{"id":380,"date":"2013-02-02T00:00:00","date_gmt":"2014-02-06T11:37:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.army-chaplaincy.be\/befr\/2012\/06\/16\/violence-guerre-et-paix-dans-la-bible-exode\/"},"modified":"2013-02-02T00:00:00","modified_gmt":"2014-02-06T11:37:32","slug":"violence-guerre-et-paix-dans-la-bible-exode","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/2013\/02\/02\/violence-guerre-et-paix-dans-la-bible-exode\/","title":{"rendered":"Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; Exode"},"content":{"rendered":"<p>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; Une analyse des textes d&rsquo;Exode.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><em><a href=\"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/le-service-de-laumonerie\/membres\/profil-selis-claude\/\">Selis Claude<\/a><\/em><\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale:<\/strong><\/p>\n<p><em>Pour entrer dans le livre de l&rsquo;Exode<\/em><\/p>\n<p>Le livre de l&rsquo;Exode est le deuxi\u00e8me livre biblique, faisant partie du Pentateuque (ou \u00a0\u00bb Thora\u00a0\u00bb), ensemble des cinq premiers livres, constituant la r\u00e9f\u00e9rence fondamentale du juda\u00efsme.<\/p>\n<p>Son nom nous dit quelque chose de son th\u00e8me principal : la sortie d&rsquo;Isra\u00ebl d&rsquo;Egypte. Si la trame du livre est bien constitu\u00e9 du r\u00e9cit de cet \u00e9v\u00e9nement fondateur d&rsquo;Isra\u00ebl et devenu une r\u00e9f\u00e9rence symbolique essentielle, il comporte aussi plusieurs ensembles de textes l\u00e9gislatifs (dont le fameux \u00a0\u00bb D\u00e9calogue\u00a0\u00bb) repr\u00e9sentatifs de ce qu&rsquo;Isra\u00ebl a voulu se donner comme fondements pour organiser sa vie sociale et religieuse.<\/p>\n<p>Tout comme le livre de la Gen\u00e8se, le texte du livre de l&rsquo;Exode est le produit d&rsquo;une longue histoire r\u00e9dactionnelle s&rsquo;\u00e9talant sur quelque six cents ans  o\u00f9 s&rsquo;entrem\u00ealent  pas moins de quatre mouvements th\u00e9ologiques (Yahviste, Elohiste, Deut\u00e9ronomiste et Sacerdotal) ayant des accents tr\u00e8s diff\u00e9rents. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement historique auquel il se r\u00e9f\u00e8re (datant de 1250-1230) est d\u00e9j\u00e0 distant d&rsquo;environ trois si\u00e8cles \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la premi\u00e8re couche r\u00e9dactionnelle identifiable (\u00e9poque salomonienne) et donc de neuf si\u00e8cles par rapport \u00e0 la r\u00e9daction finale. Il sera essentiel de tenir compte de ces d\u00e9calages. Les textes expriment en effet les pr\u00e9occupations de leur \u00e9poque de r\u00e9daction et non de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>Le th\u00e8me de la violence est ici aussi largement illustr\u00e9, sans fausse pudeur et m\u00eame dans des termes parfois choquants. Plut\u00f4t que comme probl\u00e8me d&rsquo;\u00e9thique fondamentale, la violence est ici abord\u00e9e dans son lien avec l&rsquo;exigence religieuse. Assur\u00e9ment, ces textes donnent \u00e0 penser !<\/p>\n<p>\n<strong><em>\u00b7 Textes \u00e9tudi\u00e9s<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; Exode<\/em><\/p>\n<p>\nTextes \u00e9tudi\u00e9s :\t<br \/>\n(d\u00e9roulez ou cliquez sur le texte choisi)<\/p>\n<p>1.\tExode 1 &#8211; 12:\tL&rsquo;oppression en Egypte<br \/>\n2.\tEx. 13 &#8211; 15:\tLa sortie d&rsquo;Egypte<br \/>\n3.\tEx. 17,8-16:\tGuerre contre Amaleq<br \/>\n4.\tEx. 20,1-20:\tLe D\u00e9calogue<br \/>\n5.\tEx. 21,23-25:\tLa loi du talion<br \/>\n6.\tEx. 23,20-33:\tPromesse d&rsquo;entr\u00e9e en Canaan<br \/>\n7.\tEx. 32,25-29:\tCarnage apr\u00e8s le veau d&rsquo;or<br \/>\n8.\tEx. 34,10-28:\tRenouvellement de la promesse d&rsquo;entr\u00e9e en Canaan<\/p>\n<p>\n<strong><em>Encarts documentaires:<\/em><\/strong><br \/>\n1. Contexte historique de l&rsquo;\u00e9poque exodiale<br \/>\n2. Violences, guerre et paix \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque exodiale<br \/>\n3. La lib\u00e9ration comme th\u00e8me th\u00e9ologique<\/p>\n<p>\n<strong>EXODE 1 &#8211; 12<br \/>\nL&rsquo;OPPRESSION EN EGYPTE<\/p>\n<p><em>\u00a0\u00bb J&rsquo;ai vu la mis\u00e8re de mon peuple\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nSuivant une reconstitution historique la plus probable, une partie du peuple h\u00e9breu aurait \u00e9migr\u00e9 vers l&rsquo;Egypte pour des raisons \u00e9conomiques. Cette population aurait connu une situation d&rsquo;oppression \u00e0 un certain moment (sans doute dans la foul\u00e9e des grands travaux de Rams\u00e8s II). Une partie de cette population, peut \u00eatre sous la conduite d&rsquo;un leader charismatique (nomm\u00e9 Mo\u00efse dans les documents), se serait r\u00e9volt\u00e9e contre cette situation (des documents \u00e9gyptiens de l&rsquo;\u00e9poque font effectivement \u00e9tat de troubles). Il est vraisemblable qu&rsquo;il y ait eu d&rsquo;abord des n\u00e9gociations mais qu&rsquo;elle n&rsquo;aient pas abouti. <\/p>\n<p>Cette exp\u00e9rience historique a \u00e9t\u00e9 fondatrice d&rsquo;une conviction fortement ancr\u00e9e dans la mentalit\u00e9 biblique : il y a des situations d&rsquo;oppression qui sont inacceptables et contre lesquelles il faut se r\u00e9volter. L&rsquo;exp\u00e9rience historique peut aussi devenir symbolique d&rsquo;une exp\u00e9rience morale int\u00e9rieure : il faut vouloir se lib\u00e9rer de toute forme d&rsquo;esclavage, de d\u00e9pendance par rapport aux r\u00e9alit\u00e9s de ce monde.<\/p>\n<p>Des situations d&rsquo;oppression, m\u00eame diffuse, m\u00eame coul\u00e9e en forme de syst\u00e8me (les corv\u00e9es faisaient partie du syst\u00e8me social \u00e9gyptien ; toute la classe paysanne y \u00e9tait soumise) sont des formes de violence (des \u00a0\u00bb violences institutionnelles\u00a0\u00bb). Elles engendrent toujours, sous une forme ou une autre, une contre-violence. Dans notre texte, il s&rsquo;agit des \u00a0\u00bb dix plaies\u00a0\u00bb. Elles sont attribu\u00e9es \u00e0 Dieu car, tout simplement, tout haut-fait, la conduite m\u00eame de l&rsquo;histoire, est, bibliquement, toujours attribu\u00e9e \u00e0 Dieu. De plus, il s&rsquo;agit de plaies \u00a0\u00bb litt\u00e9raires\u00a0\u00bb c&rsquo;est \u00e0 dire arrang\u00e9es litt\u00e9rairement pour appara\u00eetre comme une suite organis\u00e9e de punitions \u00e0 ceux qui s&rsquo;opposent \u00e0 la volont\u00e9 divine. Leur port\u00e9e est surtout de dire que Dieu veut un peuple lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\nPrises pour elles-m\u00eames, observons que les dix plaies sont des faits limit\u00e9s. Elles ont valeur de signes d&rsquo;avertissement. Elles se veulent \u00e9ducatives, donnent le temps de la r\u00e9flexion et veulent d&rsquo;ailleurs emporter l&rsquo;adh\u00e9sion.<\/p>\n<p>Les contre-violences sont-elles toujours l\u00e9gitimes ? Le texte semble dire que certaines le sont, sous certaines formes. Indirectement, la le\u00e7on est aussi qu&rsquo;il faut ne pas \u00eatre oppresseur. <\/p>\n<p>\n<strong>EXODE 13 &#8211;15<br \/>\nLA SORTIE D&rsquo;EGYPTE<\/p>\n<p><em>\u00a0\u00bb C&rsquo;est par la force que Yahv\u00e9 vous a fait sortir d&rsquo;Egypte, de la maison de servitude\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nApr\u00e8s les dix plaies destin\u00e9es \u00e0 convaincre Pharaon de laisser partir les H\u00e9breux, ceux-ci se pr\u00e9parent \u00e0 quitter cette \u00a0\u00bb terre de servitude\u00a0\u00bb non sans marquer l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement par un repas qui deviendra symbolique du passage \u00e0 la libert\u00e9 (chap.13). Mais Pharaon revient sur sa d\u00e9cision et veut rattraper les H\u00e9breux pour ne pas perdre cette main d&rsquo;&#339;uvre esclave. C&rsquo;est alors que Dieu indique \u00e0 Mo\u00efse et au peuple le passage de la Mer des Roseaux, leur permet de passer \u00e0 pied sec en refoulant les eaux mais referme ces eaux sur l&rsquo;arm\u00e9e de Pharaon, provoquant sa d\u00e9route (chap.14). Cette \u00a0\u00bb victoire\u00a0\u00bb est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par un chant (le fameux \u00a0\u00bb Cantique de Mo\u00efse\u00a0\u00bb, chap.15) dont les termes rel\u00e8vent du po\u00e8me \u00e9pique :<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Yahv\u00e9 est un guerrier, Yahv\u00e9 est son nom.<br \/>\nIl a pr\u00e9cipit\u00e9 dans la mer les chars de Pharaon et son arm\u00e9e.<br \/>\nL&rsquo;\u00e9lite de ses cavaliers, la mer des Roseaux les a engloutis.<br \/>\nLes ab\u00eemes les recouvrent,<br \/>\nils sont descendus dans le gouffre comme une pierre.<br \/>\nTa droite, Yahv\u00e9, s&rsquo;illustre par sa force. <br \/>\nTa droite, Yahv\u00e9, \u00e9crase l&rsquo;ennemi.<br \/>\nPar la grandeur de ta puissance, tu renverses tes adversaires.<br \/>\nTu d\u00e9cha\u00eenes ta col\u00e8re ; elle les d\u00e9vore comme de la paille&#8230;\u00a0\u00bb (15, 3-7)<\/p>\n<p>Rappelons-nous que ces textes ne sont pas des reportages sur le vif mais des relectures th\u00e9ologiques tardives, post\u00e9rieures de huit si\u00e8cles au moins. Le probl\u00e8me n&rsquo;est donc pas celui de l&rsquo;historicit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements (bien qu&rsquo;il y ait eu \u00e9v\u00e9nement) mais leur intention th\u00e9ologique. Le postulat, non travaill\u00e9 ici, est que Dieu est tout simplement l&rsquo;auteur des hauts-faits. Les victoires lui sont donc automatiquement attribu\u00e9es. Elles le sont dans le vocabulaire \u00e9pique de l&rsquo;\u00e9poque. Il n&rsquo;y a donc pas lieu de s&rsquo;offusquer de voir Dieu d\u00e9nomm\u00e9 \u00a0\u00bb guerrier\u00a0\u00bb. L&rsquo;intention est de signifier que la volont\u00e9 de Dieu est que le peuple h\u00e9breu renonce \u00e0 sa situation d&rsquo;esclavage (au sens historique, mais surtout au sens m\u00e9taphorique) et qu&rsquo;il vient en aide aux personnes pr\u00eates \u00e0 cette d\u00e9marche malgr\u00e9 les obstacles certains. Les plus grands obstacles ne sont pas les obstacles mat\u00e9riels (dans le r\u00e9cit : le chemin \u00e0 faire dans le d\u00e9sert, la menace arm\u00e9e d&rsquo;un ennemi, la travers\u00e9e de la mer des Roseaux, ne pas se perdre en chemin,&#8230;) mais des obstacles int\u00e9rieurs (la tentation de pr\u00e9f\u00e9rer sa situation &#8211;connue- d&rsquo;esclavage plut\u00f4t que celle &#8211;risqu\u00e9e- de la libert\u00e9). L&rsquo;intention th\u00e9ologique est donc d&rsquo;exprimer l&rsquo;exigence de lib\u00e9ration qui doit animer chaque fid\u00e8le plut\u00f4t que la r\u00e9jouissance suite \u00e0 la \u00a0\u00bb d\u00e9faite\u00a0\u00bb d&rsquo;un ennemi.<\/p>\n<p>Cet \u00e9pisode a acquis un caract\u00e8re fondateur et est devenu le paradigme de toute d\u00e9marche de lib\u00e9ration. Il est probable en effet que ce r\u00e9cit et ce \u00ab\u00a0Cantique de Mo\u00efse\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;historicisation de la f\u00eate de la P\u00e2que (f\u00eate agraire \u00e0 l&rsquo;origine) sur fond de tradition orale qui, elle, peut \u00eatre tr\u00e8s ancienne. Les termes en seraient donc purement liturgiques, n&rsquo;ayant plus rien \u00e0 voir avec un combat r\u00e9el mais \u00e9voquant un combat spirituel.<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb C&rsquo;est par la force que Yahv\u00e9 vous a fait sortir d&rsquo;Egypte, de la maison de servitude&#8230;\u00a0\u00bb, on pourrait gloser : c&rsquo;est presque contre votre volont\u00e9 et gr\u00e2ce \u00e0 son soutien que Dieu vous fait sortir de l&rsquo;esclavage du p\u00e9ch\u00e9 parce qu&rsquo;il vous veut libres&#8230;<\/p>\n<p>\n<strong>EXODE 17, 8 &#8211; 16<br \/>\nGUERRE CONTRE AMALEQ<\/p>\n<p><em>\u00a0\u00bb Yahw\u00e9 est en guerre contre Amaleq, d&rsquo;\u00e2ge en \u00e2ge\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nA peine sorti d&rsquo;Egypte, les H\u00e9breux rencontrent trois obstacles majeurs : la faim (chap.16), la soif (chap.17, 1-7) et des ennemis (chap.17, 8-16). Cette tribu des Amal\u00e9cites qui aura \u00a0\u00bb l&rsquo;honneur\u00a0\u00bb d&rsquo;\u00eatre le premier ennemi sur la route de la Terre Promise deviendra l&rsquo;ennemi par excellence, l&rsquo;arch\u00e9type de tous les ennemis, frapp\u00e9 d&rsquo;une mal\u00e9diction totale et irr\u00e9missible. Pour un premier ennemi, il semble avoir \u00e9t\u00e9 coriace. Les armes ne pouvaient suffire. Mo\u00efse avait pr\u00e9vu de soutenir ses combattants par la pri\u00e8re. Lorsqu&rsquo;il avait les bras lev\u00e9s, les H\u00e9breux \u00e9taient les plus forts ; lorsqu&rsquo;il les avait abaiss\u00e9s, les Amal\u00e9cites \u00e9taient les plus forts. Il fallut trouver un stratag\u00e8me pour qu&rsquo;il puisse tenir les bras continuellement lev\u00e9s. Encore fallut-il toute la journ\u00e9e pour d\u00e9cider de l&rsquo;issue de la bataille. La mal\u00e9diction qui s&rsquo;en suivit est rest\u00e9 la plus s\u00e9v\u00e8re de toute l&rsquo;histoire biblique : il fallait effacer pour toujours le souvenir d&rsquo;Amaleq mais ne jamais effacer cette condamnation m\u00eame. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas le peuple h\u00e9breu qui \u00e9tait en guerre contre Amaleq mais Dieu lui-m\u00eame. <\/p>\n<p>Par la suite, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la Royaut\u00e9, Sa\u00fcl, confront\u00e9 aux Amal\u00e9cites, re\u00e7ut l&rsquo;injonction (1Sam.15, 1-18) : \u00a0\u00bb Va, frappe Amaleq, voue-le \u00e0 l&rsquo;anath\u00e8me avec tout ce qu&rsquo;il poss\u00e8de. Sois sans piti\u00e9 pour lui. Tue hommes et femmes, enfants et nourissons, b&#339;ufs et brebis, chameaux et \u00e2nes.\u00a0\u00bb (v.3). Sa\u00fcl fut m\u00eame sanctionn\u00e9 pour ne pas avoir tout tu\u00e9 ou d\u00e9truit des Amal\u00e9cites. David les affronta \u00e0 son tour (1Sam.30, 1-20) : \u00ab\u00a0&#8230; David les massacra depuis l&rsquo;aube jusqu&rsquo;au soir, les vouant \u00e0 l&rsquo;anath\u00e8me\u00a0\u00bb (v.17). Sous le r\u00e8gne d&rsquo;Ez\u00e9chias, les membres de la tribu de Sim\u00e9on se charg\u00e8rent de leur liquidation d\u00e9finitive : \u00ab\u00a0Ils battirent le reste des rescap\u00e9s d&rsquo;Amaleq&#8230;.\u00a0\u00bb (1Chro.4, 43).  Le Deut\u00e9ronome pr\u00e9sente cette mal\u00e9diction comme une condamnation des pratiques de fraude dont les Amal\u00e9cites, tribu de pillard pratiquant la razzia, \u00e9taient accoutum\u00e9s (Deut.25, 13-19). La sentence est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e : \u00a0\u00bb Tu effaceras le souvenir d&rsquo;Amaleq de dessous les cieux. N&rsquo;oublie pas !\u00a0\u00bb (v.19).<\/p>\n<p>L&rsquo;intention du texte est de signifier qu&rsquo;il y a des ennemis absolus, irr\u00e9ductibles avec lesquels il ne faut pas transiger. Entendu au sens strict de personnes physiques, la morale chr\u00e9tienne se distance ici de la morale juive. En christianisme, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;ennemi absolu, il n&rsquo;y a personne qui soit impardonnable a priori. Mais entendu de comportements moraux (comme le sugg\u00e8re le Deut\u00e9ronome), la le\u00e7on garde toute sa valeur.<\/p>\n<p>\n<strong>EXODE 20, 1 &#8211; 20<br \/>\nLE DECALOGUE<\/p>\n<p><em>\u00a0\u00bb Tu ne tueras pas\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nL&rsquo;\u00e9pisode du don de la Loi est situ\u00e9 \u00a0\u00bb trois mois apr\u00e8s leur sortie d&rsquo;Egypte\u00a0\u00bb. On comprend bien par l\u00e0, de la part du r\u00e9cit biblique, la volont\u00e9 de montrer que d\u00e9sormais, pour les H\u00e9breux, la loi de Dieu doit  remplacer la loi des hommes. Celle des hommes (symbolis\u00e9e par l&rsquo;Egypte) \u00e9tait une loi d&rsquo;asservissement \u00e0 la volont\u00e9 du plus fort (le souverain) ; celle de Dieu a \u00e9galement ses contraintes mais veut cr\u00e9er les conditions pour que l&rsquo;homme &#8211;tout homme comme personne individuelle-  puisse vraiment vivre dans la dignit\u00e9 et comme cr\u00e9ature digne de Dieu. Parmi les Dix Commandements, on peut en distinguer cinq qui concernent les \u00a0\u00bb devoirs envers Dieu\u00a0\u00bb et cinq concernant les \u00a0\u00bb devoirs envers les autres\u00a0\u00bb, les premiers \u00e9tant le fondement des autres.<\/p>\n<p>Le sixi\u00e8me commandement (v.13), l&rsquo;interdiction de tuer, a l&rsquo;air de se pr\u00e9senter comme un absolu. Une analyse un peu plus approfondie oblige \u00e0 corriger cette impression. Le verbe h\u00e9breu utilis\u00e9 (\u00a0\u00bb ratsa\u00a0\u00bb), parmi d&rsquo;autres possibles,  d\u00e9signe sp\u00e9cifiquement le meurtre, l&rsquo;assassinat c&rsquo;est \u00e0 dire une situation de violence priv\u00e9e et ill\u00e9gale (la traduction \u00a0\u00bb tu n&rsquo;assassineras pas\u00a0\u00bb est, de loin, pr\u00e9f\u00e9rable). Les Codes v\u00e9t\u00e9ro-testamentaires pr\u00e9voient en effet explicitement par ailleurs la peine de mort dans certains cas (violence l\u00e9gale) et ne s&rsquo;insurgent pas n\u00e9cessairement contre toute guerre (violence collective). <\/p>\n<p>L&rsquo;ensemble du \u00a0\u00bb D\u00e9calogue\u00a0\u00bb rel\u00e8ve d&rsquo;ailleurs de la morale priv\u00e9e (c&rsquo;est bien ainsi que l&rsquo;a compris l&rsquo;\u00e9vang\u00e9liste dans sa reprise de la Loi, cf. Mtt.5, 20-48) et ne repr\u00e9sente qu&rsquo;une \u00e9tape &#8211;tardive et tr\u00e8s situ\u00e9e- de la morale biblique. La morale du D\u00e9calogue est typique du courant Sacerdotal (post-exilique, c&rsquo;est \u00e0 dire vers le 4\u00b0 si\u00e8cle) tr\u00e8s soucieuse des devoirs envers Dieu (sous des formes que ce courant estimait essentiel : le respect du sabbat par exemple, parfaitement anachronique par  rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de l&rsquo;Exode, au 13\u00b0s. !) et repr\u00e9sentative d&rsquo;une morale \u00a0\u00bb bourgeoise\u00a0\u00bb d&rsquo;un peuple devenu s\u00e9dentaire (on n&rsquo;imagine pas un peuple nomade du d\u00e9sert, \u00a0\u00bb trois mois\u00a0\u00bb apr\u00e8s sa sortie d&rsquo;Egypte, parler de protection de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e \u00a0\u00bb Tu ne convoiteras pas la maison de ton voisin\u00a0\u00bb !). <br \/>\n Le juda\u00efsme consid\u00e8re d&rsquo;ailleurs que c&rsquo;est l&rsquo;ensemble des cinq premiers livres qui constitue la \u00a0\u00bb Loi\u00a0\u00bb (la \u00a0\u00bb Thora\u00a0\u00bb) et non particuli\u00e8rement ces quelques versets. La sacralisation du D\u00e9calogue date de l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se chr\u00e9tienne des premiers si\u00e8cles (Ir\u00e9n\u00e9e de Lyon entre autre). Plus tard, les moralistes chr\u00e9tiens ont voulu en faire le fondement de la loi naturelle. C&rsquo;est trop sollicit\u00e9 le texte ! <\/p>\n<p>Retenons-en, en gardant \u00e0 l&rsquo;esprit la dynamique profonde de l&rsquo;ensemble des \u00e9crits bibliques, les \u00e9l\u00e9ments essentiels suivants : la vie humaine a quelque chose de sacr\u00e9e parce que l&rsquo;homme a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;image de Dieu\u00a0\u00bb et ensuite que la loi divine est faite pour donner la vie (une vie de qualit\u00e9 sup\u00e9rieure, parce que reli\u00e9e au divin) et non pour donner la mort.<\/p>\n<p>\n<strong>EXODE 21,23-25<br \/>\nLA LOI DU TALION<\/p>\n<p><em>\u00a0\u00bb &#338;il pour &#339;il, dent pour dent\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nLa c\u00e9l\u00e8bre \u00a0\u00bb loi du talion\u00a0\u00bb n&rsquo;est qu&rsquo;un morceau de verset  dans un ensemble plus large appel\u00e9 \u00a0\u00bb Code de l&rsquo;Alliance\u00a0\u00bb (Ex.20,22 \u00e0 23,19). Ce \u00a0\u00bb code\u00a0\u00bb couvre des mati\u00e8res tr\u00e8s diverses (meurtre, homicide, coups et blessures, insultes, dommages, vols, pr\u00eats, viols, comportement envers le faible, l&rsquo;\u00e9tranger, l&rsquo;ennemi, lois religieuses, &#8230;) sous des formes \u00e9galement fort diverses (ordres, d\u00e9fenses, \u00e9nonc\u00e9s conditionnels, casuistique, &#8230;). Il constitue assur\u00e9ment un t\u00e9moin du droit coutumier de peuplades h\u00e9bra\u00efques d&rsquo;une certaine \u00e9poque (ant\u00e9rieure au \u00a0\u00bb D\u00e9calogue\u00a0\u00bb mais o\u00f9 ces peuplades \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 s\u00e9dentaris\u00e9es soit, au plus haut, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des Juges, vers &#8211; 1000, et \u00a0\u00bb revu\u00a0\u00bb par le courant Elohiste). Il a \u00e9t\u00e9, assez artificiellement, ins\u00e9r\u00e9 \u00e0 la suite du D\u00e9calogue. Il n&#8217;emp\u00eache que ce Code a \u00e9t\u00e9 ainsi remis dans une dynamique, celle du livre de l&rsquo;Exode, faite de lib\u00e9ration d&rsquo;une situation d&rsquo;oppression et de red\u00e9finition des bases d&rsquo;une vie sociale.  <\/p>\n<p>La \u00a0\u00bb loi du talion\u00a0\u00bb (du latin talis, telle : telle offense, telle sanction) serait donc repr\u00e9sentative d&rsquo;une situation ant\u00e9rieure de plusieurs si\u00e8cles au \u00a0\u00bb D\u00e9calogue\u00a0\u00bb. Par rapport \u00e0 celui-ci, la loi du talion serait parfaitement caduque mais il resterait int\u00e9ressant de constater les avanc\u00e9es par rapport \u00e0 une situation morale encore plus primitive : celle de la vengeance illimit\u00e9e, m\u00eame pour une offense mineure (magnifiquement exprim\u00e9e par Gn.4, 23-24 : \u00a0\u00bb J&rsquo;ai tu\u00e9 un homme pour ma blessure, un enfant pour ma meurtrissure car sept fois sera veng\u00e9 Ca\u00efn mais septante-sept fois Lamech !\u00a0\u00bb). Le talion introduit un principe de limitation de la vengeance, en ce cas celui de la pure r\u00e9ciprocit\u00e9. Ce concept reste tr\u00e8s primitif mais il est d&rsquo;une tr\u00e8s grande sup\u00e9riorit\u00e9 morale par rapport \u00e0 celui de la loi du plus fort (parce qu&rsquo;il donne plus de chance \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 de vivre harmonieusement dans l &lsquo;\u00e9galit\u00e9). Par ailleurs, son c\u00f4t\u00e9 primitif permet de le rendre accessible et motivant sans apprentissage (m\u00eame une personne peu cultiv\u00e9e peut en saisir imm\u00e9diatement la \u00ab\u00a0justice\u00a0\u00bb, l&rsquo;avantage et donc l&rsquo;adopter effectivement comme ligne de conduite). Son c\u00f4t\u00e9 primitif lui permet aussi de \u00a0\u00bb r\u00e9sister\u00a0\u00bb comme principe m\u00eame en situation d&rsquo;offense majeure, ce qui n&rsquo;est pas le cas de principes plus subtils ou plus g\u00e9n\u00e9reux.<br \/>\nDe plus, le principe de r\u00e9ciprocit\u00e9 est \u00a0\u00bb positivable\u00a0\u00bb : s&rsquo;il est valable en situation de tort caus\u00e9, il l&rsquo;est pareillement en situation de bienfait caus\u00e9. Il devient alors g\u00e9n\u00e9rateur de qualit\u00e9 de vie suppl\u00e9mentaire.<\/p>\n<p>A noter \u00e9galement que cette loi du talion suppose acquis le principe de la responsabilit\u00e9 personnelle et non plus celui de la responsabilit\u00e9 collective. Ce principe est \u00e0 la base de la mise en place d&rsquo;un syst\u00e8me judiciaire puisqu&rsquo;il implique l&rsquo;identification pr\u00e9cise et certaine du coupable (outre la d\u00e9termination exacte du tort caus\u00e9). Il s&rsquo;\u00e9tendra m\u00eame \u00e0 la responsabilit\u00e9 personnelle indirecte (d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par des animaux domestiques : Ex.21,28-32) et engendrera une tr\u00e8s heureuse casuistique (distinction entre le volontaire et involontaire, le pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9 et le non-pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9 : Ex.21,12 \u00e0 23,9 passim).<\/p>\n<p>Mais le Code de l&rsquo;Alliance (dont fait partie, dans le chapitre \u00a0\u00bb coups et blessures\u00a0\u00bb, notre loi du talion) conna\u00eet aussi un syst\u00e8me de compensation des peines (Ex.21,12 \u00e0 23,9 passim). La sanction pr\u00e9vue peut \u00eatre commu\u00e9e en d\u00e9dommagement financier ou en nature. L&rsquo;histoire montrera que c&rsquo;est ce syst\u00e8me qui fut suivi et \u00e9tendu. La loi du talion n&rsquo;\u00e9tait plus appliqu\u00e9e depuis longtemps au moment de la r\u00e9daction du texte, si elle le fut jamais. Elle pourrait tr\u00e8s bien n&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 que l&rsquo;expression litt\u00e9raire du principe de r\u00e9ciprocit\u00e9, loin de toute cruaut\u00e9 physique. <\/p>\n<p>\n<strong>EXODE 23, 20 &#8211; 33<br \/>\nPROMESSE D&rsquo;ENTREE EN CANAAN<\/p>\n<p><em>\u00a0\u00bb Je livrerai entre vos mains les habitants du pays\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nLes conclusions d&rsquo;alliance ou publications de codes l\u00e9gislatifs \u00e9taient d&rsquo;ordinaire dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 moyen-orientale assortis de b\u00e9n\u00e9dictions en cas de respect et de mal\u00e9dictions en cas de non-respect (c&rsquo;est le cas, pour rester dans les exemples bibliques,  pour L\u00e9v.26 ou Deut.28). Bien que tr\u00e8s artificiellement plac\u00e9 ici, cette \u00a0\u00bb promesse pour l&rsquo;entr\u00e9e en Canaan\u00a0\u00bb joue cette fonction par rapport au Code d&rsquo;Alliance imm\u00e9diatement pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p>Historiquement, l&rsquo;installation des tribus h\u00e9bra\u00efques en Terre Promise (Canaan) ne fut pas du tout un cadeau ni une op\u00e9ration sans encombres. Elle se fit \u00e0 la pointe de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e et par infiltration. Le processus fut long et m\u00eame jamais compl\u00e8tement r\u00e9alis\u00e9. C&rsquo;est \u00e0 propos de cette conqu\u00eate de Canaan que l&rsquo;on peut parler de \u00a0\u00bb Guerre Sainte\u00a0\u00bb ou, mieux, de \u00a0\u00bb Guerre sacr\u00e9e\u00a0\u00bb d&rsquo;Isra\u00ebl <a name=\"text0\"><a href=\"#vn0\"><sup>[0]<\/sup><\/a>.  Le r\u00e9cit (th\u00e9ologis\u00e9) de cette conqu\u00eate fait surtout l&rsquo;objet des livres de Josu\u00e9 et des Juges. Notre texte fait \u00e9cho aux difficult\u00e9s rencontr\u00e9s et est, bien s\u00fbr, largement post\u00e9rieur \u00e0 la conqu\u00eate elle-m\u00eame <a name=\"text1\"><a href=\"#vn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>. Le vocabulaire ne d\u00e9note cependant pas d&rsquo;\u00e9norm\u00e9ment de pr\u00e9venance pour l&rsquo;ennemi (\u00a0\u00bb je me ferai l&rsquo;ennemi de tes ennemis\u00a0\u00bb (v.22) ; \u00a0\u00bb &#8230;je les exterminerai\u00a0\u00bb (v.23) ; \u00a0\u00bb j&rsquo;enverrai ma terreur devant toi\u00a0\u00bb (v.27) ; \u00a0\u00bb j&rsquo;enverrai devant toi les frelons\u00a0\u00bb (v.27) ; \u00a0\u00bb je livrerai entre vos mains les habitants du pays\u00a0\u00bb (v.32) ; \u00a0\u00bb tu ne concluras pas d&rsquo;alliance avec eux\u00a0\u00bb (v.32) ). Le souci semble \u00eatre surtout de pr\u00e9server le monoth\u00e9isme (v.24-25 et 32-33) mais \u00e0 ces conditions, cela pose quand m\u00eame probl\u00e8me &#8230; Le souci de pr\u00e9server la puret\u00e9 d&rsquo;un peuple justifie-t-il ne fut que ce vocabulaire belliqueux ?<\/p>\n<p>\n<strong>EXODE 32, 25 &#8211; 29<br \/>\nCARNAGE APRES LE VEAU D&rsquo;OR<\/p>\n<p><em>\u00a0\u00bb Mettez chacun le glaive \u00e0 la hanche&#8230; tuez&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nMo\u00efse s&rsquo;attardant sur la montagne sainte \u00e0 recevoir les tables de la Loi, le peuple s&rsquo;impatiente. Sous la conduite de son lieutenant Aaron, il se fabrique un veau d&rsquo;or avec leurs bijoux et lui rende culte comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de Yahv\u00e9. Yahv\u00e9 en avertit Mo\u00efse et lui promet de se mettre en col\u00e8re. Mo\u00efse r\u00e9ussit \u00e0 l&rsquo;apaiser mais, \u00e9tant redescendu de la montagne, se met lui-m\u00eame en col\u00e8re, d\u00e9truit le veau d&rsquo;or et veut proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9puration. Les membres d&rsquo;une tribu (celle des L\u00e9vites) r\u00e9pondent \u00e0 son appel et ex\u00e9cutent l&rsquo;ordre de Mo\u00efse, implacablement. Pour ce z\u00e8le, Mo\u00efse les institue \u00a0\u00bb tribu sacerdotale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il est possible que cet \u00e9pisode soit un r\u00e9cit \u00e9tiologique c&rsquo;est-\u00e0-dire voulant justifier, apr\u00e8s-coup, par un haut-fait fondateur, le statut sacerdotal de cette tribu. En attribuant le mauvais r\u00f4le \u00e0 Aaron, il est possible que le r\u00e9cit fasse \u00e9cho \u00e0 une pol\u00e9mique de la classe sacerdotale des L\u00e9vites contre le clerg\u00e9 se revendiquant d&rsquo;Aaron qui avait pris en main le culte centralis\u00e9 du Temple \u00e0 J\u00e9rusalem et qui avait d\u00e9class\u00e9 les l\u00e9vites au rang de servants du Temple.<\/p>\n<p>On peut aussi prendre ce texte pour une expression litt\u00e9raire de la volont\u00e9 &#8211;et de la difficult\u00e9- d&rsquo;\u00e9radiquer l&rsquo;idol\u00e2trie, cet ennemi int\u00e9rieur du point de vue du monoth\u00e9isme. Cependant, m\u00eame litt\u00e9raire, cette violence religieuse pose probl\u00e8me. Qu&rsquo;est-ce que cela veut dire de vouloir fonder l&rsquo;investiture sacerdotale, gardienne de ce monoth\u00e9isme,  sur un tel \u00a0\u00bb sacrifice\u00a0\u00bb (pr\u00e9sent\u00e9 comme r\u00e9el, historique) ?  Ren\u00e9 Girard <a name=\"text2\"><a href=\"#vn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> y trouverait la confirmation de sa th\u00e9orie suivant laquelle les sacrifices (religieux, symboliques) se fondent sur une violence originaire r\u00e9elle, qu&rsquo;il ne faut pas vouloir nier par ang\u00e9lisme. Devrait-on en d\u00e9duire, plus fondamentalement encore, que le caract\u00e8re \u00a0\u00bb sacr\u00e9\u00a0\u00bb est ins\u00e9parable de l&rsquo;exercice d&rsquo;une violence et que donc, inversement, l&rsquo;exercice de la violence conf\u00e8re un caract\u00e8re sacr\u00e9 ? Redoutables questions dont les r\u00e9ponses se trouvent &#8211;malheureusement- dans notre histoire et dans notre r\u00e9alit\u00e9 actuelle !<\/p>\n<p>Ce genre de texte n&rsquo;a-t-il pas servi, m\u00eame inconsciemment ou indirectement, \u00e0 justifier le fait d&rsquo;imposer une croyance et d&rsquo;\u00e9liminer les d\u00e9viants ? Fameuses responsabilit\u00e9s au regard de l&rsquo;histoire ! dont ces textes auraient pu nous faire prendre conscience et nous faire \u00e9viter des violences si on les avait pris au s\u00e9rieux (et pas seulement comme des r\u00e9cits nous autorisant, sans autre critique, \u00e0 les imiter).<\/p>\n<p>\n<strong>EXODE 34, 10 &#8211; 28:<\/p>\n<p>RENOUVELLEMENT DE LA PROMESSE D&rsquo;OCCUPATION DE CANAAN<\/p>\n<p><em>\u00a0\u00bb Garde-toi de conclure une alliance avec eux\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\nDans la logique du r\u00e9cit en sa r\u00e9daction finale, ce texte se pr\u00e9sente comme un renouvellement de l&rsquo;Alliance apr\u00e8s que Mo\u00efse eut bris\u00e9 les Tables de la Loi suite \u00e0 l&rsquo;\u00e9pisode du Veau d&rsquo;or. En fait, il s&rsquo;agit plut\u00f4t d&rsquo;une autre version de cette Alliance, plus archa\u00efque d&rsquo;ailleurs,  que le r\u00e9dacteur final a plac\u00e9 artificiellement ici. On s&rsquo;accorde \u00e0 dire qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la version \u00a0\u00bb Yahviste\u00a0\u00bb du Code d&rsquo;alliance, se situant plus au niveau du cultuel que de l&rsquo;\u00e9thique (v.14&#8211; 26). Il s&rsquo;accompagne \u00e9galement de promesses et de menaces (v.10&#8211;3). C&rsquo;est cette partie qui nous int\u00e9resse. Yahv\u00e9 promet en effet de \u00a0\u00bb chasser devant toi les Amorites, les Canan\u00e9ens, les Hittites, les Perizittes, les Hivites et les J\u00e9bus\u00e9ens\u00a0\u00bb (v.11) et mets en garde contre toute assimilation \u00e0 ces populations et \u00e0 leurs divinit\u00e9s : \u00a0\u00bb Garde-toi de conclure alliance avec les habitants du pays o\u00f9 tu vas entrer, de peur qu&rsquo;ils ne deviennent  un pi\u00e8ge au milieu de toi. Au contraire, leurs autels vous les abattrez ; leurs st\u00e8les, vous les briserez &#8230;\u00a0\u00bb (v.12&#8211;13). On peut s&rsquo;\u00e9tonner du rappel de tels avertissements alors qu&rsquo;au moment de leur r\u00e9daction Isra\u00ebl vivait depuis des g\u00e9n\u00e9rations, plus ou moins tranquillement, au milieu de ces populations. A nouveau, il y a d\u00e9calage entre la r\u00e9alit\u00e9 de la coexistence et l&rsquo;intransigeance du discours. Certes, le r\u00e9dacteur Yahviste a surtout en vue la sauvegarde de la puret\u00e9 de la foi et du culte (v.14&#8211;16). Ce souci est l\u00e9gitime et logique de la part d&rsquo;une religion (comme de tout syst\u00e8me philosophique) sous peine d&rsquo;incoh\u00e9rence interne et d&rsquo;insignifiance. Le probl\u00e8me vient du fait de lier une puret\u00e9 id\u00e9ologique \u00e0 une puret\u00e9 ethnique. Le combat pour la puret\u00e9 id\u00e9ologique en vient \u00e0 l\u00e9gitimer le combat contre des personnes ou des populations. Une exigence interne (qui est une mani\u00e8re de \u00a0\u00bb se faire violence\u00a0\u00bb) est ainsi d\u00e9tourn\u00e9e en violence externe. Ce r\u00e9flexe est malheureusement le plus courant parce qu&rsquo;il est la mani\u00e8re la plus simple, la plus primitive, la plus concr\u00e8te d&rsquo;obliger ou de s&rsquo;obliger \u00e0 respecter cette exigence mais il t\u00e9moigne surtout d&rsquo;une faiblesse : l&rsquo;incapacit\u00e9 de supporter la tentation (repr\u00e9sent\u00e9e ici par l&rsquo;idol\u00e2trie, le polyth\u00e9isme, &#8230; le multiculturalisme, le pluralisme) par manque de force d&rsquo;\u00e2me ou de conviction. Si le but est la puret\u00e9 religieuse, les m\u00e9thodes pour y arriver doivent se situer \u00e0 ce seul niveau. Si le but est la puret\u00e9 ethnique, sous couvert de puret\u00e9 religieuse, -ce qui semble \u00eatre le plus souvent le cas-, alors cela rel\u00e8ve du plus banal des r\u00e9flexes sociologiques. Il est alors parfaitement ill\u00e9gitime d&rsquo;invoquer l&rsquo;argument religieux. <\/p>\n<p><strong><em>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; Exode (encart 1)<\/strong><\/em><\/p>\n<p><strong>CONTEXTE HISTORIQUE DE L&rsquo;EPOQUE EXODIALE (1250 &#8211; 1230 av.J.-C.)<\/strong><\/p>\n<p>\nCe qui est relat\u00e9 dans les textes bibliques comme un exploit du peuple h\u00e9breu contre le Pharaon d&rsquo;Egypte n&rsquo;est, historiquement, qu&rsquo;une escarmouche pass\u00e9e inaper\u00e7ue dans l&rsquo;histoire de ce pays. Quelques tribus h\u00e9bra\u00efques (et non l&rsquo;ensemble du peuple) auraient fui une situation d&rsquo;oppression, vraisemblable sous le r\u00e9gime des grands travaux de Rams\u00e8s II (Nouvel Empire &#8211; 19\u00b0 dynastie th\u00e9baine). Sur leur passage, il se peut qu&rsquo;il y ait eu des accrochages avec des garnisons \u00e9gyptiennes post\u00e9es le long des voies d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;Egypte. L&rsquo;itin\u00e9raire des H\u00e9breux est difficile \u00e0 reconstituer vu le peu d&rsquo;indications identifiables ou le caract\u00e8re contradictoire de celles-ci (r\u00e9v\u00e9lation sur l&rsquo;Horeb ou sur le Sina\u00ef ?). Sur une st\u00e8le de Merneptah, successeur de Rams\u00e8s II, dat\u00e9e de 1220 et c\u00e9l\u00e9brant ses victoires, il est fait mention non pas d&rsquo;une d\u00e9faite mais d&rsquo;une victoire \u00e9gyptienne \u00a0\u00bb Isra\u00ebl est an\u00e9anti et n&rsquo;a plus de semence\u00a0\u00bb. C&rsquo;est la seule indication dans l&rsquo;histoire \u00e9gyptienne, avec quelques allusions \u00e0 des  \u00a0\u00bb Hapirou\u00a0\u00bb (= H\u00e9breux ?) consid\u00e9r\u00e9es comme peuplades marginales et r\u00e9calcitrantes, encore signal\u00e9es un si\u00e8cle plus tard sous Rams\u00e8s IV.<br \/>\nL&rsquo;Egypte est, \u00e0 cette \u00e9poque, une grande puissance. Le seul rival s\u00e9rieux du moment sont les Hittites (actuelle Turquie centrale). Mais les difficult\u00e9s commencent avec les  Libyens et avec les \u00a0\u00bb \u00a0\u00bb Peuples de la mer\u00a0\u00bb, inidentifi\u00e9s, n&rsquo;ayant jamais form\u00e9 d&#8217;empire mais ayant boulevers\u00e9 durablement l&rsquo;\u00e9quilibre politique r\u00e9gional.<\/p>\n<p>\nb]<em>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; Exode (encart 2)<\/strong><\/em><\/p>\n<p><strong>VIOLENCES, GUERRE ET PAIX A L&rsquo;EPOQUE EXODIALE<\/strong><\/p>\n<p>\nL&rsquo;\u00e9poque se caract\u00e9rise par la coexistence de grandes arm\u00e9es organis\u00e9es et \u00e9quip\u00e9es (arm\u00e9es \u00e9gyptienne <a name=\"text3\"><a href=\"#vn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>, hittite, assyrienne) et de bandes arm\u00e9es improvis\u00e9es, sans discipline ni strat\u00e9gie (peuplades canan\u00e9ennes dont les H\u00e9breux et \u00a0\u00bb Peuples de la mer\u00a0\u00bb). Il se fait que ces derni\u00e8res parviendront \u00e0 affaiblir les grands empires civilis\u00e9s (Egypte surtout) au profit des moins civilis\u00e9s (Assyrien par exemple). Une s\u00e9rie de petits royaumes (dont Isra\u00ebl) parviendront \u00e0 se constituer \u00e0 la faveur de cette redistribution des cartes mais ils vont s&rsquo;affaiblir eux-m\u00eames en se querellant sans cesse. Tout le peuple n&rsquo;est plus occup\u00e9 \u00e0 la guerre mais les personnes qui le sont vont finir par former une \u00a0\u00bb aristocratie\u00a0\u00bb guerri\u00e8re entra\u00eenant leur pays dans des aventures rarement fructueuses. Les prisonniers de guerre deviennent esclaves. Recruter des esclaves (et non l&rsquo;an\u00e9antissement de l&rsquo;ennemi) est d&rsquo;ailleurs souvent le but de ces exp\u00e9ditions guerri\u00e8res.<br \/>\nAu niveau de la gestion de la violence int\u00e9rieure, tous les grands empires du moment sont d\u00e9j\u00e0 dot\u00e9s d&rsquo;une l\u00e9gislation civile et commerciale (le Code  d&rsquo;Hammourabi par exemple, remontant \u00e0 1700). Au fur et \u00e0 mesure de leur s\u00e9dentarisation et de l&rsquo;augmentation de leur population, les petites nations s&rsquo;en d\u00e9finissent \u00e9galement (comme Isra\u00ebl). M\u00eame si les versions que nous en connaissons sont r\u00e9centes (5\u00b0- 4\u00b0 si\u00e8cle), elles se veulent archa\u00efques (refl\u00e9tant une situation bien ant\u00e9rieure, invoqu\u00e9e d&rsquo;ailleurs avec nostalgie). Mais m\u00eame pour leur \u00e9poque de r\u00e9daction et par rapport \u00e0 d&rsquo;autres pays civilis\u00e9s (la Gr\u00e8ce par exemple), elles se distinguent par leur \u00e9galitarisme (m\u00eame les esclaves ont des droits et des privil\u00e8ges), leur souci de justice mais en m\u00eame temps de mis\u00e9ricorde dans l&rsquo;application du droit. Les manquements \u00e0 la justice ont soulev\u00e9 les plus vives protestations des proph\u00e8tes pour qui l&rsquo;\u00e9thique, fondement de la paix sociale, \u00e9tait sup\u00e9rieure au culte. <\/p>\n<p>\nb]<em>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; Exode (encart 3)<\/strong><\/em><\/p>\n<p><strong>LA LIBERATION COMME THEME THEOLOGIQUE<\/strong><\/p>\n<p>\nMalgr\u00e9 son insignifiance du point de vue de l&rsquo;histoire g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;\u00e9poque et de la r\u00e9gion, il s&rsquo;est pass\u00e9 quelque chose de significatif pour le peuple h\u00e9breu \u00e0 ce moment. Cette p\u00e9rip\u00e9tie historique a \u00e9t\u00e9 r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9e, des si\u00e8cles plus tard, comme une exp\u00e9rience fondatrice dans l&rsquo;histoire du peuple h\u00e9breu et dans la formation de sa mentalit\u00e9. Son rappel est devenu le Credo &#8211; un Credo non dogmatique mais narratif- du Juda\u00efsme :<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Mon p\u00e8re \u00e9tait un Aram\u00e9en errant qui descendit en Egypte, et c&rsquo;est en petit nombre qu&rsquo;il vint s&rsquo;y r\u00e9fugier, avant de devenir une nation grande, puissante et nombreuses. Les Egyptiens nous maltrait\u00e8rent, nous brim\u00e8rent et nous impos\u00e8rent une dure servitude. Nous avons fait appel \u00e0 Yahv\u00e9 le Dieu de nos p\u00e8res. Yahv\u00e9 entendit notre voix, il vit notre mis\u00e8re, notre peine et notre \u00e9tat d&rsquo;oppression, et Yahv\u00e9 nous fit sortir d&rsquo;Egypte \u00e0 main forte et \u00e0 bras \u00e9tendu, par une grande terreur, des signes et des prodiges. Il nous a conduits ici et nous a donn\u00e9 ce pays o\u00f9 ruissellent le lait et le miel&#8230;\u00a0\u00bb\t(Deut.26,5-9)<\/p>\n<p>La f\u00eate de la P\u00e2que, rite agraire assez profane au d\u00e9part, a re\u00e7u sa signification th\u00e9ologique dans la relecture symbolique de cet \u00e9v\u00e9nement : il s&rsquo;agissait de quitter toutes les formes de servitudes par rapport \u00e0 un monde mat\u00e9rialiste et o\u00f9 l&rsquo;homme se d\u00e9ifie lui-m\u00eame  pour un monde fait de confiance en Dieu et de respect d&rsquo;une loi transcendante. Tous les mouvements th\u00e9ologiques du juda\u00efsme ont repris et exploit\u00e9 le th\u00e8me.<\/p>\n<p>Le christianisme a repris cette signification th\u00e9ologique de la P\u00e2que en l&rsquo;incarnant en J\u00e9sus-Christ. C&rsquo;est le Christ qui lib\u00e8re de toutes les formes de mal et d&rsquo;esclavage au p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<p>R\u00e9cemment, la \u00a0\u00bb th\u00e9ologie de la lib\u00e9ration\u00a0\u00bb (mouvement th\u00e9ologique latino-am\u00e9ricain des ann\u00e9es 1970 &#8211; 80) a retrouv\u00e9 dans les textes de l&rsquo;Exode une grille de lecture des situations d&rsquo;oppression et une l\u00e9gitimation th\u00e9ologique \u00e0 s&rsquo;en lib\u00e9rer.<\/p>\n<table cellpadding=\"5\" cellspacing=\"0\" border=\"0\">\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn0\"><\/a>(<a href=\"#text0\">0<\/a>)<\/td>\n<td>Von Rad, Der Heilige Krieg im alten Isra\u00ebl, Zurich, 1951 ; Heintz, Id\u00e9ologie et instructions de la \u00a0\u00bb guerre sainte\u00a0\u00bb chez les H\u00e9breux et dans le monde s\u00e9mitique ambiant, in ETR 56(1981), pp.39-45 ; de Pury, La guerre sainte isra\u00e9lite, in ETR 56(1981), pp.5-38 ; Stolz, Jahwes und Israels Kriege, Zurich, 1972 ; Weippert, Heilige Krieg in Isra\u00ebl und Assyrien, in ZAW 84(1972), pp.460-493<br \/>\nmais les auteurs plus r\u00e9cents contestent cette appellation (qui ne se trouve pas dans la Bible) et lui pr\u00e9f\u00e8rent  \u00a0\u00bb guerre sacr\u00e9e\u00a0\u00bb ou \u00a0\u00bb guerre de Yahw\u00e9\u00a0\u00bb (voir Van der Lingen, Les guerres de Yahw\u00e9, Paris, 1990). La nuance est qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de sanctification de la guerre dans la Bible mais seulement des guerres consid\u00e9r\u00e9es comme sacr\u00e9es dans la mesure o\u00f9 leur but \u00e9tait de r\u00e9aliser les conditions minimales d&rsquo;existence d&rsquo;Isra\u00ebl.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn1\"><\/a>(<a href=\"#text1\">1<\/a>)<\/td>\n<td>Il rel\u00e8ve de la tradition \u00e9lohiste.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn2\"><\/a>(<a href=\"#text2\">2<\/a>)<\/td>\n<td>Voir encart dans le fascicule sur la Gen\u00e8se.<\/td>\n<\/tr>\n<tr align=\"left\" valign=\"top\">\n<td><a name=\"vn3\"><\/a>(<a href=\"#text3\">3<\/a>)<\/td>\n<td>Sur l&rsquo;arm\u00e9e \u00e9gyptienne au Nouvel Empire, voir la notice dans Drioton &amp; Vandier, L&rsquo;Egypte, PUF, Paris, 1938\/1975, pp. 455-458.<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h2>Bibliographie <\/h2>\n<p>BIBLIOGRAPHIE:<\/p>\n<p>\u00b7 Comme introduction d&rsquo;ensemble au livre de l&rsquo;Exode:<br \/>\n&#8211; WIENER, Claude, Le livre de l&rsquo;Exode,  Cahiers Evangile n\u00b054, Cerf, Paris, 1985.<\/p>\n<p>\u00b7 Comme commentaire suivi (sans inspiration!):<br \/>\n&#8211; MICHAELI, Frank, Le livre de l&rsquo;Exode, Commentaire de l&rsquo;Ancien Testament II, Delachaux &amp; Niestl\u00e9, Neuch\u00e2tel, 1974.<\/p>\n<p>\u00b7 Le plus beau commentaire que je connaisse, inform\u00e9 et profond:<br \/>\n&#8211; AUZOU, Georges, de la servitude au service, \u00e9tude du livre de l&rsquo;exode, \u00e9d. de l&rsquo;Orante, Paris, 1961.<\/p>\n<p>\u00b7 Pour un d\u00e9cryptage des couches r\u00e9dactionnelles:<br \/>\n&#8211; VERMEYLEN, Jacques, Mo\u00efse, la lib\u00e9ration d&rsquo;Isra\u00ebl et la r\u00e9v\u00e9lation du Dieu de l&rsquo;Alliance dans le livre de l&rsquo;Exode, CETEP, Bruxelles, 1988.<\/p>\n<p>\u00b7 Pour une reconstitution historique de l&rsquo;exode:<br \/>\n&#8211; CAZELLES, Henri, A la recherche de Mo\u00efse, Cerf, Paris, 1979<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Violence, guerre et paix dans la Bible &#8211; Une analyse des textes d&rsquo;Exode. &nbsp; Selis Claude Pr\u00e9sentation g\u00e9n\u00e9rale: Pour entrer dans le livre de l&rsquo;Exode Le livre de l&rsquo;Exode est le deuxi\u00e8me livre biblique, faisant partie du Pentateuque (ou \u00a0\u00bb Thora\u00a0\u00bb), ensemble des cinq premiers&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,14],"tags":[],"class_list":["post-380","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-centre-detudes","category-vgp-dans-les-ecrits-biblique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/380","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=380"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/380\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=380"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=380"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.army-chaplaincy.be\/be-fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=380"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}