\u00e9e. La l\u00e9gende dit qu&#8217;\u00e0 cette nouvelle, Isocrate (d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s \u00e2g\u00e9) se laissa mourir de faim.<\/p>\n<p><strong>DEMOSTHENE: LES PHILIPPIQUES <\/strong><a name=\"text23\"><\/a><a href=\"#vn23\"><sup>[23]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>D\u00e9mosth\u00e8ne fut le symbole m\u00eame de la r\u00e9sistance \u00e0 Philippe de Mac\u00e9doine. D&#8217;autres voulaient y voir un alli\u00e9 de la Gr\u00e8ce contre les Barbares (Isocrate ou Eschine), D\u00e9mosth\u00e8ne lui d\u00e9niait la qualit\u00e9 de Grec et n&#8217;y voyait qu&#8217;un despote. Il estimait que la libert\u00e9 et la d\u00e9mocratie devait \u00eatre d\u00e9fendue activement, au besoin par les armes. Lui-m\u00eame lutta avec acharnement par la parole (mais s&#8217;engagea comme hoplite lors de la bataille de Ch\u00e9ron\u00e9e) pour r\u00e9veiller les Ath\u00e9niens de leur l\u00e9thargie. Grand adversaire d&#8217;Isocrate sur le plan de la politique ext\u00e9rieure, il le rejoint enti\u00e8rement (comme Platon d&#8217;ailleurs, un autre contemporain) dans sa critique du fonctionnement concret de la d\u00e9mocratie ath\u00e9nienne. Ses appels, tr\u00e8s concrets <a name=\"text24\"><\/a><a href=\"#vn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>, \u00e0 se donner, \u00e0 temps, les moyens militaires pour d\u00e9jouer les ambitions de Philippe ne furent pas entendu \u00e0 cause de ces vices, sauf trop tard !<\/p>\n<p>D\u00e9mosth\u00e8ne a-t-il artificiellement diabolis\u00e9 Philippe ? A-t-il voulu construire un ennemi de toute pi\u00e8ce ? L&#8217;histoire n&#8217;a pas permis de juger. Philippe, aux m\u0153urs sans doute assez f\u00e9odales, fut en effet assassin\u00e9 en 336, deux ans apr\u00e8s sa victoire de Ch\u00e9ron\u00e9e. La situation \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 toute diff\u00e9rente avec son fils Alexandre qui lui succ\u00e9da \u00e0 19 ans. Celui-ci avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9 dans la philosophie grecque (son ma\u00eetre ne fut autre qu&#8217;Aristote lui-m\u00eame !). Ses fulgurants succ\u00e8s furent dus \u00e0 ses innovations en tactique militaire, doubl\u00e9 d&#8217;une habile tactique politique, et non \u00e0 une particuli\u00e8re cruaut\u00e9. Il mourut tr\u00e8s jeune (en 323) et son empire ne lui surv\u00e9cut pas.<\/p>\n<p>D\u00e9mosth\u00e8ne s&#8217;est-il accroch\u00e9 \u00e0 un concept tout \u00e0 fait d\u00e9pass\u00e9 de la &#8221; Cit\u00e9&#8221; grecque ind\u00e9pendante \u00e0 l&#8217;heure de la formation de grands empires ? Sans doute, mais les valeurs de citoyennet\u00e9 d\u00e9fendues par D\u00e9mosth\u00e8ne ne l&#8217;\u00e9taient certainement pas !<\/p>\n<p><strong>ARISTOTE: POLITIQUE <\/strong><a name=\"text25\"><\/a><a href=\"#vn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>Autant a-t-on pu caract\u00e9riser les th\u00e9ories de Platon d&#8217; &#8220;id\u00e9alisme&#8221;, autant faudrait-il caract\u00e9riser celles d&#8217;Aristote (384-322, par ailleurs ancien \u00e9l\u00e8ve de Platon) de &#8221; r\u00e9alisme&#8221;. Il ne s&#8217;agit cependant pas , chez Aristote, d&#8217;un esprit de compromission (&#8221; accepter la r\u00e9alit\u00e9 telle qu&#8217;elle est, sans plus avoir en vue un id\u00e9al&#8221;) mais d&#8217;une m\u00e9thode de travail. Aristote veut partir de la r\u00e9alit\u00e9 concr\u00e8te, la d\u00e9crire, la comprendre mais il veut aussi identifier la &#8221; finalit\u00e9&#8221; propre \u00e0 chaque syst\u00e8me.<\/p>\n<p>Quelle est la finalit\u00e9 de la politique (= la vie de la Cit\u00e9)? Telle est la question abord\u00e9e dans ce trait\u00e9 d\u00e9nomm\u00e9 Politique (&#8221; Politeia&#8221;), reprise et critique de La R\u00e9publique de Platon. La tendance des Modernes est, en g\u00e9n\u00e9ral, de consid\u00e9rer que la politique est une &#8221; administration des choses&#8221; ou pure affaire de conventions ou simple gestion de contraintes. Ce n&#8217;est pas la conception aristot\u00e9licienne ! Le but de l&#8217;organisation de la Cit\u00e9 est de permettre aux gens d&#8217;\u00eatre heureux et tout doit \u00eatre subordonn\u00e9 \u00e0 ce but. Fid\u00e8le \u00e0 sa m\u00e9thode, Aristote d\u00e9crit et discute longuement diverses Constitutions connues \u00e0 son \u00e9poque pour les \u00e9valuer du point de vue de cette capacit\u00e9 \u00e0 permettre le plus grand bonheur possible (il discute bien s\u00fbr \u00e9galement cette notion de bonheur, qu&#8217;il avait d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9e dans un autre Trait\u00e9 ant\u00e9rieur : Ethique \u00e0 Nicomaque). Contrairement encore \u00e0 de nombreux Modernes, Aristote estime en effet qu&#8217;il n&#8217;y a pas de bonheur possible en dehors de la Cit\u00e9, ou sans elle ou contre elle. Le bonheur ne se d\u00e9finit pas de mani\u00e8re individualiste (quitte \u00e0 voir, par apr\u00e8s, comment concilier la multitude des projets personnels). Pour Aristote, la vie associative (dont, \u00e0 partir du couple et de la famille, la Cit\u00e9 est la forme la plus achev\u00e9e) est premi\u00e8re ; elle est &#8221; de nature&#8221; et non simplement de convention entre des individus. Autrement dit encore, &#8221; l&#8217;homme est un animal politique&#8221; selon la c\u00e9l\u00e8bre phrase d&#8217;Aristote (I,2) c&#8217;est-\u00e0-dire un \u00eatre vivant dans un groupe se d\u00e9finissant des buts&#8230;dignes de sa finalit\u00e9 propre). D&#8217;o\u00f9 l&#8217;importance de l&#8217;\u00e9quilibre social (et donc de la justice, mais aussi de la &#8221; sympathie&#8221; (&#8221; philia&#8221;) sociale). D&#8217;o\u00f9 l&#8217;exclusion des m\u00e9thodes violentes, des app\u00e9tits d&#8217;h\u00e9g\u00e9monie, de domination contraires \u00e0 la nature.<\/p>\n<p>Il ne faudrait cependant pas s&#8217;y tromper : la violence, la guerre, l&#8217;arm\u00e9e n&#8217;occupent qu&#8217;une place infime dans le trait\u00e9 d&#8217;Aristote alors qu&#8217; auparavant cette probl\u00e9matique occupait l&#8217;essentiel de la pens\u00e9e politique grecque (d&#8217;Eschyle \u00e0 D\u00e9mosth\u00e8ne en passant par Thucydide et X\u00e9nophon). Le contexte politique venait en effet de changer : les Cit\u00e9s grecques n&#8217;\u00e9taient plus ind\u00e9pendantes. L&#8217;enjeu n&#8217;\u00e9tait plus leurs querelles intestines ni leurs \u00e9ventuels r\u00eaves h\u00e9g\u00e9moniques car, soumises \u00e0 l&#8217;autorit\u00e9 de Philippe de Mac\u00e9doine et puis de son fils Alexandre (&#8230;dont Aristote avait \u00e9t\u00e9 les pr\u00e9cepteur !), le pouvoir politique ne leur appartenait plus. (Par contre, profond\u00e9ment hell\u00e9nis\u00e9s, les Mac\u00e9doniens allaient diffuser la culture grecque \u00e0 travers le monde.) Les consid\u00e9rations d&#8217;Aristote sur la guerre et l&#8217;arm\u00e9e sont donc assez anodines. On peut citer ce passage, le plus important sur le sujet, montrant les avanc\u00e9es mais aussi les limites du raisonnement politique d&#8217;Aristote : &#8221; La pratique des exercices militaires ne doit pas avoir pour objet de r\u00e9duire en servitude ceux qui ne sont pas destin\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00eatre mais c&#8217;est tout d&#8217;abord afin de ne pas tomber soi-m\u00eame sous l&#8217;esclavage des autres, en second lieu pour acqu\u00e9rir l&#8217;h\u00e9g\u00e9monie dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat des populations soumises et non pour se conduire en ma\u00eetre absolu sur tout le monde, et en troisi\u00e8me lieu afin d&#8217;asservir ceux seulement qui m\u00e9ritent d&#8217;\u00eatre esclaves&#8221; (VII, 14). Aristote observe aussi que &#8221; les Etats exclusivement militaires se conservent aussi longtemps qu&#8217;ils sont en guerre mais s&#8217;effondrent une fois qu&#8217;ils ont conquis l&#8217;empire&#8221; (ibid., voir aussi II,9 \u00e0 propos de Sparte). Le l\u00e9gislateur doit plut\u00f4t pr\u00e9voir des Institutions &#8221; en vue d&#8217;assurer le loisir et la paix&#8221;, fins sup\u00e9rieures de l&#8217;activit\u00e9 de l&#8217;Etat (ibid., ainsi que VII,2).<br \/>\nLa limite d&#8217;Aristote (comme celle de Platon) est de maintenir un clivage entre Grecs et barbares et d&#8217;admettre une esclavage &#8221; par nature&#8221;. La notion d&#8217;unit\u00e9 fondamentale du genre humain n&#8217;est pas encore \u00e0 l&#8217;ordre du jour&#8230;<\/p>\n<p><strong><em>Violence, guerre et paix dans l&#8217;histoire de la pens\u00e9e grecque (encart 1)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>EV\u00c9NEMENTS HISTORIQUES \/ LITT\u00c9RATURES \u2013 ID\u00c9ES<\/strong><\/p>\n<p><strong>12\u00b0s.<\/strong> Guerre de Troie<br \/>\n<strong>8\u00b0s.<\/strong> Hom\u00e8re, L&#8217;Iliade<br \/>\n<strong>7\u00b0s.<\/strong> H\u00e9siode, Th\u00e9ogonie, Les travaux et les jours<br \/>\n<strong>6\u00b0 s.<\/strong> (aristocratie \u00e0 Ath\u00e8nes) \/ (litt. lyrique et \u00e9l\u00e9giaque)<br \/>\n(Gr\u00e8ce d&#8217;Asie Mineure) \/ (philosophes pr\u00e9socratiques): H\u00e9raclite, Fragments<br \/>\n<strong>5\u00b0s.<\/strong> Guerres M\u00e9diques (490\/480) \/ Eschyle, Les Perses (472)<br \/>\nH\u00e9rodote, Enqu\u00eates (430 ?)<br \/>\n(Apog\u00e9e d&#8217;Ath\u00e8nes) \/ (Sophocle) (les Sophistes)<br \/>\nGuerre du P\u00e9loponn\u00e8se (431-404) \/ (Euripide)<br \/>\nAristophane, La Paix (421)<br \/>\nThucydide, Histoire de la guerre du P\u00e9loponn\u00e8se (411)<br \/>\nExp\u00e9dition des Dix Mille (401) \/ X\u00e9nophon, L&#8217;Anabase (390)<br \/>\n<strong>4\u00b0s.<\/strong> (Ath\u00e8nes sous les Tyrans) \/ Platon, La R\u00e9publique (375)<br \/>\nMenace mac\u00e9donienne \/ (\u00e9loquence attique): D\u00e9mosth\u00e8ne, Philippiques (351), Isocrate, sur la Paix (356)<br \/>\n(Hell\u00e9nisme mac\u00e9donien) Aristote, Politique (322 ?)<br \/>\n(les Cyniques)<br \/>\n(les Sto\u00efciens, Epicuriens,&#8230;)<\/p>\n<p><strong><em>Violence, guerre et paix dans l&#8217;histoire de la pens\u00e9e grecque (encart 2 et 3)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>LES GRANDES BATAILLES<\/strong><\/p>\n<p><em>MARATHON<\/em> (490): premi\u00e8re Guerre M\u00e9dique, d\u00e9faite perse<br \/>\n<em>THERMOPYLES<\/em> (480): deuxi\u00e8me Guerre M\u00e9dique, d\u00e9faite grecque<br \/>\n<em>SALAMINE<\/em> (480): deuxi\u00e8me Guerre M\u00e9dique, d\u00e9faite navale perse<br \/>\n<em>PLATEES<\/em> (479): deuxi\u00e8me Guerre M\u00e9dique, d\u00e9faite terrestre perse<br \/>\n<em>AEGOS-POTAMOS<\/em> (404): guerre du P\u00e9loponn\u00e8se, d\u00e9faite finale d&#8217;Ath\u00e8nes<br \/>\n<em>CNIDE<\/em> (394): d\u00e9faite de Sparte contre Ath\u00e8nes (et les Perses)<br \/>\n<em>LEUCTRES<\/em> (371): d\u00e9faite de Sparte contre Th\u00e8bes<br \/>\n<em>MANTINEE<\/em> (362): d\u00e9faite de Th\u00e8bes contre Sparte et Ath\u00e8nes<br \/>\n<em>CHERONEE<\/em> (338): d\u00e9faite des Grecs contre les Mac\u00e9doniens<\/p>\n<p><strong>LA GUERRE DANS LA MYTHOLOGIE<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>ARES<\/em><\/strong> est le dieu des combats en ce qu&#8217;ils ont de brutaux, de sauvages, d&#8217;impr\u00e9visibles. Peu appr\u00e9ci\u00e9 des autres divinit\u00e9s olympiennes, il est craint des hommes. Il n&#8217;est pas invincible et, d&#8217;ailleurs, rarement vainqueur en fin de compte. Il est fils de Zeus mais non d&#8217;avec son \u00e9pouse M\u00e8tis (intelligence rus\u00e9e) ni d&#8217;avec Th\u00e9mis (l&#8217;\u00e9quit\u00e9) mais d&#8217;avec H\u00e9ra (la femme fi\u00e8re et jalouse). Il fut appr\u00e9ci\u00e9 d&#8217;Aphrodite (d\u00e9esse de la beaut\u00e9 f\u00e9minine) avec laquelle il eut des relations adult\u00e8res et dont naquit entre autre une fille &#8221; Harmonia&#8221;. La plupart de ses autres enfants eurent une destin\u00e9e malheureuse.<\/p>\n<p><strong><em>ATHENA<\/em><\/strong> est, originellement, une d\u00e9esse guerri\u00e8re mais d\u00e9esse du courage r\u00e9fl\u00e9chi, du combat ordonn\u00e9, \u00e0 l&#8217;inverse d&#8217;Ar\u00e8s son demi-fr\u00e8re avec qui elle ne s&#8217;entendait pas. Ult\u00e9rieurement, elle devint surtout d\u00e9esse des arts industrieux et de la prosp\u00e9rit\u00e9. Fille de Zeus et de M\u00e8tis, &#8221; aval\u00e9e&#8221; en m\u00eame temps que sa m\u00e8re avant sa naissance, elle sortit toute arm\u00e9e et m\u00fbre du cr\u00e2ne de Zeus dont elle devint l&#8217;enfant ch\u00e9ri. Elle resta vierge mais eut, en fait, une f\u00e9condit\u00e9 sans pareil aupr\u00e8s des hommes qui suivirent ses conseils.<\/p>\n<p><strong><em>Violence, guerre et paix dans l&#8217;histoire de la pens\u00e9e grecque (encart 4)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>L&#8217;INSTITUTION MILITAIRE<br \/>\n<em>(dans l&#8217;Ath\u00e8nes classique du 5\u00b0s.)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>EPHEBIE:<\/em><\/strong> service militaire obligatoire des jeunes gens de 18 \u00e0 20 ans, d&#8217;abord dans un gymnase, puis dans une garnison de l&#8217;Attique ; condition pour acc\u00e9der \u00e0 la citoyennet\u00e9.<\/p>\n<p><strong><em>HOPLITE:<\/em><\/strong> soldat d&#8217;infanterie, lourdement arm\u00e9 (35 kg), non professionnel, statut r\u00e9serv\u00e9 (et obligatoire suivant les mobilisations) aux citoyens libres (de la troisi\u00e8me classe censitaire), payant eux-m\u00eames leur armement, formant une phalange*.<\/p>\n<p><strong><em>PELTASTE:<\/em><\/strong> soldat d&#8217;infanterie l\u00e9g\u00e8rement arm\u00e9, de la r\u00e9gion de Thrace \u00e0 l&#8217;origine, mercenaire; autres corps sp\u00e9cialis\u00e9s: lanceurs de javelots, archers, frondeurs<\/p>\n<p><strong><em>CHEVALIER:<\/em><\/strong> statut r\u00e9serv\u00e9 aux citoyens de la seconde classe censitaire, devant eux-m\u00eames entretenir leur cheval; la cavalerie n&#8217;a pas de fonction offensive mais de transport et de poursuite d&#8217;ennemis en d\u00e9route<\/p>\n<p><strong><em>LOKHAGOS:<\/em><\/strong> &#8221; lieutenant&#8221;, commandant une phalange hoplitique<\/p>\n<p><strong><em>PHALANGE:<\/em><\/strong> noyau de base de l&#8217;arm\u00e9e de terre, constitu\u00e9e d&#8217;hoplites* serr\u00e9s les uns contre les autres sur une longue rang\u00e9e et sur 4 \u00e0 8 rang\u00e9es de profondeur, pouvant comporter jusqu&#8217;\u00e0 450 hommes; plusieurs phalanges constituaient un corps d&#8217;arm\u00e9e (&#8221; taxis&#8221;); tr\u00e8s grande force de r\u00e9sistance mais manque de souplesse; implique des habitudes tactiques tr\u00e8s \u00e9l\u00e9mentaires : combats en terrain d\u00e9couvert, pr\u00e9alablement convenu, de jour<\/p>\n<p><strong><em>TAXIARQUE:<\/em><\/strong> officier sup\u00e9rieur, commandant chacun un des dix corps d&#8217;arm\u00e9e; citoyen de premi\u00e8re classe censitaire<\/p>\n<p><strong><em>STRATEGE:<\/em><\/strong> magistrat \u00e9lu pour un an par le peuple pour commander les op\u00e9rations militaires et comme responsable de la d\u00e9fense de la cit\u00e9; leur non-professionnalisme a \u00e9t\u00e9 vivement critiqu\u00e9 par les auteurs; la versatilit\u00e9 de l&#8217;opinion publique \u00e0 leur \u00e9gard ne leur simplifiait pas la t\u00e2che; la d\u00e9magogie de certains a parfois co\u00fbt\u00e9 cher \u00e0 la cit\u00e9.<\/p>\n<p><strong><em>TRIERARQUE:<\/em><\/strong> citoyen de premi\u00e8re classe censitaire s&#8217;engageant \u00e0 \u00e9quiper et entretenir une tri\u00e8re et son \u00e9quipage (bateau de guerre \u00e0 trois rang\u00e9es de rameurs; 36m x 4m; 200 hommes); la flotte ath\u00e9nienne a compt\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 300 tri\u00e8res, elle a \u00e9t\u00e9 le fer de lance de la puissance ath\u00e9nienne<\/p>\n<table border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"5\">\n<tbody>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn0\"><\/a>(<a href=\"#text0\">0<\/a>)<\/td>\n<td>Traduction P. Mazon, \u00e9d. Les Belles Lettres, Paris, 1962.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn1\"><\/a>(<a href=\"#text1\">1<\/a>)<\/td>\n<td>\u00c9dition critique du texte grec avec traduction fran\u00e7aise par P.Mazon dans la collection Bud\u00e9, \u00e9d. Belles Lettres, Paris, 1928\/1986.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn2\"><\/a>(<a href=\"#text2\">2<\/a>)<\/td>\n<td>Dans le sillage de l&#8217;anthropologie depuis Levi-Strauss et de l&#8217;herm\u00e9neutique depuis Ricoeur.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn3\"><\/a>(<a href=\"#text3\">3<\/a>)<\/td>\n<td>Il est impossible de d\u00e9velopper ici toute la mythologie grecque. On se reportera \u00e0 un bon dictionnaire de mythologie (par ex. dans la collection In Extenso, Larousse, 1996).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn4\"><\/a>(<a href=\"#text4\">4<\/a>)<\/td>\n<td>Interpr\u00e9tation inspir\u00e9e de Detienne &amp; Vernant, Les ruses de l&#8217;intelligence, la m\u00e8tis des Grecs, coll. champs, Flammarion, Paris, 1974, sp\u00e9cialement pp.61-103.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn5\"><\/a>(<a href=\"#text5\">5<\/a>)<\/td>\n<td>Dans son autre ouvrage Les travaux et les jours, H\u00e9siode compl\u00e8te cette vision par une pens\u00e9e plus personnelle o\u00f9 il d\u00e9fend la sup\u00e9riorit\u00e9 du travail, de la paix et de la justice sur la morale aristocratique, sur le go\u00fbt de la guerre, sur la &#8221; d\u00e9mesure&#8221; et le &#8221; droit du plus fort&#8221;.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn6\"><\/a>(<a href=\"#text6\">6<\/a>)<\/td>\n<td>La traduction des fragments est emprunt\u00e9e \u00e0 Abel Jeanni\u00e8re, La pens\u00e9e d&#8217;H\u00e9raclite d&#8217;Eph\u00e8se, \u00e9d.Aubier, Paris, 1959.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn7\"><\/a>(<a href=\"#text7\">7<\/a>)<\/td>\n<td>Traduction in Tragiques grecs, coll. La Pl\u00e9iade, NRF-Gallimard, 1962, par J. Grosjean.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn8\"><\/a>(<a href=\"#text8\">8<\/a>)<\/td>\n<td>Darius I, empereur perse de la dynastie m\u00e8de, ayant r\u00e9gn\u00e9 de 522 \u00e0 485, protagoniste de la premi\u00e8re Guerre M\u00e9dique contre la Gr\u00e8ce et d\u00e9fait \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre bataille de Marathon en 490, p\u00e8re de Xerx\u00e8s (485 \u2013 465) ayant conduit la seconde Guerre M\u00e9dique se terminant \u00e0 nouveau par une d\u00e9faite perse lors de la bataille navale de Salamine (480), confirm\u00e9e par une d\u00e9faite terrestre \u00e0 Plat\u00e9es quelques mois plus tard.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn9\"><\/a>(<a href=\"#text9\">9<\/a>)<\/td>\n<td>En r\u00e9ponse \u00e0 une question de la reine \u00e0 ses conseillers sur les m\u0153urs des Grecs : &#8221; ils ne sont pas esclaves, ils n&#8217;ob\u00e9issent \u00e0 aucun homme&#8221; (v.242). Dans l&#8217;inventaire des pertes perses apr\u00e8s la d\u00e9faite de Salamine, Eschyle \u00e9num\u00e8re avec complaisance les possessions retrouv\u00e9es par les Grecs (v.870-907).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn10\"><\/a>(<a href=\"#text10\">10<\/a>)<\/td>\n<td>Le ch\u0153ur perse attribuant \u00e0 Ar\u00e8s (dieu grec de la guerre) le changement de fortune de l&#8217;arm\u00e9e (v.93) ; Darius lui-m\u00eame disant : &#8221; Zeus fait aboutir \u00e0 mon fils la proph\u00e9tie&#8230;&#8221;(v.740) ou \u00e9voquant &#8221; Zeus, exacteur implacable&#8221; (v.827).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn11\"><\/a>(<a href=\"#text11\">11<\/a>)<\/td>\n<td>Dans Les Sept contre Th\u00e8bes (467), Eschyle d\u00e9crit en termes poignants les malheurs de la guerre (v.287-368) et met en sc\u00e8ne la guerre fratricide mais justifie indirectement la guerre de r\u00e9sistance (v.79-181). Dans Agamemnon (458, ainsi que les deux pi\u00e8ces suivantes formant L&#8217;Orestie), Clytemnestre, en tuant le roi, son \u00e9poux, venge la mise \u00e0 mort de sa fille Iphig\u00e9nie mais est surtout l&#8217;instrument de la justice divine pour les diverses fautes lors de la guerre de Troie. Dans les Cho\u00e9phores, Oreste et \u00c9lectre, pour venger leur p\u00e8re, tuent leur m\u00e8re. Selon de telles r\u00e8gles, le meurtre devrait toujours succ\u00e9der au meurtre ; mais les Eum\u00e9nides pr\u00e9sentent un jugement d&#8217;Oreste devant l&#8217;Ar\u00e9opage : l&#8217;ordre de la cit\u00e9 finit par triompher des vengeances priv\u00e9es aveugles.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn12\"><\/a>(<a href=\"#text12\">12<\/a>)<\/td>\n<td>Le nom traditionnel de cette \u0153uvre est Histoires mais il est plus exact de la d\u00e9nommer Enqu\u00eates; trad. Barquet, A., in H\u00e9rodote et Thucydide, coll La Pl\u00e9iade, NRF-Gallimard, 1964.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn13\"><\/a>(<a href=\"#text13\">13<\/a>)<\/td>\n<td>J. LACARRIERE, En cheminant avec H\u00e9rodote, &#8230;<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn14\"><\/a>(<a href=\"#text14\">14<\/a>)<\/td>\n<td>Pour \u00e9tayer cette interpr\u00e9tation, voir HAUVETTE, H\u00e9rodote, historien des Guerres m\u00e9diques.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn15\"><\/a>(<a href=\"#text15\">15<\/a>)<\/td>\n<td>Voir la magistrale comparaison de J. de ROMILLY en introduction de l&#8217;\u00e9dition de La Pl\u00e9iade.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn16\"><\/a>(<a href=\"#text16\">16<\/a>)<\/td>\n<td>Trad. Bebidour, Aristophane, Th\u00e9atre complet, t.1, Livre de Poche, 1965 (excellente introduction).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn17\"><\/a>(<a href=\"#text17\">17<\/a>)<\/td>\n<td>Dans Les Acharniens (425), il met en sc\u00e8ne un simple paysan prenant l&#8217;initiative de n\u00e9gocier seul la paix, y r\u00e9ussit et en engrange les b\u00e9n\u00e9fices bient\u00f4t convoit\u00e9s par les autres. Dans les Cavaliers (424), il tourne en ridicule le principal strat\u00e8ge, victorieux \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, partisan de la guerre \u00e0 outrance contre Sparte.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn18\"><\/a>(<a href=\"#text18\">18<\/a>)<\/td>\n<td>Voir le tr\u00e8s important chapitre que lui consacre Benjamin FRANKEL dans Roots of Realism, \u00e9d.Frank Cass, London, 1966 (un ouvrage fondamental pour l&#8217;\u00e9tude des relations politiques internationales) ; voir aussi Leo Strauss, La renaissance du rationalisme politique classique, Paris, Gallimard, 1993, pp.130-168. et W. Jaeger, Thucydide, philosophe de la politique, in Paideia, Paris, NRF-Gallimard, 1964, pp.436-467 ou encore O. Regenbogen, Thukydides als politischer denker, in Kleine Schriften, \u00e9d. Beck, M\u00fcnchen, 1961, pp. 217-247.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn19\"><\/a>(<a href=\"#text19\">19<\/a>)<\/td>\n<td>Traduction de L&#8217;Anabase de X\u00e9nophon par P. Chambry, GF-Flammarion, r\u00e9\u00e9d. 1996 (1967).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn20\"><\/a>(<a href=\"#text20\">20<\/a>)<\/td>\n<td>Traduction in \u0152uvres compl\u00e8tes de Platon, t.6 et 7, coll. Bud\u00e9, Les Belles Lettres, Paris, 1961, par E. Chambry; \u00e9tude sur La R\u00e9publique de Platon par A. Di\u00e8s dans le m\u00eame volume (t.6), pp.1 \u00e0 146; voir aussi Annas, J., Introduction \u00e0 La R\u00e9publique de Platon, PUF, Paris, 1994 (1981 en anglais).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn21\"><\/a>(<a href=\"#text21\">21<\/a>)<\/td>\n<td>Traduction des Discours d&#8217;Isocrate par G. Mathieu, coll. Bud\u00e9, Les Belles Lettres, Paris, r\u00e9\u00e9d. 1991.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn22\"><\/a>(<a href=\"#text22\">22<\/a>)<\/td>\n<td>&#8230;d\u00e9magogie, groupes de pression, int\u00e9r\u00eats corporatistes ou individuels, v\u00e9nalit\u00e9, corruption, perte de tout sens du bien public, lenteur des prises de d\u00e9cision essentielles, non ex\u00e9cution des d\u00e9cisions, proc\u00e8s politiques, &#8221; justicialisation&#8221; de la politique, prolif\u00e9ration des lois, &#8230;les d\u00e9nonciations d&#8217;Isocrate touchent des probl\u00e8mes structurels des d\u00e9mocraties (&#8230;d&#8217;une surprenante actualit\u00e9!).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn23\"><\/a>(<a href=\"#text23\">23<\/a>)<\/td>\n<td>La 1\u00b0 Philippique date de 351, suivie des trois Olynthiennes (349) et de trois autres Philippiques (344-341) ; \u00e9dition critique du texte grec avec traduction fran\u00e7aise in Plaidoyers politiques, coll. Bud\u00e9, \u00e9d. Belles Lettres, 1989.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn24\"><\/a>(<a href=\"#text24\">24<\/a>)<\/td>\n<td>La proposition de D\u00e9mosth\u00e8ne \u00e9tait d&#8217; armer une r\u00e9serve de cinquante trir\u00e8mes (bateaux de guerre), entretenir un corps de 2000 fantassins et 200 cavaliers, bien pay\u00e9s et constitu\u00e9s de citoyens et non de mercenaires.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn25\"><\/a>(<a href=\"#text25\">25<\/a>)<\/td>\n<td>Traduction de la Politique d&#8217;Aristote par TRICOT, Paris, Vrin, 1962, 531 p.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h2>Bibliografie<\/h2>\n<p>BIBLIOGRAPHIE<\/p>\n<p>&#8211; GUCHET, Y., Histoire des id\u00e9es politiques, t.1, de l&#8217;Antiquit\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise, A. Colin, Paris, 1995, 491 p.<br \/>\n&#8211; NEMO, P., Histoire des id\u00e9es politiques dans l&#8217;Antiquit\u00e9 et au Moyen-Age, PUF- fondamental, Paris, 1998, 748 p.<br \/>\n&#8211; SINCLAIR, Histoire de la pens\u00e9e politique grecque, Payot, Paris, 1953.<\/p>\n<p>* * *<\/p>\n<p>&#8211; BERNAND, A., Guerre et violence dans la Gr\u00e8ce antique, Hachette\/Litt\u00e9rature, Paris, 1999.<br \/>\n&#8211; BRUN, P., Guerres et soci\u00e9t\u00e9s dans les mondes grecs (490-322), Paris, 1999.<br \/>\n&#8211; DUCREY, P., Guerre et guerriers dans la Gr\u00e8ce antique, r\u00e9\u00e9d. coll. Pluriel 986, Hachette\/Litt\u00e9rature, Paris, 1999.<br \/>\n&#8211; GARLAN, Y., La guerre dans l&#8217;Antiquit\u00e9, Nathan, Paris, 1972 (r\u00e9ed. 1999).<br \/>\n&#8211; Id., Guerre et \u00e9conomie en Gr\u00e8ce ancienne, La D\u00e9couverte, Paris, 1989.<br \/>\n&#8211; Id., L&#8217;homme et la guerre in L&#8217;homme grec, Seuil, Paris, 1993, pp. 65-102.<br \/>\n&#8211; LONIS, R., Guerre et religion en Gr\u00e8ce \u00e0 l&#8217;\u00e9poque classique, Paris, 1979.<br \/>\n&#8211; PRITCHETT, W.K.,The Greek State and War, 5 vol., Berkeley \u2013 LA, 1971-1991.<br \/>\n&#8211; PROST, F., (\u00e9d.), Arm\u00e9es et soci\u00e9t\u00e9s de la Gr\u00e8ce classique, \u00e9d. Errance, Paris, 1999.<br \/>\n&#8211; VERNANT, J-P, (ss.dir.), Probl\u00e8mes de la guerre en Gr\u00e8ce ancienne, coll. Points \/ Histoire 265 (r\u00e9\u00e9d. de 1968) dont :<br \/>\n&#8211; VIAN, F., La fonction guerri\u00e8re dans la mythologie grecque, ibid., pp. 67-88.<br \/>\n&#8211; de ROMILLY, J., Guerre et paix entre les cit\u00e9s, ibid., pp. 273-290.<br \/>\n&#8211; VIDAL-NAQUET, La tradition de l&#8217;hoplite ath\u00e9nien, ibid., pp. 213-233.<br \/>\n&#8211; VERNANT, J-P, La guerre des cit\u00e9s, in Mythe et soci\u00e9t\u00e9 en Gr\u00e8ce ancienne, Maspero, Paris, 1934, pp. 31-56.<br \/>\n&#8211; WARRY, J., Histoire des guerres de l&#8217;Antiquit\u00e9, Bruxelles, 1981.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Violence, guerre et paix dans la philosophie. Une analyse du th\u00e8me dans l&#8217;Antiquit\u00e9 grecque. &nbsp; Selis Claude Pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale: Le premier dossier concerne l&#8217;Antiquit\u00e9 grecque classique d&#8217;Hom\u00e8re \u00e0 Aristote (soit du 8\u00b0 au 4\u00b0 si\u00e8cle avant notre \u00e8re). C&#8217;est une p\u00e9riode de choix (mais pas&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,7],"tags":[],"class_list":["post-605","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-geweld-oorlog-en-vrede-gov-vanuit-filosofisch-perspectief","category-studiecentrum"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/605","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=605"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/605\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8897,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/605\/revisions\/8897"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=605"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=605"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=605"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}