{"id":601,"date":"2013-02-02T00:00:00","date_gmt":"2014-02-06T11:37:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.army-chaplaincy.be\/benl\/2012\/06\/16\/violence-guerre-et-paix-dans-la-bible-levitique\/"},"modified":"2021-02-06T20:37:11","modified_gmt":"2021-02-06T19:37:11","slug":"violence-guerre-et-paix-dans-la-bible-levitique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/2013\/02\/02\/violence-guerre-et-paix-dans-la-bible-levitique\/","title":{"rendered":"Violence, guerre et paix dans la Bible \u2013 L\u00e9vitique"},"content":{"rendered":"<p>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; Une analyse des textes de L\u00e9vitique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><a href=\"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/aalmoezeniersdienst\/leden\/profiel-selis-claude\/\">Selis Claude<\/a><\/em><\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale:<\/strong><\/p>\n<p><em>Pour entrer dans le livre du L\u00e9vitique<\/em><\/p>\n<p>\nLe livre du L\u00e9vitique est le troisi\u00e8me livre biblique, livre central du Pentateuque (ou &#8221; Torah&#8221;), ensemble des cinq premiers livres constituant la r\u00e9f\u00e9rence fondamentale du juda\u00efsme. Peu en faveur dans le christianisme (seulement deux lectures sur les trois ann\u00e9es du cycle liturgique), il est par contre fort \u00e9tudi\u00e9 dans le juda\u00efsme pour qui il repr\u00e9sente la &#8221; Torah des pr\u00eatres&#8221;.<\/p>\n<p>Son nom de &#8221; L\u00e9vitique&#8221; (du nom de la tribu de L\u00e9vi traditionnellement vou\u00e9e au culte) en indique bien l&#8217;allure sacerdotale (rituel des sacrifices : chap. 1-7, investiture des pr\u00eatres : chap. 8 &#8211; 10, r\u00e8gles de puret\u00e9 : chap. 11 &#8211; 16, loi de saintet\u00e9 : chap. 17 &#8211; 26, tarification des v&#339;ux et rachats : chap.27). La l\u00e9gislation cultuelle en repr\u00e9sente ainsi 85% du contenu, contre 15% pour les parties narratives. L\u00e9gislation consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9su\u00e8te et sans int\u00e9r\u00eat dans le christianisme (et de lecture r\u00e9barbative, il est vrai) le livre n&#8217;en contient pas moins des versets lumineux (essentiellement dans le chap.19) sur l&#8217;amour du prochain et de l&#8217;\u00e9tranger ainsi que sur la justice sociale.<\/p>\n<p>Assez homog\u00e8ne puisqu&#8217;il rel\u00e8ve enti\u00e8rement de la tradition sacerdotale et post-exilique dans sa r\u00e9daction essentielle et finale, le livre contient assur\u00e9ment des \u00e9l\u00e9ments archa\u00efques (pr\u00e9-exiliques) pr\u00e9serv\u00e9s par les rituels.<\/p>\n<p>La violence n&#8217;est pas un th\u00e8me majeur du L\u00e9vitique sauf indirectement par le caract\u00e8re violent qu&#8217;implique la notion m\u00eame de sacrifice religieux. S&#8217;agit-il de sacralisation de la violence ou, au contraire, de tentative de d\u00e9rivation de la violence par sa ritualisation sous des formes codifi\u00e9es et ma\u00eetris\u00e9es ? Ce sont ainsi des questions anthropologiques fondamentales qui sont soulev\u00e9es sur le lien entre la violence et le sacr\u00e9.  <\/p>\n<p>\n<strong>\u00b7 Textes \u00e9tudi\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; L\u00e9vitique<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nTextes \u00e9tudi\u00e9s :\t<br \/>\n(d\u00e9roulez ou cliquez sur le texte choisi)<\/p>\n<p>1. L\u00e9vitique 3, 1-17: Sacrifice de paix<br \/>\n2. L\u00e9vitique 16: Le bouc \u00e9missaire<br \/>\n3. L\u00e9vitique 19,17-18: L&#8217;amour du prochain<br \/>\n4. L\u00e9vitique 24,17-22: La loi du talion<br \/>\n5. L\u00e9vitique 26,6-8:  B\u00e9n\u00e9diction de paix<\/p>\n<p>\n<strong><em>Encarts documentaires:<\/em><\/strong><br \/>\n1. Les sacrifices dans le L\u00e9vitique<br \/>\n2. Contexte historique du L\u00e9vitique<br \/>\n3. Violences, guerre et paix \u00e0 l&#8217;\u00e9poque du L\u00e9vitique<br \/>\n4. R\u00e9flexion d&#8217;anthropologie religieuse: le sacrifice et le sacr\u00e9<\/p>\n<p>\n<strong>LEVITIQUE 3,1 &#8211; 17:<br \/>\nSACRIFICE DE PAIX\t<\/p>\n<p><em>&#8221; les pr\u00eatres feront couler le sang&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nLes traducteurs rendent bien souvent l&#8217;expression zebah shelamim  par &#8221; sacrifice de paix&#8221;. La racine shalom semble plaider en ce sens. Ce n&#8217;est pas vraiment faux mais il est un peu abusif (et trop m\u00e9canique) de traduire tout mot comportant cette racine par &#8221; paix&#8221; <a name=\"text1\"><a href=\"#vn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>. L&#8217;expression est \u00e0 d\u00e9finir en fonction des autres types de sacrifices (voir encart \u00e0 ce sujet). Il ne s&#8217;agit en effet pas du tout d&#8217;un sacrifice de r\u00e9tablissement de la paix apr\u00e8s un conflit mais d&#8217;un &#8221; sacrifice de communion&#8221; avec Dieu, supposant bien s\u00fbr harmonie dans la relation. Il est offert, spontan\u00e9ment, en action de gr\u00e2ce, ind\u00e9pendamment du calendrier liturgique, par et pour une famille.<\/p>\n<p>Ce sacrifice consiste \u00e0 immoler un animal, m\u00e2le ou femelle, petit ou gros b\u00e9tail (les esp\u00e8ces sont pr\u00e9cis\u00e9es), sans d\u00e9faut, selon un rite d\u00e9termin\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 par l&#8217;offrant (sauf l&#8217;\u00e9coulement du sang qui doit \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9 par des pr\u00eatres). Les parties estim\u00e9es les plus riches de l&#8217;animal (les graisses) sont r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 Dieu (en fait, elles sont br\u00fbl\u00e9es) tandis que les viandes cuites sont consomm\u00e9es au moment m\u00eame par les convives de ce repas sacr\u00e9, signe de la communion avec la divinit\u00e9. Le sang de l&#8217;animal ne peut \u00eatre consomm\u00e9. Il est r\u00e9pandu autour de l&#8217;autel. <\/p>\n<p>Remarquons que, dans ce sacrifice de communion o\u00f9 le rituel est ex\u00e9cut\u00e9 par l&#8217;offrant (non-pr\u00eatre), pr\u00e9cis\u00e9ment le sang de l&#8217;animal doit \u00eatre trait\u00e9 par un pr\u00eatre et ne peut \u00eatre consomm\u00e9. M\u00eame par rapport \u00e0 un animal, il y a donc conscience de toucher \u00e0 du sacr\u00e9 en touchant au sang, d&#8217;o\u00f9 le traitement particulier qui lui est r\u00e9serv\u00e9. M\u00eame si le sacrifice animalier est d\u00e9j\u00e0 une d\u00e9rivation de sacrifices humains, il reste une conscience d&#8217;un danger de repasser de l&#8217;un \u00e0 l&#8217;autre (de l&#8217;animal \u00e0 l&#8217;humain) ou de repasser du rituel au r\u00e9el (de la violence rituelle \u00e0 la violence r\u00e9elle). Le probl\u00e8me crucial semble bien \u00eatre celui de la ma\u00eetrise de la violence par sa sacralisation.<\/p>\n<p>\n<strong>LEVITIQUE 16:<br \/>\nLE BOUC EMISSAIRE\t<\/p>\n<p><em>&#8221; Et le bouc emportera sur lui<br \/>\ntoutes leurs fautes en un lieu aride&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nCe chapitre d\u00e9crit le rite particulier du Jour des Expiations (le Yom Kippur du calendrier juif moderne) ayant lieu annuellement le &#8221; dixi\u00e8me jour du septi\u00e8me mois&#8221; (novembre du calendrier occidental moderne).<br \/>\nLa c\u00e9r\u00e9monie comporte deux rituels bien distincts : un rituel sacrificiel (sacrifice d&#8217;un taureau pour les p\u00e9ch\u00e9s du pr\u00eatre et d&#8217;un bouc pour le p\u00e9ch\u00e9 du peuple) et un rite non-sacrificiel qui est celui du bouc \u00e9missaire. Celui-ci est choisi au hasard parmi deux boucs pr\u00e9sent\u00e9s par le peuple. L&#8217;un (celui &#8221; pour Yahv\u00e9&#8221;) sera destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre immol\u00e9, l&#8217;autre (celui &#8221; pour Azazel&#8221;) sera laiss\u00e9 vivant mais conduit dans un endroit d\u00e9sert apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 symboliquement charg\u00e9 des p\u00e9ch\u00e9s du peuple par une imposition des mains du pr\u00eatre.<br \/>\nEtant tir\u00e9s au sort, les deux animaux sont donc r\u00e9put\u00e9s \u00e9galement purs puisque l&#8217;un ou l&#8217;autre aurait pu servir au sacrifice &#8221; pour Yahv\u00e9&#8221;.<br \/>\nQui est le &#8221; Azazel&#8221; \u00e0 qui est attribu\u00e9 l&#8217;autre ? L&#8217;on comprend spontan\u00e9ment qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une divinit\u00e9 &#8211;diabolique- du d\u00e9sert (ce lieu mythologiquement  diabolique) mais il n&#8217;est m\u00eame pas s\u00fbr qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un nom propre. La LXX a compris &#8221; qui \u00e9carte (les fl\u00e9aux)&#8221;. Saint J\u00e9r\u00f4me, dans la Vulgate, a traduit par capro emissario (d&#8217;o\u00f9 vient le &#8221; bouc \u00e9missaire&#8221;, en fran\u00e7ais) qui se r\u00e9f\u00e8re au fait que ce bouc est &#8221; envoy\u00e9&#8221; au d\u00e9sert. <br \/>\nLe pr\u00eatre lui impose les deux mains tout en confessant les p\u00e9ch\u00e9s du peuple. Il ne s&#8217;agit donc pas du geste d&#8217;intronisation dans une fonction (de roi, de proph\u00e8te ou de pr\u00eatre) qui ne se fait que d&#8217;une main mais d&#8217;un geste voulant signifier le transfert des fautes du peuple sur ce bouc. Il semble bien qu&#8217;il s&#8217;agisse cette fois des fautes volontaires et non involontaires.<br \/>\nUne personne pr\u00e9alablement d\u00e9sign\u00e9e pour ce service doit alors conduire le bouc &#8221; en un lieu aride&#8221; (trad. Bible de J\u00e9rusalem). Il ne s&#8217;agit pas en h\u00e9breu du mot habituel pour d\u00e9signer un d\u00e9sert mais d&#8217;un terme tr\u00e8s flou d\u00e9signant un lieu &#8221; coup\u00e9&#8221; du monde. Ce n&#8217;est donc peut-\u00eatre pas un lieu physique qui est d\u00e9sign\u00e9 mais un imp\u00e9ratif social : l&#8217;expulsion en dehors du groupe social. Le rabbinisme ult\u00e9rieur a compris &#8221; lieu escarp\u00e9&#8221; et la pratique consistait \u00e0 pr\u00e9cipiter ce bouc du haut d&#8217;une falaise (trait\u00e9 Yoma de la Mishna).<br \/>\n La personne qui a conduit le bouc &#8221; en dehors&#8221; est ensuite r\u00e9int\u00e9gr\u00e9e dans le groupe social (&#8221; dans le camp&#8221;) apr\u00e8s une  proc\u00e9dure de d\u00e9contamination (changer de v\u00eatement et prendre un bain).<\/p>\n<p>*\t*\t*<\/p>\n<p>Ce n&#8217;est pas pour rien que les sciences humaines (anthropologie, sociologie, psychologie) ont relu cette description comme  un des m\u00e9canismes les plus profonds et les plus dangereux de la violence.<br \/>\nIl ne s&#8217;agit pas, en effet, ici d&#8217;une violence r\u00e9pondant \u00e0 une violence (comme dans la &#8221; loi du talion&#8221; qui tente de proportionner la vengeance au tort commis) ni d&#8217;une violence motiv\u00e9e par une volont\u00e9 de conqu\u00eate ou d&#8217;accaparement, ni d&#8217;une violence en r\u00e9action \u00e0 une crainte fond\u00e9e mais d&#8217;une violence &#8221; gratuite&#8221;, tombant sur une victime innocente. Le danger particulier est que la victime est al\u00e9atoire. Le sort peut tomber sur n&#8217;importe quel individu ou groupe. Mais, en fait, comme le r\u00e9v\u00e8le les constantes sociologiques, sera d\u00e9sign\u00e9 celui qui pr\u00e9sente des signes victimaires (tout type d'&#8221;anormalit\u00e9&#8221; ou de sp\u00e9cificit\u00e9) n&#8217;ayant rien \u00e0 voir avec une quelconque culpabilit\u00e9 r\u00e9elle mais bien avec d&#8217;obscures jalousies ou ressentiments dans le chef du groupe pers\u00e9cuteur.<br \/>\nLe but poursuivi est de se d\u00e9faire d&#8217;une culpabilit\u00e9. On dit concentrer sur cette victime le poids des fautes et, en la bannissant, on croit pouvoir se d\u00e9barrasser de cette culpabilit\u00e9 et refaire la coh\u00e9sion du groupe (perturb\u00e9e par les fautes r\u00e9elles commises en son sein). On croit donc r\u00e9gler un probl\u00e8me interne (celui de la culpabilit\u00e9) en l&#8217;externalisant. Le proc\u00e9d\u00e9 du transfert a, depuis, \u00e9t\u00e9 minutieusement analys\u00e9 par la psychanalyse. Le danger r\u00e9side ici dans le caract\u00e8re incontr\u00f4lable du sentiment de culpabilit\u00e9 et de son effet d&#8217;entra\u00eenement potentiellement illimit\u00e9 une fois que le m\u00e9canisme est lanc\u00e9. <br \/>\nLe principe du bannissement  pr\u00e9sente \u00e9galement un danger particulier. En effet, au d\u00e9part, ce type de sacrifice a l&#8217;air non-violent et est donc plus facilement acceptable par la conscience morale populaire. Mais le non-dit sur le sort final de la victime (le texte ne dit pas ce qu&#8217;il est advenu du bouc) laisse la porte ouverte au pire (et c&#8217;est ce qui arrive chaque fois !). Le principe \u00e9tant l&#8217;expulsion, il est clair que l&#8217;expulsion la plus radicale est la mort (c&#8217;est d&#8217;ailleurs ce que confirme la pratique rabbinique, comme not\u00e9 plus haut). Ce sacrifice apparemment non-violent se r\u00e9v\u00e8le en fait le plus violent et le plus pervers (comme l&#8217;a confirm\u00e9 la shoa de 1940-45).<br \/>\nLe m\u00e9rite de ce texte est d&#8217;avoir si clairement identifi\u00e9 ce m\u00e9canisme du bouc \u00e9missaire qui d\u00e9passe de loin toute consid\u00e9ration d&#8217;une religion particuli\u00e8re mais touche aux tr\u00e9fonds de l&#8217; anthropologie. La question est de savoir si la ritualisation de ce m\u00e9canisme peut \u00eatre efficace c&#8217;est-\u00e0-dire si l&#8217;ex\u00e9cution du rite peut \u00e9viter la mise en &#339;uvre r\u00e9elle du m\u00e9canisme. Le risque n&#8217;est-il pas d&#8217;inciter \u00e0 cette conduite en la banalisant (par le caract\u00e8re annuel du rite) et en la sacralisant (du moins dans son principe) ? <br \/>\nLa th\u00e9ologie du L\u00e9vitique est, \u00e0 cet \u00e9gard, suspecte. Malgr\u00e9 que ce texte ait probablement \u00e9t\u00e9 \u00e9crit (m\u00eame s&#8217;il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une pratique plus ancienne) au 4\u00b0s., apr\u00e8s Ez\u00e9chiel, sa th\u00e9ologie est en de\u00e7\u00e0 d&#8217;une th\u00e9ologie de la responsabilit\u00e9. Le caract\u00e8re magique et collectif du proc\u00e9d\u00e9 n&#8217;incite pas \u00e0 ouvrir l&#8217;enqu\u00eate pour d\u00e9terminer qui est r\u00e9ellement responsable de quoi. D&#8217;autres textes bibliques (\u00e9galement ant\u00e9rieurs, comme les textes deut\u00e9ronomiques) pr\u00e9sentent des portes de sortie plus honorables au sentiment de culpabilit\u00e9 : les th\u00e9ologies de la mis\u00e9ricorde, par exemple&#8230;<\/p>\n<p>\n<strong>LEVITIQUE 19, 17-18:<br \/>\nL&#8217;AMOUR DU PROCHAIN<\/p>\n<p><em>&#8221; Tu aimeras ton prochain comme toi-m\u00eame&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Ce &#8221; commandement&#8221; est celui par lequel l&#8217;\u00e9vangile de Luc r\u00e9sume l&#8217;essentiel de la Loi dans une sc\u00e8ne aussi br\u00e8ve que p\u00e9remptoire. &#8221; Que dois-je faire pour obtenir la vie \u00e9ternelle ?&#8221; demande un l\u00e9giste \u00e0 J\u00e9sus. J\u00e9sus le renvoie \u00e0 la lecture de la Loi. A la satisfaction de J\u00e9sus, le l\u00e9giste la r\u00e9sume \u00e0 ses deux pr\u00e9ceptes essentiels : l&#8217;amour de Dieu et l&#8217;amour du prochain. Le premier pr\u00e9cepte est une citation de Deut\u00e9ronome 6,5 (contexte du D\u00e9calogue), le second de L\u00e9vitique 19,18 (notre passage).<br \/>\nRemarquons donc bien que ce commandement de l&#8217;amour du prochain n&#8217;est pas une cr\u00e9ation du Nouveau Testament mais bien un h\u00e9ritage de l&#8217;Ancien, net t\u00e9moin de sa hauteur morale.<br \/>\nCe &#8221; commandement&#8221; se pose comme la conclusion d&#8217;une s\u00e9rie de prescriptions \u00e0 caract\u00e8re social (v.11 \u00e0 18, ponctu\u00e9es par des &#8221; Je suis Yahw\u00e9&#8221;). Cela renforce encore sa port\u00e9e puisqu&#8217;il relativise ainsi lui-m\u00eame l&#8217;efficacit\u00e9 des interdits que multiplient les codes l\u00e9gislatifs et indique l&#8217;ampleur du renversement n\u00e9cessaire de mentalit\u00e9.<br \/>\nSon contexte imm\u00e9diat (v.17-18) situe l&#8217;amour comme antidote \u00e0 la haine, \u00e0 la vengeance et \u00e0 la rancune. Le L\u00e9vitique a bien per\u00e7u combien ces sentiments sont \u00e0 la racine d&#8217;actes de violence dans la soci\u00e9t\u00e9 et combien ils sont profond\u00e9ment ancr\u00e9s dans les c&#339;urs. Il fait donc appel \u00e0 cet autre sentiment le plus profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans le c&#339;ur qu&#8217;est l&#8217;amour pour les surmonter. L&#8217;amour qui appara\u00eet a priori comme le sentiment le plus priv\u00e9 qui soit devient ici le mod\u00e8le social de relation, le seul possible si l&#8217;on veut atteindre les causes profondes de toutes les perturbations de la vie sociale.<br \/>\n&#8221; Mais qui est mon prochain ?&#8221; demandait le l\u00e9giste de l&#8217;\u00e9vangile de Luc (Lc.10,29-37, parabole du bon Samaritain). La r\u00e9ponse \u00e9tait : celui (m\u00eame inconnu, m\u00eame ennemi) que tu croises sur ton chemin.  Le L\u00e9vitique, environ quatre si\u00e8cles auparavant, n&#8217;est pas en reste : quelques versets plus loin, il pr\u00e9cise : &#8221; l&#8217;\u00e9tranger qui r\u00e9side avec vous sera pour vous comme un compatriote et tu l&#8217;aimeras comme toi-m\u00eame&#8221; (v.34).<br \/>\nAimer l&#8217;autre comme soi-m\u00eame ! Le L\u00e9vitique cautionne-t-il, encourage-t-il ainsi l&#8217;\u00e9go\u00efsme ? Ce texte devrait nous aider \u00e0 r\u00e9apprendre la diff\u00e9rence entre l&#8217;\u00e9go\u00efsme (le r\u00e9flexe de tout rapporter \u00e0 soi, qui ne peut qu&#8217;engendrer des conflits) et l&#8217;amour de soi comme conscience de sa dignit\u00e9. Si on a conscience de sa dignit\u00e9, on ne se permettra pas des actes de bassesse. Si on a conscience de la dignit\u00e9 de l&#8217;autre, on les \u00e9vitera d&#8217;autant plus. Corr\u00e9lativement, si on a le sentiment d&#8217;\u00eatre respect\u00e9, on ne sera pas tent\u00e9 par des comportements haineux, vengeurs et rancuniers. \t   <\/p>\n<p>\n<strong>LEVITIQUE 24, 17-22:<br \/>\nLA LOI DU TALION<\/p>\n<p><em>&#8221; si quelqu&#8217;un frappe \u00e0 mort<br \/>\nun homme quel qu&#8217;il soit &#8230;&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nNous avions d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 la fameuse &#8221; loi du talion&#8221; dans le contexte du &#8221; Code de l&#8217;Alliance&#8221; dans le livre de l&#8217;Exode (voir ce fascicule). Elle est ici reprise dans le cadre du &#8221; Code de Saintet\u00e9&#8221; (L\u00e9v. 17 \u00e0 26), ensemble de prescriptions cultuelles et morales, du L\u00e9vitique.<br \/>\nNous avions vu comment, par son principe de pure r\u00e9ciprocit\u00e9,  cette loi  repr\u00e9sentait un progr\u00e8s par rapport au principe plus archa\u00efque de vengeance non-limit\u00e9e. Nous avions relev\u00e9 que cette loi \u00e9tait certainement d\u00e9j\u00e0 caduque \u00e0 l&#8217;\u00e9poque de la r\u00e9daction de l&#8217;Exode (puisque le D\u00e9calogue &#8211;typiquement &#8221; exodial&#8221;- repr\u00e9sentait une r\u00e9flexion morale beaucoup plus \u00e9volu\u00e9e et que l&#8217;on sait que c&#8217;est un syst\u00e8me d&#8217;amendes qui fonctionnait), a fortiori l&#8217;est-elle encore beaucoup plus \u00e0 l&#8217;\u00e9poque du L\u00e9vitique (cinq si\u00e8cles plus tard). C&#8217;est un peu comme si, \u00e0 chaque fois, on rappelait ses sources d&#8217;archives.<br \/>\nSource d&#8217;archive ou tentative (ou tentation ?) sacerdotale de retour \u00e0 une &#8221; justice&#8221; simple, exp\u00e9ditive et extr\u00eame ? Le contexte le laisse \u00e0 penser. En effet, l&#8217;insertion de ce rappel de la loi du talion dans un r\u00e9cit de punition \u00e0 la peine de mort par lapidation d&#8217;un blasph\u00e9mateur montre que cette loi est utilis\u00e9e comme argument pour justifier la mise \u00e0 mort suivant le raisonnement : s&#8217;il est permis de sanctionner de mort celui qui a frapp\u00e9 \u00e0 mort un humain, a fortiori est-il permis de sanctionner de mort celui qui a blasph\u00e9m\u00e9 contre Dieu. <br \/>\nLa caste sacerdotale post-exilique \u00e9tait certainement soucieuse<br \/>\nd&#8217;efficacit\u00e9 dans la plus louable intention de resouder le peuple autour d&#8217;une discipline religieuse commune, cela passe-il n\u00e9cessairement par de telles cruaut\u00e9s archa\u00efques ? Le m\u00e9canisme semble toujours d&#8217;actualit\u00e9.<br \/>\nLe c\u00f4t\u00e9 positif &#8211; si l&#8217;on peut dire- est que cette &#8221; justice&#8221; doit \u00eatre appliqu\u00e9e impartialement \u00e0 quiconque (v.22) &#8221; qu&#8217;il soit \u00e9tranger ou citoyen&#8221; (v.16 et 22). Le texte l&#8217;entend de la sanction mais nous pouvons l&#8217;entendre de la justice en g\u00e9n\u00e9ral. <\/p>\n<p>\n<strong>LEVITIQUE 26,6-8<br \/>\nBENEDICTION DE PAIX<\/p>\n<p><em>&#8221; Je mettrai la paix dans le pays&#8221;<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nDans l&#8217;Antiquit\u00e9 biblique, les pactes d&#8217;alliances entre souverains se concluaient par une s\u00e9rie de b\u00e9n\u00e9dictions (en cas de respect du pacte) et de mal\u00e9dictions (dans le cas contraire). Ces formules pouvaient n&#8217;\u00eatre que des formules de politesse ou de menaces de pure forme ; elles pouvaient aussi exprimer les v&#339;ux les plus chers des peuples respectifs.<br \/>\nDans notre livret du L\u00e9vitique, le pacte religieux mis au point par le clerg\u00e9 du second Temple est pr\u00e9sent\u00e9 sous la forme du pacte d&#8217;alliance politique ou militaire. Que Dieu soit consid\u00e9r\u00e9 comme souverain n&#8217;\u00e9tonnera pas mais que le peuple le soit \u00e9tonne assur\u00e9ment. Indirectement, cela veut dire que le peuple, le croyant n&#8217;est pas consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00eatre soumis mais comme un partenaire qui aurait la possibilit\u00e9 de refuser et dont, en tout cas, le consentement r\u00e9fl\u00e9chi est sollicit\u00e9.<br \/>\nDeux promesses sont formul\u00e9es en cas de respect du pacte (v.3 \u00e0 11). La premi\u00e8re concerne la f\u00e9condit\u00e9 de la terre (v.4). La seconde lui est intimement li\u00e9e et concerne la s\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure : &#8221; vous mangerez votre pain \u00e0 sati\u00e9t\u00e9 et vous habiterez le pays en s\u00e9curit\u00e9&#8221; (v.5). Divers aspects en sont explicit\u00e9s : l&#8217;\u00e9loignement des menaces naturelles (b\u00eates sauvages) et de la menace humaine (&#8221; l&#8217;\u00e9p\u00e9e ne traversera pas votre pays&#8221;). En cas d&#8217;agression, le succ\u00e8s dans la poursuite des ennemis est garanti gr\u00e2ce \u00e0 une d\u00e9multiplication de l&#8217;efficacit\u00e9 des forces (&#8221; cinq d&#8217;entre vous en poursuivront cent, cent en poursuivront dix mille&#8221;) (v.8). A noter qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9poque du L\u00e9vitique (voir encart), il n&#8217;\u00e9tait pas question pour les Jud\u00e9ens de poursuivre un quelconque ennemi puisque toute la r\u00e9gion \u00e9tait sous domination perse et qu&#8217;il n&#8217;\u00e9tait certainement pas question de s&#8217;en prendre aux Perses !<br \/>\nOn aura d&#8217;ailleurs remarqu\u00e9 que ces versets ne font aucune allusion pr\u00e9cise \u00e0 une quelconque situation concr\u00e8te. Ces images de sup\u00e9riorit\u00e9 militaire, fr\u00e9quentes dans la Bible, rel\u00e8vent clairement de la rh\u00e9torique conventionnelle. <br \/>\nLe chapitre des mal\u00e9dictions est bien plus fourni (v.14 \u00e0 46) et on y trouve, \u00e0 l&#8217;inverse, des menaces de famine, de d\u00e9faite militaire, d&#8217;ins\u00e9curit\u00e9, de maladie, de peur et d&#8217;angoisse. Alors que l&#8217;auteur n&#8217;a pas peur de pr\u00e9senter les menaces de Yahv\u00e9 en termes tr\u00e8s belliqueux (les mots &#8221; \u00e9p\u00e9e&#8221; et &#8221; ennemi&#8221; reviennent 14 fois en 30 versets !), il est int\u00e9ressant de constater que ce sont la prosp\u00e9rit\u00e9 et la paix qui sont pr\u00e9sent\u00e9s comme les souverains biens.<\/p>\n<p><strong><em>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; L\u00e9vitique (encart 1)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>LES SACRIFICES DANS LE LEVITIQUE<\/strong>\t<\/p>\n<p>\nIl est fait allusion \u00e0 des sacrifices de multiples fois dans les divers livrets bibliques mais c&#8217;est le livre du L\u00e9vitique (le livre des pr\u00eatres) qui en traite de la mani\u00e8re la plus syst\u00e9matique et technique (chap. 1 \u00e0 7).  Le livre distingue cinq types de sacrifice :<\/p>\n<p>\u00b7 l&#8217;holocauste (&#8216;olah), o\u00f9 la victime (animale) est immol\u00e9e et enti\u00e8rement consum\u00e9e, est sans doute un sacrifice tr\u00e8s ancien en Isra\u00ebl. Il \u00e9tait c\u00e9l\u00e9br\u00e9 initialement en des circonstances exceptionnelles (une victoire, une manifestation de la pr\u00e9sence de Dieu, &#8230;) comme action de gr\u00e2ce <a name=\"text1\"><a href=\"#vn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>\u00b7 l&#8217;oblation (minhah) consiste en une offrande v\u00e9g\u00e9tale (farine, p\u00e2te cuite ou pr\u00e9mices de r\u00e9colte et huile). Elle suppose une civilisation agraire et s\u00e9dentaire (et non plus nomade). L&#8217;oblation est \u00e9galement une action de gr\u00e2ce, spontan\u00e9e et personnelle, en diff\u00e9rentes occasions. Elle a aussi fini par servir de rite introductif aux autres types de sacrifice. Sauf une part qui est br\u00fbl\u00e9e (r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 Dieu), le reste est consomm\u00e9 par le clerg\u00e9.<\/p>\n<p>\u00b7 le sacrifice de communion (zebah shelamim)  est un repas sacr\u00e9 de viande, c\u00e9l\u00e9br\u00e9 initialement en famille, apr\u00e8s abattage rituel de l&#8217;animal et dont une part est r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 Dieu (part br\u00fbl\u00e9e). Il s&#8217;agit d&#8217;un geste voulant signifier la communion (relation harmonieuse) avec la divinit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00b7 le sacrifice de r\u00e9paration (&#8216;asham) est une sorte de compensation pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la divinit\u00e9 pour les transgressions individuelles et involontaires <a name=\"text2\"><a href=\"#vn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> de l&#8217;une des prescriptions de la Loi. On estimait sans doute qu&#8217;une faute m\u00eame involontaire mais ayant cr\u00e9\u00e9 objectivement un tort devait \u00eatre r\u00e9par\u00e9e. La faute devait \u00eatre confess\u00e9e publiquement. La victime de ce sacrifice \u00e9tait n\u00e9cessairement un b\u00e9lier.<\/p>\n<p>\u00b7 le sacrifice d&#8217;expiation (hattat) &#8221; pour les p\u00e9ch\u00e9s&#8221; est en fait destin\u00e9 \u00e0 \u00e9liminer les fautes rituelles commises par inadvertance ou indirectement (tous les cas d&#8217;impuret\u00e9 rituelle). La victime (animale) variait en fonction du statut social du &#8220;coupable&#8221;. Le sang de la victime n&#8217;\u00e9tait r\u00e9pandu que selon des r\u00e8gles tr\u00e8s strictes. Ce type de sacrifice \u00e9tait c\u00e9l\u00e9br\u00e9 chaque fois que n\u00e9cessaire mais aussi dans diverses circonstances codifi\u00e9es. <\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; L\u00e9vitique (encart 2)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>CONTEXTE HISTORIQUE DU LEVITIQUE<\/strong><\/p>\n<p>Ce contexte co\u00efncide avec l&#8217;\u00e9poque de l&#8217;empire perse <a name=\"text3\"><a href=\"#vn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>, soit de 539 (effondrement de l&#8217;empire n\u00e9o-babylonien dont l&#8217;empire perse prend la rel\u00e8ve) \u00e0 333 (bataille d&#8217;Issos o\u00f9 le Mac\u00e9donien Alexandre le Grand l&#8217;emporta sur Darius III).<br \/>\nApr\u00e8s s&#8217;\u00eatre empar\u00e9 de Babylone en 539, Cyrus le Grand (539-530) permit aux Juifs qui avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9s cinquante ans plut\u00f4t de revenir en Jud\u00e9e (en fait, un territoire tr\u00e8s limit\u00e9 de 2.000 km\u00b2 autour de J\u00e9rusalem) et de reconstruire le Temple. <br \/>\nSon successeur Cambyse (530-522) poursuivit l&#8217;extension de l&#8217;empire en conqu\u00e9rant l&#8217;Egypte.<br \/>\nDarius I\u00b0 (522-486) connut les premiers revers dans l&#8217;extension de l&#8217;empire. Il \u00e9choua contre les Grecs \u00e0 Marathon (490). C&#8217;est sous son r\u00e8gne que le nouveau Temple de J\u00e9rusalem fut inaugur\u00e9 (en 516).<br \/>\nXerx\u00e8s (486-465) \u00e9choua d\u00e9finitivement contre les Grecs \u00e0 Salamine (480). Il dut faire face \u00e0 des r\u00e9bellions en Egypte en en Babylonie. En Isra\u00ebl, c&#8217;est l&#8217;\u00e9poque du proph\u00e8te Malachie. Les invectives du proph\u00e8te d\u00e9note une d\u00e9cadence religieuse.<br \/>\nArtaxerx\u00e8s I\u00b0 (465-424) conclut la paix (dite &#8221; de Kallias&#8221;) avec la Gr\u00e8ce (448). Il doit se pr\u00e9occuper de la situation en Syrie et en Egypte. N\u00e9h\u00e9mie, haut fonctionnaire (juif) d&#8217;Artaxerx\u00e8s, est envoy\u00e9 par deux fois en Palestine pour y assurer aux Perses une place forte (reconstruction des remparts de J\u00e9rusalem et installation d&#8217;une garnison perse). Il est \u00e9galement autoris\u00e9 \u00e0 prendre des mesures sociales et religieuses visant \u00e0 d\u00e9solidariser les Juifs de leurs voisins imm\u00e9diats (interdiction de mariages mixtes, renforcement de l&#8217;identit\u00e9 nationale religieuse).<br \/>\nDarius II (424-404) renoue avec une politique grecque. Il prend parti pour Sparte contre Ath\u00e8nes dans la guerre du P\u00e9loponn\u00e8se.<br \/>\nSous Artaxerx\u00e8s II (404-358), l&#8217;Egypte retrouve son ind\u00e9pendance. Esdras (sans doute conseiller d&#8217;Artaxerx\u00e8s pour les affaires juives) est autoris\u00e9 \u00e0 reprendre la politique religieuse de N\u00e9h\u00e9mie et le fait \u00e9nergiquement. <br \/>\nArtaxerx\u00e8s III (357-338) doit faire face \u00e0 de nombreuses r\u00e9voltes en Asie Mineure et Syrie.<br \/>\nDarius III (338-333) est d\u00e9fait \u00e0 la bataille d&#8217;Issos par la nouvelle puissance montante, l&#8217;empire mac\u00e9donien d&#8217;Alexandre le Grand. C&#8217;est la fin de l&#8217;empire perse.<\/p>\n<p>C&#8217;est dans ce contexte qu&#8217;est n\u00e9 le  juda\u00efsme  \u00e0 proprement parl\u00e9. Tout \u00e9tant centr\u00e9 sur J\u00e9rusalem (par contrainte politique), ce fut donc la mani\u00e8re jud\u00e9enne de vivre la religion ainsi que le clerg\u00e9 de J\u00e9rusalem qui s&#8217;impos\u00e8rent avec le cl\u00e9ricalisme et le purisme dont il \u00e9tait porteur. <\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; L\u00e9vitique (encart 3)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>VIOLENCES, GUERRE ET PAIX A L&#8217;EPOQUE DU LEVITIQUE<\/strong><\/p>\n<p>\nL&#8217;\u00e9poque (5\u00b0- 4\u00b0s.) a d\u00e9but\u00e9 par la pr\u00e9dominance absolue de la puissance perse. L&#8217;arm\u00e9e est nombreuse, bien \u00e9quip\u00e9e, bien organis\u00e9e mais ne se distingue pas par sa finesse tactique. Apr\u00e8s avoir conquis tout le Moyen-Orient, l&#8217;Egypte, l&#8217;Asie Mineure, ayant soumis tout le Caucase et abouti \u00e0 l&#8217;Indus en passant par l&#8217;Afghanistan (la Sogdiane \u00e0 l&#8217;\u00e9poque), les Perses sont mis en \u00e9chec par quelques poign\u00e9es de Grecs \u00e0 Marathon (490) et \u00e0 Salamine (480) finissant en d\u00e9b\u00e2cle \u00e0 Plat\u00e9es (479). D\u00e8s apr\u00e8s les d\u00e9faites contre les Grecs, les foyers de r\u00e9bellions se  multipli\u00e8rent (Egypte, Asie Mineure, Syrie).<br \/>\nLes Perses semblent avoir \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement cruels envers ceux qui leur r\u00e9sistaient ou qui les trahissaient mais avoir \u00e9t\u00e9 assez magnanimes envers les autres. Le but des campagnes d&#8217;expansion de l&#8217;empire n&#8217;\u00e9tait d&#8217;ailleurs pas la destruction des cit\u00e9s ni l&#8217;assimilation des populations mais la lev\u00e9e d&#8217;un imp\u00f4t. Toutes les campagnes entra\u00eenaient cependant des pillages, principale ressource (et jeu) des soldats.<br \/>\nLes Juifs en Palestine ne b\u00e9n\u00e9ficiaient d&#8217;aucune autonomie politique ni militaire \u00e0 cette \u00e9poque. Pourtant la violence est tr\u00e8s pr\u00e9sente dans les livrets \u00e9crits ou revus \u00e0 cette \u00e9poque, ce qui est compr\u00e9hensible par le climat ambiant. Mais, de la part d&#8217;Isra\u00ebl, il s&#8217;agissait de nostalgie ou de th\u00e8mes litt\u00e9raires mais certainement pas de violence r\u00e9elle.<\/p>\n<p>\n<strong><em>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; L\u00e9vitique (encart 4)<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>R\u00e9flexion d&#8217;anthropologie religieuse: Le sacrifice et le sacr\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>\nSe d\u00e9faisant de toute lecture th\u00e9ologique, l&#8217;anthropologie religieuse <a name=\"text4\"><a href=\"#vn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> a tent\u00e9 de reconstituer les origines et l&#8217;\u00e9volution du sacrifice dans les religions. Son origine serait \u00e0 situer dans le cadre de l&#8217;exp\u00e9rience humaine de la chasse. L&#8217;homme primitif aurait remarqu\u00e9 que, suite \u00e0 tel ou tel accident survenu \u00e0 l&#8217;un des leurs en cours de chasse, celle-ci en \u00e9tait facilit\u00e9 car l&#8217;animal, occup\u00e9 \u00e0 d\u00e9chiqueter sa proie, se laissait ainsi plus ais\u00e9ment surprendre. Le sacrifice humain serait cette victime accidentelle devenue tactique. Ne pouvant imaginer autre chose que des dieux pr\u00e9dateurs \u00e0 l&#8217;image des animaux dont il avait peur, l&#8217;homme primitif aurait institu\u00e9 le sacrifice humain pour satisfaire la divinit\u00e9, se la concilier, avoir prise sur elle, l&#8217;obliger (le r\u00f4le de la divinit\u00e9 pouvant \u00eatre usurp\u00e9 ou attribu\u00e9 au &#8221; Grand Etre Social&#8221;). Petit \u00e0 petit cependant, seraient apparus des m\u00e9canismes de substitution, offrant une victime animale plut\u00f4t qu&#8217;humaine puis m\u00eame v\u00e9g\u00e9tale et, en fin de parcours, mon\u00e9taire, simplement symbolique ou morale.<\/p>\n<p>En se d\u00e9faisant de cette lecture assez vulgairement utilitariste, il y a moyen  de d\u00e9velopper une autre interpr\u00e9tation <a name=\"text5\"><a href=\"#vn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>, tout aussi anthropologique. Etant n\u00e9 dans un monde d\u00e9j\u00e0-l\u00e0, l&#8217;homme aurait conscience d&#8217;une dette envers un Quelque-chose-qui-le-d\u00e9passe (une Transcendance). Dans les diff\u00e9rentes occasions de son activit\u00e9 o\u00f9 l&#8217;homme r\u00e9alise ce &#8221; don&#8221; (prog\u00e9niture, produit de la chasse, de la p\u00eache, de la moisson, succ\u00e8s personnels, &#8230;), il aurait eu la gratitude d&#8217;en r\u00e9server une part pour la divinit\u00e9 (un des animaux tu\u00e9s, une part symbolique de la r\u00e9colte, &#8230;). Le &#8221; sacrifice&#8221; ne serait donc pas lui-m\u00eame violent ; c&#8217;est la vie courante qui l&#8217;est (en principe dans les limites de besoins d\u00e9finis). L&#8217;essence du sacrifice est dans le &#8221; rendu&#8221;. Ce r\u00e9flexe religieux aurait \u00e9t\u00e9 constitutif de la conscience morale et du lien social. En effet, transpos\u00e9 du niveau religieux au niveau social, il invite \u00e0 se d\u00e9faire du r\u00e9flexe \u00e9go\u00efste (tout garder pour soi) et \u00e0 concevoir les relations sociales dans le registre de la gratitude (et non de &#8221; droits&#8221; \u00e0 d\u00e9fendre contre les autres, ces autres \u00e9tant tous per\u00e7us comme des concurrents ou m\u00eame comme des ennemis). Tout don de quelque chose de soi (d&#8217;un objet m&#8217;appartenant) \u00e9tant, fondamentalement, de quelque mani\u00e8re, un don de soi, on serait pass\u00e9, l\u00e0 o\u00f9 les enjeux s&#8217;av\u00e9raient cruciaux, au don total de soi pouvant aller jusqu&#8217;au sacrifice de sa vie. Cet engagement, volontaire et r\u00e9fl\u00e9chi, n&#8217;est ni castrateur ni morbide dans la mesure o\u00f9 il affirme ou vise un bien ou des valeurs morales sup\u00e9rieures.  Un tel sacrifice n&#8217;est jamais exigible. Il en perdrait toute sa valeur. L\u00e0, il devient manipulation du religieux (ce dont  le &#8221; Grand Etre Social&#8221; ne s&#8217;est pas priv\u00e9!).<\/p>\n<table cellpadding=\"5\" cellspacing=\"0\" border=\"0\">\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn0\"><\/a>(<a href=\"#text0\">0<\/a>)<\/td>\n<td>Etant donn\u00e9 surtout la connotation &#8221; pacifiste&#8221; qu&#8217;a ce mot dans notre culture occidentale d&#8217;apr\u00e8s la seconde Guerre Mondiale.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn1\"><\/a>(<a href=\"#text1\">1<\/a>)<\/td>\n<td>Son usage \u00e0 propos du g\u00e9nocide du peuple juif lors de la guerre de 1940 &#8211; 45 est impropre (et n&#8217;est d&#8217;ailleurs jamais utilis\u00e9 dans ce sens par les Juifs eux-m\u00eames, qui parlent de shoah  et non de &#8216;olah). Cet usage impropre n&#8217;est cependant pas mal intentionn\u00e9. Il visait le caract\u00e8re total du sacrifice.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn2\"><\/a>(<a href=\"#text2\">2<\/a>)<\/td>\n<td>Les fautes intentionnelles envers un tiers \u00e9taient punies d&#8217;amendes ou de r\u00e9parations mat\u00e9rielles ainsi que, symboliquement, par le rite du &#8221; bouc \u00e9missaire&#8221;.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn3\"><\/a>(<a href=\"#text3\">3<\/a>)<\/td>\n<td>C&#8217;est l&#8217;hypoth\u00e8se reprise ici. Il est impossible d&#8217;entrer dans le d\u00e9tail du probl\u00e8me de la datation du L\u00e9vitique et du Codex Sacerdotal en g\u00e9n\u00e9ral (ayant apport\u00e9 de nombreux remaniements aux livres ant\u00e9rieurs \u00e0 lui). Il est certain que le L\u00e9vitique contient des morceaux assez archa\u00efques mais il semble que sa r\u00e9daction comme livret date bien d&#8217;apr\u00e8s l&#8217;exil. Il devait \u00eatre termin\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9poque d&#8217;Esdras (plus pr\u00e9cis\u00e9ment en 398) puisque le Pentateuque fut fix\u00e9 et proclam\u00e9 \u00e0 ce moment.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn4\"><\/a>(<a href=\"#text4\">4<\/a>)<\/td>\n<td>voir les &#339;uvres de Durkheim, Mauss &amp; Hubert, Frazer, Bataille &#8230; cit\u00e9es dans la bibliographie. En qualifiant d&#8217;avance le sacrifice religieux de &#8221; superstition, aberration, gaspillage inutile, ab\u00eeme d&#8217;ineptie, etc&#8230;&#8221; (tous qualificatifs employ\u00e9s par ces auteurs ), on peut avoir quelques doutes sur la validit\u00e9 et l&#8217;int\u00e9r\u00eat de leur &#8221; recherche&#8221;. On est tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9 de voir \u00e0 l&#8217;&#339;uvre de tels pr\u00e9jug\u00e9s dogmatiques anti-religieux chez des auteurs qui se targuent d&#8217;esprit &#8221; scientifique&#8221;. Tout autant (ou pas plus !) \u00e9tonn\u00e9 que cette vision se soit (ou ait \u00e9t\u00e9) impos\u00e9e comme opinion publique commune.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn5\"><\/a>(<a href=\"#text5\">5<\/a>)<\/td>\n<td>Inspir\u00e9e ici de Gusdorf, G., L&#8217;exp\u00e9rience humaine du sacrifice, PUF, Paris, 1948.<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h2>Bibliografie<\/h2>\n<p>BIBLIOGRAPHIE:\t\t\t\t\t\t<\/p>\n<p>* Sur le L\u00e9vitique en g\u00e9n\u00e9ral:<br \/>\n&#8211; BUIS, P., Le L\u00e9vitique, Cahiers Evangile 116, Paris, 2001<br \/>\n&#8211; CAZELLES, Le L\u00e9vitique, Paris, 1958\u00b2<br \/>\n&#8211; ELLIGER, Leviticus, HAT 4, T\u00fcbingen, 1966<br \/>\n&#8211; GERSTENBERGER, Das 3.Buch Moses : Leviticus, ATD 6, Vandenhoeck-R, 1993<br \/>\n&#8211; NOTH, M., Das 3.Buch Moses : Leviticus, ATD 6, Vandenhoeck-R ,1978<br \/>\n&#8211; PETER-CONTESSE, L\u00e9vitique 1-16, AT 3a, Labor &amp; Fides, Gen\u00e8ve, 1993<br \/>\n&#8211; RENDTORFF, Leviticus, Neukirchen, BKAT 3, 1985<br \/>\n&#8211; WENHAM, The Book of Leviticus, Nicot, 1983<\/p>\n<p>* Sur le sacrifice dans le L\u00e9vitique et dans l&#8217;AT:<br \/>\n&#8211; DAVIES, D., an Interpretation of Sacrifice in Leviticus, in ZAW 89(1977), 387-399<br \/>\n&#8211; de VAUX, Les sacrifices de l&#8217;AT, cahiers dl Revue Bibilique 1, Gabalda, Paris, 1964<br \/>\n&#8211; DUSSAUD, R., Le sacrifice en Isra\u00ebl et chez les Ph\u00e9niciens, Paris, 1914<br \/>\n&#8211; GRAY, Sacrifice in the OT, its therory and practice, Oxford, 1925<br \/>\n&#8211; MARX, Alfred, Les sacrifices de l&#8217;AT, cahiers Evangile 111, Paris, 2000<br \/>\n&#8211; OESTERLEY, Sacrifices in Ancient Isra\u00ebl, London, 1937<br \/>\n&#8211; RINGGREN, Sacrifice in the Bible, London, 1962<br \/>\n&#8211; ROWLEY, the Meaning of the Sacrifice in the OT, in BJRL 33(1950)<br \/>\n&#8211; SABOURIN, art. Sacrifice in DBS 10, col.1483-1545<br \/>\n&#8211; SNAITH, Sacrifices in the OT, in VT 7(1957), 308-317<\/p>\n<p>* Sur l&#8217;\u00e9poque perse:<br \/>\n&#8211; ACKROYD, Isra\u00ebl under Babylon and Persia, Oxford Univ. Press, 1970<br \/>\n&#8211; BRIANT, Histoire de l&#8217;empire perse de Cyrus \u00e0 Alexandre, Fayard, 1996<br \/>\n&#8211; DAVIES (\u00e9d.), The Cambridge History of Juda\u00efsm, t.1 : the Persian Period, 1984<br \/>\n&#8211; GAUBERT, La Renaissance d&#8217;Isra\u00ebl (5\u00b0-3\u00b0s.av.J-C), Mame, 1987<br \/>\n&#8211; LAPERROUSAZ, La Palestine \u00e0 l&#8217;\u00e9poque perse, Cerf, 1994<\/p>\n<p>* Sur le sacrifice en anthropologie religieuse:<br \/>\n&#8211; BATAILLE, La th\u00e9orie de la religion, Tel-Gallimard, 1973<br \/>\n&#8211; BLOCH, La violence du religieux, O.Jacob, Paris, 1997<br \/>\n&#8211; CAILLOIS, L&#8217;homme et le sacr\u00e9, NRF-Gallimard, 1950\u00b3<br \/>\n&#8211; DURKHEIM, Les formes \u00e9l\u00e9mentaires de la vie religieuse (1912), PUF, r\u00e9\u00e9d.div.<br \/>\n&#8211; FRAZER, Le bouc \u00e9missaire (1913), in Le rameau d&#8217;or, vol 3, Laffont<br \/>\n&#8211; GIRARD, Le bouc \u00e9missaire, Grasset, 1982<br \/>\n&#8211; MACCOBY, L&#8217;ex\u00e9cuteur sacr\u00e9, Cerf, 1999<br \/>\n&#8211; MAUSS et HUBERT, Essai sur la nature et les fonctions du sacrifice (1899), in  &#338;uvres I, Minuit, 1985<br \/>\n&#8211; NEUSCH (\u00e9d.), Le sacrifice dans les religions, Beauchesne, 1994<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; Une analyse des textes de L\u00e9vitique. &nbsp; Selis Claude Pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale: Pour entrer dans le livre du L\u00e9vitique Le livre du L\u00e9vitique est le troisi\u00e8me livre biblique, livre central du Pentateuque (ou &#8221; Torah&#8221;), ensemble des cinq&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[16,7],"tags":[],"class_list":["post-601","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-gov-in-de-bijbel","category-studiecentrum"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/601","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=601"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/601\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8972,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/601\/revisions\/8972"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=601"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=601"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-nl\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=601"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}