{"id":408,"date":"2013-02-02T00:00:00","date_gmt":"2014-02-06T11:37:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.army-chaplaincy.be\/befr\/2012\/06\/16\/recension-de-livre-just-war-and-the-common-good-ius-ad-bellum-principles-in-twentieth-century-papal-tought\/"},"modified":"2013-02-02T00:00:00","modified_gmt":"2014-02-06T11:37:35","slug":"recension-de-livre-just-war-and-the-common-good-ius-ad-bellum-principles-in-twentieth-century-papal-tought","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/2013\/02\/02\/recension-de-livre-just-war-and-the-common-good-ius-ad-bellum-principles-in-twentieth-century-papal-tought\/","title":{"rendered":"Recension de livre &#8211; Just war and the common good. Ius ad bellum principles in twentieth Century papal Tought"},"content":{"rendered":"<p>Recension du livre: Brian, M., KANE, Just war and the common good. Ius ad bellum principles in twentieth Century papal Tought, International Scholars Publications, San Francisco, 1997, 224 p.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><a href=\"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/le-service-de-laumonerie\/membres\/profil-selis-claude\/\">Selis Claude<\/a><\/em><\/p>\n<p><strong>Brian M. KANE, <em>Just war and the common good. Ius ad bellum principles in twentieth Century papal Tought<\/em>, International Scholars Publications, San Francisco, 1997, 224 p.<\/strong><a name=\"text0\"><a href=\"#vn0\"><sup>[0]<\/sup><\/a><\/p>\n<p>\nLe titre de ce livre est un peu trompeur. Il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une analyse de la pens\u00e9e des pontifes du 20\u00b0 si\u00e8cle <a name=\"text1\"><a href=\"#vn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> \u00e0 propos de la guerre en g\u00e9n\u00e9ral (et en cela le livre est int\u00e9ressant) mais non d&rsquo;une discussion sur les principes de la guerre juste (qui est une th\u00e9orie bien sp\u00e9cifique) ni sur le concept de bien commun (qui a lui aussi des fondements et une histoire pr\u00e9cise dans la doctrine sociale de l&rsquo;Eglise).<br \/>\nLe livre se pr\u00e9sente comme l&rsquo;\u00e9tude de deux concepts: celui de juste cause (chap. 1 \u00e0 3) et d&rsquo;autorit\u00e9 l\u00e9gitime (chap.4 \u00e0 6) <a name=\"text2\"><a href=\"#vn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. D&#8217;embl\u00e9e l&rsquo;auteur avoue sa sympathie pour cette pens\u00e9e pontificale. Il ne s&rsquo;agit donc pas d&rsquo;un livre pol\u00e9mique ni m\u00eame critique.<\/p>\n<p>Du d\u00e9but du si\u00e8cle \u00e0 la Guerre de 1914-18 (Pie X et Beno\u00eet XV), les papes manifestent encore une pens\u00e9e tr\u00e8s th\u00e9ocratique: les Etats ont entre autre pour mission de prot\u00e9ger et de promouvoir les valeurs chr\u00e9tiennes. Les malheurs de l&rsquo;\u00e9poque sont interpr\u00e9t\u00e9s comme le r\u00e9sultat de l&rsquo;\u00e9loignement par rapport \u00e0 ces valeurs dans la vie politique et civile. Ne contestant pas l&rsquo;existence ni le droit de souverainet\u00e9 des Etats-Nations, les papes admettent le droit \u00e0 l&rsquo;auto-d\u00e9fense comme cause juste de guerre.<br \/>\nAvec le pontificat de Pie XI (entre-deux guerres), on sent un mouvement de d\u00e9fiance par rapport aux Etats. Ce pape introduit le principe de subsidiarit\u00e9 <a name=\"text3\"><a href=\"#vn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> comme ligne politique pr\u00f4n\u00e9e par l&rsquo;Eglise. Celle-ci encouragera en effet la formation de corps interm\u00e9diaires ou corps associatifs constitu\u00e9s de citoyens volontaires prenant en charge tel ou tel secteur d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public (associations patronales, syndicales, hospitali\u00e8res, scolaires, &#8230;). Dans certaines circonstances, les citoyens pourraient m\u00eame invoquer un droit de r\u00e9sistance \u00e0 un Etat qui s&rsquo;\u00e9carterait de son mandat (qui n&rsquo;est autre que de d\u00e9fendre le \u00a0\u00bb bien commun\u00a0\u00bb). <br \/>\nDans le contexte de la seconde Guerre Mondiale et, ensuite, de la formation du bloc communiste sovi\u00e9tique, Pie XII va se prononcer contre le principe de souverainet\u00e9 nationale absolue. Celle-ci doit \u00eatre limit\u00e9e par la prise en consid\u00e9ration des droits et des responsabilit\u00e9s des autres nations et des individus. Le droit de guerre, en principe limit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;auto-d\u00e9fense, ne peut, en outre que viser \u00e0 (re-) cr\u00e9er une ordre social international juste. Mais, m\u00eame dans ce cadre, l&rsquo;usage de moyens disproportionn\u00e9s constituerait une agression. Pie XII va encourager la mise en place de structures internationales (l&rsquo;ONU) susceptibles d&rsquo;\u00e9viter les conflits ou de les r\u00e9soudre diplomatiquement. Il encouragera aussi la mise au point d&rsquo;instruments juridiques internationaux (charte des droits de l&rsquo;homme) dans la mesure o\u00f9 ils s&rsquo;inscrivent au moins dans le droit naturel (\u00e0 d\u00e9faut de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la \u00a0\u00bb loi divine\u00a0\u00bb). <br \/>\nConsid\u00e9rant cet \u00e9l\u00e9ment tout \u00e0 fait nouveau que constitue l&rsquo;arme atomique capable de d\u00e9truire toute vie sur la plan\u00e8te, il estimera qu&rsquo; \u00ab\u00a0il n&rsquo;est plus raisonnable de penser que la guerre soit encore l&rsquo;instrument ad\u00e9quat pour r\u00e9parer une injustice\u00a0\u00bb. Cette phrase a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9e dans le sens que toute guerre serait ill\u00e9gitime puisque, devant le risque de d\u00e9boucher sur une guerre nucl\u00e9aire, le moyen serait de toute fa\u00e7on et absolument disproportionn\u00e9. L&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 du pape est cependant beaucoup plus prudent.<br \/>\nLa d\u00e9claration de Paul VI \u00e0 l&rsquo;ONU: \u00a0\u00bb Plus jamais la guerre\u00a0\u00bb (1965) proc\u00e8de de la m\u00eame angoisse devant les risques de la guerre nucl\u00e9aire mais marque la confiance que ce pape voulait placer dans cette institution internationale et donc dans le r\u00e8glement politique des conflits. Son encyclique Populorum Progressio (1967) invite, comme l&rsquo;avait fait son pr\u00e9d\u00e9cesseur, \u00e0 s&rsquo;engager r\u00e9solument dans le d\u00e9veloppement des peuples, ce qui r\u00e9duirait une cause structurelle essentielle de conflits.<br \/>\nReprenant, d&rsquo;une part, le personnalisme de Paul VI (d\u00e9veloppement de tous les hommes et de tout l&rsquo;homme, dans toutes ses dimensions) comme fondement de son anthropologie, Jean-Paul II donne l&rsquo;impression <a name=\"text4\"><a href=\"#vn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>, d&rsquo;autre part, de jouer la carte des peuples et des nations contre les Etats (ce fut en tout cas sa ligne politique par rapport aux pays d&rsquo;Europe Centrale et de l&rsquo;Est, contre l&rsquo;URSS). Adoptant un profil plus \u00a0\u00bb agressif\u00a0\u00bb, Jean-Paul II estimera que la dignit\u00e9 des personnes et le bien commun doivent \u00eatre activement d\u00e9fendu. <\/p>\n<p>*\t*\t*<\/p>\n<p>Une des faiblesses du livre est qu&rsquo;il se base uniquement sur les \u00e9crits des papes (un des m\u00e9rites du livre est, par contre,  d&rsquo;en donner un inventaire complet &#8211; <a name=\"text5\"><a href=\"#vn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>) et ne les confronte ni ne sugg\u00e8re la confrontation avec les actes politiques pos\u00e9s par la papaut\u00e9.<br \/>\nAutre signe que l&rsquo;auteur prend la doctrine de la \u00a0\u00bb guerre juste\u00a0\u00bb dans un sens tout \u00e0 fait g\u00e9n\u00e9ral (la pens\u00e9e des papes sur la guerre) et non dans son sens technique (doctrine pr\u00e9cise \u00e9labor\u00e9e par St Thomas d&rsquo;Aquin au 13\u00b0s, approfondie au 16\u00b0s. ,&#8230;), c&rsquo;est qu&rsquo;il ne voit m\u00eame pas et ne signale donc pas que cette doctrine a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e par le concile de Vatican II <a name=\"text6\"><a href=\"#vn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>.<br \/>\nPar crainte peut-\u00eatre de para\u00eetre critique, l&rsquo;auteur souligne sans cesse la continuit\u00e9 dans la pens\u00e9e pontificale, alors m\u00eame que sa documentation (consciencieusement expos\u00e9e) lui montrerait l&rsquo;inverse <a name=\"text7\"><a href=\"#vn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>.<br \/>\nLe fait d&rsquo;avoir choisi le 20\u00b0 si\u00e8cle comme crit\u00e8re d&rsquo;enqu\u00eate ne m&rsquo;a pas sembl\u00e9 tr\u00e8s pertinent. Si le propos \u00e9tait d&rsquo;exposer la doctrine sociale de l&rsquo;Eglise sur les questions de guerre et de paix, il aurait \u00e9t\u00e9 plus int\u00e9ressant de se concentrer sur la p\u00e9riode du concile et d&rsquo;apr\u00e8s-concile Vatican II. Si le propos \u00e9tait de faire de l&rsquo;histoire, il fallait faire de l&rsquo;histoire&#8230;<\/p>\n<table cellpadding=\"5\" cellspacing=\"0\" border=\"0\">\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn0\"><\/a>(<a href=\"#text0\">0<\/a>)<\/td>\n<td>La guerre juste et le bien commun, les principes du droit \u00e0 la guerre dans la pens\u00e9e des papes du 20\u00b0 si\u00e8cle.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn1\"><\/a>(<a href=\"#text1\">1<\/a>)<\/td>\n<td>Pie X (1903), Beno\u00eet XV, Pie XI, Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II (jusqu&rsquo;en 1996).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn2\"><\/a>(<a href=\"#text2\">2<\/a>)<\/td>\n<td>Ces termes n&rsquo;\u00e9tant pas pris dans leur technicit\u00e9 par rapport \u00e0 la th\u00e9orie de la guerre juste, je me permettrai dans ce compte-rendu de ne pas respecter cette pr\u00e9sentation mais d&rsquo;en profiter pour pr\u00e9senter un aper\u00e7u synth\u00e9tique de la doctrine sociale des pontifes sur les questions de guerre, sur base du mat\u00e9riel du livre.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn3\"><\/a>(<a href=\"#text3\">3<\/a>)<\/td>\n<td>Ne pas organiser \u00e0 un \u00e9chelon sup\u00e9rieur ce qui peut mieux l&rsquo;\u00eatre \u00e0 un \u00e9chelon inf\u00e9rieur<br \/>\nau niveau des droits individuels, Pie XII sera oblig\u00e9 de rappeler le droit \u00e0 la libert\u00e9 religieuse. Ce sera aussi l&rsquo;occasion de pr\u00e9ciser que seule est l\u00e9gitime une autorit\u00e9 qui respecte la libert\u00e9 et la dignit\u00e9 des personnes et leur permette de poursuivre leur perfection.<br \/>\nAvec son encyclique Pacem in Terris (1963), Jean XXIII, au-del\u00e0 de la paix comme arrangement politique, va faire porter le regard vers les conditions sociales seules susceptibles d&rsquo;engendrer une paix v\u00e9ritable: la justice dans le monde.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn4\"><\/a>(<a href=\"#text4\">4<\/a>)<\/td>\n<td>Cette interpr\u00e9tation n&rsquo;est pas celle de l&rsquo;auteur du livre mais bien la mienne (ndla).<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn5\"><\/a>(<a href=\"#text5\">5<\/a>)<\/td>\n<td>pp. 174 \u00e0 211.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn6\"><\/a>(<a href=\"#text6\">6<\/a>)<\/td>\n<td>Il est d&rsquo;ailleurs bien int\u00e9ressant de constater que c&rsquo;est la philosophie politique qui l&rsquo;a reprise r\u00e9cemment dans le contexte du \u00a0\u00bb droit d&rsquo;ing\u00e9rence\u00a0\u00bb humanitaire&#8230;<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn7\"><\/a>(<a href=\"#text7\">7<\/a>)<\/td>\n<td>Il n&rsquo;est pourtant pas difficile de voir la diff\u00e9rence entre le langage (th\u00e9ocratique) de Beno\u00eet XV et celui (se r\u00e9f\u00e9rant au \u00a0\u00bb droit naturel\u00a0\u00bb) de Pie XII&#8230;<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Recension du livre: Brian, M., KANE, Just war and the common good. 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