{"id":406,"date":"2013-02-02T00:00:00","date_gmt":"2014-02-06T11:37:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.army-chaplaincy.be\/befr\/2012\/06\/16\/recension-de-livre-le-choc-des-civilisations\/"},"modified":"2013-02-02T00:00:00","modified_gmt":"2014-02-06T11:37:35","slug":"recension-de-livre-le-choc-des-civilisations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/2013\/02\/02\/recension-de-livre-le-choc-des-civilisations\/","title":{"rendered":"Recension de livre &#8211; Le choc des civilisations"},"content":{"rendered":"<p>Recension du livre de Samuel Huntington &lsquo;Le choc des civilisations&rsquo;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><a href=\"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/le-service-de-laumonerie\/membres\/profil-selis-claude\/\">Selis Claude<\/a><\/em><\/p>\n<p>Le livre de Samuel P. Huntington <a name=\"text0\"><a href=\"#vn0\"><sup>[0]<\/sup><\/a> est un livre important. Kissinger en a dit qu&rsquo;il \u00e9tait \u00ab\u00a0le livre le plus important depuis la fin de la guerre froide\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Une oeuvre fondatrice qui va r\u00e9volutionner notre vision des relations internationales\u00a0\u00bb en disait Brzezinski. A peine paru, il fut aussit\u00f4t traduit en plusieurs langues, largement comment\u00e9 et utilis\u00e9 dans les milieux politiques et militaires aux quatre coins de la plan\u00e8te.<br \/>\nLe livre lui-m\u00eame est un d\u00e9veloppement d&rsquo;un article paru en 1993 dans la revue Foreign Affairs et qui avait d\u00e9j\u00e0 eu un retentissement consid\u00e9rable et suscit\u00e9 bien des pol\u00e9miques <a name=\"text1\"><a href=\"#vn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>. La revue en question est une revue de r\u00e9f\u00e9rence du point de vue de la politique internationale am\u00e9ricaine. L&rsquo;auteur est professeur \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Harvard o\u00f9 il dirige le John M.Olin Institute for Strategic Studies. Il a \u00e9t\u00e9 expert aupr\u00e8s du Conseil national am\u00e9ricain de s\u00e9curit\u00e9 sous l&rsquo;administration Carter et a toujours l&rsquo;oreille de la Maison Blanche.<\/p>\n<p>Depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de la guerre froide, l&rsquo;ensemble des relations internationales pouvaient \u00eatre analys\u00e9es en fonction du clivage Est-Ouest, tous les conflits \u00e9tant suscit\u00e9s ou r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s par ce clivage. Auparavant, c&rsquo;\u00e9tait la concurrence entre Etats-Nations qui expliquait les conflits. La nouveaut\u00e9, selon Huntington, c&rsquo;est que d\u00e9sormais la principale menace pour la paix dans le monde se situe au niveau des chocs entre civilisations.<\/p>\n<p>Un nouvel \u00e2ge de la \u00ab\u00a0polique globale\u00a0\u00bb est n\u00e9 (chap.1). Les fronti\u00e8res des Etats, h\u00e9rit\u00e9es du pass\u00e9, ne sont plus pertinentes. On assiste, d&rsquo;une part, \u00e0 des int\u00e9grations (type Union europ\u00e9enne) et, d&rsquo;autre part, \u00e0 des d\u00e9sint\u00e9grations, souvent dans la violence (comme dans l&rsquo;ex-Yougoslavie). Tous les conflits intra-\u00e9tatiques qui sont apparus (et qui se sont multipli\u00e9s !) depuis la fin de la guerre froide ont pour origine, non plus des conflits id\u00e9ologiques (gauche\/droite), ni politiques (au nom de l&rsquo;Etat), ni m\u00eame \u00e9conomiques (riches\/pauvres), mais \u00ab\u00a0culturels\u00a0\u00bb, civilisationnels. Les Etats ont donc tendance \u00e0 rejeter le multiculturalisme interne (d&rsquo;o\u00f9 les \u00ab\u00a0\u00e9purations ethniques\u00a0\u00bb, les g\u00e9nocides, la recrudescence des pers\u00e9cutions religieuses \u00e0 grande \u00e9chelle, les fractionnements d&rsquo;Etats) ou ont difficile \u00e0 le vivre (d&rsquo;o\u00f9 les succ\u00e8s des extr\u00eames droites, la recrudescence du racisme, la recomposition en groupes sociaux \u00e9trangers les uns aux autres dans les vieilles d\u00e9mocraties id\u00e9ologiquement ouvertes).<br \/>\nD&rsquo;autre part, des regroupements ont lieu entre Etats culturellement homog\u00e8nes (ou, pr\u00e9cis\u00e9ment, entre populations culturellement homog\u00e8nes l\u00e0 o\u00f9 les Etats ne le sont pas) (chap.6). Ces Etats ne se livreront plus de guerre entre eux mais s&rsquo;allieront contre un ennemi commun, une autre \u00ab\u00a0civilisation. La derni\u00e8re guerre du Golfe semble \u00e9chapper \u00e0 ce sch\u00e9ma (puisqu&rsquo;elle concernait deux Etats arabes musulmans) (p.271) mais ce fut sans doute une guerre de transition, la derni\u00e8re de ce type. D&rsquo;ailleurs, les r\u00e9actions des populations (populations arabes ne voulant pas d&rsquo;une intervention occidentale; population occidentale ne voulant aucune victime occidentale dans ce conflit) confirment plut\u00f4t le clivage civilisationnel.<br \/>\nLes pays ont d\u00e9sormais tendance \u00e0 se regrouper autour des Etats-phares de leur civilisation (chap.7). Ces regroupements vont changer le rapport de forces entre les civilisations. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, le monde \u00e9tait divis\u00e9 entre \u00ab\u00a0le monde occidental\u00a0\u00bb et les autres pays ou r\u00e9gions (\u00ab\u00a0theWest and the Rest\u00a0\u00bb) plus ou moins en voie d&rsquo;occidentalisation.<br \/>\nD\u00e9sormais, le \u00ab\u00a0mod\u00e8le occidental\u00a0\u00bb est remis en question par ces pays, voire m\u00eame rejet\u00e9 avec agressivit\u00e9. Des \u00ab\u00a0contre-mod\u00e8les\u00a0\u00bb se mettent en place. L&rsquo;Occident doit prendre conscience et accepter que sa civilisation est unique (il peut m\u00eame \u00eatre persuad\u00e9 qu&rsquo;elle est la meilleure) mais pas universelle. S&rsquo;il devait continuer sur la voie de son imp\u00e9rialisme culturel, cela ne manquerait pas de provoquer de nouveaux conflits avec ces autres civilisations non-occidentales.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une \u00ab\u00a0civilisation\u00a0\u00bb? (chap.2). Huntington n&rsquo;en donne pas une d\u00e9finition bien construite, compl\u00e8te et critique. Il se contente de se situer dans la lign\u00e9e de Spengler et Toynbee. Il se revendique aussi de Braudel et Wallerstein. Parmi d&rsquo;autres crit\u00e8res (linguistiques, historiques, institutionnels,&#8230;), l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment religieux lui semble un des plus pertinents <a name=\"text2\"><a href=\"#vn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>. Historiquement, ce fut presque toujours le cas. La r\u00e9cent mouvement de s\u00e9cularisation n&rsquo;est qu&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne occidental (limit\u00e9 d&rsquo;ailleurs \u00e0 l&rsquo;Europe) et intimement li\u00e9 \u00e0 la tradition religieuse jud\u00e9o-chr\u00e9tienne (qui, seule, la rendait pensable). Partout ailleurs, m\u00eame mis en veilleuse par l&rsquo;occidentalisation, par le communisme ou par les nationalismes, le religieux a toujours r\u00e9sist\u00e9 et redevient \u00e0 pr\u00e9sent le lieu par excellence de l&rsquo;affirmation identitaire.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;Huntington propose finalement de distinguer sept ou huit p\u00f4les (p.42-45): chinois (confuc\u00e9en), japonais, hindou, musulman, africain, latino-am\u00e9ricain et occidental (avec une tendance \u00e0 y distinguer un p\u00f4le catholico-protestant et un p\u00f4le slave-orthodoxe). L&rsquo;auteur s&rsquo;explique sur cette r\u00e9partition et la traduit en cartes, tableaux et graphiques (chap.3). Il produit des arguments plus ou moins convainquants mais laisse ou r\u00e9introduit m\u00eame des h\u00e9sitations (consistance d&rsquo;un p\u00f4le \u00ab\u00a0asiatique\u00a0\u00bb (p.239-262), place du bouddhisme (p.46), peu de consistance du p\u00f4le africain (p.45-46), &#8230;).<br \/>\nL&rsquo;auteur ne nie pas qu&rsquo;il y ait eu, qu&rsquo;il y ait et puisse encore y avoir de nombreuses interactions entre ces \u00ab\u00a0civilisations\u00a0\u00bb mais le fait est qu&rsquo;elles se situent d\u00e9sormais dans des relations d&rsquo;antagonisme plus ou moins prononc\u00e9 <a name=\"text3\"><a href=\"#vn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>. En particulier, les mondes chinois et musulmans sont occup\u00e9s \u00e0 se constituer en \u00ab\u00a0ennemis\u00a0\u00bb de l&rsquo;Occident et semblent d&rsquo;ailleurs s&rsquo;entendre sur cette strat\u00e9gie (chap.8).<\/p>\n<p>Reprenant l&rsquo;id\u00e9e (ch\u00e8re \u00e0 Spengler) du \u00ab\u00a0d\u00e9clin de l&rsquo;Occident\u00a0\u00bb, l&rsquo;auteur l&rsquo;illustre avec des arguments d\u00e9mographiques, \u00e9conomiques et militaires actuels (chap.4 &amp; 5). Cet \u00ab\u00a0effacement\u00a0\u00bb, cette faiblesse, ces difficult\u00e9s de l&rsquo;Occident \u00e0 d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats cr\u00e9e une situation dangereuse d&rsquo;instabilit\u00e9 dont pourraient profiter d&rsquo;autres forces montantes peu scrupuleuses afin de s&rsquo;affirmer et de red\u00e9finir l&rsquo;ordre mondial (l&rsquo;Islam contre l&rsquo;Occident europ\u00e9en et l&rsquo;Asie contre l&rsquo;Am\u00e9rique, par exemple&#8230;). Les \u00ab\u00a0difficult\u00e9s\u00a0\u00bb de l&rsquo;Occident (chap.9) tiennent en effet, selon l&rsquo;auteur, \u00e0 ses scrupules ou ses complexes par rapport \u00e0 l&rsquo;armement, aux droits de l&rsquo;homme, \u00e0 l&rsquo;immigration. Il en d\u00e9nonce en outre le \u00ab\u00a0d\u00e9clin moral, le suicide culturel, la d\u00e9sunion politique\u00a0\u00bb (p.336). \u00ab\u00a0En Europe, ajoute Huntington, la civilisation occidentale pourrait \u00e9galement \u00eatre min\u00e9e par le d\u00e9clin de son fondement essentiel, le christianisme\u00a0\u00bb (p.337).<\/p>\n<p>Il en appelle donc \u00e0 un renouveau de l&rsquo;Occident (chap.20) et \u00e9nonce quelques conditions pratiques (tr\u00e8s \u00ab\u00a0strat\u00e9giques\u00a0\u00bb) de son redressement (p.345). Il d\u00e9crit les caract\u00e9ristiques (chap.10) ainsi que la dynamique des guerres civilisationnelles (chap.11), en donne un sch\u00e9ma <a name=\"text4\"><a href=\"#vn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> et un sc\u00e9nario (guerre Chine &#8211; USA en 2010) (pp.346-350).<br \/>\nPour \u00e9viter d&rsquo;en arriver l\u00e0, l&rsquo;auteur propose en conclusion quelques r\u00e8gles-cl\u00e9s (pp.351-357):<br \/>\n&#8211; abandon par l&rsquo;Occident de sa pr\u00e9tention universaliste mais renouveau de son identit\u00e9 propre<br \/>\n&#8211; ne plus intervenir dans des conflits autres que ceux de sa propre civilisation<br \/>\n&#8211; prendre en r\u00e9elle consid\u00e9ration les Etats-phares des diff\u00e9rentes civilisations et renforcer tant que possible la concertation entre ceux-ci<br \/>\n&#8211; ne pas renoncer \u00e0 mettre en valeur les points communs entre les civilisations et donc favoriser la connaissance mutuelle.<\/p>\n<p>\t*   *   *   *<\/p>\n<p>Certains ont vivement critiqu\u00e9 les th\u00e8ses de Huntington <a name=\"text5\"><a href=\"#vn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>, l&rsquo;accusant d&rsquo;esprit r\u00e9actionnaire et raciste, cherchant un ennemi \u00e0 constuire de toute pi\u00e8ce, incitant au conflit en le proph\u00e9tisant. Le livre est, certes, dangereux. Les partisans de l&rsquo;enfermement culturel, des cultures \u00ab\u00a0\u00e9pur\u00e9es\u00a0\u00bb, de l&rsquo;incompatibilit\u00e9 des cultures, de l&rsquo;\u00e9rection d&rsquo;Etats-nations culturellement homog\u00e8ne y trouveront de nombreux arguments.<br \/>\nAu-del\u00e0 des pol\u00e9miques, trois \u00ab\u00a0messages\u00a0\u00bb du livre de Huntington me semblent importants, ne fut ce que pour le d\u00e9bat qu&rsquo;ils peuvent ouvrir. La renonciation \u00e0 l&rsquo;universalisme serait bien un changement d&rsquo;attitude \u00e0 op\u00e9rer par l&rsquo;Occident. Elle ne me semble pas , chez Huntington, un \u00ab\u00a0repli tactique\u00a0\u00bb mais bien une conviction profonde, un aveu sinc\u00e8re des d\u00e9g\u00e2ts de l&rsquo;imp\u00e9rialisme culturel occidental et un respect de la l\u00e9gitimit\u00e9 des autres cultures. Quand ils ne sont pas imp\u00e9rialistes, les syst\u00e8mes universalistes p\u00e8chent en g\u00e9n\u00e9ral par na\u00efvet\u00e9, m\u00e9connaissance (ou connaissance purement intellectuelle), par volontarisme pur ou irr\u00e9alisme total (m\u00eame le \u00ab\u00a0Projekt Welt Ethos\u00a0\u00bb de Hans K\u00fcng 1990, ou m\u00eame le rapport UNESCO-ONU \u00ab\u00a0Our Creative Diversity\u00a0\u00bb 1995 n&rsquo;\u00e9chappent pas \u00e0 l&rsquo;un ou l&rsquo;autre de ces travers).<br \/>\nUn autre int\u00e9r\u00eat du livre de Huntington est de poser franchement le probl\u00e8me et les difficult\u00e9s du multiculturalisme. De nombreux sociologues am\u00e9ricains croient pouvoir faire un constat d&rsquo;\u00e9chec d&rsquo;un multiculturalisme harmonieux aux Etats-Unis. Les choses se passent de plus en plus mal dans toute l&rsquo;Europe \u00e0 cet \u00e9gard. On n&rsquo;en sortira plus avec quelques beaux principes g\u00e9n\u00e9reux ! Et il y a bien lieu de croire avec Huntington que ce sera le probl\u00e8me, non pas le plus grave des prochaines d\u00e9cennies (objectivement, le probl\u00e8me de la faim l&rsquo;est bien plus) mais le plus suscetible de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en conflit.<br \/>\nLa pol\u00e9mique ne devrait pas non plus occulter l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, \u00e0 titre purement scientifique, de l&rsquo;approche en termes de civilisations. Nous sommes bien entr\u00e9s dans un monde de \u00ab\u00a0politique globale\u00a0\u00bb. D&rsquo;anciens clivages (nationalistes ou Est\/Ouest) ont disparus ou sont devenus moins pertinents. D&rsquo;autres, plus \u00ab\u00a0globaux\u00a0\u00bb, semblent se dessiner. Les observer, en faire une grille d&rsquo;analyse n&rsquo;est pas un p\u00e9ch\u00e9. Ce qui serait grave, ce serait d&rsquo;en faire une doctrine.<\/p>\n<table cellpadding=\"5\" cellspacing=\"0\" border=\"0\">\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn0\"><\/a>(<a href=\"#text0\">0<\/a>)<\/td>\n<td>Le choc des civilisations, \u00e9d. Odile Jacob, Paris, 1997 pour la traduction fran\u00e7aise; \u00e9d.originale am\u00e9ricaine The Clash of Civilizations, Simon &amp; Schuster, New-York, 1996.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn1\"><\/a>(<a href=\"#text1\">1<\/a>)<\/td>\n<td>&lsquo;The Clash of Civilizations: the Debate&rsquo;, in Foreign Affairs, New-York, 1993.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn2\"><\/a>(<a href=\"#text2\">2<\/a>)<\/td>\n<td>Op.cit., p.68: \u00ab\u00a0Dans le monde moderne, la religion est une force centrale, peut-\u00eatre m\u00eame la force centrale, qui motive et mobilise les \u00e9nergies\u00a0\u00bb.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn3\"><\/a>(<a href=\"#text3\">3<\/a>)<\/td>\n<td>Voir figure 9.1, p.270.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn4\"><\/a>(<a href=\"#text4\">4<\/a>)<\/td>\n<td>Voir figure 11.1, p.304.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn5\"><\/a>(<a href=\"#text5\">5<\/a>)<\/td>\n<td>Citons, par exemple, en fran\u00e7ais:<br \/>\n&#8211; David Camroux, Huntington, sc\u00e9narios controvers\u00e9s pour le futur, in Etudes, juin 1996, pp. 735-746<br \/>\n&#8211; Pascal Bruckner, Samuel Huntington ou le retour de la fatalit\u00e9 en histoire, in Esprit 11(nov.97), pp. 53-67.<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Recension du livre de Samuel Huntington &lsquo;Le choc des civilisations&rsquo;. &nbsp; Selis Claude Le livre de Samuel P. 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